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Infos en français facile : Édition du 12/10/2020 20h00

Transcription

Vous écoutez RFI il est 22h à Paris, 20h en temps universel.

Romain Auzouy : Bonsoir à tous, bienvenue dans votre Journal en français facile présenté en compagnie de Zéphyrin Kouadio, bonsoir Zéphyrin.

Zéphyrin Kouadio : Bonsoir Romain, bonsoir à tous.

RA : À la une ce soir : la campagne marathon de Donald Trump. Le Président américain doit se rendre dans trois États d'ici mercredi. Il tente de rattraper son retard sur son rival à la Maison Blanche Joe Biden. Donald Trump qui a à nouveau fait parler de lui à propos de la pandémie de coronavirus.

ZK : Au Tadjikistan, le président réélu avec plus de 90% des suffrages. Dans ce pays considéré comme le plus pauvre des anciennes Républiques soviétiques, l'opposition avait boycotté le scrutin.

RA : La plus grande exploration jamais menée au pôle Nord est de retour. Elle a été menée à bord d'un brise-glace (un bateau utilisé pour naviguer malgré la glace) et les participants à cette mission ont été frappés par l'ampleur du réchauffement climatique.

ZK : Enfin le prix Nobel de l'économie attribué à deux Américains. Ils ont été récompensés pour leur travail sur les enchères. Explications à la fin de cette édition.

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ZK : Trois États en trois jours pour Donald Trump.

RA : À 22 jours de l'élection présidentielle, le président américain tente de rattraper son retard dans les sondages sur son rival Joe Biden. Il est donc attendu ce soir en Floride, demain en Pennsylvanie, et mercredi dans l'Iowa. Ces dernières heures il s'est à nouveau illustré à propos de l'un de ses sujets favoris, le coronavirus. Et il a encore créé la polémique en utilisant dans un clip de campagne un extrait d'interview du Docteur Fauci, scientifique très respecté et qui n'avait pas donné son accord à la diffusion de cet extrait. Un scientifique qui ne soutient pas officiellement Donald Trump et même qui n'avait pas hésité à rectifier sur le sujet certains propos du Président américain. D'où son mécontentement. Explications Marie Normand.

Le président Trump récupère du coronavirus et l'Amérique aussi. C'est le message de la dernière vidéo officielle de la campagne Trump. Le président s'est attaché à protéger les seniors, à s'assurer de la disponibilité des traitements. Bref, une gestion efficace de la crise sanitaire saluée, si l'on en croit la suite de ce clip, par le Dr Fauci lui-même. « Je ne peux pas imaginer que quelqu'un puisse faire plus ! ». Sauf que cette citation a été utilisée sans la permission de ce spécialiste respecté des maladies infectieuses. Et le Dr Fauci ajoute, dans un communiqué, que cette phrase tirée d'une interview du mois de mars sur la chaîne Fox News, a été sortie de son contexte. Lorsque l'on visionne la vidéo complète, le scientifique salue non pas le travail du président mais les efforts des autorités sanitaires fédérales, notamment les siens. « Et je ne suis pas seul, c'est le travail de toute une équipe », ajoutait-il lors de cet entretien diffusé au mois de mars. Dans son communiqué, le Dr Fauci insiste sur le fait qu'il n'a jamais soutenu de candidat en plus de 5 décennies de service public. Sur Twitter, le président Trump persiste et signe: « Ce sont bien les mots du Dr Fauci. Nous avons fait un travail "phénoménal", selon certains gouverneurs. Beaucoup de gens sont d'accord ».

RA : Également concernant l'actualité américaine le début aujourd'hui de l'audition d'Amy Coney Barrett devant le Sénat. C'est l'objectif de Donald Trump, faire valider le choix de cette juge à la Cour suprême avant l'élection, et ainsi faire basculer la Cour dans le camp conservateur. Le Sénat à majorité républicaine, et qui a affiché ses divisions lors de cette première journée.

ZK : En France un Conseil de défense consacrée à la pandémie de coronavirus attendu dans les prochains jours.

RA : Il pourrait se tenir dès demain mardi, soit à la veille d'une nouvelle prise de parole du Président français Emmanuel Macron. La pandémie qui inquiète toujours plus les autorités; « Nous sommes dans une deuxième vague forte » a dit ce matin le Premier ministre Jean Castex. De nouvelles mesures pourraient donc être prises, alors que le mécontentement monte contre les restrictions sanitaires : après les restaurateurs qui s'étaient mobilisés contre la fermeture de leurs établissements, ce sont les forains aujourd'hui qui ont protesté en menant des opérations escargots dans toute la France (ce sont des opérations de blocage). Des VTC (voitures avec chauffeur) se sont également fait entendre au sujet de la crise économique. Demain deux nouvelles villes Toulouse et Montpellier doivent basculer en zone d'alerte maximale.
 
ZK : Pas de surprise dans les résultats de l'élection présidentielle au Tadjikistan.

RA : Le Tadjikistan petit pays d'Aise centrale qui faisait partie de l'URSS. Le président sortant a été réélu il s'agit d'Emomali Rahmon. Et selon les résultats préliminaires annoncés ce lundi il recueille plus de 90% des voix. Aucune opposition réelle n'avait participé au scrutin. Vincent Souriau

Le régime tadjik avait préparé le terrain. La seule véritable formation d'opposition ayant décidé de boycotter ce scrutin, le chef de l'État sortant faisait face à 4 petits candidats considérés comme des faire-valoir. Ils se partagent à peine 10% des suffrages. Score soviétique donc pour Emomali Rahmon qui s'est installé à la présidence en 1992. À la fin de ce nouveau septennat, il aura dirigé le Tadjikistan pendant plus de 30 ans, en s'arrogeant tous les pouvoirs. Depuis 2015, il a pris le titre de « Fondateur de la paix et de l'unité nationale et leader de la Nation », il bénéficie d'une immunité à vie contre les poursuites judiciaires et d'un droit de véto sur l'ensemble des décisions prises par le Parlement. Une seule interrogation : quand va-t-il déclencher sa succession ? Car le dirigeant tadjik a déjà placé son fils Rustam à la tête de l'Assemblée nationale et l'a fait élire en 2017 maire de Douchambé, la capitale du pays... Tout est prêt pour que la dynastie Rahmon perpétue son emprise sur le Tadjikistan pour les décennies à venir.

ZK : Un an d'expédition au pôle Nord : le brise-glace Polarstern est de retour en Allemagne. 

RA : Il a retrouvé son port d'attache dans le nord-ouest du pays. La mission était destiné à évaluer le réchauffement climatique et son ampleur a frappé les membres de l'expédition. Bilan avec Agnès Rougier.

L’expédition Mosaic, de retour du Pôle nord, confirme que la fonte des glaces en Arctique est impressionnante. Pour le climatologue et chef d’expédition Markus Rex, joint par l’AFP, si cela continue, d’ici quelques décennies, l’Arctique sera libéré des glaces en été. Pendant un an, le navire Polarstern s’est laissé dériver dans les glaces, accueillant successivement les experts de 20 pays différents. Pour améliorer la compréhension du système climatique de la région, considérée comme le climatiseur de notre planète, les scientifiques ont observé plus d’une centaines de paramètres. Les sorties sur la banquise leur ont permis de mesurer la qualité de la glace, qu’ils ont trouvée fondue et friable, montrant des surfaces d’eau liquide à perte de vue. Pendant l’hiver arctique, en pleine nuit polaire, les températures mesurées se sont avérées beaucoup plus chaudes qu’il y a quelques décennies, malgré des pointes inférieures à -39°. L’expédition a recueilli des quantités de données sur l’atmosphère, l’océan, la banquise et l’écosystème, ainsi que de nombreux échantillons de glace et d’eau. L’analyse complète des données prendra environ 2 ans jusqu’à leur publication.

ZK : Et puis le dernier Nobel de la saison a été attribué aujourd'hui.

RA : On a suivi la semaine dernière dans le Journal en français facile tous les prix Nobel, scientifiques littéraire et évidemment le prix Nobel de la paix. Aujourd'hui c'est l'économie qui était décerné. Et les lauréats sont deux économistes américains Paul Milgrom et Robert Wilson. Ils faisaient partie des favoris et ont été récompensés pour leurs travaux sur les enchères Pauline Gleize.

Le duo est à l'origine du concept utilisé pour la vente de licences de bandes de fréquences de télécommunications aux États-Unis et le jury a notamment salué le faits qu'ils ont œuvré tant en théorie qu'en pratique. En fait, les enchères ne sont pas réservées aux objets d'arts en salle des ventes. Elles régissent de nombreux marché et les études sur la théorie des enchères doivent permettre de trouver la meilleure formule pour satisfaire vendeur, acheteur et les contribuables car les marchés publics sont concernés. Les travaux de Paul Milgrom et de Robert Wilson, tous deux enseignants à Stanford, ont d'ailleurs été adapté pour des dizaines d'enchères de bandes de fréquences, pour le marché de l'électricité, du gaz naturel et récemment pour les attributions des fréquences de la 5G. Dans le détail, Robert Wilson a montré  que les participants à une vente aux enchères avaient tendance à faire une offre inférieure à la situation optimale, de peur de trop payer. Paul Milgrom, dont Wilson a dirigé la thèse, a, lui, formulé une théorie qui montre notamment qu'une enchère génère des prix plus élevés lorsque les acquéreurs obtiennent des informations sur les offres prévues par les autres enchérisseurs.

RA : Le Nobel d'économie attribué donc à Paul Milgrom et Robert Wilson, deux hommes. Et c'est l'occasion d'évoquer la faible féminisation des prix Nobel. Depuis les premiers Nobel seules 58 femmes ont été récompensées, cela représente à peine plus de 6% des lauréats. Mais cette proportion est en hausse depuis plusieurs dizaines d'années, en hausse de plus de 11% dans les années 2010.

Article publié le 12/10/2020

RFI - Radio France Internationale