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Infos en français facile : Édition du 04/01/2021 20h00

Transcription

Vous écoutez RFI il est 21h à Paris, 20h en temps universel.

Romain Auzouy : Bonsoir à tous, bienvenue dans votre Journal en français facile présenté ce soir en compagnie de Zéphyrin Kouadio, bonsoir Zéphyrin. 

Zéphyrin Kouadio : Bonsoir Romain, bonsoir à toutes et à tous.

RA : À la une ce soir : la polémique sur la vaccination contre le Covid-19 en France. Les autorités accusées de lenteur en comparaison aux voisins européens. Une réunion se tenait cet après-midi à l'Élysée en présence du Président Emmanuel Macron.

ZK : L'Iran met sa menace à exécution. Téhéran annonce avoir commencé à enrichir de l'uranium à 20%, loin du seuil sous les 4% fixé par l'accord sur le nucléaire.

RA : Et puis bientôt l'un des plus grands groupes automobiles du monde. Son nom Stellantis, issu de l'union entre le français PSA et l'italo-américain Fiat-Chrysler. Les actionnaires ont validé le projet qui sera effectif le 16 janvier prochain et comptera plus de 400 000 salariés dans le monde.

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ZK : Pour débuter, cette question : la France est-elle le mauvais élève de la campagne de vaccination contre le Covid-19 ?

RA : C'est ce que semble indiquer les chiffres, que l'on va détailler dans un instant. En tout cas le sujet devient politique, l'opposition critique ouvertement le pouvoir sur cette question. Le président de la région Grand Est, l'une des régions les plus touchées, évoque un « scandale d'État ». Les critiques visent la lenteur de la campagne de vaccination, pourquoi cette lenteur ? Les réponses de Simon Rozé.

Il y a tout d'abord le public visé, les personnes les plus âgées, les plus vulnérables dont il faut recueillir un consentement écrit, seule la France impose cela. Cette vaccination a également lieu au sein des Ehpads et des hôpitaux autant de lieux différents, sur tout le territoire, où il faut acheminer un vaccin compliqué à transporter. À l'inverse de l'Allemagne par exemple, la France n'a ainsi pas ouvert de centres de vaccinations massifs plus simples à gérer. Sans doute parce qu'elle a été échaudée dans le passé : en 2009 lors de l'épidémie de H1N1, de tels centres avaient été ouverts pour un échec alors cuisant. Les Français ne s'étaient pas déplacés. Enfin, il y a également une part assumée dans ce lent démarrage. L'objectif était de ne pas braquer les anti vaccin, nombreux en France, et de doucement gagner la confiance de la population. Est-ce que la polémique naissante aura raison de cette stratégie ? Probable, puisque déjà le gouvernement parle de l'ouverture de centres de vaccination de ville au début du mois prochain.

RA : Et à noter qu'une réunion se tenait cet après-midi à l'Élysée autour du Président Emmanuel Macron.

ZK : La campagne de vaccination qui s'intensifie au Royaume-Uni.

RA : L'un des pays d'Europe les plus touchés par la pandémie. Et le Royaume-Uni qui doit également faire face à un nouveau variant du coronavirus. Donc dans le pays la situation est très délicate. Pour tenter d'y remédier un premier vaccin avait été autorisé au début du mois de septembre, celui de l'alliance Pfizer/BioNTech. Et aujourd'hui un autre vaccin a été lancé, mis en place par un laboratoire britannique AlstraZeneca, avec l'université d'Oxford. Ce soir le Premier ministre Boris Johnson doit s'exprimer à la télévision, il pourrait annoncer un reconfinement de l'Angleterre. Sachant que ce matin l'Écosse, l'une des nations du Royaume-Uni a annoncé un confinement total dès ce soir et pour tout le mois de janvier.

ZK : Situation délicate également chez les voisins irlandais.

RA : Les hôpitaux irlandais sont soumis à une « extrême pression », affirme le principal syndicat hospitalier l'Irlande qui fait face à la troisième vague de coronavirus, et les niveaux atteints sont inédits. À tel point que les autorités ne parviennent pas à avoir une idée précise de l'ampleur de la pandémie. Correspondance à Dublin d'Emeline Vin.

5 000 cas signalés ce dimanche, 3 000 ce samedi. Plus du double du précédent record, établi seulement la veille. Et pourtant, le nombre de personnes positives au Covid-19 serait encore plus élevé de plusieurs milliers. La faute au système informatique qui permet d’officialiser les données. Ce système n’est pas fait pour supporter des nombres aussi élevés. Car pour confirmer un cas, il ne suffit pas de tester : pour chaque écouvillon estampillé Covid + il faut vérifier que la personne qui a subi le test n’a pas été testée deux fois par exemple, ou qu’elle n’a pas été déjà testée positive et qu’il reste un peu de charge virale. Le système de santé, qui n’est pas entièrement automatisé, n’a pas pu suivre la cadence des contaminations détectées après Noël, accumulant un retard de près de 9 000 cas. Il les incorpore donc jour après jour, d’où l’explosion de ce week-end. Preuve de ce sous-effectif : les cas contacts, d’ailleurs, ne sont désormais plus testés pour protéger les ressources. Les autorités sanitaires appellent tous les Irlandais à retrouver l’esprit de solidarité qui prévalait en mars, et à éviter l’effondrement du système de santé sous la pression. Emeline Vin, Dublin, RFI.

ZK : L'Iran passe des promesses aux actes.

RA : Récemment le Parlement a voté une loi qui permet à Téhéran de continuer à s'affranchir de l'accord de 2015 sur le nucléaire, c'est-à-dire de ne pas le respecter. Cela fait suite au retrait des États-Unis en 2018. Et donc ce matin le porte-parole du gouvernement a annoncé que l'Iran avait commencé à enrichir de l'uranium à 20%, information confirmée cet après-midi par l'Agence internationale de l'énergie atomique. Il faut savoir que l'accord nucléaire de 2015 prévoyait que Téhéran ne dépasse pas le seuil de 3.67%. À Téhéran, Siavosh Ghazi.

Téhéran a mis à exécution sa menace en commençant l'enrichissement à 20% dans le site souterrain de Fordoo, selon le porte-parole du gouvernement. Dans le cadre de l'accord nucléaire de 2015, l'Iran s'était engagé à enrichir l'uranium seulement à niveau inférieur à 4% et uniquement dans le site de Natanz. L'Iran doit produire 120 kilogrammes d'uranium enrichi à 20%. Ce qui l'approche du taux de 90% utilisable à des fins militaires. Ainsi l'Iran entre dans une un nouveau cycle de tension avec les pays occidentaux. La France, le Royaume-Uni et l'Allemagne, signataires de l'accord nucléaire de 2015 avaient demandé à l'Iran à ne pas appliquer la loi votée par le parlement. Cette loi prévoit également la fin des inspections inopinées de l'Agence internationales de l'énergie atomique si rien n'est fait par les pays occidentaux, notamment les États-Unis pour lever les sanctions imposées contre Téhéran par Donald Trump qui ont considérablement limité les exportations pétrolières du pays et ses relations bancaires avec le reste du monde. Autre signe de fermeté, un haut responsable militaire a affirmé qu'il n'était pas question de limiter le programme balistique du pays comme le demandent les Occidentaux. Siavosh Ghazi, Téhéran RFI.

RA : L'Iran par ailleurs qui annonce avoir saisi dans les eaux du Golfe un pétrolier battant pavillon sud-coréen, cela veut dire que le navire appartient à la Corée du Sud (le pavillon est le drapeau hissé en haut du mat, d'où cette expression battre pavillon). Téhéran accuse le pétrolier d'avoir violé les lois sur l'environnement marin. Séoul réclame la libération de ce pétrolier.

ZK : La justice britannique refuse d'extrader Julian Assange vers les États-Unis.

RA : Julian Assange c'est le fondateur de WikiLeaks qui a publié des centaines de milliers de documents secrets sur les activités diplomatiques et militaires des États-Unis. Aux États-Unis où il risque jusqu'à 175 ans de prison. Il est en prison au Royaume-Uni et donc effectivement aujourd'hui la justice britannique a dit non à une extradition vers les États-Unis, car elle estime que Julian Assange est trop « affaibli psychologiquement ».

ZK : Et puis les alliances économiques, c'est assez rare en ces temps de crise, c'est ce qui s'est passé aujourd'hui dans l'automobile.

RA : Avec l'annonce de la création du quatrième groupe dans le monde en nombre de véhicules vendus. Il s'agit d'un mariage entre le français PSA, et l'italo-américain Fiat Chrysler. Les actionnaires ont donné leur feu vert aujourd'hui c'est-à-dire qu'ils ont validé cette union qui sera effective dans 12 jours. Les précisions d'Altin Lazaj.

Le nouvel ensemble ainsi créé, regrouperait plus de 400 000 salariés à travers le monde pour un volume de ventes de près de 8 million de véhicules en 2019, soit avant la crise sanitaire. La nouvelle entité, nommée Stellantis, abriterait alors sous le même toit 14 marques connues comme Peugeot, Jeep, Fiat, Alfa Romeo ou Maserati. Si aucune fermeture d’usine n’est prévue, ce rapprochement devrait permettre aux deux groupes de faire des économies : environ 5 milliard d'euros par an, en réduisant leurs couts de développement et de construction. Grâce à cette union, Fiat-Chrysler pourrait renforcer sa présence en Europe en profitant de la bonne implantation de PSA sur le vieux continent. De son côté le groupe français pourrait se réimplanter aux États-Unis grâce à son allié italo-américain. La fusion de ces deux géants a obtenu fin décembre le feu vert de la Commission européenne mais pas sans conditions : en effet, les deux groupes se sont engagés à respecter la concurrence sur le marché européen des camionnettes utilitaires légères, un marché où ils sont déjà très présents.

Article publié le 04/01/2021

RFI - Radio France Internationale