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Infos en français facile : Édition du 15/02/2021 20h00

Transcription

Vous écoutez RFI il est 21h à Paris, 20h en temps universel.

Romain Auzouy : Bonsoir à tous, bienvenue dans votre Journal en français facile présenté ce soir en compagnie de Sylvie Berruet, bonsoir Sylvie.

Sylvie Berruet : Bonsoir Romain, bonsoir à tous.

RA : À la une ce soir : la crainte de la répression en Birmanie. De nouvelles manifestations se sont déroulées ce lundi deux semaines après le coup d'État, mais les protestataires s'inquiètent du déploiement de troupes militaires.

SB : En Turquie plus de 700 arrestations dans les milieux pro kurdes. Tous sont soupçonnées de liens avec le PKK qui serait responsable selon Ankara de la mort de 13 citoyens turcs, hier en Irak.

RA : Dans ce Journal en français facile également les critiques de l'équipe de l'OMS qui a passé un mois en Chine. Et également la lutte contre le coronavirus la décision de l'Allemagne de fermer une partie de ses frontières qui fait l'objet de critiques.

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SB : La peur toujours présente en Birmanie.

RA : Cela n'empêche pas des milliers de personnes de continuer à descendre dans la rue, comme c'était le cas ce lundi, deux semaines après le coup d'État qui a renversé le pouvoir civil d'Aung San Suu Kyi. Mais ils étaient moins nombreux que les jours précédents, et pour cause depuis hier des troupes de la junte sont déployés dans plusieurs villes du pays, des militaires ont été vus appuyés par des véhicules blindés. L'armée et les forces de l'ordre qui d'une manière générale exercent une très forte pression sur les contestataires. Écoutez le témoignage de ce docteur dans la région de Mandalay. Il a arrêté de travailler pour protester contre le coup d'État des militaires et il raconte le harcèlement que lui et ses confrères subissent au quotidien.

« Des membres de la commission électorale ont été arrêtés et on essaye de les forcer à admettre qu’il y a eu des fraudes lors des élections. La police arrête des militants et des manifestants, surtout la nuit. Nous autres, médecins, aussi. Notre chef à l'hôpital est suivi 24h sur 24, par trois, voire cinq personnes habillées en civil.  Elles disent faire partie du bureau d’investigation militaire et lui demandent de donner la liste des employés qui font partie du mouvement de désobéissance civile. Donc il se sent menacé. Nous, les employés du gouvernement, nous nous cachons de la police et des soldats, nous nous réfugions chez les gens qui nous soutiennent. On nous harcèle, jour et nuit. La situation est alarmante et on ne se sent pas en sécurité. La police est du côté des militaires, et les militaires ont la loi de leur côté maintenant. »

RA : Témoignage d'un docteur de la région de Mandalay, recueilli par Cléa Broadhurst.
Également concernant la Birmanie à noter le report de l'audience d'Aung San Suu Kyi. Elle devait avoir lieu ce lundi, elle se déroulera finalement mercredi annonce son avocat, cela veut dire que la dirigeante va rester en détention au moins jusqu'à mercredi.

SB : En Turquie une vague d'arrestations dans les milieux pro kurdes.

RA : Au total 718 personnes qui ont été arrêtées, notamment des dirigeants du parti pro kurde HDP. Toutes sont soupçonnées de liens avec le PKK le Parti des travailleurs du Kurdistan, qui serait responsable, selon Ankara, de la mort de 13 Turcs en Irka hier. Correspondance à Istanbul d'Anne Andlaeur

Şırnak, Ağrı, Diyarbakır, Urfa, Van, Manisa… La police et la gendarmerie turques enchaînent ces derniers jours les coups de filet dans les milieux pro kurdes à travers le pays. Une quarantaine de provinces – soit la moitié des provinces turques – sont concernées par ces opérations, dont le ministère de l’Intérieur précise qu’elles sont toujours en cours. Elles visent des bureaux du Parti démocratique des peuples, le HDP, et les domiciles de cadres et de militants du parti. Dans un communiqué, le ministère affirme que ces arrestations ont pour but de « mettre au jour les activités de l’organisation terroriste PKK à l’intérieur du pays » et qu’un « grand nombre d’armes, de documents et du matériel numérique appartenant à l’organisation » ont été saisis lors des perquisitions. Des centaines de membres du HDP, deuxième force d’opposition au parlement turc, ont été incarcérés depuis 2015, dont d’anciens dirigeants, députés et maires. Le président Recep Tayyip Erdoğan cherche à affaiblir cette formation en l’accusant d’être la « vitrine » d’un groupe terroriste, tandis que son allié de pouvoir, le parti ultranationaliste MHP, réclame depuis quelques semaines l’interdiction du parti pro kurde. Anne Andlaeur Istanbul RFI.

RA : Le sujet très sensible en Turquie, la question du PKK a été l'objet d'une violente charge du Président Recep Tayyip Erdoğan contre les États-Unis. Recep Tayyip Erdoğan accusant Washington de soutenir « les terroristes » du PKK après la mort de 13 Turcs aux mains du PKK en Irak. À l'origine de cette charge, la réaction des États-Unis à la mort de ces 13 Turcs : « Si les informations se confirment, nous condamnons ces actions dans les termes les plus forts » avait réagi le département d'État. Ce langage, « si cela se confirme » a provoqué la colère de médias progouvernementaux, et aujourd’hui du Président turc. L'ambassadeur des États-Unis à Ankara a été convoqué au ministère turc des Affaires étrangères.

SB : La pandémie de coronavirus. Retour sur le déplacement d'experts de l'OMS en Chine.

RA : Ils ont passé un mois sur place, là où la pandémie a débuté, leur mission s'est achevé ces derniers jours. Et tout juste rentrés, ils font part de leur déception après cette visite qui était très attendu. Vincent Souriau

Pas assez, d’informations, pas de transmission de données précises. La Chine a bien voulu partager les dossiers de certains des premiers patients touchés par le Covid, mais bien souvent les scientifiques chinois n’ont mis sur la table que des comptes rendus, des synthèses de ces premiers cas. Or, en matière d’épidémiologie, le diable se niche dans les détails, il faut de la matière brute pour dessiner des scénarios, et cette matière a manqué. On sait par exemple que dès le mois d’octobre 2019 à Wuhan, plus de 90 patients ont été hospitalisés avec des symptômes tels que de la toux et de la fièvre, alors qu’officiellement la pandémie a émergé en décembre. La chine assure qu’il n’y a pas de trace de coronavirus dans le sang de ces malades d’octobre, mais elle ne veut pas expliquer comment elle est arrivée à cette conclusion et ne veut pas non plus transmettre les échantillons sanguins. Le tableau n’est pas totalement noir pour autant, certains des 14 experts de l’OMS racontent que, dans leur domaine, notamment sur la possible origine animale du virus, il y a eu de vrais échanges. On attend dans quelques semaines le rapport final de l’OMS, qui veut à tout prix maintenir le dialogue avec la Chine pour percer les nombreux mystères qui entourent toujours le Covid-19.

RA : L'OMS qui aujourd'hui a ouvert la voie à la distribution de centaines de millions de doses du vaccin AstraZeneca à des pays défavorisés. C'est l'une des grandes inquiétudes actuellement, le fait que les vaccins contre le Covid-19 aillent massivement vers les pays riches. Le vaccin AstraZeneca a donc reçu une homologation d'urgence, et cela va permettre de faciliter la distribution.

SB : Également concernant la lutte contre la pandémie de coronavirus, cette question : faut-il fermer les frontières au sein de l'Union européenne ?

RA : La décision de l'Allemagne fait polémique, la semaine dernière Berlin a décidé de fermer en partie ses frontières avec la République tchèque et le Tyrol autrichien. La Commission européenne a fait part ce lundi de ses critiques. Sur place les contrôles mis en place provoquent des bouchons, des embouteillages. Correspondance à Berlin de Pascal Thibaut.

La commission européenne a critiqué Berlin pour la mise en place de ces contrôles avec le Tyrol autrichien et la république tchèque. Si Prague a choisi jusqu’à présent la retenue, Vienne a protesté. L’ambassadeur allemand sur place a été convoqué dimanche soir. Lundi matin, Stephan Mayer, secrétaire d’État auprès du ministre de l’Intérieur à Berlin a défendu ces mesures. « De tels contrôles ne sont pas une bonne chose, personne n’en veut mais ils sont malheureusement nécessaires vu la situation actuelle chez nos voisins. Nous n’avons pas de leçons à recevoir de Bruxelles. Bien sûr, nous sommes conscients de l’importance de la liberté de circulation et tout est fait pour trouver des solutions adéquates. » Sur le terrain, la situation à la frontière avec le Tyrol restait lundi relativement calme. Des kilomètres de bouchons, notamment de poids lourds, se sont en revanche créés à la frontière avec la république tchèque. Les Allemands et les étrangers vivant en RFA ont le droit de franchir la frontière sur présentation d’un test négatif. Cela vaut aussi le personnel de santé, les forces de sécurité, les pompiers et les transporteurs routiers. Lundi, la moitié des personnes ont été refoulées. Les travailleurs frontaliers pouvaient passer en produisant leur contrat de travail et un test Covid. La situation doit être facilitée pour eux d’ici mercredi. Pascal Thibaut, Berlin RFI.

RA : Les critiques également de la France ce lundi. L'Allemagne avait laissé entendre qu'elle pourrait fermer sa frontière avec la France en raison de la situation sanitaire dans le département de la Moselle. Paris « ne le souhaite pas » a déclaré le secrétaire d'État français chargé des Affaires européennes, Clément Beaune.

À retenir également concernant la lutte contre le Covid-19, la crainte des variants au virus. Ce lundi les habitants d'Auckland la plus grande ville de Nouvelle-Zélande ont débuté un confinement de trois jours après la découverte d'un premier foyer d'infection au variant britannique.

Article publié le 15/02/2021

RFI - Radio France Internationale