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Infos en français facile : Édition du 11/01/2020 20h00

Transcription

Johanne Burgell : Vous écoutez RFI, il est 21 heures à Paris, 20 heures en temps universel. Bonsoir et bienvenue dans votre Journal en français facile, pour le présenter ce soir avec moi, Adrien Delgrande, bonsoir Adrien.

Adrien Delgrange : Bonsoir Johanne, bonsoir à tous.

JB : 3 jours après la catastrophe aérienne en Iran, Téhéran admet avoir abattu le Boeing ukrainien par erreur. Des aveux qui suscitent une vive émotion dans le pays. 

AD : 10 ans après le séisme, Haïti a toujours d’importants besoins sanitaires, notamment à cause de la violence.

JB : Le gouvernement français fait un pas vers les syndicats... Il retire provisoirement l’âge pivot de l’avant-projet de loi sur les retraites.

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AD : L’Iran a donc reconnu avoir abattu le Boeing ukrainien par erreur.

JB : Des aveux trois jours après le crash qui a tué les 176 personnes à bord. Le président iranien Hassan Rohani a présenté ses excuses. Il parle d’une erreur impardonnable. Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky exige la punition des coupables et des compensations. De son côté, le Premier ministre canadien Justin Trudeau a demandé au président Rohani de faire « toute la lumière » sur la catastrophe. Plus tôt dans la journée, le commandant des forces aérospatiales des Gardiens de la révolution, Amir Ali Hajizadeh, a dit assumer la responsabilité du drame. Nous l’écoutons.

« Lorsque j’ai eu la certitude que cela s’est produit, j’ai souhaité mourir et ne jamais voir un tel accident. Toute ma vie j’ai été prêt à donner ma vie pour la population. L’évaluation de cet accident sera faite par les autorités supérieures et la justice. Mais avant toute chose je veux dire que j’accepte toute la responsabilité de cette affaire et toute décision des autorités. Toutes les erreurs nous incombent. L’avion n’a commis aucune erreur. Il était sur sa trajectoire. Si quelqu’un a commis une faute, c’est un de nos éléments et nous en sommes responsables et devons répondre. En tenant compte des informations données à l’opérateur de la batterie anti-aérienne déployée sur place selon lesquelles nous sommes en situation de guerre et des missiles de croisière ont été tirés, il a confondu l’avion avec un missile de croisière et n’a pas pu contacter ses supérieurs, car son système de communication était perturbé. Il n’a pas pu prendre contact. Il avait dix secondes pour décider et malheureusement a décidé de tirer et le missile a été tiré ».

JB : Et en Iran, l’émotion est forte après ces aveux. Des centaines de personnes se sont rassemblées devant l’Université Amir Kabir de Téhéran et ont exprimé leur opposition au pouvoir.

AD : Haïti a les mêmes besoins sanitaires qu’en 2010, mais aujourd’hui c’est en raison de la précarité et des violences.

JB : Le 12 janvier 2010, dès les premières heures qui ont suivi le séisme, Médecins sans frontières a répondu aux besoins urgents en Haïti. Au cours des 10 mois qui ont suivi la catastrophe, MSF a pris en charge en charge plus de 350 000 victimes. Aujourd’hui l’ONG maintient sa présence pour fournir des soins, notamment à cause de la crise socio-politique et sécuritaire que connaît le pays. Le reportage de notre correspondante Amélie Baron.

« Cela fait près de 30 ans que l’organisation Medecins sans frontières est présente en Haïti. En novembre, MSF a réouvert un centre de traumatologie. Dix ans ont passé depuis le tremblement de terre, mais la cheffe de mission Sandra Lamarque rend compte des besoins sanitaires toujours urgents. [...] Si la recrudescence de la violence dans la capitale haïtienne explique le besoin en soins trauma, dans les zones rurales, MSF soutient des services en santé maternelle de base. Faute d’électricité, de médecins présents sinon même parfois faute de sang, des femmes haïtiennes risquent quotidiennement de mourir lors d’un accouchement. »

JB : La présidente sortante taïwanaise est réélue. Tsai Ing-wen a obtenu 57,1 % des voix. Elle a axé sa campagne en opposition à l’ingérence du régime chinois. Pékin maintient que l’île fait toujours partie de son territoire. Les États-Unis ont salué la victoire de Tsai Ing-wen, qui selon eux, consolide la démocratie.

AD : En Australie, un pompier est mort aujourd’hui en combattant les incendies qui font rage depuis le mois de septembre.

JB : Cela s’est passé dans l’État de Victoria, dans le sud. Le feu a déjà tué 28 personnes. Ces dernières heures, les conditions sont plus favorables, les températures moins chaudes, ce qui devrait faciliter la lutte contre les feux. Christophe Paget.

« Vendredi le vent avait soufflé à plus de 100 kilomètres-heure en rafales sur la côte est, et deux incendies s’étaient rejoints en Nouvelle Galle du sud pour former un brasier de 600 000 hectares, mais la situation s’est calmée depuis, avec des températures plus fraîches et des précipitations. Le chef des pompiers de l’État Shane Fitzsimmons a affirmé ce samedi que la semaine qui vient devrait permettre à ses équipes de consolider leurs positions et de lutter plus efficacement contre les feux : « ce seront probablement nos sept meilleurs jours, sans progression significative du nombre d’incendies ». La police de Nouvelles Galles du sud a indiqué que les activités touristiques allaient pouvoir reprendre dans les zones côtières épargnées par les feux – les parcs nationaux resteront eux fermés jusqu’au 1er février. Ce samedi soir, l’opéra de Sydney a été illuminé pendant plus de deux heures, et plusieurs images d’espoir ont été projetées sur sa façade en soutien aux régions frappées par les incendies et aux pompiers qui les défendent. En quelques mois, les feux ont ravagé 10 300 000 hectares, l’équivalent de la Corée du Sud. »

AD : En France, c’était la mesure la plus contestée de la réforme des retraites : le gouvernement retire l’âge pivot du projet de loi.

JB : Après 5 semaines de grève, le Premier ministre Edouard Philippe est donc disposé à retirer provisoirement l’âge pivot de 64 ans. Certains syndicats appellent à une nouvelle journée de mobilisation jeudi prochain. Yvan Amar revient sur cette actualité.

« L’âge pivot ! C’est bien la formule (avec une autre, la retraite à point) qu’on entend le plus à propos de cette réforme des retraites qui a déclenché cette grande grève qui agite la France en ce moment. Pourquoi âge pivot ? Parce que les choses ne sont pas les mêmes, après ou avant qu’on ait atteint cet âge-là ! Si on prend sa retraite avant ce fameux âge pivot, on touche moins, on n’a pas une retraite à taux plein, c’est-à-dire qu’on ne touche pas le maximum. Et ce maximum auquel on a droit, on le touche si on a dépassé cet âge pivot. C’est le point qui vient d’être retiré de la réforme, par le Premier ministre français, Edouard Philippe. Alors pourquoi pivot ? Parce qu’un pivot est un point d’équilibre, un point autour duquel on tourne, autour duquel on pivote justement ! Tourner autour d’un point central. Le sportif qui saute à la perche doit pivoter autour de la barre horizontale qu’il doit passer : il s’agit d’un mouvement de bascule. Mais si on utilise cette expression, c’est aussi qu’on a parlé de cours pivot ou de taux pivot : il s’agit par exemple lors du passage des monnaies européennes à l’euro de déterminer combien vaut l’euro par rapport aux monnaies nationales qu’il a remplacées. C’est donc un peu une base de calcul, une équivalence qu’on décide et qui ne changera pas. Et ce mot de pivot représente souvent un centre, le cœur d’un système ou d’un dispositif : l’élément le plus important : autour de lui tout s’organise, tout s’articule. Si on le supprime, toute cette architecture s’effondre ! »

Article publié le 11/01/2020

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