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Infos en français facile : Édition du 05/01/2021 20h00

Transcription

Vous écoutez RFI il est 21h à Paris 20h en temps universel.

Romain Auzouy : Bonsoir à tous, bienvenue dans votre Journal en français facile présenté ce soir en compagnie de Zéphyrin Kouadio, bonsoir Zéphyrin.

Zéphyrin Kouadio : Bonsoir Romain, bonsoir à toutes et à tous.

RA : À la une ce soir : la réconciliation entre les pays du Golfe. C'est ce qui ressort d'un sommet organisé aujourd'hui en Arabie saoudite. Réconciliation notamment avec le Qatar qui était accusé ces dernières années d'être trop proche de l'Iran.

ZK : La pandémie de coronavirus : en Allemagne les restrictions sont prolongées jusqu'au 31 janvier. L'Angleterre, elle, entre ce soir dans un nouveau confinement total. Tandis qu'en France les autorités tentent de répondre aux critiques sur la lenteur de la campagne de vaccination.

RA : Et puis c'est une première parmi les géants d'internet : la création d'un syndicat à Google. Décision prise par des salariés du groupe, par mesure de précaution après une année 2020 marquée par des tensions avec la direction.

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ZK : Un accord signé entre les pays du Golfe.

RA : Les six pays du CCG (le Conseil de coopération du Golfe) : il s'agit de l'Arabie saoudite, des Émirats arabes unis, de Bahreïn, du Qatar, d'Oman et du Koweït. Ils ont signé un accord de solidarité et de stabilité à l'occasion d'un sommet qui s'est tenu ce mardi dans le nord-ouest de l'Arabie saoudite. Cela signifie une réconciliation. Et illustration de cette réconciliation : l’annonce du rétablissement des relations diplomatiques entre le Qatar et les pays qui le boycottaient depuis trois ans et demi, à savoir trois pays du Golfe Arabie saoudite, Émirats arabes unis et Bahreïn, ainsi que l'Égypte. Le Qatar qui était accusé de soutenir les mouvements islamistes et d'être trop proche de l'Iran. Compte-rendu de cette journée avec Nicolas Falez.

« Nous avons aujourd'hui un besoin urgent d'unir nos efforts ». Propos du Prince héritier d'Arabie saoudite Mohammed ben Salman qui a accueilli ce mardi les dirigeants des six monarchies pétrolières du Golfe. L'homme fort du royaume saoudien a immédiatement ajouté que l'unité retrouvée doit permettre d'affronter - je cite – « les menaces posées par le programme nucléaire et de missiles du régime iranien et ses plans de sabotage et de destruction ». Avant l'ouverture de ce sommet des pays membres du Conseil de Coopération du Golfe, le même Mohammed ben Salman avait accueilli l'Emir du Qatar Tamim Al Thani à la descente de son avion... et au bas de la passerelle, les deux hommes (masqués pour cause de Covid) se sont donné l'accolade. Riyad et Doha affichent donc leur réconciliation. 3 ans et demi après une spectaculaire rupture, lorsque le Qatar a été isolé par l'Arabie saoudite, les ֤Émirats Arabes Unis, Bahreïn et l'Égypte. On ignore pour l'heure si le Qatar a fait des concessions alors qu'il a toujours rejeté les exigences de ses voisins, qui lui demandaient par exemple de fermer Al Jazeera, la télévision qatarienne qui est un outil d'influence de l'émirat dans le monde arabe.

ZK : Un rapport à présent sur les exactions commises par Israël contre les Palestiniens en 2020.

RA : Exactions signifie mauvais traitement. C'est un rapport de l'ONG israélienne B’Tselem. Il en ressort que l'année dernière 27 Palestiniens ont été tués par les forces de l'occupation israélienne en Cisjordanie et à Gaza. L'ONG s'alarme également d'une hausse de démolitions de maisons de Palestiniens. Le détail avec la correspondance de Sami Boukhelifa.

Ils s’appelaient Ali Abu' Alia ou encore Zeid Qaysiyah, abattus par les forces israéliennes, alors qu’ils étaient encore mineurs. Il y a aussi le cas emblématique de Iyad al-Halaq, autiste, âgé de 31 ans, criblé de balles dans la vieille ville de Jérusalem. À Gaza, en 2020 le corps d’un jeune palestinien a même été profané par les militaires, dénonce Amit Gilutz, porte-parole de l’ONG B’Tselem. « Muhammad a-Na'am (Mohamed Ana-Am), avait 27 ans, il était membre du jihad islamique. Selon l’armée israélienne, il a été abattu alors qu’ils tentaient avec un de ses compagnons de placer des explosifs près de la clôture qui sépare Gaza d’Israël. Un bulldozer militaire a ramassé son corps et l’a balancé dans tous les sens, en essayant de l’éloigner, afin que ses camarades ne puissent pas le récupérer. » En plus des Palestiniens tués, B’Tselem s’inquiète d’un nombre alarmant de démolitions de maisons palestiniennes dans les territoires occupés, cette année. « Au total, en 2020, Israël a démoli 273 maisons et a mis à la rue plus d’un millier de Palestiniens, sans même tenir compte des conséquences que cela peut avoir, en pleine crise sanitaire due au Covid-19 ». L’État hébreu considère ces maisons détruites comme illégales. Mais selon B’Tselem, Israël refuse d’accorder des permis de construire aux Palestiniens, afin de les obliger à quitter leurs terres. Sami Boukhelifa Jérusalem RFI.

ZK : La pandémie de coronavirus et l'Allemagne qui décide de renforcer son confinement partiel.

RA : L'Allemagne fait face à un rebond inédit de la pandémie. Plus de 11 000 cas déclarés en 24. Près de 1 000 décès par jour enregistrés. La chancelière Angela Merkel a tenu une réunion avec les 16 présidents des États régionaux et c'est après cette réunion qu'elle a annoncé la prolongation du confinement partiel jusqu’au 31 janvier. Les explications à Berlin de Pascal Thibaut.

Des niveaux d’infections encore trop élevés, les incertitudes sur les conséquences des rassemblements familiaux durant les fêtes, les inquiétudes liées à la variante du virus identifié en Grande-Bretagne, la situation tendue dans les hôpitaux : autant de raisons qui ont poussé l’Allemagne à prolonger les mesures restrictives en vigueur depuis la mi-décembre.  Les commerces non essentiels, les restaurant, les bars, les lieux culturels, les salles de sport mais aussi les écoles resteront fermées jusqu’à la fin du mois. À ces mesures déjà en vigueur s’ajoutent des durcissements : les contacts privés devront se réduire à une seule personne d’un autre foyer contre cinq aujourd’hui. Dans les zones où l’incidence virale est supérieure à 200 nouvelles infections pour 100 000 habitants, il sera interdit de se déplacer à plus de 15 kilomètres de son domicile. Dix millions de personnes dans la partie Est du pays mais aussi en Bavière sont concernées. Ces décisions devraient être approuvées par la population. Dans un sondage, les deux tiers des personnes interrogées plaidaient pour une prolongation ou un durcissement des mesures déjà en vigueur. Pascal Thibaut Berlin RFI.

RA : En Angleterre c'est un nouveau confinement total qui sera mis en place à partir de la nuit prochaine. Et cela risque de durer longtemps, l'objectif fixé par les autorités est de lever certaines restrictions au mois de mars. L'Angleterre et d'une manière général le Royaume-Uni, qui constitue l'un des pays les plus touchés par le coronavirus en Europe. Le Bureau national des statistiques estime que plus d'1,12 million de personnes étaient infectées par le virus en Angleterre la semaine dernière, cela représente un habitant sur cinquante. Illustration dans le sport professionnel, 40 cas de Covid-19 ont été enregistrés depuis la semaine dernière en Premier League, le football professionnel en Angleterre, c'est la Ligue qui l'annonce aujourd'hui.

En France la campagne de vaccination qui fait toujours polémique en raison de critiques sur sa lenteur. Face à cela Olivier Véran le ministre de la Santé annonce la vaccination des plus de 75 ans avant la fin du mois, en dehors des Ehpad les établissements pour personnes âgées dépendantes qui sont déjà concernés par la campagne. Demain matin un conseil de défense sanitaire doit se tenir.

Et puis la crise économique provoquée par la crise sanitaire. Avec le message d'alerte aujourd'hui de la Banque mondiale qui dit craindre des crises de l'endettement en série, principalement dans les pays en développement et les économies émergentes. La Banque mondiale appelle la communauté internationale à agir rapidement et avec détermination.

ZK : Également dans l'actualité économique, la création d'un syndicat à Google.

RA : C'est une première parmi les géants de l'internet. C'est une décision des salariés du groupe en signe de protection après une année 2020 marquée par plusieurs différents entre les salariés et la direction du groupe. Patricia Lecompte.

« Don’t be evil » ne soyez pas malveillant est depuis la naissance de Google son slogan informel, et d’ajouter « si vous constatez quelque chose d’incorrect, dites-le ». Mais c’était il y a 20 ans… depuis, les salariés de Google ne sont plus autorisés à prendre la parole chaque semaine et ne peuvent plus consulter de documents sans autorisation. Le fleuron de la tech s’est éloigné de son pilier identitaire. Et c’est précisément pour avoir osé rappeler à ses dirigeants sa devise que quatre salariés ont été licencié fin 2019. Depuis rien ne va plus à la firme de Mountain View, les divergences sont devenues monnaie courante, avec comme point d’orgue le licenciement en décembre d’une chercheuse noire travaillant sur les questions d’éthique en lien avec l’intelligence artificielle. La direction a tenté par différents moyens de décourager toutes initiatives syndicales, en offrant entre autres d’importantes rémunérations. Mais en vain… Aujourd’hui avec leur syndicat les salariés du groupe veulent aller au-delà des questions salariales et de conditions de travail. Face aux énormes profits engrangés par Google, le syndicat entend promouvoir la justice sociale, économique, environnementale, et lutter contre le harcèlement sexuel et les discriminations. C’est un choc culturel pour Google. Dans une tribune publiée dans le New York Times deux des fondateurs affirment vouloir revenir à leur devise initiale.

Article publié le 05/01/2021

RFI - Radio France Internationale