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Infos en français facile : Édition du 03/05/2020 20h00

Transcription

Jérome Bastion : Bienvenue sur Radio France internationale, il est 22h à Paris, 20h en temps universel, et c'est l'heure de votre Journal en français facile ! L'actualité de ce dimanche 3 mai, c'est toujours essentiellement la pandémie de Covid-19 qui a fait à ce jour plus de 245 000 morts dans le monde pour 3 millions et demi de malades et près de 5 milliards de confinés :
- L'Italie s'apprête à vivre un premier assouplissement dans ses mesures de confinement, après 6 semaines d'arrêt quasi-total. Les habitants vont pouvoir sortir de chez eux dans une certaine mesure, et surtout une activité économique ciblée va reprendre.
- Les plages de Californie très et même trop fréquentées alors que l'État est normalement strictement confiné, aussi le gouverneur a choisi de les fermer, mais le bras de fer entre partisans et opposants des restrictions risque de se terminer en justice.
- Bilan extrêmement lourd pour une mutinerie au Venezuela : l'observatoire vénézuélien des prisons parle d'une cinquantaine de victimes et 75 blessés, sans doute selon les familles en raison d'une émeute de la faim.

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JB : Après six semaines de confinement, les Italiens vont bénéficier d’allègements des restrictions. Ils pourront rendre visite à leur famille dans la commune ou la région de résidence, se promener dans un parc avec leurs enfants, ou encore, célébrer des funérailles en petit comité. Le port d’un masque sera obligatoire dans les lieux publics, tout comme le restent l’attestation de sortie et la distanciation physique d’au moins un mètre. Mais le grand tournant, c’est la reprise du travail in situ, pour plus de quatre millions de salariés, dans les secteurs des chantiers, de la construction, du textile, de la mode, de l’ameublement, de l’automobile et du commerce en gros. Anne Le Nir nous appelle de Rome.

Le plus gros défi de cette phase de redémarrage des activités industrielles concerne les transports publics. Leur capacité sera réduite à 25 % dans des villes comme Milan et Rome. Tous les usagers devront porter des gants et un masque, respecter la distanciation d’un mètre, debout ou assis. Les entrées et sorties seront séparées dans les voitures des trains régionaux et métro, les bus et tramways. Mais par qui ces mesures seront-elles surveillées ? Les sociétés municipales de transport ne mettront pas davantage de contrôleurs en service. Ces tâches devraient donc être confiées à des bénévoles de la Protection civile. À Milan et Rome, des projets de nouvelles pistes cyclables et de renforcement du co-voiturage ont été présentés. Mais en attendant leur réalisation, il est impossible d’écarter le risque de queues monstres aux stations et d’un retour massif des automobiles et de la pollution. D’ autant que 30 % des Italiens veulent éviter de reprendre les transports en commun, par peur d’être contaminés.

JB : Le nombre de décès dus à l'épidémie de coronavirus n'a augmenté que de 174 ce dimanche dans la péninsule, contre 474 la veille, a indiqué l'Agence de protection civile, affichant ainsi le plus faible bilan quotidien de décès depuis le 10 mars. Le nombre quotidien de nouveaux cas a également fortement diminué, passant de 1 900 samedi à 1 389 dimanche.  Les images des plages de Californie très fréquentées, ce week-end, alors que l'État est confiné depuis le 19 mars. Ces images, le gouverneur démocrate Gavin Newsom ne les a pas du tout appréciées et a ordonné de fermer toutes les plages de l’État ce week-end. Une décision pas toujours comprise, notamment à Huntington Beach, au sud de Los Angeles. La maire républicaine de la ville veut même contester cette décision devant la justice. Loïc Pialat.

La côte californienne est l’une des régions les plus chères du pays. Les Américains ont même une expression pour ça : la sunshine tax, l’impôt soleil. Alors Heather manifeste dans la rue contre la fermeture des plages. « Je ne suis jamais d’accord avec notre gouverneur mais je choisis de vivre ici pour la géographie, dit-elle, baskets pro-Donald Trump aux pieds. Les plages sont un jardin pour beaucoup ». Amanda a choisi une autre forme de contestation. Cette retraitée s’est installée sur le sable et attend d’être arrêtée par la police. « La plage fait partie de notre vie quotidienne ici, explique-t-elle. Ca a été très dur de m’entendre dire que je n’avais plus le droit de venir. » Mais hier après-midi, la police n’a arrêté personne sur ce bout de plage. Patiemment, elle a demandé en hélicoptère, en bateau ou en buggy aux rares personnes ayant bravé l’interdiction de quitter les lieux. Jim a même eu le temps de finir sa session de surf. « Je fais attention à rester à deux mètres des autres surfeurs, d’être respectueux, assure ce sexagénaire mais je ne veux pas non plus renoncer à ma qualité de vie. » Pour Marie, le gouverneur va trop loin alors que le Covid-19 a peu tué dans l’État. « On veut tous sauver des vies mais on n’a pas forcément à restreindre nos libertés pour le faire, regrette-elle ». À 15h, l’immense plage d’Huntington Beach était déserte.

JB : Le secrétaire d'État Mike Pompeo a déclaré dimanche avoir « une quantité importante de preuves » que le nouveau coronavirus était sorti d'un laboratoire chinois, comme l'avait fait il y a quelques jours le Président Donald Trump.

Au Venezuela, ce sont au moins 47 personnes qui seraient mortes et 75 autres qui auraient été blessées dans une prison. C’est le dernier bilan d’une mutinerie qui a eu lieu vendredi dans l’État de Portuguesa, dans le centre du pays. Une tuerie qui serait liée à une tentative massive d’évasion selon les autorités. Mais les proches des victimes parlent d’une révolte de la faim qui aurait tourné au massacre. Précisions de Benjamin Delille.

C'est une élue de l'État de Portuguesa, appuyée par l'Observatoire vénézuélien des prisons, qui avance le chiffre macabre de 47 morts dans la mutinerie. Le bilan officiel, lui, n'a pas bougé depuis vendredi et fait état de 17 morts. Mais de nombreuses vidéos prises dans l'enceinte de la prison montrent plusieurs dizaines de corps sans vie qui gisent sur le sol. « Les autorités justifient la tuerie par une tentative massive d'évasion. Des dizaines de détenus auraient brisé les grillages de l'établissement ne laissant d'autre choix aux forces de l'ordre que de tout faire pour empêcher l'évasion. Version réfutée par l'Observatoire vénézuélien des prisons et les proches des victimes. Selon eux, une révolte aurait éclaté après que les gardiens aient refusé de servir à manger aux détenus. Depuis l’arrivée du coronavirus au Venezuela, les visites sont interdites dans les prisons. Ce sont donc les gardiens qui ont la charge de transmettre aux prisonniers la nourriture envoyée par leur famille qui est souvent leur unique moyen de subsistance. Ce serait donc la rétention de cette nourriture qui aurait entraîné la colère des détenus et le violent affrontement qui s’en est suivi. 

JB : Le Venezuela qui par ailleurs a affirmé avoir déjoué dimanche une tentative d'« invasion par voie maritime » de « mercenaires » venant de Colombie dans le but de fomenter un « putsch » contre Nicolas Maduro, une opération qui s'est soldée par la mort de huit « terroristes ».

C'était l'un des plus grands ambassadeurs de la chanson algérienne, et surtout de la culture kabyle, dont il était sans doute le porte-voix le plus populaire. « Idir a envoûté des générations entières », a commenté l'ancien président François Hollande au sujet de la disparition du chanteur algérien Idir, connu et reconnu largement au-delà des frontières algériennes et françaises. La maire de Paris Anne Hidalgo a rendu hommage à son engagement humaniste, et son compatriote Ferhat Mehenni a qualifié Idir d'astre kabyle éclairant l'immensité de l'univers. On a appris la mort du chanteur dans la nuit de samedi à dimanche, il a succombé à Paris à une maladie pulmonaire. Il avait 70 ans. Laurence Aloir.

Hamid Cheriet, dit Idir, est né le 25 octobre 1949 en Grande Kabylie, pas loin de Tizi-Ouzou. Ce fils de berger se destinait à la géologie, mais voilà : en 1973, Radio Alger diffuse une de ses chansons et ça fait un carton. Idir fait alors son service militaire et il n’est au courant de rien. Oh, il y a bien son père qui reconnait sa voix, et se pose beaucoup de questions sur l’avenir de son rejeton. Ce titre, c’est A vava inouva. Ca veut dire « petit papa », en kabyle, et ce morceau va être plébiscité dans plus de 70 pays, et traduit en 15 langues. Premier album en 1975 ; en fait, la discographie d’Idir n’est pas immense. Mais il a su quand même en 45 ans de carrière devenir l’ambassadeur de la culture amazigh dans le monde entier, et ça, le monde berbère ne l’oubliera pas. Ses pairs ont bien compris la dimension politique et humaniste de cet artiste discret : Aznavour, Cabrel, Ntiken Jah Fa Koly, Oxmo Puccino, Goldman, Geoffrey Oriema, Grand Corps Malade… Ils ont tous enregistré avec lui. Idir était adoré par toutes les générations, il était le bon papa du monde amazigh, et la scène nord-africaine doit beaucoup à celui qui chantait son peuple avec conviction et humilité. Idir avait 70 ans.

Article publié le 03/05/2020

RFI - Radio France Internationale