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Infos en français facile : Édition du 18/05/2020 20h00

Transcription

Bienvenue sur Radio France internationale. Il est 22 h à Paris, 20 heures en temps universel, et c'est l'heure de votre Journal en français facile.

Jérôme Bastion : Et nous allons faire le point sur la pandémie de Covid-19 qui a fait plus de 316 000 morts dans le monde, et qui est loin d'être maîtrisée :

- Un plan européen de relance des économies du continent, affectées par la crise du nouveau coronavirus, proposé conjointement par Paris et Berlin. Il s'agit d'une enveloppe de 500 milliards d'euros que distribuera la Commission elle-même.

- La France et l'évolution de la maladie, qui suscite une certaine inquiétude alors qu'apparaissent de nombreux nouveaux foyers, y compris dans des régions jusque-là grandement épargnées, même si les bilans généraux sont en baisse.
- L'OMS en plein examen de conscience : réunie en assemblée générale annuelle, l'Organisation mondiale de la santé tente de se justifier face aux critiques et amorce une réforme pour surmonter le contrecoup de la crise sanitaire.

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C'est un plan de relance inédit à plus d'un titre que propose le couple franco-allemand pour l'économie européenne. Son montant est de 500 milliards d'euros, il vise à aider à surmonter la crise économique historique provoquée par la pandémie de coronavirus. L'élément nouveau, c'est un mécanisme inédit de mutualisation de la dette européenne. Paris et Berlin proposent que la Commission s'endette directement sur les marchés (ce qu'elle n'a jamais fait) pour soutenir les régions et les secteurs les plus touchés par la crise du Covid-19. Cette proposition doit encore être acceptée par les autres États membres. Écoutez Emmanuel Macron, le président français, lors d'une conférence de presse commune avec la chancelière allemande :

« Pour la première fois ensemble, ce que nous proposons, Allemagne et France, aux 27 pays membres c'est d'une part d'aller lever une dette commune sur les marchés, et d'utiliser ces 500 milliards d'euros pour apporter des financements qui seront fléchés en priorité sur les secteurs les plus touchés par la crise économique, et les régions les plus impactées par cette crise. C'est une étape majeure, et nous espérons que la Commission européenne dans quelques jours portera cette proposition, et qu'elle sera ensuite suivie par l'ensemble de nos partenaires. C'est ce qui nous semble indispensable pour compléter des initiatives qui ont été d'ores et déjà prises et continueront de l'être au niveau national. Je crois que c'est une transformation très profonde, et c'est ce dont l'Union européenne et le marché unique ont besoin pour garder leur cohérence, c'est ce dont la zone euro a besoin pour garder son unité. »

JB : Propos recueillis par Anthony Lattier. Notez la réaction de la présidente de la Commission européenne. La Commission qu'évoquait Emmanuel Macron. Sa présidente Ursula von der Leyen, se « réjouit de la proposition constructive de la France et de l'Allemagne ». Le plan franco-allemand pour un fonds européen de relance est « ambitieux, ciblé et bienvenu » et va dans le sens d'un rétablissement nécessaire de la « symétrie entre les pays » dans la sortie de la crise, selon la présidente de la Banque centrale européenne, Christine Lagarde.

Le gouvernement espagnol a qualifié lundi de « pas important dans la bonne direction » le plan de relance proposé par Paris et Berlin. Et le ministre français de l'Économie Bruno Lemaire s'est de son côté empressé de souligner que la France pourrait profiter de ce plan pour reconstruire, c'est son terme, son service hospitalier.

Cela fait une semaine que la France est sortie du confinement, mais pas de l'épidémie, qui reste toujours aussi virulente dans certaines régions. Ce sont ainsi 25 foyers qui ont été recensés ces derniers jours, de potentielles nouvelles sources d'embrasement qui sont donc surveillées de très près, Simon Rozé.

C'était fin février, le rassemblement évangélique de Mulhouse considéré comme le point de départ de l'épidémie en France, le premier foyer de Covid-19 hors de contrôle. Deux mois et demi plus tard, personne ne veut voir l'histoire se répéter. Dès qu'un nouveau foyer d'infection est repéré, c'est ainsi une lourde logistique qui se met en place mais avec une priorité : aller vite. Par exemple, un foyer est récemment apparu dans un abattoir du Loiret. Trois personnes sont testées positives en milieu de semaine dernière. Aussitôt, l'information remonte à l'autorité régionale de santé. Étant donné le grand nombre de cas contacts possibles, elle suspecte l'émergence d'un nouveau foyer, une équipe est dépêchée sur place. Quelques jours plus tard, tout le personnel a été testé et l'établissement fermé. 34 malades ont ainsi été découverts. Tester massivement, isoler les malades et surtout transmettre l'information. Voilà la grande différence par rapport à ce qui s'était passé à Mulhouse. À l'époque, les autorités sanitaires n'avaient pas su repérer ce foyer, il leur avait en effet fallu deux semaines pour appréhender l'ampleur des chaines de contamination.

JB : La France qui compte désormais 28 239 décès pour un peu moins de 180 000 cas, au quatrième rang en Europe. 54 salariés d'un abattoir de Fleury-les-Aubrais (Loiret) ont contracté le Covid-19, après les 79 tests effectués dimanche. L'abattoir emploie quelque 400 salariés. Réunion cruciale en ce moment à Genève. L'OMS tient depuis la mi-journée son assemblée générale, baptisée Assemblée mondiale de la santé. En jeu : une meilleure coordination de la riposte contre le Covid-19. Plusieurs pays se sont ainsi prononcés pour que le premier vaccin soit déclaré bien public mondial. Notamment la Chine. La Chine, dans le viseur des États-Unis qui l'accusent d'avoir menti sur l'apparition du virus. Le bras de fer entre les deux pays pourrait menacer le fragile consensus qui se dessine. À Genève, Jérémie Lanche.

Parmi les premiers chefs d’État à s'exprimer, il y avait Xi Jinping. Sans surprise le président chinois a défendu son bilan. Non, Pékin n'a rien caché. La Chine a même été transparente et solidaire avec les autres pays. Xi Jinping promet ainsi 2 milliards de dollars pour lutter contre la pandémie. Et surtout, un vaccin, s'il est chinois, qui sera déclaré bien public mondial. Et donc accessible à tous. En face, il y a les États-Unis, qui misent plutôt sur une exclusivité américaine. Le secrétaire à la Santé de Donald Trump a dénoncé les échecs de l'OMS qui a coûté de nombreuses vies humaines selon lui. L'OMS doit changer et devenir plus transparente a t-il demandé. En taclant également la Chine mais sans jamais la nommer. La question de l'invitation de Taiwan à l'Assemblée a été reportée à plus tard. Reste à savoir maintenant si les États-Unis vont bloquer l'adoption d'une résolution portée par un grand nombre de pays et qui demande notamment un accès universel aux traitements. Le texte semble faire consensus, mais sans le bloquer, Washington pourrait se dissocier de certains articles. 

JB : Le bilan de l'épidémie aux États-Unis approche désormais les 90 000 morts, avec une augmentation de plus de 13 000 nouveaux cas de contamination au cours des dernières 24 heures.

Il n'aimait guère cette expression, mais c'est bien un monstre sacré du cinéma et du théâtre français qui s'est éteint la semaine dernière, et dont l'information n'a été dévoilée que ce lundi. Michel Piccoli, légendaire acteur de cinéma et de théâtre, est mort. L’acteur, disparu à l’âge de 94 ans, a vécu une existence frondeuse et aventurière, s’est essayé à tous les genres de cinéma, a côtoyé les plus grands. Élisabeth Lequeret.

Avec son front dégarni, son air bougon et souriant, Michel Piccoli a toujours eu l'air d'avoir la petite cinquantaine bien loin des autres acteurs de sa génération, les Belmondo ou Delon. Mais ce serait oublier qu'il a été un extraordinaire acteur, l'un des plus demandés, avec à son actif, une longue, très longue carrière de plus de 150 films. Celle-ci commence en 45, d'abord avec des petits rôles au cinéma puis sa notoriété grandit à la télévision. Ainsi, en 65, il incarne un Dom Juan inoubliable où il donne à voir l'étendue de son sulfureux talent. Au cinéma, en revanche, c'est la traversée du désert jusqu'en 63, année où il triomphe face à Brigitte Bardot dans Le Mépris. C'est le début d'une incroyable carrière où il alterne projets commerciaux et cinéma d'auteur ambitieux. Piccoli entretient des relations suivies avec quelques réalisateurs privilégiés : LuisBuñuel, Costa-Gavras, Marco Ferreri avec qui il tourne La Grande Bouffe, mais son frère de cinéma, le seul, sera Claude Sautet, Sautet avec qui il fait, entre autres, Les Choses de la vie. Toujours sur la brèche, ce curieux insatiable, qui se définissait comme un bohémien de l'existence, avait trouvé son dernier grand rôle en 2011 dans Habemus Papam de l'Italien Nanni Moretti.

JB : Avant de refermer ce journal, ce rappel d'utilité publique : n'oubliez pas les gestes barrières, la distanciation physique et le confinement. Il est 22 heures 10 sur RFI.

Article publié le 18/05/2020

RFI - Radio France Internationale