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Infos en français facile : Édition du 02/02/2020 20h00

Transcription

Loic Bussières : 21h à Paris, 20h en temps universel. Bonsoir et bienvenue si vous nous rejoignez pour votre Journal en français facile que je vous présente en compagnie de Zéphyrin Kouadio. Bonsoir, Zéphyrin.

Zéphyrin Kouadio : Bonsoir Loïc, bonsoir à tous.

LB : À la une : une attaque terroriste en banlieue de Londres. Un homme attaqué des passants dans la rue avant d’être abattu par la police. Les détails, dans ce journal.

ZK : L’épidémie de coronavirus et le bilan qui ne cesse de grimper, plus de 300 morts en Chine. Le pays qui doit aussi faire face aux conséquences économiques de cette crise.

LB : Et puis en rugby, la bonne entrée de la France dans le Tournoi des VI Nations. Les Bleus s’imposent 24-17 face à l’Angleterre, vice-championne du monde en titre.

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ZK : En Angleterre, un homme a été abattu après avoir blessé trois personnes dans la rue. Il était armé d’un couteau.

LB : Les faits se sont passés dans un quartier de la banlieue sud de Londres, dans une rue commerçante. La police parle d’un incident de nature terroriste. Sur place, les précisions de notre correspondante Muriel Delcroix.

L’attaque s’est produite vers 14H à Streatham High Road, une rue ordinaire dans un quartier très fréquenté de la banlieue sud de la capitale. Un homme est entré dans un magasin et a commencé à poignarder des clients avant de ressortir et de s’attaquer à une femme. Plusieurs témoins racontent avoir alors vu le suspect courir dans la rue, pourchassée par des officiers armés en civil. L’homme brandissait un couteau et portait ce qui ressemblait à une ceinture d’explosifs et a été abattu par la police qui a tiré trois coups de feu. Sur une vidéo postée sur Twitter on voit une voiture de police banalisée arrêtée au milieu de la route et des officiers qui dans un premier temps s’approchent du corps, avant de très vite reculer et crier aux personnes autour de se mettre à couvert après avoir découvert l’engin. On ne sait pas encore s’il s’agit d’un vrai engin explosif ou pas. La police confirme que l’incident est considéré comme lié au terrorisme et que trois personnes ont été poignardées, dont une est dans un état préoccupant. Une enquête a immédiatement été lancée pour découvrir qui était l’assaillant, ses motivations et s’il a agi seul ou pas.

LB : Ce soir, la police de Londres précise ce soir que l’assaillant portait un « engin » explosif factice, donc une fausse bombe et qu’au moment des faits des agents des unités antiterroristes se trouvaient sur place « dans le cadre d’une opération préventive », ce qui suggère que l’homme était surveillé comme l’ont affirmé des médias britanniques.

ZK : À la une également, l’épidémie de coronavirus et ce bilan qui ne cesse de s’alourdir, plus de 300 morts en Chine et environ 14 000 cas de contaminations.

LB : Pékin de plus en plus isolée, de nombreux pays ayant choisi de fermer leurs frontières aux personnes en provenance de Chine. Ce qui n’est pas sans conséquence sur l’économie chinoise d’où cette annonce des autorités qui viennent d’annoncer le déblocage de 1 200 milliards de yuans, soit 156 milliards d’euros, pour résister au choc. Une décision prise à la veille de la réouverture des marchés financiers après la longue pause du Nouvel An lunaire. Stanislas Ndayishimiye.

Les mesures prises pour faire face à l’épidémie du coronavirus ont directement affecté l’économie chinoise. Des usines et des commerces ont fermé, provoquant ainsi un important manque à gagner, particulièrement en cette période du Nouvel An lunaire, où des déplacements à travers le pays et les chiffres de la consommation battent habituellement des records. Depuis l’annonce officielle du coronavirus dans le pays, l’économie tourne au ralenti. L’institut d’émission monétaire explique que l’injection de 1 200 milliards de yuans vise à maintenir « une liquidité raisonnable et abondante » du système bancaire et à assurer la stabilité du marché des changes. Mais en réalité, Pékin qui ne manque pas de liquidités cherche à rétablir la confiance à l’intérieur du pays et au niveau international. Depuis 10 jours, les indices ont baissé sur les principales places financières dans le monde, anticipant les conséquences de l’épidémie sur l’économie chinoise. Deuxième économie de la planète, mais surtout principal moteur de la croissance mondiale, Pékin tente d’éviter l’affolement, en expliquant que « l’impact de l’épidémie est de court terme ». Reste que le coronavirus frappe la Chine au moment où celle-ci est aux prises avec la guerre commerciale déclenchée par les États-Unis de Donald Trump. La croissance du pays est tombée l’an dernier à 6,1 %, son plus faible niveau depuis près de 30 ans. 

LB : Toujours concernant l’épidémie de coronavirus, j’ajoute qu’un deuxième avion envoyé par Paris a atterri aujourd’hui à Istres avec à son bord 250 personnes en provenance de Wuhan, dont 65 Français qui vont être placés à l’isolement. Environ 180 expatriés français sont déjà confinés dans une résidence près de Marseille.

ZK : En bref, le nombre de soldats français de Barkhane va passer de 4500 à 5 100 d’ici la fin du mois.

LB : C’est pour la ministre des Armées, la concrétisation militaire de la volonté de Paris de renverser le rapport de force sur le terrain. L’opération Barkhane est engagée au Sahel contre les actions de plus en plus meurtrières des groupes jihadistes. « L’essentiel des renforts sera déployé dans la zone dite des trois frontières » (Mali, Burkina Faso, Niger), précise Florence Parly.

ZK : Direction l’Inde dans votre Journal en français facile à une semaine d’une élection régionale.

LB : Ce sont les résidents indiens de New Delhi précisément qui vont renouveler leur assemblée. Une élection locale aux allures de test national. Le parti nationaliste hindou au pouvoir est lancé dans une campagne agressive pour attirer les électeurs. Explications de notre correspondant dans la capitale indienne. Sébastien Farcis.

Depuis une semaine, le parti nationaliste hindou du BJP cherche à transformer l’élection régionale de Delhi en un vote religieux, hindous contre musulmans - une technique habituelle pour la formation du Premier ministre. Cette fois, leurs ennemis préférés sont les musulmans du quartier de Shaheen Bagh, qui mènent un sit-in pacifique depuis un mois et demi dans la capitale pour demander le retrait de la loi sur la citoyenneté. Il y a quelques jours, un député du BJP affirmait ainsi que ces manifestants allaient entrer chez les gens et violer leurs femmes, avant qu’un ministre fédéral encourage une foule de partisans, je cite, « à tuer ces “traîtres”. Ce samedi, c’est le chef du gouvernement régional de l’État de l’Uttar Pradesh, le moine radical Yogi Adityanath, qui accuse le chef sortant de la région de Delhi, de conspirer avec le Pakistan. Et promets de tirer sur ceux qui entraveraient la route de pèlerins hindous.   

LB : La commission des élections a déjà sanctionné les deux premiers élus, en les empêchant de faire campagne pendant quelques jours. Mais cela n’empêche pas le BJP de continuer à lancer ses attaques incendiaires et sans fondement.

ZK : En rugby, le XV de France s’impose face à l’Angleterre pour son premier match dans le Tournoi des VI Nations. Le score 24-17.

LB : Fin de ce journal, tout de suite on retrouve Yvan Amar, pour l’expression de la semaine. 

Le Royaume-Uni largue les amarres ! Une expression qu’on a lue ou entendue plus d’une fois depuis vendredi, depuis que ce pays a officiellement quitté l’Union européenne. Alors vous imaginez bien à quel point je suis sensible à cette formule figurée et expressive ! Dont le sens d’ailleurs est facile à comprendre : en général elle est employée dans un contexte, une situation qui la rend tout à fait transparente, compréhensible ! Une amarre set un cordage ou un câble qui sert à relier un bateau à la terre ferme. On dit qu’on a largué les amarres quand on a coupé les liens qui vous retenaient avec une certaine position. Et bien sûr l’expression évoque souvent une exclamation qui fait partie de la langue maritime : un ordre qu’on donne aux matelots pour qu’ils défassent, puis rejettent à la mer les cordages qui précisément amarraient le bateau, empêchaient qu’il ne parte ou ne dérive ! On évoque donc le moment précis, et même le moment fatal : il y a comme un avant et un après ; et une fois les amarres larguées, un geste définitif a été accompli, et on ne pourra plus revenir en arrière. L’expression évoque donc souvent une rupture, comme dans le cas politique qu’on vient d’évoquer. Les conditions dans lesquelles on se sert de l’expression peuvent bien sûr changer son sens, mais il arrive souvent qu’elle donne l’impression d’une libération et même d’une certaine maturité : on largue les amarres quand on est capable de naviguer tout seul, qu’on n’a plus besoin d’aide, de tutelle. Ce n’est pas exactement la même chose que de voler de ses propres ailes, mais on peut y arriver. Enfin la formule larguer les amarres n’a rien de familier. Et le verbe larguer qu’on y trouve n’est pas familier non plus, quand on s’en sert à cette occasion, ou avec son sens premier, lié à la marine. Par contre on sait qu’il est souvent employé familièrement pour dire quitter, surtout par rapport à une relation amoureuse : elle m’a largué et je me retrouve tout seul !

Article publié le 02/02/2020

RFI - Radio France Internationale