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Infos en français facile : Édition du 21/12/2021 20h00

Transcription

Clémentine Pawlotsky : Merci d’écouter RFI, il est 20h en temps universel, 4h à Manille. Bonsoir à tous, bienvenue dans votre Journal en français facile, présenté ce soir avec Victor Mauriat, bonsoir Victor.

Victor Mauriat : Bonsoir Clémentine.

CP : Dans l’actualité, la difficile situation des centaines de milliers de sinistrés aux Philippines. Le super typhon Rai a provoqué des dégâts considérables, les besoins humanitaires sont importants. Nous entendrons une responsable de l’ONG Greenpeace Philippines.

VM : Le Conseil de sécurité de l'ONU est sur le point de trouver un compromis sur l’acheminement de l'aide humanitaire en Afghanistan. Sous la pression de la Chine, les États-Unis ont dû revoir leurs exigences.

CP : Les États-Unis augmentent leur aide internationale pour lutter contre le Covid-19. Washington va débloquer une enveloppe de plus d'un demi-milliard de dollars.

VM : Et puis, nous irons en Turquie. Les pharmacies et les hôpitaux font face à des pénuries, des manques de médicament et de matériel.

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VM : Aux Philippines, le passage du supertyphon Rai a fait des centaines de milliers de sinistrés.

CP : Ils sont plus de 400 000 à avoir trouvé refuge dans des centres d’évacuation. Au moins 375 personnes sont mortes dans le centre et le sud de l’archipel. Les dégâts matériels sont considérables : des toits ont été arrachés, des maisons détruites, des arbres déracinés et des villes entières se retrouve aujourd’hui privées d’électricité. Résultat, les biens de première nécessité commencent à manquer, c’est ce que nous explique Angeli Cantillana, responsable de la communication de Greenpeace Philippines. Elle revient de Surigao, à l'extrémité nord de Mindanao, où son ONG fournit de la nourriture aux victimes du typhon.

« Dans tous les villages que nous contactons, les gens expliquent qu'ils n'ont plus rien à manger. Ils n'ont vraiment plus accès à l'eau potable, et s'en remettent à l'aide de particuliers. Ils espèrent que de l'aide leur parviendra dans les prochains jours. Parce qu'actuellement, de nombreuses personnes restent dans leurs maisons, même si elles n'ont plus de toit, même si elles sont éventrées. Ces personnes restent sur place pour essayer de sauver ce qu'ils peuvent de leurs biens. Mais ils ne savent pas s'ils vont avoir suffisamment à manger. Et d'autres problèmes sont en train de faire surface : cela devient un problème de santé publique, car beaucoup de gens qui actuellement n'ont pas assez à manger ou accès à l'eau potable développent des maladies, comme la diarrhée, et certains craignent que des maladies comme le choléra se développent. »

CP : Propos recueillis par Marie Normand.

VM : C'est une lueur d'espoir pour la population afghane : un compromis sur l'acheminement de l'aide humanitaire est sur le point d'aboutir au Conseil de sécurité de l'ONU.

CP : Sous la pression de la Chine, les États-Unis ont remis au Conseil de sécurité un projet de résolution. Le texte vise à faciliter le déploiement de l'aide humanitaire pendant un an en Afghanistan. Les États-Unis ont néanmoins dû abandonner leur projet initial. Le pays souhaitait mettre en place un mécanisme au cas par cas. L’idée était d'éviter que l'aide humanitaire n’arrive entre les mains des talibans. Daniel Vallot.

Comment assurer l’acheminement de l’aide humanitaire sans pour autant conforter ou légitimer le régime taliban ? Comment autoriser des banques, des ONG, des institutions internationales à fournir cette aide alors que les dirigeants du pays sont sur la liste des sanctions de l’ONU ? C’est cette équation hautement délicate que la communauté internationale doit résoudre pour éviter une crise humanitaire qui s’annonce particulièrement grave. Dans un premier temps, les États-Unis souhaitaient mettre en place un mécanisme d’exemption au cas par cas, pour autoriser l’acheminement de cette aide. Un mécanisme rejeté par la Chine qui, avec l’aide de la Russie, avait bloqué le projet de résolution. Washington a finalement cédé sur ce point, et retiré ce mécanisme de son texte. Espérant une adoption rapide par le Conseil de sécurité de l’Onu. Il y a urgence car le pays n’a toujours pas obtenu le dégel de ses avoir bancaires. L’économie afghane est à l’arrêt, et de nombreuses ONG s’inquiètent du risque de famine si rien n’est fait pour faciliter l’arrivée rapide de l’aide humanitaire.

CP : Et toujours en Afghanistan, les talibans ont autorisé aujourd'hui une manifestation. Quelques centaines d'Afghans ont ainsi défilé à Kaboul, la capitale. Ils demandaient le déblocage des avoirs gelés par les pays occidentaux. Le rassemblement semblait clairement soutenu par les talibans. Ces derniers ont d'ailleurs plutôt l'habitude d'interdire ou de disperser les manifestations, notamment lorsqu'il s'agit des de la défense des droits des femmes.

VM : Au Yémen, l'aéroport de Sanaa, la capitale, est désormais fermé aux vols humanitaires.

CP : Cette fermeture fait suite à des frappes aériennes, menées par la coalition militaire dirigée par l’Arabie saoudite. Je rappelle que la capitale yéménite est actuellement aux mains des rebelles houthis, soutenus par l'Iran. L'ONU appelle, de son coté, à la réouverture de l’aéroport de Sanaa.

VM : Les États-Unis augmentent leur aide internationale pour lutter contre la Covid19.

CP : Objectif des autorités américaines : freiner la propagation du variant Omicron, alors que le pays fait face à une hausse des contaminations. À Washington, les explications de Guillaume Naudin

Plus d’un demi-millard de dollars, c’est le complément que le gouvernement américain va ajouter à son aide internationale pour lutter contre le coronavirus et notamment la montée en flèche du variant Omicron. Au total, l’aide américaine s’élève désormais à près de 20 milliards de dollars depuis le début de la pandémie. Cette aide, elle se répartit entre différentes agences multilatérales et notamment l’organisation mondiale de la santé revenue au centre de la stratégie américaine depuis l’arrivée de l’administration Biden. Le secrétaire d’État américain Anthony Blinken explique que cette aide financière est prévue pour que l’autre aide, les dons de vaccins, se transforme effectivement en vaccination et sauve des vies. Les États-Unis ont fait jusqu’à présent don de 330 millions de doses à plus de 110 pays dans le monde. Joe Biden se plaît à rappeler que c’est plus que tous les autres pays réunis. Son chef de la diplomatie appelle ainsi ses homologues des autres pays à renforcer et tenir leurs engagements dans la lutte contre la pandémie et à agir ensemble rapidement. Guillaume Naudin, Washington, RFI.

VM : La pandémie de Covid-19, à l'origine d'une nouvelle brouille entre le Maroc et l'Espagne.

CP : Le Maroc a choisi de rapatrier une partie de ses ressortissants bloqués en Europe, via le Portugal, plutôt que l'Espagne. Rabat met en avant « l'absence de respect des protocoles sanitaires » par les autorités espagnoles. Cette explication a provoqué la colère de Madrid. Les autorités espagnoles jugent inacceptables ces propos qui, selon elles, ne correspondent à aucune réalité. Le chef de la diplomatie espagnole, José Manuel Albares, rappelle que l’Espagne « remplit tous les critères internationaux en matière de lutte contre le Covid-19 ».

VM : En Turquie, le président sauve de justesse la livre turque du naufrage.

CP : La monnaie locale s'est redressée aujourd'hui sur les marchés de change, après les mesures d'urgence annoncées hier soir par Recep Tayyip Erdogan. Mais depuis le début de l'année, la livre turque a perdu 45% de sa valeur et le pays s'enfonce chaque jour un peu plus dans la crise. Les pharmacies et les hôpitaux viennent à manquer de médicaments et de matériel. Le reportage de notre correspondanteCerise Sudry Le-Du.

Elle a ouvert sa boutique depuis à peine une heure, mais Sema Cansever est déjà au téléphone. Cette pharmacienne, installée depuis 35 ans sur la rive asiatique d’Istanbul, tente de trouver des médicaments. Car avec la crise économique qui se dégrade de jour en jour, impossible de se procurer certains médicaments. « Impossible de trouver certains médicaments pour la tension ou des traitements contre le cancer ! Pour trouver une solution, on essaie de trouver les mêmes substances actives. Mais même ça, il arrive qu’on ne puisse pas les trouver ! Ça ne m'est jamais arrivé avant... » Car les molécules sont pour la plupart produites à l’étranger. Et le taux de change, fixé en 2011, n’a pas évolué. À l’époque il était de 4 livres pour un dollar. Mais avec la crise actuelle, il est passé à 15 livres pour un dollar ! Une grande partie du secteur médical est touchée. Dans les hôpitaux également, impossible de se fournir en matériel pour les opérations. Ali İhsan Ökten est neurochirurgien : « depuis le 6 décembre, on a plus de matériel. Ce sont les services orthopédiques et neurochirurgiens qui sont les plus touchés. Par exemple, impossible d’avoir des vis ou des plaques pour les opérations de la colonne vertébrale. » D’ici quelques jours, les organisations professionnelles ont rendez-vous avec le ministère de la Santé. Beaucoup espèrent que les taux vont enfin être relevés.

VM : Le patron du foot africain confirme le maintien de la CAN en janvier-février au Cameroun.

CP : Voici ce qu’a déclaré le Sud-africain Patrice Motsepe, président de la CAF : « je viendrai voir le match d'ouverture entre le Cameroun et le Burkina le 9 janvier ». Il assure que personne ne sera admis dans les stades sans un test PCR.

Article publié le 21/12/2021

RFI - Radio France Internationale