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Infos en français facile : Édition du 07/01/2021 20h00

Transcription

Vous écoutez RFI il est 21h à Paris, 20h en temps universel.

Romain Auzouy : Bonsoir à tous, bienvenue dans votre Journal en français facile présenté ce soir en compagnie de Sylvie Berruet, bonsoir Sylvie.

Sylvie Berruet : Bonsoir Romain, bonsoir à tous. 

RA : À la une ce soir : les États-Unis au lendemain d'une journée de chaos. Marquée par l'invasion du Capitole par des partisans de Donald Trump. De plus en plus de voix s'élèvent pour demander à mettre fin au mandat du président sortant.

SB : La pandémie de coronavirus, en France les restrictions sont maintenues. « Hors de question de baisser la garde » (de relâcher la vigilance), a dit le Premier ministre Jean Castex lors d'une conférence de presse.

RA : Et puis les premières illustrations de la réconciliation dans le Golfe. Un avion du Qatar devait ce soir survoler l'Arabie saoudite. Une première depuis 2017.

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SB : Aux États-Unis, les appels à écarter Donald Trump du pouvoir se multiplient.

RA : Ce qui s'est passé hier restera dans l'Histoire. Pour rappel hier avait lieu la certification de l'élection du futur Président Joe Biden. Cette certification se déroule devant le Congrès, elle est purement formelle. Sauf qu'elle a tourné à l'insurrection quand des partisans de Donald Trump ont envahi le Capitole, en plein débat. Les images sont marquantes : élus portant des masques à gaz, agents de la police en civil arme au poing, manifestants installés dans les bureaux des parlementaires. Donald Trump ce soir accusé d'avoir incité ces violences. Par conséquent le chef des démocrates au Sénat Chuck Summer demande à Mike Pence le vice-Président américain de démettre le président sortant de ses fonctions, c'est-à-dire de déclarer qu'il n'est pas apte à terminer son mandat. Il n'est pas le seul à le dire, il a même été rejoint par un élu républicain. Et ce soir une ministre de Donald Trump, Elaine Chao, annonce démissionner. Mais dans le camp du président sortant beaucoup continuent de soutenir le président sortant et ils ont joué un rôle important dans ce qui s'est passé hier soir au Capitole. En particulier les élus texans. Correspondance à Housotn de Thomas Harms.

Lors du meeting de Donald Trump devant le Capitole, le Procureur général du Texas, Ken Paxton, prend la parole. « Comme nous sommes tous ici aujourd'hui, le mouvement se poursuit. Nous n'arrêterons pas de nous battre. » Ken Paxton avait déjà fait parler de lui avec une tentative devant la Cour suprême d’invalider les résultats de l’élection dans plusieurs États. Peu après, le sénateur Ted Cruz qui aurait des vues sur la présidentielle de 2024, prenait la tête d’une douzaine de sénateur pour contester la victoire de Joe Biden et le choix des grands électeurs. « Laissez-moi vous dire clairement : cette contestation concerne l'État de l'Arizona, mais qu'elle est plus large que cela. » Mais plusieurs républicains Texans sont aujourd’hui salués pour leur opposition à Ted Cruz, comme Chip Roy élu de la région d’Austin. « Le président n’aurait pas dû faire croire à certain américains quelque chose qui est tout simplement faux. Je ne vais pas voter pour contester le vote des grands électeurs. Ce vote pourrait bien signer mon arrêt de mort politique. Mais qu'il en soit ainsi. J’ai juré de respecter la Constitution des États-Unis et je n’irai pas à son encontre pour des raisons d'opportunisme politique ». Aujourd’hui, les démocrates du Texas réclament la démission de Ted Cruz comme celle des 15 autres élus texans qui malgré les violences ont quand même voté contre la certification de Joe Biden. Thomas Harms, Houston, RFI.

RA : Joe Biden qui s'est exprimé ce soir depuis son fief de Willmingon en Caroline du Nord. Il accuse Donald Trump d'avoir « déchaîné un assaut sans merci contre les institutions » démocratiques.

SB : Les réactions sont nombreuses après les évènements d'hier au Capitole.

RA : Condamnation exprimée en Europe, par le Premier ministre britannique Boris Johnson. La chancelière allemande Angela Merkel se dit « triste » et « en colère ». Et du côté des pays critiques des États-Unis on peut citer la Russie. En Russie où les violences réjouissent les dirigeants. Correspondance à Moscou de Léo Vidal Giraud.

On dit en russe « Zloradstvo » : la joie mauvaise de que l’on éprouve en regardant se produire les malheurs des autres. Et c’est sans doute ce mot qui définit le mieux les réactions des officiels russes aux événements survenus ce mercredi à Washington. Joie mauvaise de ceux qui voient, dans les États-Unis, l’organisateur en chef des révolutions antirusses dans l’espace post-soviétique, comme Léonid Sloutski, président du comité des affaires étrangères du parlement russe, qui déclare : « Le boomerang des révolutions de couleur est revenu dans la figure des Américains ». Joie mauvaise, parce que la Russie a toujours très mal supporté les critiques régulières des États-Unis sur son propre système politique et son manque de démocratie. Et toute la séquence de l’élection présidentielle américaine, jusqu’aux dysfonctionnements d’hier, renforce le narratif du Kremlin : la démocratie n’existe pas, nulle part, ni en Amérique, ni ailleurs. « La démocratie américaine est manifestement boiteuse », commente ainsi le sénateur russe Konstantin Kosatchev. « Les États-Unis ont perdu le cap de la démocratie, et ils ont perdu le droit de le définir. Et encore plus, de l’imposer aux autres ». Pour les dirigeants russes, plus jamais l’Amérique ne pourra donner de leçons de politique à qui que ce soit. C’est sans doute, pour le Kremlin, la meilleure façon de commencer 2021. Léo Vidal Giraud, Moscou, RFI.

SB : La pandémie de coronavirus à présent. Le Premier ministre français Jean Castex tenait ce soir une conférence de presse.

RA : Dans un contexte de rebond de la pandémie, c'est-à-dire que les contaminations sont en hausse. Rien que ce jeudi plus de 25 000 cas confirmés. Alors Jean Castex a annoncé le maintien de toutes les restrictions actuellement en cours, je vous propose d'écouter le Premier ministre français.

[Transcription manquante]

RA : Jean Castex. Le chef du gouvernement français s'est également exprimé sur la campagne de vaccination, qui fait l'objet de critiques en France en raison de sa lenteur. Il affirme que 45 000 personnes ont été vaccinées ces cinq derniers jours. C'est peu en comparaison aux centaines de milliers de personnes vaccinées en Allemagne ou au Royaume-Uni. Prenant le relais de Jean Castex, le ministre de la Santé Olivier Véran a annoncé l'objectif d'atteindre un million de vaccinations d'ici la fin du mois.
Un peu plus tôt dans la journée l'Organisation mondiale de la Santé avait appelé l'Europe à en faire plus face au virus. Évoquant une « situation alarmante » notamment face à la nouvelle souche du coronavirus détectée au Royaume-Uni.
Enfin illustration de cette situation, l'Espagne a dépassé aujourd'hui la barre des 2 millions de cas confirmés depuis le début de la pandémie.

SB : Et puis pour les pays du Golfe, l'application de la réconciliation annoncée avec le Qatar.

RA : Arabie saoudite, Émirats arabes unis, Bahreïn boycottaient le Qatar depuis 2017. On peut également citer l'Égypte qui se trouve hors du Golfe. Ils estimaient que le Qatar était trop proche de l'Iran. Mais en début de semaine tous se sont réconciliés avec le Qatar, les relations diplomatiques ont été relancées. Et effectivement l'application ce jeudi : les Émirats arabes unis ont annoncé la reprise des échanges commerciaux avec le Qatar. Les Émirats qui incarnaient la ligne dure face au Qatar. Nicolas Falez.

Voyages, transport, commerce... les obstacles à ces échanges avec le Qatar seront levés d'ici une semaine, assure le Ministre émirien des Affaires étrangères Anwar Gargash. Après la réouverture des frontières annoncée par l'Arabie saoudite, le Qatar s'apprête donc à sortir de l'isolement auquel il a été brusquement confronté en 2017 lorsque le pays a dû inaugurer un nouveau terminal portuaire pour recevoir des importations qui transitaient jusque-là par les Émirats arabes unis. Le Qatar a aussi construit une ferme géante en plein désert, acheminant des vaches par avion pour bâtir son indépendance en produits laitiers. Mais c'est surtout en se tournant vers de nouveaux fournisseurs, turcs et iraniens que Doha a surmonté le boycott imposé par ses voisins. Les Émirats arabes unis semblent vouloir ouvrir un nouveau chapitre, alors qu'ils ont été à l'initiative du boycott du Qatar. Les deux Monarchies ont des visions divergentes de la région. Les Émirats arabes unis s'opposent à toute forme d'Islam politique, là où le Qatar entretient des liens anciens avec la mouvance des Frères musulmans.

RA : Et la première illustration concrète de la réconciliation : ce soir pour la première fois depuis 2017 un avion de Qatar Airways la compagnie nationale du Qatar devait survolé l'Arabie saoudite. C'est la compagnie qui l'annonce.

Article publié le 07/01/2021

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