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Infos en français facile : Édition du 15/05/2021 20h00

Transcription

Loïc Bussières : Bonsoir et bienvenue dans votre Journal en français facile. Journal que je vous présente en compagnie de Zéphyrin Kouadio. Bonsoir Zéphyrin.

Zéphyrin Kouadio : Bonsoir à Loïc, bonsoir à toutes et à tous.

LB : À la Une : La bande de Gaza toujours théâtre d'affrontements meurtriers. Tirs de roquettes du Hamas et frappes de l'armée israélienne auront tristement rythmé cette semaine. Alors que ce samedi, Les Palestiniens célèbrent le 73e anniversaire de la Nakba. Les détails en tout début de journal.

ZK : Nous irons en Inde également, l'un des pays les plus touchés par le Covid-19 et où la vaccination se heurte à un problème majeur : elle se fait sur internet, et exclut donc les plus pauvres.

LB : Enfin, nous reviendrons sur les nouvelles règles d'utilisation de WhatsApp. Elles entrent en vigueur aujourd'hui, et vous verrez qu'elles partagent beaucoup de choses avec Facebook.

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ZK : Tout d'abord cette offensive de l'armée israélienne qui se poursuit dans la bande de Gaza.

LB : Des frappes aériennes auxquelles répondent les tirs de roquettes du Hamas, et sur le terrain un très lourd bilan humain : 140 morts depuis le début de la semaine, selon un décompte palestinien. Des Palestiniens qui commémorent ce samedi, dans ce contexte de violences, le 73e anniversaire de la Nakba, littéralement « la catastrophe ». Quand, en 1948, lors de la création de l’État d’Israël, 700 000 Arabes avaient été chassés de leur terre. Reportage et explications, Alice Froussard.

Le 15 mai 1948, comme plus de 750 000 Palestiniens, les grands-parents de Diala, palestinienne de Jérusalem, ont dû quitter leur maison à Barqusia, expulsés de force : « Notre village a subi un nettoyage ethnique par les Israéliens, à Hébron. Donc, ils ont dû déménager à Jérusalem. Chaque année, on va manifester dans la rue, devant les checkpoints, afin d’exprimer notre colère, montrer notre oppression, oppression dans laquelle on vit depuis des années. » Contrairement aux Israéliens, dans la même ville, le statut résidentiel de Diala, qui lui permet de vivre à Jérusalem, est révocable, elle peut le perdre si elle déménage à l’étranger ou si elle habite en Cisjordanie occupée : « En tant que Palestinienne de Jérusalem-Est, on subit différents types d’oppression, différents type de lois, discriminatoires, simplement parce qu’on est Palestiniens. Nous n’en pouvons plus de cet apartheid, c’est une violence systématique, un racisme systématique contre les Palestiniens, et on devrait tous se lever, tous le condamner. » Contrairement à Diala, les réfugiés Palestiniens de Cisjordanie occupée, de Gaza ou du Liban n’ont pas la possibilité de retourner dans leur village ni même d’y entrer. Ramallah, Alice Froussard, RFI.

LB : En ce qui concerne les manœuvres militaires, ces dernières heures, l'armée israélienne a utilisé un stratagème, c'est-à-dire une ruse, pour tuer à Gaza le maximum de combattants du Hamas en les attirant dans les tunnels, ciblés ensuite par des bombardements massifs, et en intoxiquant, comprendre en trompant la presse internationale. Les explications de Christian Brunel.

(Transcription manquante)

LB : Toujours sur ce dossier, on apprend ce soir que Mahmoud Abbas a reçu son premier appel téléphonique de Joe Biden depuis son arrivée à la Maison Blanche. Un entretien qualifié d’« important » par la présidence palestinienne, qui n'a toutefois pas détaillé le contenu des échanges.

ZK : Un peu plus tôt, c'est Benjamin Netanyahu qui s'était entretenu par téléphone avec le président américain au sujet de la frappe israélienne qui a détruit à Gaza l'immeuble abritant les locaux de l'agence américaine AP.

LB : Le Premier ministre israélien qui a souligné lors de cette conversation que son pays faisait « tout pour éviter de s'en prendre à des personnes non impliquées », c’est ce que précise le communiqué de ses services.

Pour être tout à fait complet sur ce sujet, sachez que des manifestations de soutien au peuple palestinien se sont tenues aujourd'hui à Tunis, Madrid, Londres, Varsovie ou encore Berlin. Des rassemblements dans plusieurs grandes villes en France, également. Le défilé parisien avait toutefois été interdit par la préfecture de police et a été dispersé par les forces de l'ordre.

ZK : À la Une également, a pandémie de Covid-19 en passe de faire plus de morts cette année qu'en 2020.

LB : C’est ce qu’affirme l'OMS, l’Organisation mondiale de la santé, et son patron Tedros Adhanom Ghebreyesus qui appelle dans le même temps à renoncer à vacciner les enfants pour libérer des doses pour le système Covax chargé de les redistribuer aux pays les plus défavorisés.

ZK : Et parmi les pays le plus durement touché par le coronavirus, il y a l'Inde où le Covid a fait officiellement plus de 90 000 décès en seulement un mois.

LB : Il s'agit en effet de chiffres officiels et probablement sous-estimés. Pour répondre à cette crise, le gouvernement indien mise sur la vaccination, qui est élargie depuis deux semaines à tous les adultes de plus de 18 ans. Problème : pour recevoir une dose, il faut toujours s’enregistrer en ligne, donc sur internet, et aller dans un hôpital, ce qui exclut des dizaines de millions de pauvres. Notre correspondant à New Delhi est allé à la rencontre de ces oubliés de la vaccination. Reportage de Sébastien Farcis.

Naveen vend des melons et des pastèques dans une ruelle d’un quartier populaire du sud de New Delhi. Il est tous les jours au contact des gens. À 50 ans, il aimerait se faire vacciner, mais il ne sait pas comment faire : « J’ai entendu qu’il fallait passer par le téléphone, mais je ne sais pas comment ça marche, dit-il en montrant un téléphone de base.Je le ferai quand on m’informera. » En Inde, les candidats au vaccin doivent s’enregistrer en ligne, ce qui implique d’avoir un téléphone, une connexion internet et de comprendre ce processus technique. Ceci exclut des dizaines de millions de personnes, comme Nitin Kumar, un conducteur de cyclopousse, qui gagne un euro par jour : « Je n’ai pas de téléphone, pas de carte d’identité, mais qui s’en préoccupe ?, demande-t-il. Ce sont les riches qui ont apporté ce virus de l’étranger, mais ce sont les pauvres qui en souffrent. » Les hôpitaux publics assistent les plus pauvres, mais cela ne convainc pas Rajesh Kumar, un chauffeur de triporteur : « J’ai à peine de quoi manger ces jours-ci, j’ai pas de temps à perdre pour cela, dit-il. Le gouvernement devrait nous vacciner là où on travaille, devant les pompes à essence par exemple, cela nous aiderait. » Jusqu’à présent, seulement 3% de la population indienne est totalement vaccinée. Sébastien Farcis, New Delhi, RFI.

LB : Concernant le Covid, mais en France, la décrue se poursuit en réanimation. 4 271 patients en soins critiques ce soir, c'est 81 de moins que la veille.

ZK : On s'intéresse, pour refermer ce journal, a une application que vous connaissez sans aucun doute, et utilisez très probablement : WhatsApp. Depuis aujourd'hui, de nouvelles conditions d'utilisation sont entrées en vigueur.

LB : Alors que la nouvelle politique de confidentialité suscite de nombreuses critiques, notamment en Europe ou en Afrique du Sud, à partir de ce 15 mai, tous les utilisateurs qui refuseront ces nouvelles règles devront utiliser une version de plus en plus dégradée de la messagerie. Ce qui interpelle le plus dans ces nouvelles règles, c'est le partage des données avec Facebook. Explications Agnieszka Kumor.

L'annonce a fait l'effet d'une bombe en janvier dernier. Parmi les deux milliards d'utilisateurs que revendique WhatsApp dans le monde, nombreux ont été ceux qui, ne voulant pas accepter la règle sur le partage d'informations avec Facebook, sa maison mère, ont choisi d'aller vers les messageries concurrentes, Signal ou Telegram. Pourtant, il y a belle lurette que WhatsApp partage des données avec le réseau social. Par exemple, le numéro de téléphone ou certains éléments de connexion. Mais si, jusqu'à présent, les utilisateurs pouvaient le refuser, ils ne pourront plus le faire à partir de maintenant. WhatsApp assure que ce changement permettra aux utilisateurs de communiquer avec des entreprises dans le cadre des services commerciaux et que celles-ci auront à leur disposition l'hébergement chez Facebook pour faire transiter et stocker les conversations avec leurs clients. Précision : les conversations restent chiffrées, le réseau social ne pourra pas lire les messages WhatsApp. Toutefois, en cas de refus, l’application deviendra avec le temps obsolète, voir inutilisable.

LB : Précisions signées Agnieszka Kumor.

Il est 22h10, ici, à Paris.

Article publié le 15/05/2021

RFI - Radio France Internationale