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Infos en français facile : Édition du 06/01/2021 20h00

Transcription

Romain Auzouy : Bonsoir à tous, bienvenue dans votre Journal en français facile présenté ce soir en compagnie de Sylvie Berruet, bonsoir Sylvie.

Sylvie Berruet : Bonsoir Romain, bonsoir à tous. 

RA : À la une ce soir : des échauffourées au Congrès américain. Le Congrès qui doit formaliser l'élection du futur Président Joe Biden. Des partisans de Donald Trump sont entrés ce soir dans le Congrès, nous retrouverons Anne Corpet en direct de Washington dans un instant.

SB : Un deuxième vaccin autorisé en Europe contre le coronavirus. Il s'agit du vaccin du laboratoire américain Moderna, et l'objectif est d'accélérer la campagne de vaccination en Europe.

RA : Et puis à Hong Kong un coup de filet inédit dans les rangs pro démocratie. Un coup de filet c'est une série d'interpellations. Plus de 50 personnes ont été arrêtées la nuit dernière. Protestation de l'Union européenne et des États-Unis vis à vis de la Chine.

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SB : Aux États-Unis Donald Trump annonce qu'il ne concèdera jamais la défaite.

RA : « Nous n'abandonnerons jamais » a déclaré le président sortant quelques minutes avant que le Congrès ne débute la certification des résultats de l'élection présidentielle. C'est une procédure très formelle mais une première objection a été formulée, contre le vote des grands électeurs en faveur de Joe Biden. On retrouve en direct de Washington l'envoyée spéciale permanente de RFI Anne Corpet, Anne comme le prévoit la procédure, après cette première contestation un débat a commencé. Mais ce débat a dû être interrompu ?

Oui car des manifestants ont réussi à entrer dans le congrès. Des partisans de Donald Trump ont franchi les barrières de sécurité et déjoué les services de police : ils paradent en ce moment même dans les salles les plus prestigieuses du bâtiment. Ils agitent des drapeaux Trump et scandent le nom du président. Ces manifestants ont obéi à la requête de Donald Trump qui leur a demandé ce matin de se rendre au congrès pour contester la certification des résultats de l’élection.  La situation est confuse, et en tous cas sans précédent. La police est en train de se déployer. Les manifestants ont réussi à interrompre le processus démocratique en cours : à cause de leur intrusion au congrès, les débats se sont donc arrêtés. Il est même question d'évacuer le vice-président Mike Pence qui présidait la séance. Les élus sont enfermés, ils attendent le départ des semeurs de troubles. La maire de Washington DC vient d’annoncer qu’elle décrétait un couvre-feu à 18h ce soir pour tenter d’empêcher que la situation dégénère. C’est une situation complètement inédite, certains commentateurs des chaines de télévision évoquent déjà une tentative de coup d’État. Donald Trump qui a incité ses partisans à se rendre au Congrès leur demande maintenant de soutenir la police, mais il n'exige pas qu'ils sortent du bâtiment.

RA : Anne Corpet en direct de Washington pour RFI. J'ajoute que ce soir un élu américain affirme que du gaz lacrymogène a été utilisé dans la rotonde du Capitole.

SB : Dans l'actualité américaine également le Sénat qui devrait basculer dans le camp démocrate.

RA : Deux élections cruciales avaient lieu en Géorgie, le candidat démocrate Raphael Warnock est devenu le premier sénateur noir élu en Géorgie. Et l'autre démocrate en lice semble ce soir en position de l'emporter. Si sa victoire se confirme, les démocrates auraient alors le même nombre de sièges au Sénat que les républicains. Mais comme le prévoit la constitution, la future vice-présidente Kamala Harris aurait alors le pouvoir de départager les votes, et donc de faire pencher la balance du côté démocrate.

SB : Les États-Unis qui ont signé aujourd'hui un accord de normalisation des relations entre le Soudan et Israël.

RA : C'est un nouveau pays arabe qui normalise ses relations avec Israël, sous l'impulsion des États-Unis. C'était attendu, le Président sortant Donald Trump l'avait annoncé. Et puis un autre accord a été signé aujourd'hui par les États-Unis, prévoyant le déblocage de plus d'un milliard de dollars pour le Soudan, afin de l'aider à rembourser sa dette envers la Banque mondiale.

SB : L'Union européenne tente d'accélérer la campagne de vaccination contre le Covid-19.

RA : Il y a urgence, pour deux raisons : d'abord en raison de la situation sanitaire. L'Europe touchée de plein fouet par la pandémie, illustration au Royaume-Uni où pour la première fois plus de 1 000 morts ont été comptabilisés en une journée. Au Portugal également un record a été atteint, celui du nombre d'infections, plus de 10 000 en 24h. L'autre raison c'est que la campagne de vaccination européenne est pour le moment jugée trop lente par rapport à des pays comme les États-Unis. Aujourd'hui donc l'Agence européenne des médicaments a autorisé un deuxième vaccin contre le Covid-19, le vaccin du laboratoire américain Moderna. Les détails avec Lucie Bouteloup.

Apres le vaccin de Pfizer, celui de Moderna est donc le deuxième à être autorisé dans les pays de l'Union européenne. Tous deux basés sur la même technologie de l'ARN messager, la nouvelle formule est efficace à 94% contre les formes graves du coronavirus. Son principal atout : se conserver à seulement -20 degrés au lieu des - 70 degrés chez Pfizer. Un avantage déterminant dans la logistique pour son transport mais aussi pour son stockage. Déjà utilisé aux États-Unis, au Canada et en Israël, l'Union européenne a à son tour passé commande, et elle s'apprête à recevoir 160 millions de doses d'ici la semaine prochaine. Parmi elles, 15% reviendront à la France. De quoi permettre à 12 millions de Français de se vacciner avec deux injections à 28 jours d'intervalle. À ce jour, la commission européenne a commandé au total près de 2 milliards de doses de vaccins contre la Covid auprès de différents laboratoires. Parmi eux Astra Zeneca qui espère d'ici la fin du mois de janvier, une validation pour son vaccin.

RA : On évoquait la France, sachez que demain à 17h temps universel, le Premier ministre Jean Castex doit tenir une conférence de presse pour évoquer la vaccination.

SB : Et face aux conséquences économiques du coronavirus, les plans de soutien se multiplient.

RA : C'est le cas au Royaume-Uni, le pays qui en a bien besoin. Le dernier plan présenté s'élève à plus de 5 milliards d'euros. Il vise les commerces, les bars et les restaurants qui sont fermés à cause de la pandémie. Agnieszka Kumor.

À genoux, depuis des mois, les entreprises britanniques pourront recevoir jusqu'à 9000 livres (l'équivalent de 10 000 euros). Le gouvernement met aussi en place un fonds de 600 millions de livres pour celles qui ne seraient pas éligibles aux nouvelles aides. Ces injections d'argent devraient permettre aux commerces, aux bars et aux restaurants, de préserver leurs emplois jusqu'au printemps, assure Rishi Sounak, le Chancelier de l'Échiquier. Car ces entreprises en ont grandement besoin. Le nouveau confinement décidé pour lutter contre la diffusion de la nouvelle souche du coronavirus est aussi strict que le premier, mis en place au printemps dernier. Un coup de massue pour de nombreux secteurs laminés par des faillites et la casse sociale. Survivre, c'est le mot d'ordre pour ces PME, alors que les supermarchés britanniques ont atteint un niveau de ventes record en décembre. Grâce aux fêtes de Noël et la fermeture des pubs et des restaurants, les ventes effectués par les enseignes de distribution s'élèvent à 11 milliards 700 millions de livres, un niveau jamais vu sur un mois.

SB : À Hong Kong une vague d'arrestation dans les milieux pro démocratie.

RA : Cela fait plusieurs semaines que la Chine se montre de plus en plus dure vis à vis de l'ancienne colonie britannique. Mais ce qui s'est passé la nuit dernière est une première. Au total plus de 50 personnes ont été arrêtées, des avocats, de militants pro démocratie, des figures de la société civile. Détails Vincent Souriau.

L'ampleur de la rafle est inédite à Hong Kong, à la fois par le nombre d'arrestations et la diversité des profils visés. Il y a d'anciens députés pro-démocratie, qui se sont battus au Parlement contre le projet de loi d'extradition à l'origine des manifestations géantes de 2019. Des avocats progressistes impliqués dans la défense des manifestants arrêtés. De jeunes militants de la société civile incarnant les nouveaux visages de la contestation anti-Pékin. Un spécialiste des enquêtes d'opinion, membre d'un célèbre institut de sondages. Ainsi, et c'est une première, qu'un citoyen américain. Le juriste John Clancey, patron de la Commission asiatique des Droits de l'Homme, une ONG proche de l'opposition. Au total, 43 hommes et 8 femmes, âgés de 23 à 64 ans, plus de 70 perquisitions réalisées par un contingent d'un millier de policiers. On leur reproche d'avoir organisé ou participé aux primaires de l'opposition, qui se sont tenues l'été dernier en prévision des législatives de septembre 2020. Ce scrutin n'a pas pu se tenir en raison de l'épidémie de Covid-19, mais la police affirme que ces primaires visaient à s'ingérer, perturber ou saper l'autorité de l'exécutif hongkongais, et qu'aux termes de la loi sur la sécurité nationale, cela constitue un acte de subversion.

Article publié le 06/01/2021

RFI - Radio France Internationale