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Infos en français facile : Édition du 17/06/2020 20h00

Transcription

Jérôme Bastion : Bienvenue sur Radio France internationale, il est 22h à Paris, 20h en temps universel, et c’est l’heure de votre Journal en français facile ! Et à la Une de l’actualité de ce mercredi 17 juin :
- un nouveau projet de réforme de la police aux États-Unis, alors que l’émotion après la mort de l’Afro-Américain George Floyd lors d’une interpellation musclée n’est pas retombée. Cette fois, c’est la majorité présidentielle qui présente un texte mitigé.
- de vives tensions franco-turques à l’OTAN sur la Libye, après un incident maritime qualifié d’extrêmement sérieux entre des navires de guerre des deux pays au large des côtes libyennes. Paris appelle l’Alliance à abandonner la politique de l’autruche.
- et puis au Proche-Orient, cette nouvelle illustration de la défiance croissante entre l’Autorité palestinienne et Israël : les services de sécurité palestiniens annoncent la fin de la coopération sécuritaire avec leurs voisins et dissimulent des dossiers sensibles.

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JB : Aux États-Unis, après les démocrates, c’est au tour des républicains de proposer leur projet de réforme de la police. Le texte de la majorité est moins contraignant que celui présenté la semaine dernière par l’opposition, mais les deux partis vont devoir s’entendre s’ils veulent rapidement aboutir. Correspondance à Washington Anne Corpet.

Le texte présenté par Tim Scott le seul sénateur noir du parti républicain prévoit une série d’avancées : encadrement plus strict de l’usage de la force, usage plus systématique des caméras par les policiers, création d’un fichier des bavures policières. Contrairement au projet démocrate, le texte n’interdit pas formellement la clé d’étranglement, mais prive de fonds fédéraux les unités qui continueront d’employer cette pratique qui a conduit à la mort de Georges Floyd et d’Éric Garner en 2014. Il ne lève pas non l’immunité relative dont bénéficient actuellement les policiers. Le projet a été jugé « trop tiède » par les démocrates, mais ces derniers sont placés au pied du mur par la majorité républicaine « s’ils ne votent pas ce texte, cela voudra dire qu’ils privilégient la politique à la restauration de la confiance entre la population et les forces de l’ordre », a prévenu Tim Scott, qui s’est posé en défenseur de l’Amérique et non des policiers ou de la communauté noire. « Il ne s’agit pas de creuser nos différences partisanes, mais de nous unir » a ajouté Mitch Mc Connell le chef de la majorité au sénat.

JB : Et puis à l’instant, on apprend qu’un ancien policier blanc d’Atlanta a été inculpé du « meurtre » d’un Afro-Américain, selon le bureau du procureur de cette ville.

Au moment où la France débat d’une nouvelle arrestation policière violente, il s’agit d’une infirmière plaquée au sol et tirée par les cheveux lors de la manifestation du personnel soignant, accusée d’avoir lancé des projectiles vers les forces de l’ordre, un gardien de la paix comparaîtra mardi devant le tribunal correctionnel de Strasbourg pour violences par matraque sur une manifestante « gilet jaune » en janvier 2019. L’Inspection générale de la police nationale a conclu que le policier auteur du coup à l’arrière du crâne, et qui a justifié onze points de suture sur cette manifestante de 62 ans, non armée, « n’était pas menacé et que le coup porté n’était pas justifié ».

Les ministres de la Défense de l’OTAN sont réunis pour deux jours au siège de l’Alliance atlantique à Bruxelles. Parmi les sujets sur la table, un large débat sur la réaction des pays membres à la pandémie, mais aussi la Russie, ou l’Afghanistan. Mais cette réunion est surtout placée sous le signe des tensions, d’abord entre les EE-UU et l’Allemagne au sujet de la présence militaire américaine en RFA, mais le ton a surtout monté entre la France et la Turquie. Le torchon brûle au sein de l’Alliance atlantique surtout entre la France et la Turquie après l’incident qui a opposé en Méditerranée orientale des frégates turques à une frégate française, le Courbet qui opérait pourtant pour l’OTAN une mission de contrôle de l’embargo sur les armes pour la Libye. Pierre Bénazet.

La ministre française de la Défense a dénoncé sans ambages l’attitude de la Turquie et sept pays européens et non des moindres ont apporté un soutien clair à la France. L’évènement est décrit ici comme une dynamique de coordination européenne qu’il est très rare de voir à un tel niveau à l’OTAN, où les différends sont d’habitude feutrés. Des pays comme l’Italie, l’Allemagne, la Grèce ou la Pologne participent par ailleurs à l’opération navale de l’UE pour le contrôle de l’embargo libyen et ces pays-là semblent estimer que l’attitude turque de soutien politique et de fourniture d’armes au gouvernement de Tripoli menace la sécurité de l’UE. Il y a en Libye à la fois un enjeu migratoire et un enjeu terroriste pour les alliés européens au sein de l’OTAN qui n’ont pour une fois pas l’intention de baisser les bras devant la Turquie, d’autant qu’elle bloque depuis un an la révision de la défense orientale de l’Alliance pour tenter d’obtenir l’inscription des groupes kurdes irakiens dans la liste des organisations terroristes.

JB : De son côté, Ankara dément avoir eu un comportement agressif envers un navire français et nie qu’un navire turc ait harcelé un bâtiment français sous commandement de l’OTAN. « La Turquie honore toutes ses obligations en tant qu’allié, aujourd’hui comme hier », a déclaré un haut responsable de l’armée turque.

Les grandes puissances du G7 ont « exhorté fermement » mercredi la Chine à « revenir » sur sa loi controversée sur la sécurité nationale à Hong Kong, qui « met en danger » l’autonomie ayant permis le développement du territoire, selon un communiqué commun des ministres des Affaires étrangères du groupe. « Nous sommes aussi extrêmement préoccupés par la possibilité que cette mesure réduise et menace les droits fondamentaux et les libertés de toute la population », ont dit les ministres des États-Unis, du Canada, du Japon, de la France, du Royaume-Uni, de l’Italie et de l’Allemagne.

C’est un signe de plus du fossé qui se creuse entre Israël et l’Autorité palestinienne. Alors que Benyamin Netanyahu envisage d’annexer certaines parties de la Cisjordanie, territoire palestinien occupé, l’Autorité palestinienne a annoncé ne plus être liée par les accords signés avec Israël. Elle revendique notamment d’avoir mis fin à la coopération sécuritaire. Et désormais, ses forces de sécurité chercheraient à protéger les dossiers en leur possession. À Jérusalem, Guilhem Delteil. 

La chaîne 12 de la télévision israélienne annonçait la semaine dernière que dans au moins deux villes de Cisjordanie, les renseignements palestiniens avaient reçu l’ordre de cacher de nombreux documents. D’après l’Agence France Presse, citant des sources sécuritaires palestiniennes, ces opérations ont bien commencé. Certains documents sont même en cours de destruction. Les fichiers numérisés, eux, sont déplacés dans des endroits tenus secrets. La coopération sécuritaire entre forces israéliennes et palestiniennes impliquait une action concertée sur le terrain, mais surtout un échange de renseignements afin de déjouer les projets d’attaques. En mettant fin à cette coopération pour protester contre les projets d’annexion d’une partie de la Cisjordanie par Israël, les dirigeants palestiniens affirment ne plus transmettre d’informations aux forces israéliennes. La dissimulation de ces fichiers est un signe de défiance à l’égard d’Israël. L’Autorité palestinienne souligne ainsi qu’elle juge plausible des opérations militaires dans les locaux de ses forces de sécurité afin de s’emparer de ces dossiers. Cela avait été le cas pendant la seconde Intifada au début des années 2000. Et la dernière fois que l’Autorité palestinienne avait cherché à cacher ses renseignements était juste avant le déclenchement de cette vague de violence.

JB : Le dernier bilan de la pandémie de Covid-19 s’élève à près de 450 000 morts dans le monde, pour un total de plus de 8 millions de cas. Les États-Unis sont toujours le pays le plus touché, tant en nombre de cas que de décès, ils sont suivis par le Brésil et le Royaume-Uni. Mais le pays qui a enregistré le plus grand nombre de décès au cours de ces dernières 24h est l’Inde, qui déplore plus de 2 000 nouvelles morts, suivie encore une fois du Brésil.

Sports, Football : la ligue des champions 2019/2020 connaitra bien un épilogue cet été. La compétition interrompue depuis début mars au stade des huitièmes de finale reprendra à Lisbonne mi-août avec une phase finale inédite. Olivier Pron.

Quelle reprise après tant d’incertitudes et d’inquiétudes ! Du 12 au 23 aout, la crème de la saison européenne de foot va se retrouver à Lisbonne pour en découdre et désigner son champion. D’abord des quarts de finale du 12 au 15 dans 2 stades de la Luz et Alvalade. Puis des demies, sur un seul match comme les quarts, les 18 et 19. Et la grande finale le 23. Le tout probablement en public. Une phase finale a 8 donc, dont on ne connait pour l’heure que 4 qualifiés : le RB Leipzig, l’Atletico Madrid, l’Atalanta Bergame et le PSG qui pourrait être rejoint par un 2e club français à l’issue des 4 derniers huitièmes de finale retour qui restent à jouer les 7 et 8 aout. Lyon pourrait se déplacer à Turin avec 1 but d’avance sur la Juventus. À moins que cela ne se joue aussi au Portugal. Incertitude quant au lieu aussi pour les autres matches : Bayern-Chelsea, Barcelone-Naples et Manchester City-Real Madrid. Le président de l’UEFA Aleksander Seferin semble donc en passe de réussir son pari : trouver un vainqueur a toutes les compétitions européennes de la saison. Puisque la ligue Europa s’achèvera dans les mêmes conditions : du 10 au 21 en Allemagne dans 4 villes dont Cologne. Et la ligue des championnes en Espagne à San Sebastian et Bilbao du 21 au 30 aout.

Article publié le 17/06/2020

RFI - Radio France Internationale