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Infos en français facile : Édition du 18/12/2021 20h00

Transcription

Johanne Burgell : RFI 21 heures à Paris, 20 heures en temps universel. Bonsoir et bienvenue dans ce journal en français facile, pour le présenter avec moi Charlotte Derouin. Bonsoir Charlotte,

Charlotte Deroin : Bonsoir Johanne, bonsoir à tous.

JB : À Hongkong, les représentants du conseil législatif seront élus demain, il s'agit du premier scrutin depuis les nouvelles règles imposées par la Chine. Seuls les candidats qui soutiennent Pékin peuvent se présenter.

CD : Autre élection, cette fois présidentielle, au Chili. Ce dimanche, deux hommes que tout oppose vont s'affronter, un ancien étudiant militant de gauche, et le candidat d'extrême droite.

JB :  Et puis nous irons à Mayotte, où Marine Le Pen est en déplacement. La candidate française du Rassemblement national promet le retour de l'espérance à quatre mois de la présidentielle.

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CD : Des élections législatives se tiendront demain à Hongkong, les premières depuis les nouvelles règles imposées par Pékin.

JB : Seuls les candidats « patriotes» peuvent se présenter, autrement dit les candidats qui soutiennent la Chine. Cinq militants prodémocratie qui défendaient la non-participation au scrutin font l'objet de mandat d'arrêt. La plus grande partie des sièges sera choisie par un « Comité électoral », composé de 1 500 partisans du pouvoir de Pékin. Les précisions de Clea Broadhurst.

Ces élections locales sont les premières à se tenir selon ce nouveau système imposé par Pékin qui a pour volonté de reprendre en main Hong Kong suite aux gigantesques manifestations prodémocratie qui ont eu lieu en 2019. Un peu plus de la moitié de la population peut participer au scrutin, mais seuls 20 sièges sur 90 sont à pourvoir au suffrage universel, c’est à dire, moitié moins que sous l’ancien système. Pour être autorisés à briguer un siège, les 153 candidats ont dû donner des gages de loyauté politique et de « patriotisme ». Les militants prodémocratie ont de fait été empêchés de se présenter ou ont dû y renoncer. Plus d’une dizaine d’élus lors du précédent scrutin en 2016 sont actuellement en prison en vertu de la loi draconienne sur la « sécurité nationale » imposée par Pékin l’an dernier, et trois d’entre eux ont dû se réfugier à l’étranger. Selon Pékin, ce nouveau système « amélioré » permettra d’éradiquer les « anti-Chinois ». La seule vraie inconnue du scrutin, c’est le taux de participation. Les Hongkongais vont-ils adhérer à ce nouveau système ? Des sondages préélectoraux pronostiquent une abstention record.

CD : Au Chili, ce sont deux visions de la société qui se feront face demain. 

JB : Ce sera le second tour de l'élection présidentielle, entre un ancien leader étudiant de gauche, Gabriel Boric, et le candidat d'extrême-droite José Antonio Kast, arrivé en tête au premier tour. Ce scrutin intervient deux ans après des manifestations historiques contre les inégalités, et en pleine rédaction d'une nouvelle Constitution, qui pourrait remplacer celle héritée de la dictature de Pinochet. À 35 ans, le candidat de gauche Gabriel Boric promet de profondes réformes sociales dans le pays. Son portrait est signé Justine Fontaine.

Samedi dernier, le candidat de gauche Gabriel Boric était en meeting dans une commune populaire du sud de la capitale. Dans son programme, il promet de profondes réformes dans la santé, les retraites l'éducation : des services publics entièrement ou partiellement privatisés sous la dictature de Pinochet. « J'espère que nous parviendrons à une vie plus digne pour tous, que nous garantirons l'accès aux droits sociaux parce que jusqu'à maintenant il n'y a que les lois du marché qui comptent et les gens ont été laissés pour compte. » Né en Patagonie, il s'est fait connaître quand il était encore étudiant en droit, lors des manifestations pour la gratuité de l'université, en 2011, avant d'être élu deux fois au parlement. Il fait partie d'une nouvelle génération de gauche qui remet en cause le modèle économique hérité de la dictature. C'est ce qu'explique son ami le député Gonzalo Winter : « il y a une rupture entre d'une part la génération qui par goût ou par obligation a accepté le néolibéralisme, et d'autre part notre génération, qui s'y oppose. » Enfin Gabriel Boric a été une figure clé pour parvenir à l’organisation d'un référendum l'an dernier, qui a mené à la rédaction d'une nouvelle Constitution, pour tenter de remplacer le texte actuel, hérité de la dictature. Pour l’élection présidentielle, il est allié au parti communiste, ce qui suscite de nombreuses critiques à droite. Même s'il défend un programme plutôt social-démocrate.

CD : L'Europe, toujours confrontée à la propagation du variant Omicron.

JB : Aux Pays-Bas, le Premier ministre a annoncé tout à l'heure le reconfinement du pays à partir demain. Les commerces non-essentiels, restaurants, cinémas, musées, théâtres seront fermés. « C'est inévitable avec la cinquième vague. Nous devons intervenir maintenant par précaution », a dit Mark Rutte. Ce nouveau confinement est en vigueur jusqu'au 14 janvier, soit pour près d'un mois. Dans le même temps plusieurs régions d'Allemagne, réclament des durcissements des conditions de voyage. Notamment la suspension du trafic en provenance du Royaume-Uni.

CD : À l'occasion de la journée internationale des migrants, un rapport dénonce les conditions de vie dans un des camps de réfugiés en Grèce.

JB : Sur l'île de Samos se trouve ce qui a été appelé « un camp fermé et à accès contrôlé » en partie payé par de l'argent européen. C'est une structure très sécurisée et sous surveillance permanente, souvent comparée à une prison. Pourtant, ce genre de camp est appelé à devenir la norme sur les cinq îles grecques de la mer Égée qui hébergent des demandeurs d’asile. À Athènes, Joël Bronner.

Un « camp équipé de barrières avec fils de fer barbelés, une couverture vidéo permanente, une surveillance par drone et des forces de sécurité [présentes] 24h sur 24. » Le rapport que publie notamment le mouvement Europe Must Act commence par évoquer l’atmosphère carcérale du nouveau camp de Samos. Sans grande surprise, les témoignages recueillis soulignent ensuite le sentiment des demandeurs d’asile de vivre enfermés et d’être criminalisés. « Nous sommes coincés », dit l’un d’eux. « J’ai le sentiment d’être en prison », ajoute un autre. Et un troisième de conclure : « À n’importe quel moment, ils peuvent fermer la porte et nous couper du monde ». Des propos qui tranchent avec la « dignité rendue » à ces demandeurs d’asile, évoquée par le ministre grec des Migrations lors de l’inauguration du camp. D’autant que « depuis plus d’un mois », souligne encore le rapport, les résidents ne peuvent pas sortir du camp sans papiers officiels. Ce qui, ajoute le texte, correspond « de facto » à une situation de « détention» pour un grand nombre des quelque 400 demandeurs d’asile présents sur place. En conclusion, le rapport promeut l’idée de structures alternatives « plus dignes » et encourage les autorités à ne pas dépeindre ces nouveaux « centres fermés à l’accès contrôle » comme la seule et unique solution pour répondre à la question migratoire.

CD : L'actualité française, Marine Le Pen poursuit son déplacement dans l’océan indien.

JB : La candidate du Rassemblement national à l'élection présidentielle se rend à La Réunion demain après avoir passé trois jours à Mayotte. Dans ce département où l’immigration illégale est importante, Marine Le Pen s’est présentée comme la défenseure des victimes de l’insécurité et a promis de ramener l'espérance sur l'île. Lors d’un meeting sur le port de Mamoudzou, elle n’avait qu’un seul adversaire : le président français Emmanuel Macron. Reportage, Julien Chavanne.

« Une prière musulmane en ouverture d’un meeting de Marine Le Pen. Il faut être à Mayotte pour le voir. Ici, la candidate RN a même gagné un nouveau nom. [...] Devant 300 personnes, sous un soleil de plomb, Tatie Mariama, alias Marine Le Pen, répète son amour pour Mayotte. Une terre abandonnée insiste la candidate. [...] Sa principale et unique cible : Emmanuel Macron. [...] Fin du droit du sol, expulsion des clandestins. La ligne est claire : stopper à l’immigration. Précisément ce qu’attendent ces Mahoraises. [...] Mayotte, terrain propice au programme radical de Marine Le Pen. Une belle carte postale avant la trêve de Noël.

CD : Toujours au sujet de la présidentielle, cette fois-ci à gauche...

JB : ...Christiane Taubira, qui a annoncé hier envisager de se présenter, était en déplacement en Seine-Saint-Denis aujourd'hui. L'ancienne ministre de la Justice a soutenu l'organisation d'une Primaire populaire, y voyant le dernier espace pour construire l'union de la gauche en France. C'est ainsi que se termine ce Journal en français facile, merci Charlotte, bonne soirée à tous.

Article publié le 18/12/2021

RFI - Radio France Internationale