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Infos en français facile : Édition du 11/06/2020 20h00

Transcription

Merci d’écouter RFI, il est 22h à Paris, 20h en temps universel.

Julien Coquelle-Roëhm : L’heure de retrouver comme tous les soirs votre Journal en français facile avec à la Une :
- les excuses du chef d’État-major américain la semaine dernière. Donald Trump s’était rendu devant une église quelques minutes après avoir dénoncé les manifestations anti racisme et menacé de déployer l’armée pour ramener le calme dans les rues des États-Unis. Aujourd’hui, le général Milley estime qu’il n’aurait pas dû accompagner le président pour cette courte visite. Nous serons à Washington dans un instant.
- aux États-Unis, les manifestations continuent et les appels à réformer la police se multiplient. Le géant du numérique Amazon a décidé dans ce contexte d’interdire aux policiers d’utiliser son logiciel de reconnaissance faciale.
- et puis en Libye, les Nations unies expriment leur horreur après la découverte d’au moins huit charniers dans le sud de Tripoli. 

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JCR : C’est une image qui a fait le tour du monde la semaine dernière, celle de Donald Trump traversant la rue près de la Maison Blanche pour tenir une bible devant une église. Quelques minutes avant, à quelques mètres de là, la police dispersait des manifestants anti racisme venu exprimer leur colère après la mort de George Floyd, cet afro américain tué par un policier blanc il y a deux semaines. Aujourd’hui, le chef d’État-major américain s’est excusé d’avoir accompagné le président devant l’église St John. C’est un clair désaveu du principal conseiller militaire du président, car pendant que Mark Milley s’excusait, Donald Trump vantait justement sur Twitter l’action de la garde nationale contre les manifestants. À Washington, la correspondance d’Anne Corpet.

« Je n’aurais pas dû être là. Ma présence à cet endroit, à cet instant, dans cet environnement, a créé la perception que les militaires sont impliqués dans la politique nationale. C’était une erreur », a déclaré le général Mark Milley, qui s’exprimait dans le cadre d’un discours aux jeunes diplômés de l’Université de la défense nationale. Et cette remarque n’est pas la seule qui risque d’irriter le président. « Nous devrions tous être fiers du fait que la vaste majorité des manifestations ont été pacifiques », a notamment ajouté le conseiller militaire de Donald Trump. Un contrepied direct au récit que tente d’imposer le président, qui évoque constamment le chaos et les émeutes causés par la mort de Georges Floyd. Cette distanciation vis-à-vis du commandant en chef de l’armée américaine est sans précédent. Le général Milley a été nommé par Donald Trump. Sa déclaration intervient après une tribune incendiaire de James Mattis, l’un des généraux les plus respectés de l’armée, contre le président. Et après que le secrétaire à la défense s’est publiquement opposé à l’emploi des troupes fédérales contre les manifestants, qu’avait souhaité Donald Trump.

JCR : Et Donald Trump qui doit évoquer le racisme et les violences policières lors d’une réunion à Dallas au Texas. Elle est censée commencer dans les minutes qui viennent alors qu’hier soir, la Maison Blanche affirmait que le plan du président pour réformer la police était en train d’être finalisé. Les démocrates au Congrès ont présenté leur propre projet de loi à ce sujet. Il prévoit de créer un registre national pour les policiers commettant des fautes, de faciliter les poursuites judiciaires contre les agents et de repenser la manière dont ils sont recrutés ou formés. Le texte doit encore passer par le Sénat ou la majorité républicaine pourrait le rejeter.

Une réforme de la police que les manifestants réclament depuis deux semaines, le frère de George Floyd l’a aussi demandée hier lors de son témoignage au Congrès. C’est dans ce contexte qu’Amazon a décidé d’interdire à la police d’utiliser son logiciel de reconnaissance faciale, Rekognition, pendant un an. Plus tôt dans la semaine, la société IBM avait annoncé la même mesure. Amazon était en étroite collaboration avec les forces de l’ordre américaines depuis 2 ans ce que dénonçaient de nombreuses ONG. Et si l’entreprise prend cette décision, c’est peut-être qu’il y a eu des dérives. C’est en tout cas ce que pense Bernard Benhamou, Secrétaire général de l’Institut de la souveraineté numérique.

[Transcription manquante]

JCR : Propos recueillis par Romain Lemaresquier.
Toujours aux États-Unis, Donald Trump a décidé aujourd’hui d’autoriser les sanctions économiques contre les responsables de la Cour Pénale Internationale qui enquêteraient sur des militaires américains. Une riposte à la décision prise en mars par les juges de la CPI qui avaient autorisé l’ouverture d’une enquête pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité en Afghanistan. Malgré l’opposition de la Maison Blanche, le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu, a salué ce soir l’annonce de Donald Trump. 

Et puis c’est aussi à la une, la Mission d’appui des Nations unies en Libye. La Manul se dit ce soir « horrifiée » par la découverte dans l’Ouest libyen d’au moins huit charniers, c’est-à-dire de grandes tombes où sont enterrés de nombreux cadavres. La plupart de ces charniers ont été découverts à Tarhouna, au sud-est de Tripoli. La zone a récemment été reprise par les forces du Gouvernement d’Union Nationale, jusqu’au 5 juin elle était contrôlée par les troupes du Maréchal Haftar qui tente depuis plus d’un an de prendre la capitale.

Dans les territoires palestiniens, pour la deuxième fois en moins d’un mois, l’Autorité palestinienne refuse une aide humanitaire envoyée par les Émirats arabes unis. Abu Dhabi a envoyé du matériel médical nécessaire dans la lutte contre le coronavirus, mais les deux avions émiriens ont atterri à Tel-Aviv alors que les Émirats n’ont pas de relation diplomatique avec Israël. Et l’Autorité palestinienne s’estime mise à l’écart. À Jérusalem, les précisions de notre correspondant Guilhem Delteil.

En 2002, la Ligue arabe avait lié une reconnaissance d’Israël par ses États membres à la création d’un État palestinien. La position reste chère aux dirigeants palestiniens, mais l’atterrissage de ces deux vols à Tel-Aviv souligne un rapprochement entre les Émirats arabes unis et Israël. Confrontée à une crise financière majeure et la menace d’une annexion d’une partie de la Cisjordanie, l’Autorité palestinienne n’ose attaquer frontalement un pays qu’elle compte parmi ses alliés. Le Premier ministre Mohamed Shtayyeh évoque simplement un manque de coordination. « Bien sûr, nous acceptons toute assistance offerte au peuple palestinien. Mais tous les pays du monde nous préviennent quand ils nous envoient de l’aide. L’avion des Émirats nous a pris par surprise : nous n’étions pas du tout au courant. Et personne ne peut nous reprocher quelque chose qui n’était pas fait en coordination avec nous et dont nous ne savions rien. » Les autorités israéliennes affirment que cette aide humanitaire sera alors envoyée à Gaza, contrôlée par le Hamas. Le mouvement islamiste est prêt à l’accepter si la livraison est coordonnée avec l’ONU. Guilhem Delteil, Jérusalem, RFI.

JCR : Et puis terminons ce journal avec cette décision de la Chine qui va supprimer les écailles de pangolin de la liste des médicaments traditionnels. Le pangolin est le mammifère le plus braconné au monde et vous le savez peut être c’est aussi cet animal qui est soupçonné d’avoir joué un rôle dans la transmission à l’homme du coronavirus. Les médias chinois indiquent que c’est « l’épuisement des ressources sauvages » qui a poussé cette décision. Stéphane Lagarde.

Les scorpions, les mille-pattes et autres vers de terre ont du souci à se faire. Ces derniers pourront remplacer le pangolin pour ce qui est d’améliorer la circulation sanguine et, concernant les écailles, les pieds de porc feront très bien l’affaire comme anti-inflammatoires laissent entendre certains représentants de l’académie chinoise de médecine traditionnelle. Cette décision de retirer l’animal sauvage de la liste officielle des médicaments chinois intervient quelques jours après l’annonce de l’administration des forêts et des prairies qui a classé les manidés comme « animaux protégés de premier niveau, » à l’égal des pandas et des tigres. Car avant de songer à une nouvelle diplomatie du pangolin, il faut d’abord sauver l’espèce. Malgré l’interdiction de le chasser en 2007, puis de l’importer en 2018, le pangolin continue à faire l’objet de tous les trafics ; rechercher en particulier pour ses écailles séchées, grillées puis vendues au marché noir avant d’être râpées en poudre pour soigner selon les croyances traditionnelles les rhumatismes, certaines maladies de peau ou même favoriser l’allaitement, alors même que les scientifiques ont remis en cause ces soi-disant vertus thérapeutiques. Résultat : selon une enquête d’état réalisée en 2003, l’habitat des pangolins se concentrait sur seulement 11 provinces chinoises au sud du fleuve Yangtze. Leur nombre étant passé d’un million d’individus à 64 000 en deux décennies. Un chiffre ramené à moins de 49 000 lors du dernier recensement effectué en 2008. Et puis autre sortie des pharmacies remarquées par les médias chinois ce mercredi, les pilules Huanglian Yanggan contenant, comme c’est indiqué sur la boite des excréments de chauve-souris.

JCR : C’est ainsi que se termine ce Journal en français facile. Merci de l’avoir suivi vous pouvez le retrouver et le lire sur le site de RFI Savoirs, on s’y retrouve quand vous voulez.

Article publié le 11/06/2020

RFI - Radio France Internationale