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Infos en français facile : Édition du 09/02/2021 20h00

Transcription

Vous écoutez RFI il est 21h à Paris, 20h en temps universel.

Romain Auzouy : Bonsoir à tous, bienvenue dans votre Journal en français facile présenté ce soir en compagnie de Zéphyrin Kouadio, bonsoir Zéphyrin.

Zéphyrin Kouadio : Bonsoir Romain, bonsoir à toutes et à tous.

RA : À la une ce soir : en Birmanie des violences contre les manifestants. Les Nations Unies évoquent plusieurs blessés. La police aurait tiré des balles en caoutchouc et des gaz lacrymogènes, huit jours après le coup d'État.

ZK : Le début du second procès de Donald Trump en destitution. Il s'est ouvert il y a deux heures devant le Sénat. L'ancien président est jugé pour les faits du 6 janvier, quand plusieurs de ses partisans avaient lancé un assaut contre le Capitole.

RA : Et puis l'Union européenne qui évoque des sanctions contre la Russie. Les tensions continuent de monter entre les deux camps.

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ZK : L'ONU condamne l'usage de la force contre les manifestants en Birmanie

RA : La tension est montée d'un cran aujourd'hui en Birmanie, huit jours après le coup d'État qui a renversé le gouvernement d’Aung San Suu Kyi. On savait que la menace était importante, hier la loi martiale a été décrétée, cela veut dire que l'armée assure le maintien de l'ordre. Et donc ce mardi alors qu'il y a eu de nouvelles manifestations, la police a fait usage de la force. Un usage « disproportionné » selon les Nations Unies qui évoquent de « nombreux blessés dont certains gravement » après que la police a tiré des balles en caoutchouc et des gaz lacrymogènes. Que sait-on de ce qui s'est passé, on voit cela avec vous Cléa Broadhurst.

Pour l’heure, il est impossible d'obtenir une estimation du nombre de blessés auprès des hôpitaux. Une femme aurait été touchée par balle à la tête et demeurerait dans un état critique à l’hôpital. Plus tôt aujourd’hui, la télévision d'État a déclaré que les forces de police avaient agi en toute légalité en ayant recours aux canons à eau, tirs de balles en caoutchouc ou encore de gaz lacrymogènes lors de heurts avec les manifestants. On peut voir circuler sur Twitter des vidéos montrant des officiers de police laissant passer les manifestants de l'autre côté des barricades, mais aussi rejoignant les protestataires. Ces centaines de milliers de birmans défilent depuis plusieurs jours à travers le pays malgré un risque réel de répression violente. Ils réclament la libération des personnes détenues, dont Aung San Suu Kyi, mais aussi la fin de la constitution de 2008, très favorable aux militaires. Le commandant en chef de l'armée, Min Aung Hlaing, s’est pour la première fois exprimé hier soir sur la chaîne de l'armée. Il s'est engagé à « la tenue d'élections libres et justes » à la fin de l'état d'urgence d'un an et il a promis un régime militaire « différent » des précédents.

RA : Et à noter que ce matin la Nouvelle Zélande a annoncé la suspension de ses contacts militaires et politiques de haut niveau avec la Birmanie. La Nouvelle-Zélande qui est ainsi devenue le premier pays au monde à décider d'isoler la junte militaire, en raison du coup d'État.

ZK : Pour la deuxième fois Donald Trump est donc jugé en destitution.

RA : C'est une première aux États-Unis pour un ancien président. Le procès s'est ouvert il y a deux heures, il est historique pour une autre raison : il se tient en effet devant le Sénat qui se trouve dans le Capitole, là où se sont produits les faits qui valent à Donald Trump d'être jugés. Le 6 janvier dernier en effet des partisans de Donald Trump avaient lancé un assaut contre le Capitole. Les 100 sénateurs qui seront les jurés de ce procès, furent donc les témoins et les victimes de cette attaque. Pour se défendre Donald Trump a eu du mal à constituer une équipe, à la différence de son premier procès où de brillants juristes ainsi que les stars du barreau s'étaient succédés pour le défendre. Cette fois il a été confronté à une vague de démissions et a fini par recruter deux avocats plutôt inconnus du grand public : il s'agit de Bruce Castor et David Schoen. Qui sont-ils ? Leurs portraits avec Achim Lippold.

Ce ne sont pas des avocats de premier plan mais ils ont déjà défrayé la chronique. Procureur en Pennsylvanie, Bruce Castor avait été saisi en 2005 d'une plainte pour agression sexuelle contre l'animateur Bill Cosby. Mais il avait refusé d'entamer des poursuites contre le comédien, qui en 2018 a été condamné pour ces abus. L'autre avocat, David Schoen est un pénaliste d'Atlanta. Il avait déclaré à plusieurs reprises que selon lui, l'homme d'affaire Jeffrey Epstein, accusé d'exploitation sexuelle sur mineures et qui est mort en prison en 2019, avait été tué dans sa cellule. Les enquêtes officielles avaient pourtant conclu au suicide. Les deux avocats ont des profils très différents mais s'appuient sur plusieurs décennies d'expérience professionnelle. On ignore pour l'instant lequel des deux dirigera l'équipe d'avocats de l'ancien président. Peu d'informations ont filtré sur leur stratégie, si ce n'est que les accusations de fraude électorale répétées par Donald Trump pendant des mois ne seront pas relayées par les avocats. Ce lundi, ils ont déclaré que l’acte d'accusation adopté par la Chambre est anticonstitutionnel. Selon eux, la Constitution ne permet pas au Sénat de juger un président qui n’est plus en exercice. Ils ont d’ailleurs demandé l’abandon du procès.

RA : Tout porte à croire que Donald Trump sera acquitté à l'issue de son procès. La Constitution impose en effet une majorité des deux tiers, il faudrait donc qu'en plus des voix démocrates 17 élus républicains votent en faveur du condamnation, ce qui est très peu probable.

ZK : La pandémie de coronavirus. Et de nouveaux caps qui ont été franchis. 

RA : C'est le cas en Espagne où le seuil des 3 millions de cas a été franchi. La France vient de dépasser les 80 000 morts liés au Covid-19. Depuis ce matin c'est une journée spéciale sur RFI, nous évoquons la « Génération Covid », les jeunes qui sont très durement touchés par la crise. Dans ce Journal en français facile direction Jérusalem à la rencontre d'un jeune artiste israélien. Guitariste et professeur de musique, il avait décroché en début d'année dernière une bourse pour aller vivre sa passion musicale en Andalousie, au sud de l'Espagne. Mais la pandémie de coronavirus a bouleversé ses plans. Sami Boukhelifa est allé à sa rencontre.

Dans son appartement de Jérusalem, Orian, 27 ans, joue quelques accords. Avant la pandémie, la musique, c’était sa passion mais aussi son métier. Mais depuis l’année dernière il a dû s’adapter à la nouvelle situation. « Je gagnais très bien ma vie en tant que musicien mais avec le coronavirus, le monde de l’art s’est complètement effondré, et à partir de là je n’ai plus eu de rentrées d’argent. J’ai vécu sur mes économies et ma famille m’a un peu aidé. Ensuite je suis devenu chauffeur, j’ai gardé des enfants, et j’ai même travaillé dans le bâtiment. Vous vous imaginez ? C’est tout le contraire de mon métier d’artiste. » Mais au-delà de cette situation, ce qui mine le plus Orian, c’est de ne pas avoir pu accomplir son rêve. « Nous devions donner un concert ensemble avec un grand musicien espagnol, qui s’appelle Manuel Monteiro, et j'ai aussi décroché une bourse pour aller étudier la musique en Espagne. Mais ça n’a pas été possible parce qu’on ne peut plus voyager. » En attendant le retour à la vie normale, le jeune homme continue de s’évader grâce à sa musique. Sami Boukhelifa Jérusalem RFI.

ZK : Et puis l'escalade des tensions entre l'Union européenne et la Russie.

RA : Rappel des épisodes précédents : en fin de semaine dernière la Russie qui expulse trois diplomates européens, le jour où le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell se trouve en visite en Russie. Aujourd’hui Josep Borrell s'est exprimé devant le Parlement européen, et il a recommandé l'adoption de sanctions à l'encontre de la Russie. Mais avant cela Josep Borrell a dû justifier sa visite en Russie qui intervenait alors que l'opposant numéro 1 Alexeï Navalny se trouve en prison. Josep Borrell.

« Cette visite présentait des risques évidents et je les ai pris... D'abord parce nous condamnons la manière dont l'affaire Navalny est gérée. Ensuite parce qu'elle m'a permis d'évaluer, de mes propres yeux, les défis de notre relation avec la Russie. Je n'avais pas d'illusion avant mon déplacement. Je suis encore plus préoccupé après. Une chose m'est apparue clairement : il n'y a pas d'intention du côté russe de s'engager dans une discussion constructive si nous abordons la question des droits de l'homme et des libertés politiques. Je suis particulièrement inquiet quant aux choix géostratégiques des autorités russes. Nous sommes à un croisement dans nos relations avec la Russie. Nous discuterons de ce sujet lors du prochain conseil des affaires étrangères, le 22 février, et ce sera aux états membres de décider des prochaines étapes, mais oui, cela pourrait inclure des sanctions. Je ferai des propositions concrètes (en ce sens) en usant du droit d'initiative qu'a le haut représentant ».

RA : Josep Borrell le chef de la diplomatie européenne ce mardi devant le Parlement européen à Bruxelles. Propos recueillis par Joana Hostein.

Et puis un mot de tennis. Deuxième journée de l'Open d'Australie ce mardi à Melbourne. À retenir parmi les résultats : les victoires de l'Espagnol Rafael Nadal et du Russe Daniil Medvedev . Défaites côté Français pour Pierre-Hugues Herbert et Gilles Simon.

Article publié le 09/02/2021

RFI - Radio France Internationale