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Infos en français facile : Édition du 06/06/2020 20h00

Transcription

Jérôme Bastion : Bienvenue sur Radio France internationale, il est 22h à Paris, 20h en temps universel, et c’est l’heure de votre Journal en français facile ! Et à la Une de l’actualité de ce samedi 6 juin :
- des manifestations dans plusieurs villes américaines, près de deux semaines après la mort de George Floyd. La capitale Washington attend notamment, selon la police, un rassemblement d’ampleur historique. Nous y rejoindrons notre correspondante dans un instant.
- la pollution au diesel en Sibérie incite la diplomatie américaine à proposer son aide pour stopper ce qu’elle qualifie de catastrophe environnementale. Le Kremlin n’a pas encore réagi à la proposition américaine, mais s’inquiète du dégel du permafrost, sans doute à l’origine de l’accident.
- la mort criminelle d’une éléphante en gestation, dans le sud de l’Inde, a enflammé les réseaux sociaux et mené à une première arrestation, mais surtout l’affaire a pris un biais politique après que certains responsables de droite ont délibérément montré du doigt la minorité musulmane.

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JB : Je vous le disais en titre : de nouvelles manifestations antiracistes se déroulent actuellement ou sont sur le point de commencer aux États-Unis, et nous allons y revenir dans un instant avec notre correspondante sur place. Mais en écho à cette mobilisation qui ne faiblit pas outre-Atlantique depuis 12 jours maintenant, nous vous avons raconté ces derniers jours combien ce mouvement de solidarité avec George Floyd étouffé par un policier à Minneapolis avait essaimé dans le monde : que ce soit en Allemagne, en Australie, mais aussi en France. Eh bien le ministère français de l’Intérieur vient de communiquer les chiffres de la mobilisation dans l’hexagone pour cette deuxième journée d’appels à manifester, malgré l’état d’urgence sanitaire qui interdit les rassemblements de plus de 10 personnes : ce sont 23 300 manifestants qui ont été officiellement recensés ce samedi dont plus de 5 500 à Paris. La journée de mardi avait déjà surpris par l’ampleur du mouvement, avec une vingtaine de milliers de participants au mot d’ordre de dénonciation des violences policières et racistes. La participation est donc en hausse.

Et on peut dire que la situation est similaire aux États-Unis, près de deux semaines après l’interpellation brutale et mortelle de cet Afro-Américain par un policier blanc. George Floyd était originaire de Caroline du Nord, où se déroulait ce samedi un hommage avant son enterrement mardi prochain à Houston. Et après 10 jours de contestation quotidienne à travers du territoire américain suite à ce décès très médiatisé, l’émotion et la colère ne faiblissent pas. La capitale fédérale accueille d’ailleurs en ce moment même une grande manifestation où notre correspondante se trouve en ce moment. Anne Corpet, la mobilisation est déjà massive à Washington DC.

Oui c’est une foule immense qui déambule cet après-midi dans les rues de Washington. Tous les axes de circulation du centre-ville sont interdits aux voitures et partout des cortèges défilent pour réclamer plus de justice pour la communauté noire. Les abords de la Maison Blanche, cernée par une barrière de sécurité de plus de trois kilomètres, sont bondés. Sur constitution avenue entre le congrès et la Maison Blanche des milliers de personnes étaient assises tout à l’heure. Mobilisation également devant le Lincoln Mémorial, et une foule très dense est descend en ce moment du capitole pour rejoindre ceux qui se pressent déjà autour de la Maison Blanche. Une douzaine d’organisations différentes ont appelé à manifester et l’atmosphère est bon enfant, détendue. « Cela me donne de l’espoir » me disait à l’instant une jeune afro-américaine venue du maryland voisin et elle ajoutait « c’est la première fois que je vois autant de monde, de tous âges, de toutes cultures, défiler pour les droits de ma communauté. »

JB : Merci Anne Corpet, correspondante de RFI en direct de Washington. Et nous reviendrons dans un peu plus d’une heure, dans le journal 24h en France, sur la mobilisation en France.

La Russie est confrontée à une catastrophe écologique : le 29 mai, près de Norilsk, dans le Grand Nord, un réservoir de diesel d’une centrale thermique s’est effondré. L’accident a provoqué une fuite de 15 000 tonnes d’hydrocarbures dans le cours d’eau voisin et de 6 000 tonnes sur le terrain environnant. L’usine appartient au groupe Norilsk Nickel, l’un des géants mondiaux du nickel et du palladium. Selon les autorités, la progression des hydrocarbures déversés a été stoppée. À Moscou, Étienne Bouche.

Une semaine après le drame, il s’agit de limiter les dégâts. La propagation du carburant serait désormais contenue grâce au déploiement d’un barrage flottant et selon le ministère des Situations d’urgence, plus de 700 tonnes ont été sorties des eaux. Les opérations menées sont difficiles : il faut agir vite dans une région très peu praticable. Le PDG du Norilsk Nickel, Vladimir Potanine, a dû vendredi rendre des comptes à un Vladimir Poutine passablement irrité. En visioconférence depuis Norilsk, Potanine a assuré que le groupe financerait le nettoyage. « Pas un seul rouble du budget fédéral ne sera dépensé ». Le parquet a ordonné la vérification de l’ensemble des infrastructures à risque bâti sur le permafrost. La fonte de ces sols gelés pourrait en effet être responsable de l’accident, une hypothèse accréditée par Norilsk Nickel. Ce n’est pas la première fois qu’une catastrophe écologique se produit dans la région. Selon l’agence fédérale de l’environnement, celle-ci serait toutefois sans précédent. Étienne Bouche, Moscou, RFI.

JB : La Russie et l’OPEP ont été forcées par la crise économique découlant de la pandémie à s’entendre pour prolonger leurs restrictions de production de pétrole. Alors que la demande avait plongé dans une économie mondiale à l’arrêt, l’OPEP avait fermé le robinet avec force, s’engageant à retirer 9,7 millions de barils par jour.

La Russie a fait état samedi de 8 855 cas supplémentaires de contamination au nouveau coronavirus, portant son total à 458 689 personnes infectées. Elle a aussi enregistré 197 décès supplémentaires en 24 heures pour un bilan de 5 725 morts.  

Vive émotion en Inde, où des figures du monde du sport, du show-business et de l’industrie ont manifesté ces derniers jours sur les réseaux sociaux leur indignation après qu’une éléphante a trouvé la mort en ingérant un fruit délibérément piégé. Alors que l’un des responsables présumés a été arrêté hier, une députée a elle été accusée pour ses propos islamophobes, suite à un quiproquo sur le lieu de cet acte de barbarie. Les explications de cette histoire inhabituelle avec Côme Bastin.

C’est une mort tragique qui a déchaîné les passions, puis les tensions interreligieuses. Mardi dernier, une éléphante qui attendait un petit est décédée dans l’État du Kerala, après avoir ingéré une noix de coco remplie d’explosifs. Interdit par la loi, ce piège reste utilisé par certains agriculteurs pour protéger les récoltes des animaux sauvages. Les images de l’éléphante ont fait le tour du pays et certains médias ont par erreur situé l’événement dans un district à majorité musulmane. Le lendemain, la députée du parti hindou BJP Maneka Gandhi a accusé les fidèles de cruauté envers les animaux, laissant même entendre qu’ils préparaient des bombes artisanales contre la population. L’enquête a par la suite révélé que l’éléphante avait ingéré le fruit piégé dans un district à majorité hindoue. Vendredi 5, les autorités ont arrêté un récolteur de caoutchouc. Une plainte a été déposée contre Maneka Gandhi pour incitation aux émeutes. Le Kerala compte au moins 5 000 éléphants sauvages. Selon le ministère de l’Environnement, l’homme a tué directement ou indirectement 373 éléphants en Inde depuis 2015.

JB : Alors que l’Espagne se déconfine peu à peu, même si Madrid le fait de façon plus lente que d’autres régions, nombre des grands musées rouvrent leurs portes dans la capitale espagnole. À l’instar du Prado, la pinacothèque la plus importante et la plus prestigieuse du pays. Ce week-end, les visites sont exceptionnellement gratuites. Tout a été réaménagé en accord avec les règles de distanciation physique, surtout le long de la galerie principale ; résultat : sur un total de 1 714 tableaux exposés de la collection permanente, seuls 250 sont disponibles aux visiteurs. François Musseau.

C’est avec beaucoup d’entrain que, le long du paseo del Prado, à l’entrée du musée, des dizaines de personnes se concentrent pour pouvoir enfin pénétrer dans ce musée si emblématique. Sur le parvis, ils ne sont pas si nombreux, car la seule possibilité d’y accéder est d’avoir obtenu son ticket sur internet. Le nombre de places a été limité au tiers, soit 1 800 personnes seulement au lieu de 5 400. Des visiteurs s’approchent pour se renseigner, visiblement déçus de ne pas pouvoir entrer. À l’image de Pilar, professeure d’université qui n’a pu obtenir d’entrée et qui reviendra lundi. « La culture m’a terriblement manqué avec tous ces jours de confinement. Et j’ai besoin de voir les tableaux de près, dans ce qui est pour moi un des plus meilleurs musées du monde ». Heureusement il y a les heureux élus, ceux qui frétillent d’impatience dans la file d’attente. C’est le cas de Paola, étudiante en droit, qui dit être une amoureuse de longue date du musée du Prado. « C’est une occasion de contempler les tableaux autrement ; Il y a moins de gens, ils ont changé le parcours à l’intérieur, et moi en tout cas je trouve que c’est intéressant. » Paola rêve de voir des toiles de Goya, de Velazquez, du Greco. Malheureusement pour elle, il lui sera impossible d’admirer le Jardin des Délices, de Jérôme Bosch, qui actuellement en restauration. Autour de Paola, beaucoup de gens disent que pendant les dures semaines du confinement, la culture est ce qui leur a plus manqué. On parle d’aller au Prado mais aussi les autres grands musées de la capitale, surtout le Thyssen et le « Reina Sofia ». François Musseau, Madrid, RFI. 

Article publié le 06/06/2020

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