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Infos en français facile : Édition du 29/05/2021 20h00

Transcription

Merci d'écouter Radio France Internationale. Il est 22h à Paris.

Raphaël Reynes : Bonsoir à tous. Merci de nous rejoindre pour votre Journal en français facile.

L'armée déployée à Cali, en Colombie. Le président Ivan Duque envoie les soldats dans ce qui est considéré comme l'épicentre de la contestation sociale dans le pays. Dix personnes ont été tuées, dans les manifestations, la nuit dernière.

Près de 15% des Brésiliens sont sans-emploi. Le chiffre ne cesse d'augmenter dans ce pays enlisé dans l'épidémie de Covid-19. À suivre, dans ce journal, reportage dans les rues de Rio de Janeiro.

Et puis, si vous êtes du genre à prendre l'apéritif, restez à l'écoute. Mieux que les chips ou les cacahuètes, les « cicadas » de Washington DC. Notre correspondante aux États-Unis, Anne Corpet, nous dira tout sur ces insectes, dans quelques minutes.

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RR : L'armée déployée à Cali, en Colombie. Le président Ivan Duque annonce l'envoi des soldats dans cette ville située à 300 kilomètres au sud-ouest de la capitale, Bogota. Cali, où les manifestations durent depuis un mois, maintenant, et où, la nuit dernière, dix personnes ont été tuées. Romain Lemaresquier.

Après une nouvelle nuit de violences, cette décision s’imposait selon le président colombien. Ivan Duque, qui s’est rendu vendredi soir à Cali, troisième ville la plus importante du pays et l’un de ses poumons économiques, a pu constater par lui-même la situation. Si en journée, les manifestations sont pacifiques, la nuit tombée le scénario change totalement avec des affrontements entre émeutiers et des forces de l’ordre qui n’hésitent pas à employer les grands moyens. Résultats, se sont de véritables scènes de guérilla urbaine qui émaillent les nuits colombiennes depuis le 28 avril dernier et en particulier à Cali. Pour tenter de freiner cette escalade, Ivan Duque a décidé de déployer l’armée dans cette ville et dans tout le département du Valle del Cauca. Le but : mettre un terme aux violences et lever les barrages. Ivan Duque a d’ailleurs appelé les gouverneurs des départements colombiens à coordonner les efforts des forces publiques pour mettre un terme au blocage. Des décisions qui respectent la Constitution selon le président, mais qui risque d’être mal accueilli par des manifestants qui dénoncent la répression et la violence des autorités depuis le début de ce conflit.

RR : Romain Lemaresquier.

Fausse alerte à l'éruption volcanique, en République démocratique du Congo. Le gouvernement a annoncé par erreur qu'un petit volcan était entré en éruption, près de Goma. La fumée qui avait provoqué l'alerte provenait en fait de feux de carbonisation de bois en charbon de bois. Une erreur malvenue pour le gouvernement congolais qui est déjà critiqué dans sa gestion de la crise, depuis que le Nyiragongo est entré en éruption provoquant la fuite de 400 000 habitants de Goma.

Un navire brûle depuis neuf jours, au large de Colombo, au Sri Lanka. Le porte-conteneurs menace de se briser et de provoquer une catastrophe environnementale en déversant des centaines de tonnes de carburant dans l'océan Indien. Une opération internationale est en cours pour tenter d'éviter cette marée noire, mais une autre pollution menace. Huit conteneurs sont tombés à l'eau, remplis de billes de polyéthylène, du plastique, et des millions de granulés arrivent maintenant sur les plages de la région.

Au Brésil, le chômage atteint des taux records : 14,7% des Brésiliens sont sans emploi. Et ce chiffre augmente sans cesse, depuis le début de la pandémie de Covid-19 qui touche le Brésil de plein fouet. Le coronavirus, responsable de 450 000 décès, au Brésil. Et la population, de plus en plus désespérée. Reportage à Rio de Janeiro, Sarah Cozzolino.

Sur un petit carré d’herbe, entre deux parkings, Reinaldo avale son déjeuner. Il a perdu son travail au début de la pandémie et, depuis janvier, il travaille en tant que chauffeur Uber. Mais même s’il est au volant 12 heures par jour, ce n’est pas assez : « Je suis criblé de dettes, je dois même rembourser le prêt pour ma voiture. Si j’ai autant de dettes, c’est parce qu’on arrive à peine à manger. Et malheureusement Uber ne nous suffit pas, ça ne paie pas bien. » Depuis que sa femme est décédée du Covid l’année dernière, il est seul avec ses six enfants et quatre petits-enfants. Tous dépendent de ses revenus : « C’est vraiment, vraiment difficile. On a aucune chance de s’en sortir. Je n’ai plus de rêves, nous n’avons plus de rêves. Je ne crois pas en l’avenir. » Les larmes aux yeux, Paulo, qui partage son repas avec lui, regrette de ne pas pouvoir payer des études à sa fille de 18 ans. Il a perdu son emploi dans la sécurité privée : « On se sent impuissant. Et tout le monde est dans la même situation. C’est très visible, si vous marchez dans la rue ici, plein de personnes font la manche au feu rouge. Mais en fait le plus dur, c’est de ne pas tomber dans la dépression, c’est ça la vérité. » Alors qu’une troisième vague de coronavirus menace le Brésil, les opposants au gouvernement défileront dans les rues ce samedi pour réclamer notamment le retour d’une aide d’urgence.

RR : Un nouveau variant du coronavirus découvert au Vietnam. Il combine les variants indien et britannique et se transmet rapidement dans l'air. Ce variant a été identifié alors que le Vietnam, très peu touché jusqu'à présent, fait désormais face à une vague de contaminations sur plus de la moitié de son territoire, y compris dans les grandes villes, dont Hanoï et Hô Chi Minh-Ville.

En France, l'actualité de la pandémie c'était un concert, ce samedi. Le groupe Indochine était sur scène, à Bercy, tout à l'heure. Un concert-test auquel ont assisté 5. 000 volontaires qui ont été testés avant et après le spectacle. Il s'agit d'évaluer les risques de contamination dans un lieu culturel fermé.

Des cartes et des fleurs devant le commissariat municipal de Chapelle-sur-Erdre, près de Nantes. C'est là qu'une policière a été grièvement blessée, hier, par un schizophrène fiché pour radicalisation. L'agresseur a été tué lors de son interpellation. Les jours de la policière ne sont plus en danger. Cette attaque a provoqué une vague d'émotion au sein de la population de cette petite commune de l'agglomération nantaise.

De nombreuses manifestations organisées, ce samedi, en France. En Bretagne, en Alsace et en Corse, notamment. Plusieurs milliers de personnes rassemblées pour défendre les écoles privées où sont enseignées les langues régionales françaises de manière immersive. Le Conseil constitutionnel a censuré une loi votée par l'Assemblée nationale qui ouvrait la voie à ce type d'enseignement dans les écoles publiques. Et cette décision fragilise également le statut des établissements privés. Une situation qui embarrasse la majorité et le gouvernement, divisés sur le sujet. Aurélien Devernoix.

Les Parisiens contre les provinciaux : une vieille rivalité française au cœur du débat très politique sur les langues régionales. Illustration au sein du gouvernement : face au ministre de l’Éducation, Jean Michel Blanquer, pur produit de la capitale et soupçonné d'avoir manœuvré pour obtenir la censure de la loi Molac par le Conseil constitutionnel, se sont élevés deux poids lourds du gouvernement ancrés dans des territoires où le sujet est explosif, le Breton Jean-Yves Le Drian, chef de la diplomatie et le Premier ministre lui-même, Jean Castex, élu dans les très catalanes Pyrénées-Orientales. Le chef du gouvernement a ainsi défendu les langues régionales devant l'Assemblée cette semaine, « une chance pour la République », selon lui. Mais dans la majorité, certains poussent pour qu'Emmanuel Macron s'engage directement sur le sujet. C'est le cas notamment du patron du Modem, François Bayrou, issu d'une région, le Béarn, dont la langue locale est classée en danger d'extinction par l'Unesco. La polémique intervient également alors que se profilent les élections régionales et le sujet pourrait encore faire perdre de précieuses voix à une majorité qui s'attend déjà à de piètres résultats.

RR : L'actualité sportive, en France, c'est le début l'Open de tennis. Roland-Garros débute demain avec l'entrée en lice de la numéro deux mondiale, Naomi Osaka. La Japonaise affronte la Roumaine Patricia Maria Tig, 63e mondiale. Ensuite, le numéro 4 chez les hommes et double-vainqueur du tournoi, l'Autrichien Dominic Thiem, sera opposé à l'Espagnol Pablo Andujar.

On termine avec ce phénomène ne se produit que tous les dix-sept ans, dans la capitale fédérale américaine. Les « cicadas » ont envahi Washington DC. Ces cigales ont commencé à émerger par milliards. Elles ne vivent que quelques jours, le temps de s’accoupler et d’enterrer leurs œufs sous terre. Cette invasion, plutôt bruyante, suscite le dégoût ou la curiosité. Correspondance à Washington,Anne Corpet.

Il est 7h30 du matin, voici ce qu’on entend quand on sort de chez soi. Derrière le pépiement naturel des oiseaux, ce bruit sourd et constant c’est celui des cicadas. Leurs exosquelettes dont elles se débarrassent peu après être sorties de terre jonchent les trottoirs. Mate Albert, une américaine d’origine laotienne, ramasse ces cigales pour les cuisiner : « Si vous voulez des larves, les meilleures, c’est le premier ou le deuxième jour. C’est plus présentable comme apéritif. Et on fait des tas de choses avec. On peut faire une sorte de purée, vous pouvez en faire aussi une sorte de dessert : vous étalez ces nymphes déjà cuites, vous faites chauffer du chocolat, vous arrosez par-dessus et puis vous les servez. » Le phénomène spectaculaire ne se produit que tous les 17 ans. Du fait des variations de température ces dernières semaines, les cicadas sont cependant moins nombreuses cette année que lors de leur dernière apparition. Anne Corpet, Washington, RFI.

RR : C’est la fin de ce Journal en français facile. Bonne soirée à tous !

Article publié le 29/05/2021

RFI - Radio France Internationale