Cliquez sur le logo pour apprendre le français

[Télécharger le journal]

Infos en français facile : Édition du 27/12/2021 20h00

Transcription

Clémentine Pawlotsky : Merci d’écouter RFI, il est 20h en temps universel, 21h à Paris. Bonsoir à tous, bienvenue dans votre Journal en français facile, présenté ce soir avec Sylvie Berruet, bonsoir Sylvie !

Sylvie Berruet : Bonsoir Clémentine, bonsoir à tous.

CP : À la Une, la France qui adopte de nouvelles mesures sanitaires. Objectif : freiner la vague de contaminations au variant Omicron du Covid-19. Nous entendrons le Premier ministre Jean Castex, dans un instant.

SB : Les femmes interdites de voyages en Afghanistan, le régime taliban les oblige désormais à être systématiquement accompagnées d'un homme, si elles se déplacent au-delà de 70 kilomètres.

CP : En Russie, une figure de l'ONG Memorial, condamnée à 15 ans de prison. L'historien Iouri Dmitriev a été reconnu coupable de violences sexuelles sur sa fille adoptive. De nombreuses voix s'élèvent pour dénoncer un procès politique.

SB : Et puis, en Afrique du Sud, début ce lundi d'une semaine de deuil national. L'archevêque et prix Nobel de la Paix Desmond Tutu est mort hier à 90 ans. Il était une figure de la lutte contre l'apartheid. Et vous l'entendrez, il s'est aussi battu contre l'homophobie.

-----

SB : Face à la flambée des contaminations au Covid 19, l'exécutif français adopte donc de nouvelles mesures...

CP : Le premier ministre Jean Castex s'est exprimé devant la presse, en fin de journée, à l'issue d'un conseil de défense sanitaire et d'un conseil des ministres. Plusieurs annonces à retenir :
- les grands rassemblements sont limités à 2000 personnes en intérieur / 5000 personnes en extérieur,
- les concerts debout sont interdits,
- même chose pour la consommation de boissons et d'aliments dans les lieux culturels, sportifs et les transports en commun,
- le recours au télétravail sera rendu obligatoire dans toutes les entreprises où cela est possible.

SB : Et enfin, pour inciter les Français à se faire vacciner, le gouvernement a adopté le « passe vaccinal ».

CP : Ce n'est pour l'instant qu'un projet de loi. Le texte doit encore être validé par le parlement pour être définitivement appliqué. Le passe vaccinal sera différent du passe sanitaire (pour l'instant en vigueur). Je vous propose d'écouter les explications du Premier ministre Jean Castex :

[Transcription manquante]

CP : Le Premier ministre Jean Castex, propos recueillis par Pierre Olivier.

SB : La Chine durcit aussi ses mesures contre le Covid-19...

CP : La ville chinoise de Xi'an, dans le nord, a dépisté plusieurs centaines de cas positifs. Ses 13 millions d'habitants sont donc obligés de rester chez eux, depuis jeudi. Ils n'ont le droit de sortir qu'une fois tous les 3 jours pour se ravitailler, c'est-à-dire pour acheter des vivres, pour acheter de la nourriture. Les autorités ont également interdit la circulation des véhicules particuliers.

SB : En Afghanistan, le régime taliban durcit les lois à l'égard des femmes...

CP : Oui, les femmes qui souhaitent voyager au-delà de 70 km devront désormais être accompagnées par un homme de leur famille proche. Et les conducteurs n'ont plus le droit d'accepter de femmes à bord de leur véhicule, si elles ne portent pas le voile islamique. Ce sont les recommandations publiées hier par le ministère de la promotion de la vertu et de la prévention du vice. Correspondance régionale de Sonia Ghezali.

L’imposition aux femmes d’un mahram, un tuteur masculin, lorsqu’elles voyagent au-delà de 72 km est un nouveau coup de massue pour les Afghanes. Nous avons joint par téléphone une jeune résidente à Kaboul qui vit avec sa sœur. Elle préfère garder l’anonymat. « Je pensais envoyer ma sœur à Ghazni afin qu’elle puisse là-bas obtenir son passeport. Mais maintenant, avec cette nouvelle loi qu’ils ont annoncée, c’est impossible. Nous n’avons pas de mahram avec nous, nous vivons seules, qu’est-ce que nous allons faire ? Et il doit y avoir beaucoup d’autres femmes comme nous et qui ont besoin de voyager. » Pour notre interlocutrice, les droits des femmes sont à nouveau bafoués sous de faux prétextes. « Ils pensent qu’ils essaient d’assurer la sécurité des femmes avec cette loi qui nous oblige à voyager avec un mahram. Mais c’est complètement irrationnel de leur part de faire ça. S’ils sont si préoccupés par la sécurité des femmes, ils devraient alors plutôt s’assurer que personne ne peut nous faire du mal sur les routes de chaque province. » L’imposition d’un mahram était en vigueur depuis plusieurs années par les talibans dans les zones qu’ils contrôlaient déjà avant leur prise du pouvoir en août dernier.

SB : 15 ans de prison contre une figure de l'ONG Memorial en Russie...

CP : L'historien Iouri Dmitriev, spécialiste des crimes de l'ère stalinienne, a vu sa peine alourdie. Il a été reconnu coupable de violences sexuelles à l'égard de sa fille adoptive et handicapée. Mais pour beaucoup, cette affaire est politique et cette décision de justice vise à faire taire un homme, qui cherche à faire la lumière sur l'ampleur des répressions sous Joseph Staline. À Moscou, Jean-Didier Revoin.

« Iouri Dmitriev a pris 15 ans ». C’est ce qu’a indiqué Memorial, l’ONG de défense des droits de l’homme et gardienne de la mémoire des victimes du goulag sur sa chaîne Télégramme. On reproche à l’historien d’avoir pris des clichés de sa fille adoptive nue. Des faits qu’il n’a jamais niés. Il a toujours fait valoir que c’était pour montrer aux services sociaux que sa croissance se déroulait normalement en dépit de son handicap et qu’elle se portait bien. En 2018, poursuivi pour les mêmes faits, Iouri Dmitriev avait été acquitté. Mais la justice est revenue à la charge, le condamnant en 2020 à 13 ans de détention, une sentence portée à 15 ans aujourd’hui par un tribunal de Petrozavodsk, en Carélie dans le Nord-Ouest de la Russie. C’est là qu’il dirigeait une antenne de Memorial et qu’il a passé des décennies à localiser des charniers afin d’exhumer les restes des victimes des répressions staliniennes. Pour ses partisans, c’est à cause de ses travaux qu’il est poursuivi par la justice. En révélant l’ampleur des purges, il lève le voile sur une partie de l’histoire du pays que les dirigeants actuels tentent de minimiser. Jean-Didier Revoin, Moscou, RFI.

SB : Après la marée noire de 2020 au large de l'île Maurice, 20 mois de prison pour le capitaine du navire et son second.

CP : Le tribunal s'est prononcé aujourd’hui. Lors du procès, deux accusés ont plaidé coupables et présenté des excuses. La Cour dit en avoir tenu compte. Il s’agit de la pire marée noire jamais connue sur les côtes mauriciennes. Le naufrage du navire japonais remonte au 25 juillet 2020.

SB : L'Afrique du Sud a entamé aujourd'hui une semaine de deuil national...

CP : Une semaine à la mémoire de Desmond Tutu. L'archevêque, prix Nobel de la paix, est décédé hier à l'âge de 90 ans. Il était une figure de la lutte contre l'apartheid. Il s'est aussi battu pour les droits des personnes homosexuelles et aujourd'hui, la communauté LGBT d'Afrique du Sud pleure la disparition d'une icône. Écoutez le témoignage de cet homme, Nate Brown, joint par Christina Okello.

« Desmond Tutu a été la voix des sans voix. Il a siégé à des tables où la communauté LGBT n'était pas conviée. Donc il a parlé en notre nom. Son discours en 2013 nous a vraiment touchés, parce que quand il dit qu'il ne prierait pas un Dieu homophobe, ça remet en cause tous les chrétiens qui sont contre la communauté LGBT. Donc, nous nous sommes sentis compris, aimés, d'autant plus qu'après son discours, il y a eu beaucoup de changements, notamment la décriminalisation des relations homosexuelles. Comme ils l'ont fait récemment au Botswana, après deux ans de lutte avec le gouvernement. La même chose s'est produite en Angola et aussi au Mozambique. Donc vous voyez, beaucoup de pays ont décriminalisé l'homosexualité. Desmond Tutu nous a toujours soutenus. Sa mort est un coup dur, car il est irremplaçable. Mais j'aimerais croire qu'en tant que communauté, nous allons pouvoir poursuivre la lutte en faveur des droits des homosexuels. »

CP : Les obsèques de Desmond Tutu auront lieu samedi dans la cathédrale anglicane Saint-Georges du Cap, son ancienne paroisse. Son corps sera incinéré et ses cendres reposeront dans la cathédrale. Seules une centaine de personnes seront autorisés à assister à la cérémonie, en raison du Covid-19. L'Église anglicane encourage les fidèles à suivre la messe depuis chez eux.

Article publié le 27/12/2021

RFI - Radio France Internationale