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Infos en français facile : Édition du 18/11/2020 20h00

Transcription

Romain Auzouy : Vous écoutez RFI, il est 21h à Paris, 20h en TU.
Bonsoir à tous, bienvenue dans votre Journal en français facile, présenté ce soir en compagnie de Zéphyrin Kouadio, bonsoir Zéphyrin.

Zéphyrin Kouadio : Bonsoir Romain, bonsoir à toutes et à tous.

RA : À la Une ce soir, la visite du chef de la diplomatie de Bahreïn en Israël. Visite historique, car elle intervient deux mois après que les deux pays ont signé un accord de normalisation de leurs relations.

ZK : Bill Clinton s'exprime à propos du Brexit. Alors que les négociations ont repris entre Bruxelles et Londres, l'ancien président américain a évoqué le risque d'une frontière entre les deux Irlande.

RA : Et puis en France, on connait le contenu du projet de loi contre l'islam radical. Il sera présenté au début du mois prochain en Conseil des ministres et entend prévenir le risque d'actes de terrorisme en France.

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ZK : Pour la première fois, un dirigeant de Bahreïn s'est rendu ce mercredi en Israël.

RA : Et cette visite intervient dans un contexte bien particulier puisqu'il y a deux mois Bahreïn a signé un accord de normalisation de ses relations avec Israël, c'est historique car Bahreïn est seulement le quatrième pays arabe à conclure un accord de ce type avec l'État hébreu. La visite, aujourd'hui, du ministre des Affaires étrangères de Bahreïn, Abdellatif al-Zayani, s'est faite en présence de Mike Pompeo, le secrétaire d'État américain actuellement en Israël. Ce n'est pas un hasard car les États-Unis ont parrainé l'accord entre Bahreïn et Israël, c’est-à-dire que les États-Unis sont le parrain de cet accord. Bilan de cette visite où il a été question de coopération entre les trois pays, l'avenir de Palestiniens en revanche a été peu évoqué, correspondance de Guilhem Delteil à Jérusalem.

« Il y a deux mois, nous avons écrit l’histoire », dit Benyamin Netanyahu. « Nous ouvrons la voie à une aube de paix pour tout le Moyen-Orient », se félicite de son côté Abdellatif al-Zayani. Comme à chaque prise de parole, les protagonistes des accords d’Abraham ne manquent pas d’emphase pour évoquer le rapprochement en cours. Et Mike Pompeo y voit un message direct aux dirigeants iraniens. « Ces accords disent aussi aux acteurs maléfiques, comme la République islamique d’Iran, que leur influence dans la région décroît et qu’ils sont de plus en plus isolés et le resteront jusqu’à ce qu’ils changent de direction. » Lors de cette visite, Bahreïn et Israël se sont engagés à ouvrir prochainement des ambassades à Tel Aviv et Manama. Et après treize minutes passées à vanter cette ère nouvelle, Abdellatif al-Zayani fut le seul finalement à évoquer le sort des Palestiniens : « Je continue de souligner dans toutes mes rencontres qu’afin d’atteindre et consolider une telle paix, le conflit palestino-israélien doit être résolu. J’appelle donc toutes les parties à revenir à la table des négociations pour parvenir à une solution viable à deux États, telle qu’elle est aussi recherchée par la communauté internationale. » Mais publiquement, Abdellatif al-Zayani s’est gardé de tout commentaire sur les projets israéliens de construction dans une colonie de Jérusalem-Est, dénoncés cette semaine par l’émissaire de l’ONU. Guilhem Delteil, Jérusalem, RFI

ZK : En Iran, un nouveau geste d'apaisement des autorités envers les États-Unis.

RA : Le ton a changé depuis l'élection de Joe Biden à la Maison Blanche. La preuve encore une fois : l'Iran se dit prête à revenir automatiquement au respect intégral de ses engagements en matière nucléaire si le futur gouvernement de Joe Biden lève les sanctions imposées par Washington contre Téhéran depuis 2018. C'est le chef de la diplomatie iranienne, Mohammad Javad Zarif, qui l'a dit dans un entretien.

ZK : Et puis c'est un ancien président américain qui s'exprime aujourd'hui à propos du Brexit.

RA : Il s'agit de Bill Clinton, qui fut président de 1993 à 2001. Il est intervenu lors d'une conférence en ligne à laquelle participaient également des universitaires américains. On va rappeler le contexte. Actuellement se déroule un nouveau cycle de discussions entre le Royaume-Uni et l'Union européenne, alors que la période de transition doit prendre fin dans six semaines. Lors de son intervention, Bill Clinton a donc mis la pression sur les Britanniques, sur un sujet sensible du divorce entre le Royaume-Uni et l'Union européenne, c'est le risque d'une frontière entre les deux Irlande. Correspondance à Dublin d'Emeline Vin.

L’accord de paix en Irlande en 1998, c’était en partie grâce à lui. L’ancien président américain Bill Clinton refuse de voir cette paix aujourd’hui menacée : « Je sais qu’il y a une immense incertitude liée au Brexit. Mais la paix que nous avons atteinte avec l’accord du Vendredi saint a tenu, et une génération toute entière grandit sans connaître l’horreur des violences sectaires. Rien que cela en soi est une réussite qui mérite d’être célébrée, et que chacun doit garder à l’esprit et au cœur en réglant les défis qui restent à relever. » Alors que les négociations se poursuivent, le ministre irlandais des Affaires étrangères Simon Coveney rappelle que les États-Unis, garants de la paix, ne sont pas « pour » l’Irlande ou « contre » le Royaume-Uni : « On protège l’accord de paix en étant un ami à la fois de l’Irlande et du Royaume-Uni, les deux parties prenantes. En pointant du doigt la façon dont le Brexit menace le processus de paix, en disant qu’il ne faut pas de frontière sur l’île d’Irlande quand l’Irlande du Nord, qui appartient au Royaume-Uni, quittera l’Union européenne… En faisant ça, les États-Unis ne font que protéger les solutions négociées et mises en place il y a 25 ans. » Le ministre s’est dit rassuré par la fermeté avec laquelle le président-élu Joe Biden s’est engagé à protéger l’accord de paix. Emeline Vin, Dublin, RFI.

ZK : En Argentine, le projet de loi sur le droit à l'avortement arrive au Parlement.

RA : Il a été présenté hier par le gouvernement, c'est donc l'heure des débats. Et ils promettent d'être vifs car la légalisation de l'IVG, l’interruption volontaire de grossesse, avait été rejetée il y a deux ans par le Sénat. Or, chaque année plus de 350 000 avortements seraient pratiqués dans le pays selon les autorités. Si le texte est adopté ce serait historique, seuls Cuba, l'Uruguay, le Guyana et la province de Mexico ont autorisé l'IVG sans condition dans la région. Mais c'était une promesse de campagne de l'actuel président argentin. Romain Lemaresquier.

Alberto Fernandez s'était engagé à garantir « à toutes les femmes un accès complet aux soins » lors de sa campagne pour les élections présidentielles. Avec ce projet de loi, cette promesse est tenue, même si le texte n'a pas encore été validé. Ce projet de loi autorise l'avortement « jusqu'à la 14e semaine de grossesse » et prévoit une « objection de conscience » pour des professionnels de santé qui refuseraient de le pratiquer. Des professionnels qui seraient alors obligés d'« orienter le patient vers des soins » appropriés. Chaque année, selon le président argentin, 38 000 femmes sont hospitalisées suite à des complications lors d'avortements clandestins. 3 000 seraient mortes depuis le retour à la démocratie en 1983. À l'heure actuelle, l'avortement n'est autorisé dans ce pays qu'en cas de viol et ou de danger pour la vie de la mère. Si d'aventure ce texte est adopté par les deux chambres du Congrès, l'Argentine rejoindrait ainsi Cuba, l'Uruguay, le Guyana et la province de Mexico où l'avortement est autorisé sans conditions. L'annonce de ce projet de loi a été saluée par des centaines de partisans venus se rassembler devant le Parlement. Des scènes de joie similaires à celles vues en 2018, ce qui n'avait pourtant pas empêché le Sénat de rejeter le projet de loi présenté par l'ancien président Mauricio Macri.

RA : Romain Lemaresquier.

ZK : En France, la loi pour lutter contre l'islam radical est prête.

RA : Dans un premier temps, le terme de loi contre le séparatisme islamiste avait été évoqué, l'intitulé sera finalement plus sobre : loi confortant les principes républicains. C'est une loi qui est annoncée depuis longtemps, il y eu des ajouts suite à la mort de Samuel Paty, cet enseignant assassiné pour avoir montré des caricatures de Mahomet à ses élèves. La loi sera présentée en Conseil des ministres le 9 décembre. Marine de la Moissonière nous en détaille les principaux points.

Ce projet de loi prévoit la création de deux délits. L'un permettant de poursuivre les auteurs de menaces ou d'intimidation exercées contre un agent du service public pour des motifs religieux. L'autre réprimant la haine en ligne. Un délit de mise en danger de la vie d'autrui par diffusion d'informations permettant d'identifier ou de localiser une personne. Un pôle de magistrats spécifiques sera même créé. Objectif : que ceux qui harcèlent ou profèrent des insultes sur internet, comme cela avait été le cas pour Samuel Paty, soient immédiatement jugés devant le tribunal correctionnel. Ce texte s'attache également à contrôler davantage les associations cultuelles, et donc les mosquées qui devront faire preuve de plus de transparence au sujet de leur financement, notamment provenant de l'étranger et qui pourront être dissoutes plus facilement. Pour recevoir des subventions, elles devront s'engager par écrit à respecter les valeurs de la République. Enfin, en ce qui concerne l'éducation, le projet de loi entérine la fin de l'école à domicile à partir de 3 ans, sauf pour des cas bien précis. Chaque enfant aura un « identifiant national » qui devrait permettre aux autorités académiques de s'assurer qu'il est bien inscrit dans un établissement scolaire.

ZK : Enfin en sport, du tennis et la quatrième journée du Masters de Londres.

RA : Les deux matchs du jour, d'abord la victoire de l'Allemand Alexander Zverev contre l'Argentin Diego Schwartzman. Actuellement, le numéro 1 mondial Novak Djokovic débute sa rencontre face au Russe Daniil Medvedev.

C’est ainsi que s’achève le Journal en français facile.

Article publié le 18/11/2020

RFI - Radio France Internationale