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Infos en français facile : Édition du 08/11/2020 20h00

Transcription

Loic Bussières : 21h à Paris, 1h de moins en temps universel. L'heure de votre Journal en français facile. Bienvenue si vous nous rejoignez, bonsoir Zéphyrin Kouadio. 

ZK : Bonsoir Loic, bonsoir à tous.  

LB : À mes côtés pour présenter cette édition. Le jour d'après aux États-Unis où Joe Biden, le nouveau président élu est désormais tourné vers les préparatifs de son accession à la Maison Blanche. Donald Trump, lui, refuse toujours de reconnaitre sa défaite. 

ZK : Une nouvelle manifestation à Bangkok. La rue rassemblée contre le Premier ministre Prayut Chan-O-Cha arrivé au pouvoir par la force il y a 6 ans. 

LB : Et puis 50 millions de cas recensés de coronavirus dans le monde. La pandémie continue de progresser avec des conséquences sanitaires et économiques. Gros plan, dans ce journal sur un secteur particulièrement touché : celui de la fourrure. 

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ZK : Au lendemain de l'annonce de l'élection de Joe Biden, les yeux du monde tout au moins ceux des médias sont toujours tournés vers les États-Unis. 

LB : L'ancien vice-président de Barack Obama va devenir le 46e président des États-Unis. Il doit entrer en fonction à la fin du mois de janvier. D'ici là, il doit préparer son arrivée à la Maison Blanche avec deux priorités affichées : la lutte contre la pandémie de Covid-19 et la réconciliation d'une Amérique divisée. Joe Biden qui ne sera pas seul pour affronter ces défis. Sa colistière Kamala Harris va de son côté prendre le poste de vice-présidente. Une première dans le pays une femme noire, issue de l'immigration. Son élection à elle seule constitue un symbole pour le camp progressiste américain. Son portait, par Vincent Souriau. 

S'il fallait une preuve du rêve américain, prenez la vie de Kamala Harris. Fille d'immigrants, mère indienne et père jamaïcain, elle grandit avec sa petite sœur à Oakland, en Californie. « Ma maman, écrit Kamala Harris dans sa biographie, avait bien conscience qu'elle élevait deux petites filles afro-américaines et elle a tout fait pour nous en soyons fières. » La future vice-présidente des États-Unis fait ses études à l'université Howard, à Washington. Un établissement prestigieux, surnommé le Harvard noir fréquenté à 85% par des étudiants de couleur et des enfants d'immigrés. Diplômé de sciences politiques et de droit, elle devient avocate puis procureure. D'abord à San Francisco avant de devenir procureur général de Californie, un poste qui n'avait jamais été occupé par une femme. Elle n'échappe pas aux critiques, certains la trouvent trop dure avec les petits délinquants, pas assez à gauche. Mais ça ne l'empêche pas d'entrer au Sénat en 2017 sous l'étiquette démocrate. La voilà n°2 de l'administration américaine mais elle ne cache pas ses ambitions pour la suite que ce soit en 2024 ou en 2028, il faudra compter avec Kamala Harris. 

ZK : L'annonce de l'élection de Joe Biden à la présidence des États-Unis est bien évidemment largement commentée depuis hier. 

LB : Pas par Donald Trump, qui refuse toujours de reconnaitre sa défaite dans les urnes et dénonce des « fraudes électorales » sans fournir de preuve. Au contraire d'un ex-président républicain George W. Bush qui dans un communiqué félicite ce soir Joe Biden pour sa victoire dans une élection, je cite, « fondamentalement honnête » et au résultat « clair ». Au-delà des frontières américaines, on salue aussi la victoire de Joe Biden de Berlin à Paris, en passant par Londres, Israël, New Delhi ou encore Téhéran. L'Iran qui a officiellement réagi en saluant la défaite de Donald Trump, le président sortant avait imposé ces trois dernières années les plus dures sanctions économiques contre la république islamique. À Téhéran, les explications de Siavosh Ghazi. 

La première réaction de Téhéran après la victoire de Joe Biden est venue de la part d'Ali Shamkhani, secrétaire du Conseil suprême de la sécurité nationale. « La fin de Trump n'est pas une surprise, c'est le sort de l'histoire. La plupart des Américains ont rejeté le bilan et la pensée de Trump basés sur l'intimidation et la force », a tweeté Ali Shamkhani , qui est aussi représentant du guide suprême l'ayatollah Ali Khamenei, qui décide des grandes lignes politiques et économiques du pays. Hier, le président iranien Hassan Rohani avait affirmé qu'il espérait que la prochaine administration américaine allait comprendre que la politique de la pression maximale de Donald Trump était un échec. Plusieurs journaux réformateurs ont salué la victoire de Joe Biden en parlant de nouvel espoir. Donald Trump, qui a quitté l'accord nucléaire, a imposé depuis trois ans les plus dures sanctions économiques contre l'Iran. Téhéran espère un retour rapide des États-Unis au sein de l'accord nucléaire tout en affirmant qu'il n'était pas question de négocier sur son programme balistique et sa politique régionale. En tout cas, avec la défaite de Donald Trump, les Iraniens ont repris espoir. Signe qui ne trompe pas la monnaie nationale a repris près de 30% de sa valeur perdue ces derniers mois. 

ZK : L'actualité internationale de ce dimanche c'est aussi cette nouvelle manifestation à Minsk, la capitale biélorusse. 

LB : Comme chaque weekend depuis le 9 aout dernier et la victoire contestée dans les urnes d'Alexandre Loukachenko. Plus de 400 manifestants ont été interpellés. La cheffe de l'opposition espère bientôt rencontrer le président américain élu, Joe Biden.   

ZK : Manifestation également en Thaïlande aujourd'hui, là aussi, contre le pouvoir en place. 

LB : Contre le gouvernement de Prayut Chan-O-Cha et la monarchie. Des milliers de personnes se sont rassemblées autour du palais royal, dans une ambiance assez tendue. Reportage à Bangkok de notre correspondante Carol Isoux. 

Ils étaient venus apporter une lettre de doléance au souverain Rama X, les manifestants qui avaient interdiction de s’approcher à moins de 150 mètres du Palais royal ont pris possession des deux bus qui en barraient l’accès jusqu’à ce que vers 20h heure locale la police utilise les canons à eau. Un haut gradé a eu beau ensuite venir expliquer qu’il s’agissait d’une erreur, le mal est fait, la colère est palpable chez les militants. « Nous sommes très en colère de la réaction du gouvernement et de la police qui utilise la violence contre des manifestants pacifiques. Nous voulions juste adresser une requête au Roi, à travers une lettre. Ce type de réaction, ce n’est bon ni pour le Roi ni pour la monarchie car nous sommes la voix du peuple, ils doivent apprendre à l’écouter, à écouter ce que le peuple veut, ce dont il a besoin. » Le courrier adressé au souverain appelle à une réforme de l’institution monarchique et lui rappelle que son devoir consiste à écouter la voix de tous ses sujets. La situation de bras de fer entre le gouvernement qui entend protéger l’aspect intouchable de la monarchie et les manifestants apparaît sans issue. Des groupes d’ultra royalistes prévoient de se réunir demain devant le Quartier Général de l’armée pour appeler de leurs vœux un énième coup d’état, afin disent-ils de rétablir l’ordre public. 

LB : En bref, toujours en Asie, on votait ce dimanche en Birmanie pour des législatives. Scrutin dont l'issue ne fait guère de doute : la Ligue nationale pour la Démocratie, le parti d'Aung San Su Kyi en est le grand favori. 

ZK : Le point sur la pandémie de Covid-19 et ce chiffre, qui confirme sa progression. 

LB : Plus de 50 millions de cas officiellement détectés dans le monde depuis l'apparition du virus il y a pratiquement un an dont 1 million 25 milles décès. La hausse du nombre de cas détectés ne s'explique qu'en partie par l'augmentation du nombre de tests pratiqués. De nombreux, pays, notamment en Europe et aux États-Unis font face à une importante nouvelle vague de contaminations. 

ZK : La pandémie de Covid-19 qui touche également très lourdement l'économie mondiale. C'est particulièrement vrai pour un secteur du marché de l’habillement qui risque d’être encore plus pénalisé. 

LB : On parle du secteur de la fourrure qui paye notamment l’abattage de millions d’animaux susceptible d'être porteur d'une version mutante du virus SARS-CoV2. La filière était déjà sous pression, au nom de la cause animale. Et le continent européen est un important acteur de ce marché.Stanislas Ndayishimiye. 

Après la destruction des millions de visons dans tous les élevages du Danemark, la production européenne de fourrure va fortement chuter. En dehors de la Chine, les Pays-Bas, la Pologne, la Finlande, la Lituanie et la Grèce sont les autres plus importants éleveurs-producteurs de fourrure au monde avec entre plus d’un million et près de 18 millions de têtes du petit mammifère par pays. Selon l’OMS, en plus du Danemark qui a donc décidé une solution radicale, 5 autres pays ont signalé des cas de covid-19 chez les visons : les Pays-Bas, l'Espagne, la Suède, l'Italie et les États-Unis. Avant le Danemark, quelque 100 000 visons ont aussi été abattus en Espagne en juillet dernier. Les Pays-Bas ont ordonné la fermeture définitive de tous les élevages de visons à partir de l’année prochaine, pour éviter que le secteur ne devienne un nid à infections au Covid-19, précipitant ainsi la fin de l'industrie de la fourrure de vison dans ce pays, initialement prévue en 2024 sous la pression des militants de la cause animale. Une partie des peaux des bêtes abattues sera détruite, échappant ainsi au marché de la fourrure, qui pèse aujourd’hui 30 milliards de dollars dans le monde. Aucun cas n’est encore rapporté en France, où il ne reste aujourd’hui que 4 élevages qui sont maintenant sous surveillance. Ils totalisent 15 000 bêtes au lieu de 300 000 visons élevés dans de petites structures agricoles il y a quelques décennies. 

LB : Avant de refermer ce journal un mot de sports avec le départ ce dimanche du Vendée Globe : le tour du monde à la voile en solitaire et sans escale. Les 33 marins engagés ont quitté les Sables d'Olonne, ils espèrent y revenir dans un peu plus de deux mois. 

Article publié le 08/11/2020

RFI - Radio France Internationale