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Infos en français facile : Édition du 20/05/2021 20h00

Transcription

Vous écoutez RFI, il est 22h à Paris, 20h en temps universel.

Romain Auzouy : Bonsoir à tous, bienvenue dans votre Journal en français facile. Présenté ce soir en compagnie de Sylvie Berruet, bonsoir Sylvie.

Sylvie Berruet : Bonsoir Romain, bonsoir à tous.

RA : À la Une ce soir, un cessez-le-feu entre Israël et le Hamas à Gaza. C'est ce que l'on a appris il y a quelques minutes de la part du cabinet de sécurité israélien. Après onze journées de violences qui ont tué plus de 230 Palestiniens dans la bande de Gaza.

SB : En France, c'est un article de loi qui avait été fortement décrié. L'article 24 de la proposition de loi « sécurité globale » a été censuré aujourd'hui par le Conseil constitutionnel. Ses détracteurs craignaient qu'il n'ouvre la voie à des abus de la part des forces de l'ordre.

RA : Et puis la mort de Diego Maradona est-elle le résultat d'un homicide volontaire ? C'est ce qu'affirme le parquet en charge de l'enquête sur le décès de la légende du football argentin en novembre dernier à l'âge de 60 ans des suites d'une crise cardiaque. Un rapport judiciaire qui rend l'équipe soignante directement responsable de sa disparition.

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SB : C'est donc l'information de la soirée, elle nous a été communiquée il y a quelques minutes : le cabinet de sécurité israélien approuve un cessez-le-feu avec le Hamas à Gaza.

RA : Les tractations se multipliaient depuis plusieurs jours encore aujourd'hui la chancelière allemande Angela Merkel qui se disait favorable à des « contacts indirects » avec le Hamas. Car c'était l'une des grandes difficultés, le Hamas est classée organisation terroriste dans plusieurs pays du monde. Ce soir, on apprend donc un cessez-le-feu, mais cette onzième journée de violences a encore été meurtrière avec cinq nouveaux décès côté Palestiniens ce qui porte le bilan à 232 Palestiniens tués depuis le début des violences. Cet après-midi, les sirènes n'ont cessé de retentir dans le centre et le sud-ouest d'Israël à proximité de la bande de Gaza. Exemple, dans le kibboutz de Sa’ad qui est situé à seulement 2,5 kilomètres du territoire palestinien. Et où Frédéric Métézeau s'est rendu.

Depuis ce havre de paix verdoyant et fleuri, on voit Gaza. Les fumées des bombardements panachent le ciel. Un message déjà entendu des dizaines de fois déchire le silence. « Alerte rouge ». Ici, les civils ont 15 secondes pour rejoindre un abri. Comme ce cube de béton construit au fond d'un parc de jeu pour enfants. Quatre explosions, quatre roquettes neutralisées. Cela dure depuis onze jours. Ruti, directrice d'école à la retraite est bénévole au kibboutz : « On vit ça très intensément. Pour notre famille, ça va car nous avons un abri à la maison, mais j'ai beaucoup de travail. C'est très lourd car il faut s'occuper des besoins des gens. On ne veut pas que les familles avec des petits enfants restent ici. La majorité. On veut aussi que les personnes âgées aillent chez leurs enfants qui habitent plus loin. Il y a aussi beaucoup d’instructions des autorités locales et militaires à communiquer aux gens, surtout aux personnes âgées qui sont moins habituées à lire sur les smartphones. ». Le chant des oiseaux a repris le dessus à peine perturbé par un drone de surveillance. Jusqu'à la prochaine alerte. Frédéric Métézeau à la frontière avec Gaza, Radio France pour RFI.

RA : Et donc sur ce sujet, la toute dernière information : le cabinet de sécurité israélien qui approuve un cessez-le-feu avec le Hamas à Gaza.

SB : La lutte contre la pandémie de Covid-19 et des déclarations rassurantes aujourd'hui de l'Organisation mondiale de la santé.

RA : L'OMS qui affirme que les vaccins fonctionnent contre « tous les variants du virus », en tout cas « jusqu'à présent », c'est ce qu'a déclaré le directeur de l'OMS Europe lors d'une conférence de presse en ligne. Il appelle cependant à rester vigilant, « les voyages internationaux doivent toujours être évités ».

Cependant, également aujourd'hui, les députés européens et les États membres de l'UE se sont mis d'accord sur un passe sanitaire européen qui devrait entrer en vigueur au 1er juillet. Un certificat attestant soit de la vaccination, soit d'un test négatif, soit de la preuve d'une immunité contre le Covid-19. Et cela doit permettre de faciliter les déplacements au sein de l'Union européenne cet été.

SB : Autre décision, aujourd'hui, du Parlement européen, cela concerne Haïti.

RA : C'est une résolution votée par les eurodéputés dans laquelle est dénoncée l’aggravation de la situation sécuritaire, sociale et politique à Haïti. Les détails à Bruxelles de Joana Hostein.

Donner de la voix avant la tenue du référendum prévu fin juin, un rendez-vous qui permettrait au président haïtien « de concentrer davantage de pouvoir entre ses mains », regrettent les parlementaires européens. Les élus demandent l’organisation d’élections crédible et libre et transparente encore cette année. Caroline Roose, eurodéputé écologiste française : « En restant trop discrète face au maintien au pouvoir du président Moïse, la communauté internationale se fait complice d’un pouvoir autoritaire qui génère pauvreté, violence des gangs et insécurité alimentaire. » Une insécurité alimentaire qui a doublé ces deux dernières années. Près de 60% de la population haïtienne vit sous le seuil de pauvreté, s’inquiète les parlementaires malgré les fonds alloués par la communauté internationale. Le Parlement demande donc un audit de la cour des comptes européenne. Nathalie Loiseau, eurodéputé Renaissance à l’origine de la résolution : « 10 milliards de dollars, c’est ce que les bailleurs de fonds ont mis sur la table après l’effroyable séisme qui a frappé Haïti en 2010. Une somme colossale. Quelle trace a-t-elle laissé dans la vie des Haïtiens ordinaires. Pratiquement aucune. » Les députés demandent enfin à l’Europe de se mobiliser pour les centaines de Haïtiens qui demandent l’asile en Guyane française. Joana Hostein à Bruxelles, RFI.

SB : RFI 22h06 à Paris, vous écoutez le Journal en français facile. En France, c'est un article de loi qui avait été fortement décrié.

RA : L'article 24 de la proposition de loi « sécurité globale ». À l'origine de nombreuses manifestations. Un article que le Conseil constitutionnel a censuré aujourd'hui. C'est l'occasion de revenir sur cet article 24, Alice Rouja que prévoyait-il ?

L'article 24 ou plutôt ex-article 24 car depuis que la loi a été promulguée, il s'est transformé en article 52. Eh bien, cet article punit la « provocation à l'identification » des forces de l'ordre. Comprenez : si des vidéos ou des photos ont été prises pendant une manifestation par exemple et qu'un policier est identifiable sur l'une d'elles, alors, pour protéger le policier, l'auteur de ces images risque cinq ans d'emprisonnement et 75 000 euros d'amende. Défendu bec et ongles par les syndicats de police, l'article 24 avait provoqué un tollé au sein de la société civile. Ils étaient nombreux à être descendu dans les rues en novembre et décembre dernier, pour manifester leur opposition au texte. Ils craignaient que cela n'ouvre la voie à de possibles abus des forces de l'ordre. Ils trouvaient également la rédaction de l'article trop vague. Et c'est justement parce que les termes laissaient peser trop d'incertitudes sur les circonstances de l'application de la loi que les Sages, les membres du Conseil constitutionnel, l'ont censuré ainsi que six autres articles sur les 22 pour lesquels ils ont été saisis.

RA : Alice Rouja.
Réaction ce soir du ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin. Il annonce sur Twitter qu'il proposera au Premier ministre « d'améliorer les dispositions » de la proposition de loi « sécurité globale » qui ont été retoquées, rejetées, par le Conseil constitutionnel, et donc notamment l'ex-article 24.

SB : Enfin, des révélations sur la mort de Diego Maradona.

RA : La légende du football argentin décédée en novembre dernier à 60 ans des suites d'une crise cardiaque. Les sept personnes qui sont entendues dans le cadre de l'enquête devraient être poursuivies pour homicide volontaire. C’est une décision capitale car cela veut dire que les soignants pourraient être directement responsables de la mort de Maradona. Tout cela ressort d'un rapport judiciaire du parquet de San Isidoro, dans la banlieue de Buenos Aires. Christophe Diremszian.

C'est un rapport d'experts qui change tout. Début mai, une vingtaine de médecins, légistes et spécialistes, tirent des conclusions accablantes sur les circonstances de la mort de l'ex n°10 argentin, seul dans sa résidence de Tigre, au nord de Buenos Aires. Un malade « abandonné à son sort » par l'équipe soignante, estiment-ils. Sept personnes ont été mises en examen dans ce dossier, à commencer par Leopoldo Luque, son neurochirurgien, accusé par deux des filles de la star d'être responsable de la détérioration de l'état de santé de leur père. Sont également visés notamment : une psychiatre, un psychologue et deux infirmiers, tous montrés du doigt pour avoir prodigué un traitement « inadéquat, déficient et imprudent » ayant conduit à une lente agonie. Une équipe médicale pourtant au courant des problèmes d'alcool et de drogue de Maradona. Les experts considèrent que l'ancien joueur, déjà affaibli par des problèmes aux reins, au foie et au cœur, et opéré quelques semaines auparavant sa disparition pour un caillot au cerveau, « aurait eu de meilleures chances de survie » s'il avait été hospitalisé dans un centre de soins approprié et polyvalent. Requalifiés en homicide volontaire, les faits pourraient donc coûter encore plus cher aux mis en cause. En Argentine, de telles charges sont passibles de 8 à 25 de prison.

RA : C’est la fin du Journal en français facile.

Article publié le 20/05/2021

RFI - Radio France Internationale