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Infos en français facile : Édition du 19/05/2020 20h00

Transcription

Bienvenue sur Radio France internationale, il est 22h à Paris, 20 h en temps universel, et c'est l'heure de votre Journal en français facile.

Jérôme Bastion : Et nous allons faire le point sur la pandémie de Covid-19 qui a fait plus de 320 000 morts dans le monde, et qui est loin d'être maîtrisée :

- La clôture de l'Assemblée générale annuelle de l'Organisation mondiale de la santé, qui a donné lieu à un vif bras de fer entre Américains et Chinois sur fond de crise sanitaire. Il a été décidé de procéder à une évaluation de la gestion de la pandémie.

- Le sous-continent indien ne parvient pas à enrayer la progression de Covid-19, mais choisit de permettre la reprise de l'activité économique, et réautorise les transports publics, ce alors que le pays se prépare à l'arrivée d'un puissant cyclone.

- Le nouveau coronavirus a tué plus de 41 000 personnes au Royaume-Uni, mais il va surtout en laisser bon nombre sur la paille, alors que le chômage bondit au deuxième trimestre, reflétant une profonde récession qui s'annonce.

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Les appels à l'unité face au Covid-19 commenceraient-ils à porter leurs fruits ? Toujours est-il que l'OMS a su dépasser ses divisions pour mieux coordonner la réponse de la communauté internationale. Ses membres se sont prononcés pour un accès universel aux traitements. Vaccins compris. Le texte demande également une évaluation de la gestion de crise par l'OMS. Washington, en guerre larvée contre la Chine et l'OMS, a laissé faire. Tout en se dissociant de points majeurs de la résolution. À Genève, Jérémie Lanche.

Après presque 15h de vidéoconférence, répartis sur deux jours, entre 194 États membres, les applaudissements ne sont pas surjoués. Jusqu'au bout, personne ne savait vraiment si les États-Unis allaient bloquer l'adoption du texte. Il demande aux États et aux groupes pharmaceutiques de tout faire pour rendre accessible au plus grand nombre les futurs traitements contre le Covid-19. Washington s'est désolidarisé de ce paragraphe, comme le lui autorise les règles de l'OMS. Les États-Unis se sont en revanche félicité du lancement d'une évaluation indépendante de l'action de l'OMS pendant la crise. Évaluation dont les contours sont suffisamment flous pour que la Chine ne se sente pas visée. Car c'est bien un texte de compromis dont il s'agit. Et qui n'enlève en rien les menaces que fait peser Donald Trump sur l'OMS. Le président américain lui donne un mois pour se réformer sous peine de claquer la porte de l'organisation.

JB : Le président américain Donald Trump lui a donné un mois pour obtenir des résultats significatifs. Avec à défaut la menace de quitter cet organe dont les États-Unis étaient traditionnellement le premier contributeur. « Si l'OMS ne s'engage pas à des améliorations notables dans un délai de 30 jours, je vais transformer la suspension temporaire du financement envers l'OMS en une mesure permanente et reconsidérer notre qualité de membre au sein de l'organisation », a-t-il tweeté dans la nuit de lundi à mardi.

En France, le bilan de l'épidémie de coronavirus a été revu à la baisse mardi, à au moins 28 022 morts, en raison de chiffres révisés à la baisse dans les Ehpad et établissements médico-sociaux, selon la Direction générale de la santé. Dans ses données au 19 mai sur le site du gouvernement, la DGS indique 10 308 décès dans les Ehpad, contre 10 650 lundi. Paris espère un prochain assouplissement des restrictions aux frontières de l’Europe. En France, après le départ d'une quinzaine de députés, le parti du président Macron n'a plus la majorité absolue des sièges à l'Assemblée.

La pandémie continue de progresser en Inde, où on dénombre à ce jour plus de 3 300 morts et près de 110 000 cas de contaminations, mais beaucoup de régions ont commencé un important déconfinement aujourd’hui, et parmi elle, se trouve New Delhi. La capitale a enregistré 10 000 cas, soit 10% de tous ceux déclarés pays, et la contagion est toujours active. Mais les autorités ont décidé d’autoriser la réouverture de beaucoup de commerces et surtout, de la plupart des transports en commun. Autobus et triporteurs sont de retour sur les routes de Delhi, avec certaines restrictions, bien sûr. Reportage dans les rues de la capitale, Sébastien Farcis.

Vineed Kumar a tout préparé pour ce retour au volant : dans son petit triporteur jaune et vert, ce conducteur a placé une grande feuille de plastique qui le sépare des passagers, assis derrière lui : « Cela me protège et rassure les clients, dit-il. Le problème, c’est que nous n’avons le droit de prendre qu’une personne par voyage. Cela réduit le nombre de clients. Or nous avons besoin de revenus, après deux mois d’arrêt ! » Les rues de New Delhi ont retrouvé leur bruit de klaxon et une partie de leur chaos. Beaucoup de bureaux rouvrent, ainsi que la moitié des commerces, par un système d’alternance un jour sur deux. Le métro reste fermé, mais les bus ont redémarré, avec 20 personnes maximum par véhicule. Bal Mukund, un agent d’assurance, descend d’un autobus pour entamer son premier jour de travail d’après le confinement : « Cela fait du bien de sortir, après deux mois à la maison, dit-il. Dans le bus, il n’y avait pas plus de 20 ou 22 personnes, ce qui correspond à un siège par personne avec une place vide au milieu. Si les gens continuent à suivre ces règles, on pourra se débarrasser plus vite du coronavirus. » La reprise économique, elle, pourrait être plus lente qu’espérée dans les villes indiennes, car des millions de travailleurs journaliers, sans revenus, ont fui vers leur village d’origine depuis deux semaines.

JB : L'Inde et le Bangladesh ont entrepris l'évacuation d'environ un demi-million de personnes avant l'arrivée prévue mercredi d'un cyclone, le plus puissant depuis une dizaine d'années dans la région, avec la crainte de dégâts importants sur les habitations, les récoltes et les réseaux de transport. Une évacuation massive compliquée par la lutte contre l'épidémie de coronavirus, qui impose de maintenir des règles de distance physique entre les personnes. Elle intervient en outre alors que des milliers de travailleurs issus de l'exode rural dans les grandes villes indiennes cherchent à revenir chez eux après la perte de tout revenu provoquée par le confinement de la population.

La pandémie de pneumonie virale due au coronavirus n'y change rien, les négociations pour le Brexit se poursuivent bon an, mal an entre Londres et Bruxelles, mais elles n'avancent guère et les deux parties s'en rejettent mutuellement la responsabilité. Toujours est-il que le Royaume-Uni a présenté mardi un nouveau régime douanier pour l'après Brexit, promettant qu'il sera plus avantageux que le Tarif extérieur commun de l'Union européenne. Ce serait souhaitable pour l'économie britannique, car le pays s’achemine vers un taux de chômage record en raison des mesures de lutte contre le coronavirus. Les Britanniques demandant des allocations de chômage ont en effet atteint en avril leur plus haut niveau depuis 1996. La correspondance de Muriel Delcroix.

Alors que le marché du travail britannique s’était montré résilient au premier trimestre avec un taux de chômage très bas à 3,9% jusqu’à fin mars, la pandémie de Covid-19 a depuis causé un choc majeur sur l’emploi. Selon l’ONS, le Bureau national des statistiques, le nombre de demandeurs a augmenté de plus de 850 000, le plus grand saut jamais enregistré d’un mois à l’autre, pour atteindre près de 2,1 millions en avril, soit une augmentation de 69%. Et cette hausse aurait été encore plus forte sans les mesures gouvernementales pour payer 80% de leur salaire aux 7 millions et demi de travailleurs placés en congé temporaire par leurs employeurs. Ce programme de subventions salariales retarde en effet pour l’instant certaines pertes d’emplois, mais la grande inconnue est la réaction des entreprises lorsque ce programme va être progressivement levé et que les employeurs seront appelés à contribuer à son financement à partir du mois d’août. Les économistes ne cachent pas leur pessimisme alors que le Produit intérieur brut britannique a déjà chuté de 2% signalant l’entrée dans une récession historique. L’organisme public de prévisions budgétaires prévoit ainsi une chute de 13% du PIB en 2020 et un taux de chômage à 10% d’ici le second trimestre.

JB : La compagnie britannique EasyJet victime d'une cyberattaque très sophistiquée. La compagnie aérienne britannique EasyJet a été victime d'une cyberattaque « très sophistiquée » qui a permis aux pirates informatiques d'accéder aux données personnelles d'environ 9 millions de clients, à l'heure où elle est déjà très fragilisée par la pandémie de coronavirus. Les pirates ont obtenu des adresses emails et détails de voyage, et dans un faible nombre de cas, soit 2 208 personnes, les données des cartes de crédit de passagers, a expliqué mardi dans un communiqué la compagnie.

Le bras de fer continue entre le régime syrien et le richissime homme d'affaires Rami Makhlouf. Damas a ordonné la saisie des biens de ce cousin de Bachar el-Assad. Celui-ci refuse toujours de payer les impayés réclamés par l'État et expose ainsi au grand jour les failles internes au clan dirigeant en Syrie. Oriane Verdier.

Un document signé ce mardi par le ministre syrien des Finances ordonne la « saisie préventive » des biens du puissant homme d'affaires Rami Makhlouf ainsi que de ceux de sa femme et de ses enfants. Le but officiel :  couvrir les montants dus à l'autorité de régulation du réseau télécom syrien. Souvenez vous fin avril, le patron de Syriatel premier opérateur de téléphonie mobile dans le pays, refusait de payer plus de 160 millions d'euros exigés par les autorités. Une demande « injuste » selon Rami Makhlouf. Une somme imposée par un groupe particulier sans aucun droit ni recours à la loi. Dimanche dernier, dans une troisième vidéo en l'espace de quelques semaines, l'homme d'affaire, accusait cette fois Damas de menacer de l'arrêter et de fermer son entreprise de télécommunications s'il n'en versait pas les bénéfices à l'État. Selon lui, le régime veut tout simplement mettre fin à son empire. Rami Makhlouf a pourtant été un temps considéré comme un intime de Bachar el-Assad dont il est le cousin. Il a joué un rôle crucial dans le financement de l'effort de guerre syrien depuis 2011.

JB : Fin de ce journal, il est 22 heures 10 à Paris, l'info revient dans 50 minutes sur RFI.

Article publié le 19/05/2020

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