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Infos en français facile : Édition du 10/09/2020 20h00

Transcription

Vous écoutez RFI il est 22h à Paris, 20h en temps universel.

Romain Auzouy : Bonsoir à tous, bienvenue dans votre Journal en français facile. Présenté ce soir en compagnie de Sébastien Duhamel, bonsoir Sébastien.

Sébastien Duhamel : Bonsoir Romain, bonsoir à tous. 

RA : À la une ce soir : un gigantesque incendie à Beyrouth. La capitale libanaise à nouveau touchée par un désastre, un mois après une explosion qui avait fait plus de 190 morts. Le témoignage d'un habitant dans un instant.

SD : Des sanctions pourraient être prises contre la Turquie. C'est ce qui ressort de la déclaration finale du sommet Med7 qui réunissait aujourd’hui en Corse sept pays de la côte méditerranéenne. Ils demandent à Ankara d'arrêter ses actions en Méditerranées orientale.

RA : Dans ce journal également le Président américain Donald Trump qui tente de clarifier sa position face à la pandémie de coronavirus, mais cela est loin de convaincre les démocrates.

SD : Et puis en France la suite du procès des attentats de janvier 2015. Et plusieurs témoignages de proches des victimes aujourd'hui.

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SD : Beyrouth la capitale libanaise a donc été touchée par un nouveau sinistre.

RA : Plus d'un mois après l'explosion qui avait fait plus de 190 morts, c'est un énorme incendie qui a touché le port de Beyrouth. Le feu ce soir n'est pas encore éteint même s'il a perdu de son intensité. L'incendie s'est déclaré dans un entrepôt du port. Et c'est un nouveau coup dur pour la population qui fait face à une très grave crise économique, car dans cet entrepôt se trouve notamment une aide humanitaire vitale pour les habitants. Plusieurs milliers de colis alimentaires et 500 000 litres d'huile précise la Croix-Rouge internationale. Des scènes de panique aujourd’hui dans les rues de la capitale alors que nombreux Libanais peinent à se remettre du choc de l'explosion du 4 août dernier. Écoutez le témoignage de François Charwan qui nous raconte comment il a vécu cet incendie à Beyrouth.

« Tout le monde était là, il y avait plein de gens qui travaillaient... Les gens voulaient commencer à se réorganiser. On avait commencé à réparer des maisons avec les vitres etc... Une fois qu'on a vu le feu vigoureux les gens ont commencé à fuir. On se disait "qu'est-ce qu'il va y avoir encore ? Une autre explosion ? Et ça va tout casser encore ?" On avait peur. C'était la panique qui régnait dans la rue ici. Moi je me suis dit : "on ne peut plus fuir". Je vais rester là. On ne peut plus rien faire. Je suis vraiment triste de la situation. On se dit "mais qu'est-ce qui nous attend encore de pire ?" »

RA : Le désarroi de cet habitant de Beyrouth après un gigantesque incendie sur le port de la capitale libanaise. Propos recueillis par notre correspondant Noé Pignède. Pas de précision à ce stade sur l'origine du sinistre. Les réactions à l'étranger : la France dit suivre la situation de près.

SD : Il était beaucoup question de la Turquie aujourd'hui lors d'un sommet sur la Méditerranée orientale.

RA : Le Med7 s'est tenu toute la journée en Corse. On dit Med7 car il réunit 7 pays de la côte méditerranéenne. La Turquie à l'ordre du jour en raison des ambitions d'Ankara en Méditerranée : la Turquie revendique le droit d'exploiter des gisements d'hydrocarbures dans une zone maritime qui selon la Grèce relève de sa souveraineté. Cela crée des tensions. Et en réponse le Med7 annonce ce soir qu'il soutiendrait l'idée de sanctions économiques contre la Turquie si les actions en Méditerranée orientale se poursuivent. 

Autre sujet évoqué, l'incendie du camp de Moria. Nous vous en parlions hier soir, c'est le plus grand camp de réfugiés de Grèce et il a été détruit par un incendie. Aujourd'hui des milliers de migrants se retrouvent sans abris. La France accueillera des migrants mineurs suite à cet incendie a déclaré le Président français Emmanuel Macron. Je vous propose de l'écouter.

[Transcription manquante]

RA : Emmanuel Macron ce soir depuis la Corse, propos recueillis par l'envoyée spéciale de RFI à Ajaccio Anne Soetemondt. Pas de détail pour le moment sur le nombre de migrants mineurs que la France pourrait accueillir. L'Allemagne évoque elle le chiffre de 400 mineurs.

SD : Aux États-Unis la politique de Donald Trump face à la pandémie de coronavirus pose question.

RA : Les États-Unis qui constituent le pays le plus touché en nombre de morts avec plus de 190 000 décès enregistrés. Et on le sait la position du président américain fait polémique, car il a souvent minimisé l'ampleur de la pandémie (il a souvent exprimé des réticences sur le port du masque par exemple). Mais un enregistrement de Donald Trump sème le doute, il évoque les graves conséquences de la pandémie. Alors le président américain a voulu clarifier les choses en intervenant en direct à la télévision hier soir, il dit avoir voulu éviter la panique pour justifier un discours aussi différent. Cela ne convainc pas les démocrates, à moins de deux mois de l'élection présidentielle. Écoutez Chuck Shumer, le chef de la minorité démocrate au Sénat.

« Quand on regarde dans le reste du monde on voit qu’ils font beaucoup mieux que nous dans cette bataille contre ce terrible Covid-19. Et la raison est très simple : ils ont des dirigeants responsables. Nous n’avons aucun leadership. Nous avons un dirigeant malhonnête menteur. Le président semble se soucier seulement de son égo et il a toujours de bonnes excuses pour justifier ses mensonges perfides et ses erreurs. Cette fois il dit qu’il ne voulait pas paniquer les gens. Vraiment ? Est-ce le même président qui passe son temps à effrayer l’Amérique en ce moment, en disant aux femmes des banlieues que leur sécurité est menacée alors que cela n’est absolument pas le cas ? Cela ne le gêne pas de paniquer les gens quand cela sert ses propres intérêts. Mais ce qui est pire c’est qu’il ne dit pas la vérité quand cela sert ses intérêts, et les gens sont si durement frappés. C’est un incident ignoble et j’espère que cela va réveiller certains admirateurs de Trump, qu’ils vont réaliser quel genre d’homme c’est et qu’il ne peut pas être réélu. Parce que cela sera pire. Il dira de plus en plus de mensonges ».

RA : Chuck Shumer, le chef de la minorité démocrate au Sénat interrogé ce matin sur la chaîne américaine MSNBC.

SD : En France, on continue de suivre le procès des attentats de janvier 2015 dans le Journal en français facile. Aujourd'hui ce sont les proches des victimes qui ont se sont exprimé devant la justice.

RA : Après les témoignages des survivants de l'attaque contre Charlie Hebdo. Parmi donc ceux qui se sont exprimés aujourd'hui devant la cour d'assises spéciale de Paris, il y a la veuve de Michel Renaud, journaliste et communicant et qui se trouvait le 7 janvier au matin à Charlie Hebdo car il avait été invité par Cabu. Ou encore Hélène Honoré, fille du dessinateur Honoré. Le récit de Laura Martel.

« Y-a-t-il des vies humaines plus précieuses que d'autres ? Je ne pense pas » souligne Gala Renaud. Elle qui « ne voulait plus vivre » à l’annonce de la mort de son mari, dit « ne pas avoir senti beaucoup de fraternité de la nouvelle direction de Charlie Hebdo ». Alors, des sanglots dans la voix, elle évoque longuement Michel Renaud : sa curiosité pour les gens et les cultures qui l’avait mené au journalisme et à découvrir le monde, crayon à la main. À son image, il avait fondé le festival du carnet de voyage, faisant sienne la devise de l’écrivaine Ella Maillard, « Lire ne vaut rien, il faut aller voir ». Avec lui, le monde était d’une beauté indescriptible murmure Gala Renaud. L’ouverture aux autres, et en particulier aux jeunes dont il aimait les révoltes, c’était aussi l’une des qualités du dessinateur Honoré. Un homme joyeux, modeste, travailleur, qui avait toujours rêvé de dessiner se rappelle sa fille Hélène. Un érudit autodidacte, qui s’était forgé une conscience politique contre la guerre d’Algérie. Ce procès pourra peut-être me sortir du déni de sa mort, confie Hélène Honoré, qui rêve souvent lui. Et notamment de ce qu’il aurait dit aux frères Kouachi s’il en avait eu le temps. « Il leurs aurait souri, expliqué qu’on peut rire, critiquer des croyances mais pas des individus. Il leur aurait montré des dessins, peut-être ceux sur la dictature sanguinaire de Bachar el Assad ou le blocus de Gaza qu’il avait fait fin 2014 » conte la jeune femme. Comme sortant de ce rêve, elle ajoute : « je sais que ce n’est pas la réalité, qui est la violence la plus extrême que rien ne peut justifier. Personne ne pourra jamais me dire pourquoi mon père est mort mais moi je sais qu’il n’a pas vécu pour rien ».

SD : Et puis en football le Paris Saint Germain sur le terrain ce soir.

RA : Les Parisiens affrontent Lens dans un match en retard de la deuxième journée de Ligue 1. C'est le début de la seconde période et 0-0 entre les deux équipes.

Article publié le 10/09/2020

RFI - Radio France Internationale