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Infos en français facile : Édition du 03/04/2021 20h00

Transcription

Bonsoir à toutes et à tous où que vous soyez sur la planète. Merci à vous d’écouter RFI. Il est 23h à Mogadiscio, 22h à Paris, 20h en temps universel.

Adrien Delgrange : L’heure à présent de retrouver votre Journal en français facile, avec ce soir Medhi Meddeb pour m’accompagner. Bonsoir Medhi.

Medhi Meddeb : Bonsoir Adrien, bonsoir à tous.

AD : Au sommaire, à Washington, tout d’abord, après une nouvelle attaque mortelle contre le capitole, le débat sur la sécurité de ce haut lieu de pouvoir est relancé aux États-Unis.

MM : La Somalie frappée par un attentat à Mogadiscio : cinq morts.

AD : Sur le canal de Suez, la fin de l'embouteillage de bateaux.

MM : Un mot de football en France, et la défaite au Parc des Princes du Paris-Saint-Germain contre Lille.

AD : Voilà pour les titres soyez les bienvenus.

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MM : Aux États-Unis, le drapeau américain ne flotte pas au-dessus de la Maison Blanche, il est en berne.

AD : Il est en berne, après l’attaque menée hier contre le Capitole. Un jeune Afro-Américain âgé de 25 ans a foncé avec sa voiture contre le bâtiment qui entoure le Congrès. Il a tué un policier. Les motivations du conducteur ne sont pas encore connues.

MM : Mais près de trois mois après l’attaque contre le Congrès, ce qui s'est passé hier relance le débat sur la protection du Capitole, sachant que le dispositif de sécurité mis en place après l’assaut du 6 janvier venait d’être allégé.

AD : Correspondance à Washington, Anne Corpet.

La grille d’acier de deux mètres de haut qui entourait le Congrès sur un large périmètre a été retirée le week-end dernier. Sa mise en place était contestée par un certain nombre d’élus qui souhaitent que le congrès reste un lieu ouvert, accessible au public. Trois sénateurs ont même déposé un projet de loi qui vise à interdire le financement fédéral d’un mur d’enceinte autour du site. Mais l’attaque survenue ce vendredi relance évidemment le débat sur les mesures prises pour protéger le temple de la démocratie américaine. Les élus envisagent la mise en place d’une nouvelle grille rétractable. Les 2 000 membres de la Garde nationale déployés autour du congrès qui devaient quitter la capitale fédérale fin mai pourrait bien prolonger leur séjour. Il est aussi question de renforcer les effectifs policiers. Début mars, un examen de la sécurité du Capitole a révélé que le complexe était extrêmement vulnérable, notamment parce que l'unité de police du bâtiment était « en sous-effectif, insuffisamment équipée et insuffisamment formée ». Anne Corpet, Washington, RFI.

MM : En Somalie, cinq civils tués dans un attentat suicide.

AD : L’attaque a eu lieu dans un café de la capitale Mogadiscio. Il était 19h00 (heure locale), un homme a déclenché les explosifs qu'il portait sur lui. Quatre jeunes, ainsi qu'en enfant, ont été tués dans l'explosion, l'auteur de l'attentat est également mort.

MM : Un peu plutôt dans la journée, Adrien ?

AD : Deux bases militaires attaquées dans le sud de la Somalie. Un attentat revendiqué par les islamistes somaliens shebab. Les forces somaliennes contrôlent toujours ces deux installations militaires, c’est ce qu’affirme le chef de l'armée.

MM : Dans l'actualité africaine aussi, le décès du cardinal ChristianTumi.

AD : Archevêque émérite de Douala, célèbre au Cameroun pour ses médiations entre des Camerounais anglophones et le gouvernement de Yaoundé. Il s'est éteint aujourd’hui à l’âge de 90 ans.

MM : La Guinée-Bissau débute sa vaccination contre le Covid.

AD : Avec 12 mille doses de vaccin AstraZeneca. Le président Umaro Sissoco Embalo a été le premier à recevoir l'injection. Le ministère de la Santé a formé près de 300 agents pour l'opération dans les huit régions du pays. Depuis le début de la pandémie, la Guinée-Bissau a enregistré 3 600 cas, 65 décès pour deux millions d'habitants.

On parle également du vaccin AstraZeneca en Europe. Au Royaume-Uni, les autorités déplorent 30 cas de thromboses, c’est-à-dire de caillots sanguins. Ce qui correspond à une petite masse de sang coagulé sur des personnes qui ont reçu ce vaccin.

MM : Et parmi ces 30 cas, sept personnes sont mortes. L'agence britannique tente de déterminer si ces décès sont directement liés au vaccin, ce qui n'est pas sûr. À Londres, la correspondance de Claire Digiacomi.

Au total, 30 cas de caillots sanguins ont été rapportés au Royaume-Uni. Parmi ces personnes, sept sont décédées. Sept sur plus de 18 millions de Britanniques ayant reçu le vaccin d'AstraZeneca. Alors le message de l'Agence britannique du médicament est clair : « Les bénéfices de ce vaccin continuent de l'emporter sur n'importe quel risque. » Le régulateur indique qu'une enquête est en cours pour déterminer si ces cas de thromboses sont directement liés au vaccin d'AstraZeneca. Mais il estime déjà que le nombre de ces effets indésirables n'est pas inhabituel dans le cadre d'une vaccination, quelle qu'elle soit. Plusieurs pays ont fait part de cas similaires de caillots sanguins et pris des mesures de suspension temporaire du vaccin. Il est d'ailleurs toujours aujourd'hui réservé aux plus de 55 ans en France. Le Royaume-Uni de son côté continue de soutenir l'utilisation du vaccin d'AstraZeneca, mis au point en collaboration avec l'université d'Oxford, sur le sol anglais. L'Agence du médicament demande aux Britanniques de « continuer de se faire vacciner ». Claire Digiacomi, Londres, RFI.

MM : Panne d'électricité au Liban. Deux des quatre principales centrales électriques du pays sont à l’arrêt.

AD : Un problème qui revient souvent. Le problème s'est aggravé avec la crise financière. Alors pour trouver des solutions, les Libanais utilisent ce qu'on appelle un générateur, un moteur qui produit de l'électricité. Mais pour alimenter ce moteur il faut de l'essence. Et avec la crise : le manque d'essence et son coût très élevé empêchent de nombreux Libanais d'avoir de l'électricité à la maison. Reportage Noé Pignède.

Dans sa petite chambre de bonne, sur le toit d’un immeuble du sud de Beyrouth, Khaled nous reçoit à la lumière d’une bougie. Chez lui, l’électricité ne fonctionne que quelques heures par jour. Le frigidaire ? Le chauffage ? Internet ? Ce trentenaire a appris à s’en passer : « Avant, ça coupait la journée quand j’étais au travail. Mais toute la nuit, j’avais du courant. Maintenant, ça coupe tout le temps. Et le générateur, c’est trop cher : ça me coûterait 20% de mon salaire, juste pour avoir l’électricité chez moi. C’est dur. J’utilise des bougies pour m’éclairer. Mais le problème, c’est que je n’ai pas internet. Je n’ai pas de chauffage l’hiver. Et ça fait un moment que je ne peux plus rien conserver au frigo. » Depuis la dévaluation de la livre libanaise, le salaire de Khaled passe presque entièrement dans son loyer. Mais avec l’été et la chaleur qui arrive, il ne pourra pas rester chez lui : « Même si je pouvais me pays un climatiseur, je n’aurais pas d’électricité pour l’allumer ! Donc, je vais passer mon temps au café et au restaurant. Je ne peux pas rester ici. Je vis sous les toits, vous imaginez ? Je vais cuire ! J’étais déjà là l’été dernier donc je peux vous le dire : il va faire 50 degrés à l’intérieur. » Depuis plusieurs années, les dirigeants politiques libanais promettent des réformes du système électrique, sans qu’aucune mesure concrète ne soit prise. Les propriétaires des générateurs privés eux continuent de s’enrichir, profitant des lacunes d’un État en faillite. Noé Pignède, Beyrouth, RFI.

MM : Il n'y a plus d'embouteillage sur le canal de Suez.

AD : Depuis qu'un immense porte-conteneurs bloqué le canal, il est resté en travers près d'une semaine. Des embouteillages se sont formés à l'entrée et à la sortie du canal de Suez. 422 navires précisément étaient en attente. Désormais, ils ont tous franchi l'ouvrage d'art, il aura fallu cinq jours, et le canal de Suez a retrouvé son rythme habituel. Le récit aux Caire d'Alexandre Buccianti.

Record battu pour le canal de Suez. Depuis le renflouement du porte-conteneurs Ever Given et la reprise de la navigation le 30 mars, 422 navires transportant 26 millions de tonnes de marchandises auront traversé la voie d’eau dans les deux sens en cinq jours. Une bonne nouvelle pour le commerce international dont plus de 10% passe par le canal de Suez. L’heure maintenant est celle des comptes. L’Égypte a directement perdu près d’une centaine de millions d’euros en droits de péage. Mais plus grave encore, des pertes se comptant en centaine de millions d’euros ont été entraînées par les retards de livraison de marchandises et de matériel de production à un monde qui fonctionne de plus en plus à flux tendus. Qui paiera la facture ? L’enquête vient de débuter et le Ever Given est pratiquement placé en garde à vue dans le lac Amer, au centre du canal de Suez. 

Article publié le 03/04/2021

RFI - Radio France Internationale