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Infos en français facile : Édition du 01/09/2020 20h00

Transcription

Aurélien Devernoix : Bonsoir à toutes et à tous, il est 23h à Beyrouth, 22h ici à Paris, bienvenue dans votre Journal en français facile. Pour m'accompagner ce soir, Sylvie Berruet, bonsoir Sylvie.

Sylvie Berruet : Bonsoir Aurélien, bonsoir à toutes et à tous.

AD : Emmanuel Macron achève sa visite au Liban. Le président français a rencontré ce soir les dirigeants du pays alors que des centaines de Libanais ont manifesté à Beyrouth pour appeler le président français à ne pas se fier à leurs représentants.

SB : Une rentrée sous le signe du masque en France : du côté des écoles où les enseignants et une partie des élèves doivent l'arborer mais aussi dans les entreprises où son port est devenu obligatoire ce mardi. Reportage à suivre dans ce journal.

AD : Les enfants chinois s'apprêtent également à reprendre les cours, notamment en Mongolie Intérieure où les habitants s'inquiètent de la disparition de leur langue locale des programmes d'enseignement.

SB : Et puis au Venezuela, le président Nicolas Maduro veut tendre la main à l'opposition : il a libéré hier plus d'une centaine de personnes dont des députés et des collaborateurs du leader de la contestation Juan Guaido.

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SB : Emmanuel Macron termine donc sa visite au Liban et le président français a endossé sa tunique de médiateur.

AD : Il s'est exprimé à la sortie d'une longue réunion avec les représentants des différents camps politiques du pays. Et le chef de l'État a présenté une sorte de feuille de route, de programme de sortie de crise pour le Liban. Il affirme notamment qu'un gouvernement concentré sur la gestion des différentes crises que connaît le pays sera formé d'ici rapidement. On écoute Emmanuel Macron.

[Transcription manquante]

AD : Le rôle de « juge de paix », de facilitateur du président français qui ne convainc pas tous les Libanais. Une manifestation a eu lieu aujourd'hui à Beyrouth pour dénoncer la coopération d'Emmanuel Macron avec des dirigeants que les protestataires qualifient de « corrompus ». Le rassemblement s'est terminé par des heurts avec les forces de l'ordre. 22 personnes ont été blessées.

SB : En France, ils étaient devenus obligatoires dans la plupart des lieux publics ces dernières semaines : les masques sont désormais de rigueur dans les entreprises depuis ce mardi.

AD : Il s'agit évidemment d'une mesure pour lutter contre l'épidémie de Covid-19 et malgré quelques dérogations, des dizaines de millions de salariés doivent donc l'arborer en salle de réunion, dans les couloirs et dans les bureaux ouverts. Ce qui est loin de susciter l'unanimité. Exemple à Paris, dans le quartier d'affaires de la Défense, où si la plupart se plient à la règle, certains supportent plus ou moins bien leur masque. Écoutez le reportage de Rachel Saadoddine.
  
Cigarette aux lèvres, Nathalie a baissé son masque sur son menton. Depuis ce matin, la gestionnaire en assurance multiplie les pauses, un peu plus qu'à son habitude. Au pied de la tour de l'assureur Allianz, Marie s'apprête à aller déjeuner, elle s'accommode plutôt bien du masque généralisé. Mais pour Éric, ingénieur tout juste rentré de vacances, le masque nuit au travail. Plus ou moins compréhensifs face à cette mesure, il n'empêche que tous les salariés déclarent porter systématiquement leur masque, car sinon, ils risqueraient une sanction de leur entreprise.

SB : Masques obligatoires également pour les enseignants et les élèves de collège et de lycée.

AD : En France, près d'un million de professeurs et plus de 12 millions d'élèves faisaient leur retour en classe ce mardi. Là aussi avec des protocoles sanitaires exigeants alors que près de 5 000 nouveaux cas de Covid-19 ont été détectés depuis hier.

Rentrée également en Russie où le cap du million de contaminations a été franchi. Et si en France, le masque est obligatoire à partir de 11 ans, il l'est dès 6 ans en Espagne où les élèves reprendront le chemin de l'école à partir de jeudi.
 
SB : En Chine, près d'un million et demi d'élèves ont effectué leur retour en classe à Wuhan, le berceau de la pandémie.

AD : Et sans masque obligatoire, le nombre de cas étant désormais très faible dans le pays. 

Une rentrée marquée par des manifestations devant certains établissements scolaires. C’est le cas dans la province de Mongolie intérieure où des élèves et leurs parents ont dénoncé ces derniers jours la disparition progressive de l’enseignement du mongole dans les classes. La correspondance de Stéphane Lagarde.
 
« Le mongol est notre langue maternelle. Nous sommes mongols jusqu’à la mort » scandent ces élèves en survêtement bleu, sur l’une des vidéos qui a survécu aux ciseaux de la censure. Les traces des manifestations qui ont commencé quelques jours avant la rentrée, ont pour la plupart disparues des réseaux sociaux chinois. Mais l’incompréhension, voir la colère sont toujours là. En cause une réforme lancée dans le creux de l’été, indique Christopher Atwood, professeur au département des langues et civilisations d’Asie orientale à l’université de Pennsylvanie sur le site Made in China. Ce changement dans les programmes vise à remplacer le mongol comme langue d’enseignement dans trois matières en élémentaire et au collège note Julian Dierkes, sociologue et spécialiste de la Mongolie à l’Université de Colombie-Britannique. La mobilisation de ces derniers jours ayant pour moteur des hashtags et des slogans « sauvons notre langue » placardés jusque sur les deux roues des livreurs, mais aussi des pétitions tamponnées du rouge des empreintes digitales des signataires avec de manière plus profonde, en arrière-plan, la crainte de perdre son identité explique ce chinois d'ethnie mongole qui a souhaité resté anonyme. « Il y a deux changements critiques, d’abord, ils veulent introduire le mandarin en classe de littérature un an plus tôt. Ensuite, le chinois devrait remplacer le mongole pour l’histoire et la politique dès l’année prochaine. Si la plupart des Mongols pensent qu’il est nécessaire de renforcer l’apprentissage du mandarin pour trouver un travail, ils ne sont pas d’accord pour que les manuels soient 100 % en chinois dès le primaire. Si nous perdons notre langue, il sera très difficile de la retrouver dans un océan sinophone. Je pense que ce nouveau règlement va à l’encontre des politiques précédentes du gouvernement chinois qui, au contraire, encourageaient au développement et à la prospérité des langues et cultures minoritaires. » Les Mongoles à la même enseigne que les Tibétains, les Ouighours, les Kazkahs, et les Coréens victimes, à différent dégrées, de la politique d’assimilation à la culture Han majoritaire initiée par le président chinois depuis 2012. Ils n’ont pourtant pas de souci à se faire sur le fait que nos enfants parleront le mandarin confie une mère d’élève au New York Times « Lorsque vous allumez la télévision, tout est chinois - même les dessins animés sont en chinois. ».

SB : L'actualité aux États-Unis Aurélien avec cette visite controversée de Donald Trump. 

AD : Le président américain se trouve à Kenosha, cette ville du Wisconsin où un citoyen noir a été tué par la police il y a 10 jours. Sa mort avait suscité des émeutes durant lesquelles un militant d'extrême droite a tué deux autres personnes. Ces manifestations, Donald Trump les a assimilé ce soir à du terrorisme intérieur et promis de rétablir la loi et l'ordre.

SB : Au Venezuela, Nicolas Maduro a gracié plus de 100 opposants, parmi eux des députés et des collaborateurs du chef de fil de l’opposition Juan Guaido.
 
AD : Objectif du président vénézuélien : « promouvoir la réconciliation nationale » à trois mois des élections législatives. Mais, Christophe Paget, l’opposition rejette déjà ces « grâces présidentielles ».

« Une monnaie d’échange pour légitimer une farce », c’est de cette manière que Juan Guaido a accueilli l’annonce de la grâce présidentielle, qui concerne 110 personnes, dont 26 députés. Certains étaient en liberté mais poursuivis par la justice, d’autres s’étaient exilés, d’autres encore étaient en prison – les images de leurs libérations ont été reprises par les réseaux sociaux, comme celle de la figure la plus emblématique de la liste, Roberto Marrero, le chef de cabinet de Juan Guaido : il est apparu masqué, Covid oblige, à sa sortie de prison. Selon la presse vénézuélienne avec ce pardon, le président voudrait de se débarrasser de l’image d’illégalité que lui a collé l’opposition, au niveau national et international. Nicolas Maduro lui parle dialogue, retrouvailles, réconciliation avant les élections... Mais à en croire l’opposition l’objectif serait surtout de la diviser pour justement affaiblir sa décision de boycotter le scrutin du trois décembre. Les chefs de l’opposition ont rapidement rejeté le pardon du président, affirmant que puisque (selon eux) il n'est pas président il ne décrète pas de pardon, et que de toute façon il n’y a pas à les pardonner car ils ne sont pas coupables. A noter que les poids lourds de l’opposition, Leopoldo Lopez, réfugié dans l’ambassade d’Espagne à Caracas, et Juan Guaido lui-même, en liberté mais toujours poursuivi en justice, ne sont pas concernés par ce pardon.

SB : Du sport avec du cyclisme tout d'abord Aurélien.

AD : C'est le Slovène Primo Roglic qui a remporté la 4e étape du Tour de France ce mardi. Mais le Français Julian Alaphilippe garde le maillot jaune.
 
Et puis cette disparition celle de l'ancien champion du monde de boxe, le Franco-Sénégalais Jean Baptiste Mendy. Il s'est éteint à l'âge de 57 ans.
 
Et c'est la fin de ce Journal en français facile, merci à vous Sylvie Berruet de m'avoir accompagné et merci à vous toutes et tous de nous avoir écouté. Excellente soirée sur RFI.

Article publié le 01/09/2020

RFI - Radio France Internationale