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Infos en français facile : Édition du 27/05/2021 20h00

Transcription

Vous écoutez RFI, il est 22h à Paris, 20h en temps universel.

Romain Auzouy : Bonsoir à tous, bienvenue dans votre Journal en français facile. Présenté ce soir en compagnie de Sylvie Berruet, bonsoir Sylvie.

Sylvie Berruet : Bonsoir Romain, bonsoir à tous.

RA : À la Une ce soir, Emmanuel Macron reconnait les « responsabilités » de la France dans le génocide rwandais. Le président français a prononcé à Kigali un discours qui fera date et achève la normalisation des relations entre les deux pays.

SB : Israël convoque l'ambassadeur de France. Vive réaction de l'État hébreu quelques jours après les propos du chef de la diplomatie français Jean-Yves Le Drian qui avait évoqué le risque d'« apartheid » si aucun État palestinien ne voyait le jour.

RA : Et puis dans cette édition, l'appel à l'aide de la mère de l'opposant biélorusse Roman Protassevitch. Elle demande à la communauté internationale de se mobiliser pour la libération de son fils, arrêté dimanche à bord d'un avion de ligne européen. Un évènement qui a renforcé les tensions entre la Biélorussie et les pays occidentaux.

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SB : Le discours d'Emmanuel Macron à Kigali était très attendu aujourd'hui.

RA : La question du rôle de la France avant, pendant et après le génocide rwandais de 1994 reste un sujet brûlant. Le chef de l'État français était très attendu pour faire acte de repentance, cela veut dire évoquait un souvenir douloureux. Il s'est donc exprimé, depuis le mémorial de Gisozi. Il n'a pas présenté directement d'excuses au nom de la France, mais il a reconnu la responsabilité « accablante » de la France dans le mécanisme qui a mené au génocide. Retour sur son discours avec Amélie Tulet.

« Les tueurs n'avaient pas le visage de la France, elle n'a pas été complice », déclare Emmanuel Macron, « mais elle a le devoir de regarder l'histoire en face et de reconnaître la part de souffrance qu'elle a infligée au Rwandais ». Emmanuel Macron : « En ignorant les alertes des plus lucides observateurs, la France endossait alors une responsabilité accablante dans un engrenage qui a abouti au pire. » Une reconnaissance qui passe par le travail de la mémoire et la justice. Emmanuel Macron appelle à l'ouverture de toutes les archives et s'engage à ce qu'aucune personne soupçonnées de génocide n'échappe aux juges : « Reconnaitre ce passé, notre responsabilité, est un geste sans contrepartie. Seuls, ceux qui ont traversé la nuit, peuvent peut-être pardonner. » Pas d'excuse directement présentées. Mais lors de la conférence de presse qui suit le discours, le président rwandais Paul Kagame se montre satisfait : « Il s'agissait d'un discours puissant. Ses mots avaient une valeur plus importante que des excuses. » Étape supplémentaire dans la normalisation des relations franco-rwandaises, Emmanuel Macron annonce la nomination prochaine d'un ambassadeur français à Kigali, un poste resté vacant depuis 2015.

RA : Amélie Tulet.
Le président français s'est engagé « à ce qu'aucune personne soupçonnée de crimes de génocide ne puisse échapper à la justice », alors que plusieurs d'entre elles résident en France.

SB : Le Conseil des droits de l'homme de l'ONU veut faire la lumière sur ce qui s'est passé dans les territoires occupés et en Israël depuis le mois d'avril.

RA : Une enquête internationale a été lancée aujourd'hui. Elle va inclure notamment la crise de Gaza pendant onze jours en mai qui a fait près de 270 morts, en grande majorité des Palestiniens. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a réagi à l'annonce du lancement de cette enquête, il dénonce une « décision honteuse ».

Autre réaction vive de la part d'Israël aujourd'hui, cela concerne des propos du chef de la diplomatie française. C'était dimanche, Jean-Yves Le Drian avait mis en garde contre un « risque d'apartheid » si aucun État palestinien ne voyait le jour aux côtés d'Israël. Cela n'a pas du tout plus au ministère israélien des Affaires étrangères qui a convoqué l’ambassadeur de France en Israël. Les précisions à Jérusalem de Guilhem Delteil.

Il a fallu trois jours aux autorités israéliennes pour réagir, mais la réplique fut finalement double. Mercredi, Benyamin Netanyahu fut le premier à répondre. Le chef du gouvernement a dénoncé « une leçon de morale hypocrite et mensongère sur cette question ». Mais la réponse formelle est, elle, venue ce jeudi : l’ambassadeur de France a été convoqué au ministère des Affaires étrangères pour une réprimande officielle. « Ces commentaires étaient inacceptables, sans fondement, éloignés de la réalité. Israël les rejette totalement », a déclaré le chef de la diplomatie israélienne. « Israël est un pays démocratique, respectant la loi », a poursuivi Gabi Ashkenazi, affirmant que son pays attendait de ses amis qu’ils « s’expriment de manière responsable ». La réprimande intervient alors que la rue palestinienne voit, elle, une évolution de la position française sous Emmanuel Macron qu’elle considère comme plus favorable à Israël. L’interdiction d’une manifestation pro-palestinienne à Paris lors de la dernière guerre a été perçue comme un soutien à Benyamin Netanyahu. Mais en manifestant l’attachement de la France à la solution à deux États, le chef de la diplomatie française utilise, lui, l’un des mots les plus sensibles pour les dirigeants israéliens : apartheid. La critique était directe. Guilhem Delteil, Jérusalem, RFI.

SB : L'Europe ne relâche pas la pression vis-à-vis de la Biélorussie.

RA : Aujourd'hui, le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell a évoqué deux pistes de sanctions économiques que Bruxelles étudie actuellement : bloquer ou limiter les exportations de potasse, c'est un minerai, ainsi que le transit de gaz russe. Ce sont deux sources de revenus importantes pour la Biélorussie. Les dirigeants de l'Union européenne qui ont déjà décidé d'interdire leur espace aérien aux avions biélorusses. Le bras de fer dans les airs qui s'est illustré aujourd'hui, un vol qui devait relier Vienne à Moscou a dû être annulé car la Russie n'avait pas donné son autorisation d'éviter le survol de la Biélorussie. Minsk sous pression depuis l'incident de dimanche, les autorités biélorusses ont détourné un avion de ligne européen, l'ont forcé à atterrir pour arrêter Roman Protassevitch un opposant de 26 ans et sa compagne.

SB : Et, aujourd'hui, les parents de cet opposant ont lancé un appel à l'aide.

RA : Lors d'une conférence de presse à Varsovie la capitale polonaise. Je vous propose d'écouterNatalia, la mère de Roman Protassevitch, elle se dit persuadée que son fils a fait des aveux sous la contrainte, elle fait part de ses inquiétudes, et en appelle à la mobilisation de la communauté internationale.

« Nous ne savons toujours pas où il se trouve. Son avocat n’a pas accès à lui. Sur la vidéo diffusée par le ministère de l’Intérieur biélorusse, nous voyons des traces de violences, il a été battu. En tant que maman, je connais les traits du visage de mon fils et je vois très bien que sur son visage il y a des traces de violences. On voit les ecchymoses qui ont été maquillées. On voit qu’il a le nez cassé. Sur son cou, on voit des traces de strangulation. J’en appelle à tous les présidents : aidez-nous, s’il nous plait. Peut-être qu’on peut trouver un moyen de persuader ou d’influencer le citoyen Loukachenko de sorte qu’il revienne à la raison et prenne la mesure des atrocités qu’il commet envers notre belle jeunesse, intelligente, honnête et éprise de liberté. Toute heure, toute minute perdue peut coûter la vie à mon fils et à tous ces jeunes gens qui se trouvent derrière les barreaux. Sauvez-les, s’il vous plait. »

RA : Natalia Protassevitch, la mère de Roman Protassevitch, l'opposant biélorusse arrêté dimanche à Minsk.

SB : En Australie, une décision de justice qui pourrait marquer un tournant.

RA : Il y a quelques mois, la ministre de l’Environnement australienne avait été poursuivie par une dizaine d’adolescents, qui s'opposaient à l’agrandissement d’une mine de charbon en Nouvelle-Galles du Sud, l’État d'Australie le plus peuplé. Le tribunal leur a donné raison, en tout cas en partie, en reconnaissant qu'il existe un devoir de protection des enfants, selon lequel le gouvernement ne peut pas prendre de décisions qui pourraient nuire à l’environnement et aggraver les conséquences du changement climatique. Détails à Sydney avec la correspondance de Grégory Plesse.

Ils ne sont pas encore en âge de voter. Et pourtant ils viennent de contraindre une ministre à devoir leur rendre des comptes. Jeudi, un tribunal de Melbourne a estimé que la ministre australienne de l’Environnement avait le devoir de protéger les enfants, un devoir qui implique de ne pas participer au réchauffement climatique. Les adolescents, à l’origine de ce recours, voulaient empêcher la ministre d’autoriser l’agrandissement d’une mine de charbon se trouvant dans l’État de Nouvelle-Galles du Sud. Cette demande-là a été rejetée par le tribunal. Mais la reconnaissance du devoir de protection qui incombe à la ministre donne à cette décision une sensation de victoire. David Barnden, l’avocat qui a plaidé leur cause, pense que cette décision va faire jurisprudence et permettra à l’avenir d’empêcher l’ouverture de nouvelles mines : « Ce devoir de protection s’applique quand la ministre décide d’approuver ou pas un projet. Donc si un projet atterrit sur son bureau et qu’elle doit trancher, alors ce jugement aura des implications pour d’autres projets concernant les énergies fossiles en Australie. » Et en la matière, le gouvernement australien est loin de donner l’exemple. Il vient ainsi d’annoncer la construction d’une nouvelle centrale au gaz. Grégory Plesse, Sydney, RFI.

RA : Et c’est ainsi que ce termine ce Journal en français facile.

Article publié le 27/05/2021

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