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Infos en français facile : Édition du 03/01/2021 20h00

Transcription

Loic Bussières : Il est 21h ici à Paris, 20h en temps universel.
L'heure de votre Journal en français facile. Bonsoir et bienvenue si vous nous rejoignez et bonsoir Sébastien Duhamel.

Sébastien Duhamel : Bonsoir Loic, bonsoir à toutes et à tous.

LB: À mes côtés pour vous présenter cette édition.
À la Une ce soir : le gouvernement sous le feu des critiques. En France, il n'en fait pas assez, en tous cas pas assez vite pour vacciner contre le Covid-19, c'est ce que dit l'opposition. Emmanuel Macron serait, dit-on, de cet avis. On fait le point dans un instant.

SD: Des actes de vandalisme aux domiciles de responsables politiques de premier plan aux États-Unis. Une tête de cochon posée devant la porte de Nancy Pelosi, la présidente démocrate de la Chambre des représentants. En cause : le plan de relance américain adopté la semaine dernière. Explications dans ce journal.

LB : Boris Johnson qui douche les espoirs du gouvernement écossais. Le Premier Ministre britannique ne veut pas d'un référendum sur l'indépendance du pays. L'Écosse opposée au Brexit, sui se verrait bien rejoindre l'Union européenne.

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SD : On se rend en Thaïlande, pour débuter ce journal. Le pays faisait jusqu'à maintenant figure de bon élève en matière de lutte contre le Covid-19 mais qui doit maintenant faire face à la deuxième vague du virus.

LB: Alors que sa gestion de l'épidémie s'était, à ce jour, montrée très efficace, 50 des 73 provinces du pays sont désormais touchées. Et ce week-end, le gouvernement a décidé de reconfiner certaines provinces, dont Bangkok, la capitale. Sur place, la correspondance de Carol Isoux.

Même si la population est toujours autorisée à circuler, tous les établissements de loisirs sont fermés, les bars, les salons de massage et de beauté, les stades de boxe… tous les établissements scolaires ont aussi fermé leurs portes jusqu’au 17 janvier au moins. C’est l’accélération de cette nouvelle vague qui a poussé le gouvernement à prendre ces mesures après la découverte d’un foyer de contamination il y a une dizaine de jours chez des travailleurs migrants en provenance de Birmanie sur un marché aux poissons à une quarantaine de kilomètre de Bangkok. La Thaïlande enregistre aujourd’hui près de 7 300 cas de Covid dont 4 000 sur les dix derniers jours. Le gouvernement a décidé de laisser passer les fêtes du nouvel an avant d'imposer ces nouvelles restrictions mais les thaïlandais avaient anticipé les recommandations, beaucoup s’étaient déjà confinés et ces célébrations se sont déroulé dans un calme inhabituel.

SD : En France, pas de reconfinement, en tous cas pas encore mais le risque d'un rebond de l'épidémie est bien réel.

LB : Les conséquences des fêtes de fin d'année sur la circulation du virus ne sont pas encore connues mais « la tendance est déjà préoccupante » depuis un mois affirme le directeur général de la Santé Jérôme Salomon au Journal du Dimanche. Alors que les chiffres de Santé Publique France montrent ce soir une nouvelle hausse du taux de positivité des tests. Ce qui monte aussi ce sont les critiques contre la stratégie de vaccination. En une semaine, la France a vacciné quelques centaines de personnes quand l'Allemagne compte 20 000 injections par jour. Pas assez rapide, fait remarquer l'opposition qui n'est pas la seule à s'inquiéter des débuts de la vaccination. Le Chef de l'État lui-même ferait part en privé de sa préoccupation. Anne Soetemondt.

« Nous sommes sur un rythme de promenade de famille, ce n'est à la hauteur ni du moment, ni des français, ça doit changer vite et fort » à en croire le Journal du dimanche. En privé Emmanuel Macron ne se prive pas de dire son mécontentement sur les débuts de la vaccination en France. Le chef de l'État souhaiterait notamment que les médecins qui le souhaitent puissent vite se faire vacciner. Coup de com’ ou vraie colère ? Dans les colonnes cette fois du Parisien, le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, semble répondre aux propos d'Emmanuel Macron : « Dès ce week-end, nous commençons à vacciner des soignants de plus de 50 ans, ce qui était prévu initialement pour février ». Depuis quelques jours, les critiques fusent tous azimuts : « pourquoi si lentement ? Pourquoi pas de vaccinodromes ? La logistique a-t-elle été bien préparée ? » Il y a urgence estiment scientifiques mais aussi politiques. À droite comme à gauche, nombreux sont ceux à déjà faire le parallèle entre la gestion de la vaccination et celle des masques puis des tests.

SD: En bref, toujours en France, une marche blanche en mémoire de Cédric Chouviat aujourd'hui à Paris.

LB: Cédric Chouviat, c'est ce chauffeur-livreur de 42 ans décédé après avoir été plaqué au sol, à la suite d'un contrôle policier. C'était il y a un an jour pour jour. 4 des 3 agents impliqués dans cette affaire ont depuis été mis en examen pour homicide involontaire, le 4e a été placé sous statut de témoin assisté. La famille réclame toujours la suspension des 4 policiers, toujours en activité.

SD: Au Mali, deux soldats tués dans le nord-est du pays quelques jours seulement après une attaque similaire revendiquée par un groupe affilié à Al Qaida.

LB: Dans les deux cas, les militaires ont été tué dans l'explosion d'un engin explosif artisanal. Ces deux décès portent à 50 le nombre de soldats français tués au Sahel depuis 2013 dans les opérations antijihadistes Serval puis Barkhane. La force antijihadiste française Barkhane a été de nouveau mortellement frappée au Mali, deux soldats, dont une femme, ayant succombé samedi à une attaque à l'engin explosif artisanal, après la mort de trois militaires lundi dans des circonstances similaires. Le président Emmanuel Macron a « appris avec une grande tristesse » la mort dans la région de Ménaka (nord-est) du sergent Yvonne Huynh et du brigadier Loïc Risser, tous deux issus du 2e régiment de hussards de Haguenau, près de Strasbourg (est), a annoncé la présidence française dans un communiqué.

SD: Toujours sur le continent africain. Au Niger, plusieurs partis d'opposition affirment vouloir déposer des recours, après la proclamation hier des résultats provisoires du 1er tour de la présidentielle de dimanche dernier.

LB: Selon ces résultats, proclamés par la CENI, la commission électorale nationale indépendante, un 2nd tour se tiendra le 21 février. Il opposera le candidat du PNDS au pouvoir et ex-ministre de l'intérieur Mohamed Bazoum, à l'ancien président Mahamane Ousmane.

SD: Cette affaire a présent aux États-Unis qui mêle insultes, faux sang et tête de cochon coupée.

LB: Des actes de vandalisme aux domiciles du chef de la majorité au Sénat Mitch McConnel et de Nancy Pelosi, la présidente démocrate de la Chambre des représentants. Des dégradations en rapport manifestement avec le plan de relance américain adopté la semaine dernière. Les explications de Christophe Paget.

Du faux sang et une tête de cochon posée vendredi devant la demeure californienne de Nancy Pelosi ; des graffitis « Where is my money », « où est mon argent », et « Mitch kills poor », « Mitch tue les pauvres », découverts hier sur la porte et une des fenêtres de la demeure de Louisville, Kentucky de Mitch McConnel. « Un accès de colère radicale » a réagi le chef de la majorité républicaine au Sénat, qui a affirmé qu’il n’y a « pas de place dans notre société pour le vandalisme et la politique de la peur ». Tout cela fait suite au blocage au Congrès par les Républicains de la proposition démocrate de tripler, et même un peu plus, le montant des chèques destinés aux Américains les plus vulnérable dans le cadre du plan de relance : 2 000 dollars par adultes au lieu de 600. La proposition était pourtant soutenue par Donald Trump. Mitch McConnel a expliqué le blocage républicain en évoquant un « socialisme pour les riches », avec des chèques allant aussi « à des foyers qui n’ont pas perdu d’emploi ou de revenu ». La démocrate Nancy Pelosi était, elle, en faveur de cette mesure, elle a quand même hérité d’une tête de cochon, comme on l'a dit, et du graffiti « 2 000 dollars » barré, peint sur la porte de son garage et accompagné des phrases « annulez le loyer » et « nous voulons tout ». Des enquêtes ont été ouvertes.

SD : Cette question a présent : l'Écosse va-t-elle quitter le Royaume-Uni ?

LB : On rappelle que les Écossais ne voulaient pas du Brexit qu'ils ont d'ailleurs voté contre à plus de 60% oui mais voilà le divorce avec l'Union européenne est désormais prononcé. Le Gouvernement écossais se verrait donc bien organiser un nouveau referendum d'indépendance et il ne se prive pas de le faire savoir en premier lieu à Boris Johnson . Le Premier ministre britannique qui de son côté ferme la porte à une nouvelle consultation populaire. C'est ce qu'il a dit à nos confrères de la BBC, Vincent Souriau.

Les quinze derniers sondages ont tous donné le même résultat : si le référendum se tenait aujourd'hui, le OUI l'emporterait largement et l'Écosse deviendrait indépendante. Mais ça, Boris Johnson ne veut pas en entendre parler. Pour lui, le vote de 2014 a clos le débat pour de bon. « D'expérience, je peux vous dire que les référendums ne sont pas des évènements particulièrement joyeux. On ne peut pas dire qu'ils aient la vertu d'unifier le pays. Ils ne devraient se tenir qu'une fois par génération. » Et quand Andrew Marr, le journaliste de la BBC lui pose la question que tout le monde se pose, Les Britanniques ont quitté l'Europe par référendum, pourquoi les Écossais ne pourraient-il pas quitter le Royaume-Uni de la même façon ? Quelle est la différence ? Boris Johnson s'en sort par une pirouette. « La différence, c'est qu'on a eu un référendum sur l'Europe en 1975 et le suivant en 2016, il me semble que c'est le bon intervalle. Vous n'êtes pas d'accord ? ». David Cameron avait autorisé le vote de 2014 sans l'aval de Boris Johnson, impossible d'en organiser un nouveau. Mais les indépendantistes écossais ont un levier politique. S'ils gagnent les élections locales au mois de mai, la pression va s'accentuer sur le locataire du 10 Downing Street.

Article publié le 03/01/2021

RFI - Radio France Internationale