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Infos en français facile : Édition du 16/11/2020 20h00

Transcription

Romain Auzouy : Vous écoutez RFI il est 21h à Paris, 20h en TU.
Bonsoir à tous, bienvenue dans votre Journal en français facile. Présenté ce soir en compagnie de Zéphyrin Kouadio, bonsoir Zéphyrin.

Zéphyrin Kouadio : Bonsoir Romain, bonsoir à toutes et à tous.

RA : À la Une ce soir, un nouvel espoir de vaccin contre le coronavirus. La société américaine Moderna annonce un vaccin efficace à près de 95%. Annonce face à laquelle il faut rester prudent nous dira Simon Rozé.

ZK : Parallèlement à cela, les infections au Covid-19 continuent de se multiplier. Nous irons en Inde où près d'un habitant du centre de New Delhi sur deux aurait été contaminé par le coronavirus.

RA : La Hongrie et la Pologne bloquent le budget de l'Union européenne. Le motif : certains versements de fonds sont soumis au respect de ce qu'on appelle l'état de droit. Nous vous expliquerons cela dans cette édition.

ZK : Et puis présentation de la future présidente de Moldavie. Elle s'appelle Maia Sandu et est pro européenne.

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ZK : La course au vaccin contre le Covid-19 se resserre.

RA : La semaine dernière, deux laboratoires l'un américain l'autre allemand annonçaient un vaccin efficace à 90%. Ce lundi, c'est un vaccin efficace à près de 95% qui est évoqué par la société américaine Moderna, qui annonce qu'elle compte fabriquer 20 millions de doses d'ici la fin de l'année. Mais attention, tout cela est à nouveau à prendre avec du recul Simon Rozé.

94,5 % d'efficacité pour Moderna, nous sommes dans le même ordre de grandeur que le vaccin de Pfizer. Ce n'est pas si étonnant, les deux candidats vaccins partagent la même technologie. Ils sont basés sur de l'ARN viral, une technique encore inédite pour un vaccin humain, mais dont les recherches préliminaires étaient prometteuses. Mais comme pour l'annonce de Pfizer la semaine dernière, il faut relativiser celle de Moderna ce lundi. Une nouvelle fois, c'est un communiqué de presse qui a été utilisé. Les données scientifiques de cet essai clinique ne sont pas encore publiques même si un peu plus d'informations ont été partagées cette fois, notamment les résultats concernant les personnes âgées et ou à risque. Il faut également rappeler que ces données ne sont que préliminaires et qu'il est tout à fait probable que cette efficacité annoncée diminue au fil de l'analyse de l'essai clinique. Cela dit, certes il faudra la confirmer, mais cette annonce est une bonne nouvelle, d'autant plus que le candidat vaccin de Moderna évite un écueil rencontré par celui de Pfizer. Pas besoin de le conserver à moins 70 degrés, un réfrigérateur suffit pendant un mois, ce qui simplifiera énormément sa distribution.

RA : Le directeur général de l'Organisation mondiale de la santé, l’OMS, fait également part de sa prudence, il prévient qu'un vaccin ne suffira pas à lui tout seul à vaincre la pandémie, il ne remplacera pas les autres outils que nous avons actuellement, dit-il, il les complètera.

ZK : Et pendant ce temps-là, la pandémie de coronavirus continue de s'étendre.

RA : Le pays le plus endeuillé les États-Unis ont enregistré un million de nouvelles infections en moins d'une semaine. Aux États-Unis où les habitants de Chicago, la troisième ville du pays, sont invités depuis ce lundi à rester chez eux. On évoque dans un instant les mesures de restriction qui sont importantes en Europe, mais d'abord direction l'Inde où le virus est à un niveau très haut, la preuve : près d'un habitant du centre de New Delhi sur deux aurait été contaminé par le coronavirus. Correspondance dans la capitale indienne de Sébastien Farcis.

Le centre de New Delhi est la partie historique de la capitale : elle est composée de ruelles étroites et surpeuplées, et abrite les marchés de grossistes et d’artisans qui attirent les foules. C’est donc le contexte idéal pour une propagation du Covid-19. Selon cette étude sérologique réalisée en octobre, 49,5% des 580 000 habitants de ce quartier ont contracté le virus, souvent de manière asymptomatique. Ceci offre à ces personnes une immunité temporaire contre le Covid-19. Par contre, en dehors de ce quartier, cette protection est plus limitée : sur toute la ville, seulement 25,5% des habitants ont des traces du virus dans leur organisme. La capitale connait en ce moment une nouvelle vague de contamination, causée par les attroupements pendant cette période de festivals : plus de 7 000 cas sont enregistrés par jour, soit près de 20% de tous les cas détectés en Inde. Le gouvernement fédéral prévoit d’ouvrir en urgence de nouveaux lits de soins intensifs et de déployer des médecins militaires pour soutenir les civils. Sébastien Farcis, New Delhi, RFI.

RA : Enfin la pandémie en Europe, avec un peu d'optimisme en France. « Nous sommes en train de reprendre progressivement le contrôle » affirme le ministre de la Santé Olivier Véran, même s'il appelle à ne pas relâcher les efforts. Selon les derniers chiffres publiés ce soir, la France a enregistré ce lundi moins de 10 000 nouveaux cas de contamination en 24 heures, la progression la plus faible depuis le 12 octobre. Hier, le nombre d'entrées en réanimation a atteint son plus bas niveau depuis trois semaines avec 270 entrées en réanimation.

Ailleurs, à noter la Suède qui a annoncé aujourd'hui qu'elle limitait les rassemblements publics à huit personnes maximum, pour la Suède c'est une mesure inédite, car le pays prône des mesures moins strictes que ses voisins européens face au virus. Enfin, l'Autriche débutera demain mardi un second confinement, avec fermeture des écoles et des magasins non essentiels et un appel à rester chez soi.

ZK : En Europe où deux pays ont bloqué ce lundi le budget de l'UE.

RA : Il s'agit de la Hongrie et de la Pologne qui ont mis leur veto au budget, c'est-à-dire qu'elles s'y opposent. Ce n'est pas une surprise, le sujet fait débat depuis quelque temps, mais cela tombe mal en pleine crise sanitaire car dans le budget de l'Union européenne figure le plan de relance destiné à lutter contre la pandémie. Pourquoi la Hongrie et la Pologne ont ainsi mis leur véto ? Car certains versements de fonds sont soumis au respect de ce qu'on appelle l'état de droit (et cela comprend notamment l'indépendance de la justice, le respect des droits fondamentaux), et c'est une condition ce qui ne plait pas à la Hongrie et la Pologne. Les explications de Jean-Dominique Giuliani, président de la Fondation Robert Schuman.

« Un ministre polonais vient de dire : "On veut nous mettre sous tutelle", parce que c'est un gouvernement nationaliste qui est aux Affaires en Pologne. Il ne s'agit pas de ça, il s'agit tout simplement pour ces deux États qui reçoivent de sommes considérables de la part de l'Union européenne (pour la Pologne c'est entre 9 et 10 milliards d'euros chaque année, et la Hongrie c'est un peu moins parce que le pays ne fait que 10 millions d'habitants, mais c'est le pays qui reçoit le plus d'argent européen par tête d'habitants. Donc les députés européens ont estimé qu'il n'était pas normal que la solidarité européenne joue en leur faveur alors qu'ils ne respectent pas les règles du jeu dans leur acception démocratique la plus pure. »

RA : Jean-Dominique Giuliani, président de la Fondation Robert Schuman. Propos recueillis par Murielle Paradon.

ZK : Et puis, en Moldavie, pas de tension à l'issue du second tour de la présidentielle.

RA : Ce second tour opposait le président sortant, pro-russe, Igor Dodon à l'ancienne Première ministre, pro-européenne, Maia Sandu. C'est cette dernière qui l'emporte, et preuve du calme qui domine Igor Dodon qui avait appelé la semaine dernière ses partisans à descendre dans la rue a reconnu sa défaite ce matin. Et le président russe Vladimir Poutine a félicité Maia Sandu et il dit « souhaiter un développement constructif des relations entre les deux pays ». On s'intéresse à la future présidente de Moldavie, son portrait avec Béatrice Leveillé.

Cette femme de 48 ans, au visage doux mais déterminée, a promis une lutte sans merci contre la corruption. Elle s'est engagée à œuvrer à une intégration de la Moldavie, un des pays les plus pauvres d’Europe, dans l'Union européenne et à faire revenir au pays le million de Moldaves partis travailler à l'étranger. Pro-européenne, elle a grandi en Moldavie soviétique. Sa mère était professeur de musique et son père vétérinaire. Elle a étudié l’économie et le droit avant d’obtenir une maitrise de relations internationales aux États-Unis. Elle a ensuite travaillé comme coordinatrice de programme pour le développement aux Nations unis, puis à la Banque mondiale, avant d’être ministre de l'Éducation à plusieurs reprises dans son pays. En 2016, elle fonde son propre parti, le Parti action et solidarité. Elle sera brièvement Première ministre avant de devenir la première femme élue présidente de Moldavie. Son adversaire l’a félicité en appelant ses partisans au calme pour ne pas déstabiliser le pays.

RA : Et en écho aux déclarations du président russe Vladimir Poutine, Maia Sandu promet « un vrai équilibre » en Moldavie dans ses relations entre l'Occident et la Russie.

ZK : Enfin en tennis, la deuxième journée du Masters de Londres.

RA : Le tournoi réunit les huit meilleurs joueurs du monde. Deux matches au programme aujourd'hui. Cet après-midi, le Serbe Novak Djokovic a battu l'Argentin Diego Schwartzman en deux sets, il prend ainsi la tête de son groupe. Actuellement, l'Allemand Alexander Zverev est opposé au Russe Daniil Medvedev. La rencontre vient de commencer.

C’est la fin de ce Journal en français facile.

Article publié le 16/11/2020

RFI - Radio France Internationale