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Infos en français facile : Édition du 22/12/2021 20h00

Transcription

Clémentine Pawlotsky : Merci d’écouter RFI, il est 20h en temps universel, 21h à Paris. Bonsoir à tous, bienvenue dans le Journal en français facile, présenté ce soir par Zéphyrin Kouadio, bonsoir !

Zéphyrin Kouadio : Bonsoir Clémentine, bonsoir à toutes et à tous.

CP : Dans l'actualité, le Covid-19 et le variant Omicron qui gagne du terrain en Europe. Les contaminations se multiplient, avant les fêtes de fin d'année. Nous verrons ce que prévoit le gouvernement français, pour faire face.

ZK : Au Yémen, l'aide alimentaire aux populations sera bientôt réduite de moitié. En cause, selon le Programme alimentaire mondial : le nombre insuffisant de dons.

CP : Aux Pays-Bas, les procureurs ont requis la prison à vie contre les quatre accusés du procès du crash du vol MH17. Cette affaire remonte à 2014, un avion de la Malaysia Airlines avait été abattu au-dessus de l'Ukraine, avec 298 personnes à son bord.

ZK : Le gouvernement français fait un pas en faveur des victimes du chlordécone. Ce pesticide a longtemps été utilisé dans les Antilles, alors que sa dangerosité était connue. Il est à l'origine de nombreux cancers de la prostate. Des cancers qui viennent d'être reconnus comme « maladie professionnelle » par l'État.

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ZK : Le variant Omicron du Covid-19 progresse à grande vitesse en Europe...

CP : Oui et notamment en France, où le gouvernement parle d'une situation critique. Selon le ministre de la Santé, Olivier Véran, le pays dépassera les 100 000 contaminations par jour d’ici à la fin du mois. Alors, pour faire face à cette accélération, la France a débuté aujourd'hui la vaccination des enfants de 5 à 11 ans, sur la base du volontariat, c'est à dire s'ils le souhaitent. Le passe sanitaire sera également transformé en passe vaccinal et le recours au télétravail sera renforcé. Mais dans l'immédiat, l'exécutif ne prévoit pas de mesures sanitaires plus dures. Anthony Lattier.

Comme chez ses voisins, le variant Omicron se répand à une vitesse fulgurante en France. Le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal : [Transcription manquante]
Pour autant, le gouvernement a décidé de ne pas prendre de nouvelles mesures de restrictions pour Noël. Au sein de l'exécutif, on se réjouit des premières informations venues du Royaume-Uni : elles montrent qu'Omicron, bien que beaucoup plus contagieux, pourrait entraîner moins de formes graves du Covid-19 et donc moins d'engorgement des hôpitaux. Un nouveau point sur la situation sera fait lundi. Pourrait-il y avoir de nouvelles restrictions pour le Nouvel An (comme un couvre-feu) ? Gabriel Attal temporise : [Transcription manquante]
Autrement dit, Noël est sauvé, le Nouvel An, pas encore...

ZK : Aux États-Unis, la pilule contre le Covid-19 développée par le laboratoire Pfizer vient d'être autorisée.

CP : L'agence américaine des médicaments vient de donner son feu vert. Elle explique que ce médicament antiviral pourra être administré aux patients à haut risque, âgés de 12 ans et plus. Il s’agit d’une étape importante dans la lutte contre la pandémie puisque cette pilule pourrait permettre à des millions de personnes infectées d’accéder à un traitement.

ZK : L'ONU va être obligée de réduire ses rations alimentaires au Yémen, faute de dons.

CP : C'est le PAM, le programme alimentaire mondial, qui lance l'alerte. Cette agence des Nations unies explique que la ration alimentaire de 8 millions de Yéménites sera réduite de moitié, elle sera autrement dit divisée par deux. Annabel Symington est porte-parole du PAM pour le Yémen. Elle lance un appel aux donateurs internationaux.

« Malheureusement les besoins n’ont cessé d’augmenter. Cette année, en 2021, nous n’avons reçu qu’un quart des fonds dont on avait besoin. Et avec moins d’argent, nous avons réussi à mener de nouveaux projets dans certaines régions, mais aujourd’hui, de nouveau l’argent manque et nous n’avons pas le choix : nous devons réduire l’aide alimentaire. Ce n’est pas juste pour les Yéménites. Ils ont besoin d’un soutien régulier si on veut empêcher une situation de famine. Vous savez, en plus de l’aide humanitaire, il y a eu une crise économique, le conflit armé s’est empiré au Yémen. Notre mission est donc essentielle : nous devons continuer à construire sur les bases de ce que nous avons déjà réalisé, pour pouvoir être présent en 2022. On demande aux donateurs de la communauté internationale d’intensifier leurs efforts et de nous aider, sinon tout l’argent investi cette année partira à la poubelle. »

CP : Annabel Symington, porte-parole du Programme alimentaire mondial, au Yémen. Propos recueillis par Nicolas Feldmann.

ZK : L’ancien président de la transition en Guinée, Moussa Dadis Camara, de retour au pays.

CP : Il est arrivé aujourd’hui à Conakry. L'ancien putschiste se dit prêt à se mettre à la disposition de la justice. « Personne n'est au-dessus de la loi », a-t-il déclaré à la presse. Il était exilé au Burkina Faso depuis 2009, date à laquelle il a quitté le pouvoir. La Fédération internationale pour les droits de l'Homme et trois organisations guinéennes de droits humains espèrent, de leur côté, que « son retour ouvrira l'organisation d'un procès que les victimes attendent depuis plus de 12 ans ». C’est ce qu’elles ont fait savoir dans un communiqué.

ZK : Un nouveau développement dans le procès du crash du vol MH17, cet avion commercial abattu en Ukraine en 2014.

CP : Le procès se tient en ce moment aux Pays-Bas et les procureurs ont requis aujourd’hui la prison à vie contre les quatre hommes poursuivis dans cette affaire, des hauts gradés des forces séparatistes de l'est de l'Ukraine. Pour rappel, en 2014, un avion de la Malaysia Airlines a été abattu alors qu'il survolait l'Ukraine, avec 298 personnes à son bord. Aucune d'elle n'a survécu au crash. Retour sur cette affaire, avec Juliette Gheerbrant.

Trois Russes et un Ukrainien sont accusés d’avoir abattu l'avion de la compagnie Malaysia Airlines ; selon les procureurs, les quatre hommes ont organisé l’acheminement depuis la Russie de la batterie anti-aérienne BUK qui a permis l’attaque. Le missile sol-air visait sans doute un avion militaire ukrainien, en plein conflit dans l’est du pays. Ce qui ne change rien à la nature criminelle de l’acte, explique le parquet, d’autant que les accusés savaient que des avions civils circulaient dans l’espace aérien ukrainien à ce moment-là. Le réquisitoire intervient après des mois d'audition des proches des victimes. Aucun des accusés n'est présent au procès, les procureurs déplorent une attitude méprisante vis-à-vis des familles et disent même redouter de nouveaux actes violents de leur part. Tous sont impliqués à haut niveau dans l'insurrection séparatiste. Le Russe Igor Guirkine, 49 ans, était l'un de ses principaux commandants. Son compatriote Sergueï Doubinski, 57 ans, et son adjoint Oleg Poulatov, 53 ans, seraient liés aux services de renseignements et aux forces spéciales russes. Le 4e accusé l'Ukrainien Leonid Khartchenko, est suspecté d'avoir dirigé, lui aussi, des forces séparatistes. Les auditions de la défense débuteront en mars prochain, et le verdict pourrait être prononcé fin 2022.

ZK : Le gouvernement français tente de clore le scandale du chlordécone.

CP : Le chlordécone, c'est un pesticide extrêmement nocif, dangereux pour la santé. Il a été interdit en France en 1990, mais il a continué à être utilisé dans les champs de bananes, dans les Antilles, jusqu'en 1993. Aujourd'hui, plus de 90% de la population adulte en Guadeloupe et en Martinique est contaminée, selon Santé Publique France, et les populations locales ont un taux d'incidence du cancer de la prostate, parmi les plus élevés au monde. Le gouvernement français vient donc de reconnaitre ces cancers, liés à l'exposition au chlordécone, comme maladie professionnelle. Agnès Rougier.

On sait depuis longtemps que le chlordécone est toxique pour tous les êtres vivants, dès 1979, il était classé cancérogène possible par l’OMS. En 1978, le chlordécone était interdit aux États-Unis, suite à l’explosion de l’usine de production, à Hopewell en Virginie, où les travailleurs ont été gravement intoxiqués. Mais la France a continué à l’autoriser pour protéger sa filière commerciale de la banane jusqu’en 1993, d’où son refus de reconnaître le lien entre le chlordécone et le nombre important de cancers de la prostate aux Antilles, jusqu’à qu’il soit démontré par une étude de l’Inserm en 2019. Aujourd’hui, ce décret fait entrer le cancer de la prostate dans les maladies professionnelles et ouvre aux travailleurs concernés un fonds d’indemnisation pour les personnes atteintes de maladies causées par les pesticides. Tous les exploitants et salariés de la banane pourront donc demander ce statut à deux conditions : qu’ils aient travaillé pendant au moins dix ans au contact du chlordécone, et que moins de quarante ans se soient écoulés entre la dernière exposition et le diagnostic de cancer de la prostate. Il sera possible dès demain de déposer des dossiers de demande de reconnaissance.

Article publié le 22/12/2021

RFI - Radio France Internationale