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Infos en français facile : Édition du 10/05/2020 20h00

Transcription

Jérome Bastion : Bienvenue sur Radio France internationale, il est 22h à Paris, 20h en temps universel, et c'est l'heure de votre Journal en français facile !
À la Une, toujours la pandémie de Covid-19 qui continue à faire des victimes dans le monde, près de 281 000, et suscite quelques inquiétudes en Asie alors que l'Europe accélère son déconfinement :
- les Français s'apprêtent, ce lundi, à sortir de 8 semaines de confinement, non sans avoir été rappelés à leurs obligations de respect des règles de prudence sanitaire, et avec quelques inquiétudes pour les retours dans les transports en communs et dans les écoles.
- au moment où une bonne partie de l'Europe assouplit les règles de confinement, hormis le Royaume-Uni, des signes d'inquiétudes se manifestent en Chine, notamment à Wuhan, mais aussi en Corée du Sud où l'on a dû fermer les bars et clubs de nuit.
- la jeune humanitaire italienne Silviana Romano, enlevée il y a plus de 18 mois au Kenya probablement par des combattants shebab, a été libérée et s'apprête à rentrer au pays pour y passer un certain temps en quarantaine, annonce du Premier ministre Giuseppe Conte.

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JB : La France entame son déconfinement. Le pays retient son souffle à la veille d'une journée qui s'annonce très délicate, surtout à l’école et dans les transports. L'élément encourageant, c'est la baisse du nombre de victimes. Officiellement 70 décès lors des dernières 24 heures; c'est le plus faible bilan quotidien depuis le début du confinement le 17 mars, affirment les autorités. Après 55 jours d'arrêt forcé, de nombreux pans de l'économie française vont reprendre. C’est la fin d' une période inédite, notamment pour les habitants de Paris. Comment ont-ils vécu le confinement ? Et comment abordent ils le déconfinement ? Reportage d'Alexis Bédu dans le sud de la capitale.

Ils sont positifs et optimistes, les Parisiens. Les sourires se font moins rares dans les files d’attente devant les commerces. La fin est proche. Le confinement, Nasdine et Laurent en parlent déjà au passé : « Je prends ça comme une expérience qui restera dans la mémoire ; moi, ça m’a permis de découvrir ma bibliothèque et de lire des bouquins que j’avais achetés et que je n’avais jamais lus : des nouvelles, n’importe quoi, quoi, tout ce qui me passait sous la main… Ah, oui, ça a été bénéfique, oui ! Mais là ce que je crains un peu, c’est la reprise de l’activité, avec les voitures, les embouteillages, j’ai peur de ça, oui ! ». Comme dans  toutes les grandes villes françaises, le rythme parisien s’était calmé pendant ces deux mois. Et cette habitante regrette déjà l’apaisement du confinement. « Finalement, on y prend goût : prendre le temps de faire les choses, c’est devenu assez agréable. Et revenir au temps effréné d’avant parait vraiment compliqué aujourd’hui. On va se déconfiner, on va y aller doucement et progressivement, mais on va se déconfiner, revoir des proches, surtout. Après, c’est sûr que reprendre le métro et se re-frotter aux gens dans une foule, c’est pas pour demain, non. » Il y a aussi ceux pour qui la journée de lundi ne devrait rien changer. « Période très chiante, télé-travail, tout ça… Mais ce n’est pas pour autant que j’irai travailler lundi, quoi : je ne vois pas l’intérêt de voir des collègues avec des masques, à deux mètres de distance, quoi, ça n’a aucun intérêt ». Tous espèrent en tout cas que cette journée soit bien la dernière confinée.

JB : Direction la Corée du Sud, où un nouveau foyer d’infection au Covid-19 a éclaté en plein cœur de Séoul, après qu’une personne contaminée s’est rendue dans plusieurs clubs d’un quartier nocturne. Alors que le pays comptait zéro contamination locale depuis plusieurs jours – et que les écoles doivent rouvrir mercredi - déjà 54 nouveaux cas de Covid-19 liés à ce nouveau foyer sont apparus, ont annoncé les autorités ce dimanche. La mairie a annoncé la fermeture des bars et des clubs de la capitale jusqu’à nouvel ordre. Détails à Séoul de notre correspondant, Frédéric Ojardias.

La nuit du 1 au 2 mai, un jeune homme asymptomatique et ignorant qu’il était contaminé, a visité plusieurs clubs d’Ittaewon, un populaire quartier nocturne de Séoul. Selon les autorités, jusqu’à 1 500 personnes auraient pu entrer en contact avec lui. Mais depuis, quelques centaines seulement ont été se faire dépister, en dépit des nombreux textos d’alerte envoyés sur tous les smartphones du pays. Le problème est compliqué par le fait que plusieurs de ces clubs sont fréquentés par la communauté gay : une partie de la presse sud-coréenne n’a pas hésité à faire ses gros titres sur le sujet, stigmatisant lourdement une minorité déjà victime de violentes discriminations en Corée du Sud. Conséquence : beaucoup de clients de ces clubs n’osent pas se faire tester, de peur de révéler leur orientation sexuelle. Les autorités ont compris le danger : elles ont annoncé que tous ceux qui se sont rendus à Itaewon pourront se faire tester librement, sans devoir préciser quels établissements ils ont visités. Leur stratégie de traçage et de tests massifs, couronnée de succès jusqu’à présent, va être mise à l’épreuve par ce nouveau foyer d’infection.

JB : Et puis en Chine cette information attendue et redoutée : un nouveau cas de coronavirus a été annoncé ce dimanche à Wuhan en Chine, berceau de la pandémie. C'est le premier cas depuis le déconfinement de Wuhan et de sa zone il y a plus d'un mois. Il sonne comme un avertissement alors que les craintes d'une deuxième vague de contamination dans le monde sont fortes, dans un contexte de déconfinement amorcé en Europe. Des cas de contaminations ont par ailleurs été rapportés dans le nord-est de la Chine, à Shulan, où à compter de ce dimanche les transports - publics ou non - de cette ville de la province de Jilin sont suspendus.

Une jeune humanitaire italienne de retour dans son pays, après un an et demi de détention au Kenya. Silvia Romano avait été enlevée par un groupe armé en novembre 2018 dans le sud-est du pays, où elle travaillait comme bénévole dans un orphelinat. Montrés du doigt par les autorités italiennes : les islamistes somaliens du groupe shebab. Moyennant sans doute le versement d’une rançon, la jeune femme a été rapatriée ce dimanche. Anne Le Nir.

Ses premiers mots, après avoir été retenue en otage pendant 536 jours : « J’ai été forte et j’ai résisté ». Vêtue d’une abaya vert amande, tête voilée, regard radieux, nez et bouche protégés par un masque, la jeune humanitaire a été accueillie à l’aéroport militaire de Rome par ses parents, venus de Milan, le président du Conseil, Giuseppe Conte, et le ministre des Affaires étrangères, Luigi Di Maio qui portait un masque aux couleurs du drapeau italien. Avant de rentrer à Milan, où toute la ville l’attend pour une fête, virtuelle, et où elle sera placée en quarantaine, Silvia Romano devra être entendue par les magistrats du parquet national antiterroriste. Sa libération serait le résultat d’une étroite coopération entre les services de renseignement italiens, les forces de l’ordre somaliennes et les services secrets turcs, très présents en Somalie. Plusieurs médias évoquent une rançon de « deux à quatre millions d’euros », versée par l’État italien.

JB : Des violences en Libye, ce dimanche. Des dizaines de roquettes se sont abattues sur Tripoli, la capitale, tuant au moins 4 civils et endommageant sérieusement l'aéroport de la ville. Le Gouvernement d'union nationale de Fayez el Sarraj dénonce une attaque des forces du maréchal Haftar, l'homme fort de l'est lybien, qui assiège Tripoli depuis des mois. Au moins 48 combattants ont été tués dimanche près de la poche jihadiste d'Idleb lors d'affrontements entre forces du régime et jihadistes; c'est le bilan le plus lourd depuis un cessez-le-feu adopté le 6 mars. Ce sont 35 combattants des forces du régime ou de milices alliées ainsi que 13 jihadistes qui ont perdu la vie dans une attaque lancée par une formation proche d'Al-Qaïda, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Nous allons maintenant à Dresde, en Allemagne, dont le club de foot est à son tour frappé par des contaminations de Covid-19, trois cas positifs ont été enregistrés dans l’effectif. Le protocole sanitaire prévoit de les mettre en quarantaine sans nécessairement étendre la disposition à tous les joueurs - c’est pourtant ce qu’ont fait d’autres clubs comme Cologne ou Mönchen’GladBach. Mais, à Dresde, les dirigeants et les responsables sanitaires de la Région ont décidé que tout le monde devait s’isoler. Dresde ne pourra donc pas jouer dimanche prochain. Le point avec Martin Guez.

Et un, et deux, et trois cas positifs ! C’en est trop pour le dynamo Dresde, club de deuxième division, contraint de couper les moteurs juste après avoir réenclenché la machine. Un premier cas positif avait été détecté le 3 mai, mais deux nouveaux joueurs ont contracté le virus apprend-on ce week-end. Des contaminations survenues après la reprise de l’entraînement collectif ; conséquence directe : tout l’effectif est mis en quarantaine pour 14 jours, et conséquence indirecte : le Dynamo Dresde ne sera pas à l’heure pour la reprise et ne se présentera pas sur la pelouse dimanche 17 mai pour affronter Hanovre comme prévu. Et si pour le patron de la Bundesliga Christian Seifer le forfait de Dresde ne bouleverse pas le programme de reprise allemand, eh bien la situation a de quoi inquiéter car l’Allemagne est particulièrement observée. Car la Bundesliga est le premier des 5 grands championnats européens à avoir annoncé le retour des joueurs sur les pelouses, avec des matches à huis clos et des mesures drastiques, en passant par des tests systématiques. Jusqu’ici 3 cas à Cologne et 2 à MönchenGladbach avaient été détectés et mis en quarantaine, mais Dresde est la première équipe à opter pour l’isolement général de l’effectif. Alors que les dirigeants des sports collectifs américains étaient très attentifs à la situation, l’exemple brillant que voulait donner l’Allemagne est entaché, et le cas du Dynamo Dresde pourrait faire tache d’huile.

Article publié le 10/05/2020

RFI - Radio France Internationale