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Infos en français facile : Édition du 10/11/2020 20h00

Transcription

Vous écoutez RFI il est 21h à Paris, 20h en temps universel.

Romain Auzouy : Bonsoir à tous, bienvenue dans votre Journal en français facile présenté ce soir en compagnie de Zéphyrien Kouadio bonsoir Zéphyrin.

Zéphyrin Kouadio : Bonsoir Romain, bonsoir à toutes et à tous.

RA : À la une ce soir : La mort de Saëb Erekat. négociateur en chef des Palestiniens. Il a participé à de nombreuses discussions de paix avec Israël. Il est décédé à l'âge de 65 ans après avoir contracté le coronavirus. Le Président palestinien Mahmoud Abbas évoque « une perte immense pour la Palestine ».

ZK : Un cessez-le-feu dans le Haut-Karabakh. Il a été signé entre les deux parties en guerre, l'Azerbaïdjan et l'Arménie. La Russie supervisera cet accord.

RA : Joe Biden prépare son mandat. Le futur Président américain a multiplié les échanges téléphoniques avec des dirigeants étrangers aujourd'hui. Il s'est entretenu avec le Président français Emmanuel Macron, la Chancelière allemande Angela Merkel ou encore le Premier ministre britannique Boris Johnson.

ZK : Boris Johnson dans la tourmente après un vote au Parlement sur l'accord de Brexit. Explications à la fin de cette édition.

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ZK : Il était l'une des personnalités palestiniennes les plus connues à l'étranger : Saëb Erekat est décédé ce mardi à l'âge de 65 ans.

RA : Souffrant d'une maladie des poumons il avait contracté le coronavirus et cela lui a été fatal. En tant que négociateur en chef des Palestiniens il a participé à de nombreuses discussions de paix avec Israël qui sont aujourd’hui à l'arrêt total. Il était partisan d'une solution à deux États. Ce soir les hommages sont très nombreux. Correspondance à Jérusalem de Guilhem Delteil.

Les hommages sont venus de tout bord de la classe politique palestinienne. Le président Mahmoud Abbas, dont Saëb Erekat est resté proche jusqu'au bout, a dit « pleuré » la mort d'un « frère, d'un "ami » et jugé que ce décès était « une perte immense pour la Palestine ». Mais le chef du mouvement rival Hamas a également appelé Mahmoud Abbas et a salué « les positions nationales » de Saëb Erekat et son « soutien à la cause palestinienne ». Côté israélien, de nombreux responsables politiques du centre et de la gauche ont aussi salué sa mémoire. L'ancienne ministre des Affaires étrangères Tzipi Livni se dit « attristée » et évoque un homme qui a « dédié sa vie à son peuple ». « On se souviendra de Saëb Erekat comme quelqu'un qui a préféré la paix à la violence » a jugé pour sa part Amir Peretz, le chef du parti travailliste et ministre de l'Economie. Saëb Erekat « avait fait de la vision à deux États son projet de vie » note pour sa part le chef du parti de gauche Meretz. Les réactions internationales n'ont pas tardé non plus. « Vous êtes restés convaincu qu'Israël et Palestine peuvent vivre en paix, vous n'avez jamais abandonné les négociations » a écrit sur Twitter le coordinateur spécial des Nations unies pour le processus de paix Nikolay Mladenov. Même Jason Greenblatt l'ancien émissaire de Donald Trump pour le Proche-Orient, avec qui Saëb Erekat avait coupé les liens, a jugé que le diplomate palestinien « a essayé avec force de représenter son peuple ». Guilhem Delteil Jérusalem RFI.

RA : Le corps de Saëb Erekat a été emmené cet après-midi dans un hôpital de Ramallah où une cérémonie militaire est prévue demain matin. Il sera ensuite enterré à Jéricho, dans la vallée du Jourdain où il habitait.

ZK : Un accord de fin des hostilités dans le Haut-Karabakh.

RA : Le Haut-Karabakh c'est cette région en proie à un vieux conflit qui a ressurgi il y a 6 semaines entre l’Azerbaïdjan et l'Arménie. Le Haut-Karabakh est une région séparatiste d'Azerbaïdjan peuplée en majorité d'Arméniens. Ces deux parties, Azerbaïdjan et Arménie, ont donc signé un cessez le feu tard hier soir. Et cela sous l'égide de la Russie, c'est-à-dire que le cessez-le-feu sera supervisé par Moscou. La Russie montre ainsi une nouvelle fois qu'elle est un interlocuteur incontournable dans la région. La correspondance de Daniel Vallot.

La Russie  jouera un rôle crucial puisque ce sont des soldats russes qui garantiront sur le terrain le respect du cessez-le-feu, et l’évacuation par les forces arméniennes, des territoires rétrocédés à l’Azerbaïdjan. Près de 2 000 hommes seront déployés durant une période renouvelable de cinq ans : le long de la ligne de contact entre les séparatistes arméniens et l’Azerbaïdjan et le long du corridor de Latchine qui permet de relier le Haut Karabakah à l’Arménie. Le rôle Russie a été crucial sur le plan diplomatique : à elle seule elle a négocié et mis en œuvre ce cessez le feu sans que ne soient impliqués officiellement en tous cas la Turquie, principal allié de l’Azerbaïdjan, sans que ne soit impliqué non plus la France et les États-Unis, qui président pourtant le groupe de Minsk, c’est-à-dire le médiateur historique dans le conflit du Haut-Karabagh. Avec cet accord Vladimir Poutine rafle la mise sur plusieurs tableaux : il joue le rôle de médiateur et d’arbitre qui lui revient dans la région, et il installe durablement la présence militaire russe dans la zone. Autre avantage potentiellement pour le Kremlin : l’affaiblissement de Nikol Pachinian le Premier ministre arménien, très peu apprécié à Moscou et dont le maintien au pouvoir pourrait être compromis à l’issue de conflit et de la défaite cuisante subie par le camp arménien. Daniel Vallot Moscou RFI.

RA : Et ce soir la Turquie annonce qu'elle contrôlera aux côtés de la Russie l'application du cessez-le-feu dans le Haut-Karabakh. La Turquie soutien de l'Azerbaïdjan dans ce conflit.

ZK : Les premiers entretiens téléphoniques ce mardi pour Joe Biden avec des dirigeants étrangers.

RA : Le futur Président des États-Unis a échangé avec Emmanuel Macron le Président français, avec Angela Merkel la chancelière allemande ou encore avec Boris Johnson le Premier ministre britannique. Il a également reçu les félicitations du Président turc Recep Tayyip Erdogan qui a également envoyé un message à Donald Trump, le remerciant pour sa « chaleureuse amitié ». Le Président américain sortant qui continue d'affirmer qu'il a gagné les élections et multiplie les recours en justice. Et il est soutenu par une grande partie de ses partisans, écoutez le témoignage de Harry, c'est un ancien militaire de 71 ans vivant en Pennsylvanie et qui affirme comme Donald Trump qu'il y a eu des fraudes à l'occasion de la Présidentielle américaine.

« Je pense que Donald Trump est un atout pour l’économie, que c’est un excellent businessman, et pour que l’économie puisse à nouveau être en bonne santé, malgré cette pandémie dans il a joué un rôle, je pense qu’il l’a laissée en bon état. J’admets donc volontiers que j’étais un partisan de Trump, mais je pense qu’il ne peut s’en prendre qu’à lui-même pour cette défaite. Le premier débat été atroce, des deux côtés, pas juste lui, mais chaque fois qu’il parle il semble se mettre à dos les gens qui l’ont soutenus. Son attitude générale – prenons-les d’assaut, mettons les par terre, il ne montre aucune empathie pour les besoins des gens et leurs préoccupations. Donc s’il y a quelqu’un à blâmer, tant que l’élection a été juste et je ne sais pas si nous le saurons un jour, s’il y a quelqu’un à blâmer pour la victoire de Biden je blâme Trump lui-même pour ne pas avoir mené une meilleur campagne et ne pas avoir fait preuve de plus de compassion envers le peuple américain. »

RA : Propos recueillis par Christophe Paget.

ZK : Et l'on reparle du Brexit, après un revers infligé au Premier ministre britannique Boris Johnson.

RA : C'était tard hier soir et cela fait beaucoup de bruit : les députés de la Chambre haute du Parlement ont rejeté plusieurs dispositions prises par le gouvernement de Boris Johnson et qui lui permettaient de s'affranchir de certains aspects de l'accord de Brexit, c'est-à-dire de ne pas en tenir compte. À Londres pour RFI Muriel Delcroix.

Le non retentissant des Lords au projet de loi du gouvernement est venu rappeler l’important malaise causé au parlement par la volonté de Boris Johnson d’enfreindre le droit international. Les clauses supprimées par la chambre haute devaient permettre à Londres de notamment passer outre l’obligation pour les entreprises d’Irlande du Nord de remplir des formulaires douaniers quand elles expédient des biens vers la Grande Bretagne. Mais à peine l’issue du vote connue, Downing Street a répliqué que le gouvernement réintroduirait les clauses écartées quand le texte reviendra devant les députés aux Communes où Boris Johnson dispose d’une très large majorité. Pour le gouvernement ces clauses représentent un filet de sécurité juridique crucial qui doit assurer aux entreprises nord-irlandaises un accès sans entrave au reste du Royaume-Uni. Mais en s’entêtant, Boris Johnson risque de crisper non seulement Bruxelles alors que les discussions entrent dans leur dernière ligne droite, mais aussi désormais les États-Unis. Le nouveau président élu Joe Biden, qui est fier de ses origines irlandaises, redoute que ce projet de loi ne sape l’accord de paix du Vendredi Saint et prévient qu’il n’y aura pas d’accord commercial entre Londres et Washington si ces clauses sont maintenues. Néanmoins le texte ne revient pas devant les députés avant décembre ; la seule issue de secours pour Boris Johnson est d’avoir d’ici là conclu un accord avec Bruxelles, ce qui rendrait obsolète ces clauses si controversées. Muriel Delcroix Londres RFI.

ZK : Et puis en France encore de mauvaises nouvelles sur le plan économique.

RA : L'économie durement touchée par la crise sanitaire, ce mardi le groupe Printemps qui rassemble de nombreuses enseignes célèbres, a annoncé envisager la suppression de 450 emplois. Cela devrait se traduire par la fermeture de sept magasins dont quatre à Paris. Dans ce contexte l'Assemblée nationale a débuté ce mardi l'examen du quatrième et dernier projet de budget rectifié pour 2020, et qui prévoit 20 milliards de dépenses supplémentaires en direction principalement des entreprises et des indépendants, mais un soutien insuffisant selon l'opposition.

Article publié le 10/11/2020

RFI - Radio France Internationale