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Infos en français facile : Édition du 15/10/2020 20h00

Transcription

Vous écoutez RFI il est 22h à Paris, 20h en temps universel.

Romain Auzouy : Bonsoir à tous, bienvenue dans votre Journal en français facile présenté ce soir en compagnie de Sylvie Berruet, bonsoir Sylvie.

Sylvie Berruet : Bonsoir Romain, bonsoir à tous.

RA : À la une ce soir : aux États-Unis la campagne présidentielle encore perturbée par la pandémie de coronavirus. Kamala Harris annonce qu'elle suspend ses déplacements. Deux cas de Covid ont été annoncés dans l'équipe de campagne de la candidate à la vice-présidence, soutien de Joe Biden.

SB : La pandémie en France : aujourd'hui le Premier ministre Jean Castex a détaillé les mesures annoncées hier par le Président Emmanuel Macron. Et il a évoqué un possible report des élections régionales prévues en mars 2021.

RA : Enfin la pandémie et ses conséquences sur le sport en France. Avec l'instauration de couvre-feux nocturnes dans plusieurs métropoles. Les évènements seront maintenus mais ils se dérouleront à huis-clos, c'est-à-dire sans public.

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SB : Les deux candidats à la Maison-Blanche répondent aux questions des électeurs ce soir à la télévision.

RA : Mais ils ne seront pas côte à côté, chacun s'exprimera sur une chaîne différente. Le Président sortant Donald Trump sera sur NBC, tandis que son rival Joe Biden s'exprimera sur ABC une chaîne concurrente. Cela remplace le deuxième débat entre les deux hommes, qui était prévu ce soir mais que Donald Trump a refusé quand les organisateurs ont annoncé qu'ils le rendraient virtuels par mesure de précaution (c'est-à-dire que les candidats ne seraient pas intervenus côte à côte). Et puis autre illustration du rôle de la crise du coronavirus : à 19 jours de l'élection présidentielle, la candidate démocrate à la vice-Présidence Kamala Harris  (la numéro 2 derrière Joe Biden) a annoncé qu'elle devait suspendre ses déplacements. Une décision prise après que deux membres de son équipe de campagne ont été contaminés par le coronavirus. Explications de notre correspondant Eric de Salve.

Parmi ces deux membres de l’équipe de campagne démocrate testés positifs figure une très proche de Kamala Harris. Il s’agit de sa directrice de communication selon son communiqué. Leur dernier en contact physique remonte à deux jours avant son test positif. Mais les démocrates ne veulent prendre aucun risque et annoncent la suspension de tous les déplacements de la colistière de Joe Biden jusqu’à dimanche prochain. Kamala Harris continuera en revanche à mener une campagne solide et agressive mais uniquement sur internet précise le communiqué avant la reprise de ses déplacements physique à partir de lundi. En fait les démocrates veulent montrer qu’ils prennent le Covid-19 très au sérieux, une façon pour eux de se démarquer de Donald Trump qui lui ne cesse de minimiser la menace et qui poursuit ses meetings public sans masque malgré son test positif récent, avec une communication qui manque clairement de transparence. La Maison Blanche refuse toujours de divulguer la date du dernier test négatif du président avant son test positif. De leur côté les démocrates précisent qu’aucun des deux contaminés n’a eu de contact avec Joe Biden depuis plus de 48h avant leur test. Joe Biden qui vient à nouveau d’être testé négatif. Eric de Salve San Fransisco RFI.

RA : Donald Trump s'est à nouveau moqué de son rival « Joe est grillé, Joe a perdu la boule » at-il déclaré devant ses partisans. Cette nuit il est attendu pour un nouveau meeting, en Caroline du Nord.
 
SB : Au Bangladesh cinq hommes condamnés à mort pour un viol collectif.

RA : Les faits remontent à 2012, la victime avait alors 15 ans, selon le procureur elle a été violée par son petit ami et quatre de ses amis. C'est un tribunal spécial qui a prononcé la peine capitale aujourd'hui. Et il s'agit des premières condamnations à mort depuis que le viol est devenu passible de la peine capitale, c'est une décision qui a été prise en début de semaine par la Première ministre après d'importantes manifestations contre les violences sexuelles. Et cette condamnation fait réagir du côté de l'ONU, voilà ce qu'affirme dans un communiqué Michelle Bachelet la Haute-Commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme : « imposer la peine de mort pour les violeurs n'est pas une solution car elle n'a pas d'effet dissuasif », c'est-à-dire qu'elle ne fait pas reculer ce fléau. C'est l'avis également d'Amnesty International, Sultan Mohammed Zakaria est chercheur sur l’Asie du Sud à Amnesty.

« Pour nous la peine capitale ne va pas résoudre le problème chronique enduré par les femmes et les enfants au Bangladesh, la violence et le viol sont profondément ancré. Et nous pensons que la peine de mort ne sera pas un moyen de dissuasion efficace pour ce crime. Il faut savoir que dans la loi actuelle, le viol collectif ou le meurtre après un viol sont déjà passible de la peine de mort. En 20 ans, la loi ayant été  adoptée en 2000, plus de 4 000 femmes ont été soit victimes de viol collectif, soit tuées après un viol collectif. Cela démontre que même lorsqu’il existe une loi pour punir ce genre de crime, elle ne dissuade pas leurs auteurs. Aujourd’hui, si l’on introduit la peine capitale pour le viol commis par un seul auteur, jusqu’ici puni de l’emprisonnement à perpétuité, j’ai bien peur que cela ne soit encore qu’un effet d’annonce qui ne sera finalement pas appliqué. La peine de mort de changera rien dans le fond ».

RA : Sultan Mohammed Zakaria, chercheur sur l’Asie du Sud à Amnesty International. Joint à Colombo par Jelena Tomic.

SB : En France au lendemain de l'intervention télévisé du Président Emmanuel Macron, le Premier ministre en a dit plus aujourd'hui sur les mesures annoncées. 

RA : Et l'on reparle de la pandémie de coronavirus car c'était l'unique sujet de la prise de parole d'Emanuel Macron hier et alors qu'on apprend ce soir qu'en 24h la France a enregistré plus de 30 000 nouveaux cas, ce qui constitue un record depuis le début de l'épidémie. La principale mesure annoncée hier : la mise en place de couvre-feux nocturnes dans neuf métropoles à partir de samedi et pour au moins six semaines. Aujourd'hui le Premier ministre a ajouté que dans ces métropoles les commerces ou lieux recevant du public seraient fermés de 21h à 6h du matin sauf cas particuliers comme évidemment les établissements de santé. Et comme pendant le confinement, un système d'attestation sera institué, et les contrevenants s'exposent à une amende de 135 euros en cas d'infraction. Sur le plan politique, une question se pose, alors qu'hier Emmanuel Macron a affirmé qu'il allait falloir vivre avec le virus en France jusqu'à l'été 2021 au moins. Dans ce cadre-là les élections régionales se tiendront-elles ? Elles sont prévues au mois de mars. Aujourd'hui Jean Castex a évoqué un possible report, Julien Chavanne.

Pas question de revivre le fiasco des municipales. En mars dernier, le 1er tour, organisé juste avant le confinement, avait été plombé par l’angoisse du virus. Le second tour lui avait été reporté de 3 mois. L’abstention avait battu des records. Alors pour éviter cette fois la panique et les critiques, le gouvernement va consulter et associer tous les partis politiques. Le Premier ministre souhaite lancer un groupe de travail sur les régionales. Avec transparence et méthode promet Jean Castex. « Ce que m’a demandé le PR c’est que nous agissions avec méthode, transparence et impartialité. C’est à dire que ces questions soient posées de façon transpartisane, les plus objectivées possibles, de façon à ce que le moment venu, les conséquences puissent en être tirées. » Comment faire campagne à l’ère du Covid-19 ? Faudra-t-il reporter le scrutin ? Le groupe de travail devra y répondre avant la fin de l’année en s’appuyant sur les avis du Conseil scientifique. Une décision lourde de conséquences : les régionales sont le dernier test électoral avant la présidentielle.

SB : Et puis l'annonce des couvre-feux pose de nombreuses questions, notamment sur l'organisation des compétitions sportives.

RA : Alors que les compétions sportives ont lieu le soir le plus souvent, comme cela va-t-il se passer ? Elles seront maintenues, mais se dérouleront à huis-clos, c'est-à-dire sans public; Explications Christophe Diremszian.

La différence n'est peut-être pas énorme avec la situation actuelle, où la jauge de spectateurs est limitée à 1 000 dans la majorité des grandes villes françaises, mais au moins les championnats ne subiront pas un nouveau coup d'arrêt. Quelques minutes seulement les annonces d'Emmanuel Macron, le ministère des Sports a indiqué que le huis clos sera la règle si les matches sont maintenus au-delà de 21 h ou s'ils ne permettent pas au maigre public de rentrer chez lui avant cette heure au moment du coup de sifflet final. Sont notamment concernés dès ce week-end les rencontres de Ligue 1 Marseille-Bordeaux et Lille-Lens et celle de Top 14 Lyon-Bayonne, puis la semaine prochaine le choc de Ligue des Champions PSG-Manchester United et le match amical du XV de France contre le Pays de Galles. Mais beaucoup des Ligues professionnelles, qui ne profitent pas de gros revenus tirés des droits télé, savent qu'elles n'auront pas d'autre choix que de revoir leurs programmations. Faire jouer un club de basket, de handball, de volley-ball ou de rugby dans une enceinte vide, et donc sans recette de billetterie, c'est l'asphyxier un peu plus dans un contexte économique déjà sombre. Pour tenter de les aider à passer ce nouveau cap, le Président a indiqué que la prise en charge du chômage partiel à 100 % par l'État sera réactivée pour le secteur sportif.

RA : Et puis évidemment les mesures prises par le président français hier ont également des conséquences lourdes sur la culture. Les cinémas notamment s'inquiètent, la fédération nationale demande aux autorités de permettre aux spectateurs de rentrer chez eux après la séance de 21h, c'est évidemment le soir que le cinéma enregistre le plus de recettes. De son côté, le groupe MK2, qui compte 200 cinémas dont plus de 60 à Paris, a annoncé sur Twitter qu'il comptait ouvrir ses salles dès 8h du matin

Article publié le 15/10/2020

RFI - Radio France Internationale