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Infos en français facile : Édition du 01/05/2020 20h00

Transcription

Jérome Bastion : Bienvenue sur Radio France internationale, il est 22h à Paris, 20h en temps universel, et c'est l'heure de votre Journal en français facile ! L'actualité de ce 1er mai, journée internationale des Travailleurs, toujours marquée par la pandémie de Covid-19 et ses répercussions, comme le confinement :
- le monde du travail a été privé de ses traditionnels défilés syndicaux, aucun rassemblement n'étant autorisé pour respecter les mesures de distanciation sociale, malgré la grave crise économique et sociale. Et sa fleur emblématique, le muguet était également largement absent.
- l'Europe, continent le plus touché, prépare son déconfinement, mais la situation est contrastée puisque la Russie ne parvient pas à freiner la progression de la maladie, et le personnel soignant se plaint de mauvaises conditions de travail. 
- et puis nous parlerons du malaise des Rohingyas en Malaisie, où une centaine de milliers d'entre eux sont réfugiés, et où la pandémie de coronavirus suscite une vague d'ostracisation qui inquiète les ONG.

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JB : Un 1er mai décidément extraordinaire. Tout d'abord parce que tout rassemblement public étant interdit, les traditionnels défilés syndicaux ont été annulés; et cela quasiment dans le monde entier. Et puis en France, une autre tradition veut que l'on s'offre à cette occasion du muguet, une fleur porte-bonheur. Mais cette année, les fleuristes, qui vendent habituellement près d'un tiers des brins produits, n'ont pas eu le droit d'ouvrir leur boutique, sauf pour répondre à des commandes ou pour en livrer, ce qui est bien loin des habitudes des consommateurs. Un gros manque à gagner pour les fleuristes pour lesquels le 1er mai est une des journées les plus lucratives de l'année. Reportage dans le nord de Paris, Marie Casadebaig.

Depuis le début du confinement, le rideau de ce fleuriste indépendant était resté fermé. Il ne répond plus qu'à des commandes, par téléphone ou internet, pour des livraisons à domicile. Ce 1er mai, il a donc exceptionnellement pu rouvrir ses portes, mais sous certaines conditions. « Les règles : personne ne rentre ! Il y a une table devant, vous commandez, et si on a, on vous donne, si on n’a pas, on ne vous donne rien ». Le muguet ne peut être vendu cette année chez les fleuristes que s'il a été commandé au préalable. C'est ce qu'a fait Julien. « J’ai vu ça sur les chaînes d’info, donc dès que j’ai vu ça, j’ai passé un coup de fil au fleuriste du quartier et il m’en a mis deux brins de côté. Ça change un petit peu des habitudes d’autant plus que généralement on voit aussi des gens dans la rue qui en vendent sur leur petit stand…» Julien, même s'il a été prévoyant, a eu de la chance. Son fleuriste n'a pu contenter que 65 clients. Il a eu du mal à s'approvisionner auprès des grossistes : « C’est horrible, cette année, il n’y a rien. Presque il n’y a pas de 1er mai. Tout est parti dans les grandes surfaces, et là, le peu qu’on a, on essaie de vendre ce qu’on a, pas grand-chose ». Une journée à l'image de ces dernières semaines pour les fleuristes, bien maigre.

JB : En France, on dénombre quelque 24 600 morts, c'est le quatrième pays le plus touché en Europe après l'Italie, le Royaume-Uni et l'Espagne; le nombre de décès dus au SARS-Cov-2 sur le continent dépasse les 140 000.

Et puis trois membres du FC Cologne testés positifs au coronavirus - c’est en Allemagne - alors que la Bundesliga espère reprendre la compétition au mois de mai. Les entraînements pourront continuer comme prévu, indique le club.

L'Irlande a décidé de prolonger jusqu'au 18 mai le confinement décrété pour freiner la propagation du nouveau coronavirus, avant une levée progressive des restrictions sauf pour les écoles. Le virus a fait là-bas 1 265 victimes. Après avoir ordonné la fermeture des écoles le 12 mars, l’Irlande avait décrété le confinement de la population jusqu’au 5 mai.

L’épidémie de Covid-19 continue de progresser en Russie : à ce jour, le pays compte officiellement 114 431 cas de contaminations dont le Premier ministre, Mikhaïl Michoustine, et 1 169 décès ont été enregistrés. Dans les hôpitaux, la prise en charge des malades est parfois très critique. Et parmi le personnel médical, quelques voix s’élèvent pour dénoncer les mauvaises conditions de travail. À Moscou, Étienne Bouche.

Natalia Lioubimova a 51 ans, elle travaillait comme infirmière auxiliaire à l’hôpital de Kommounarka, à Moscou. Interrogée par Novaïa Gazeta, elle raconte avoir d’abord pris sur elle. Mais excédée par les conditions de travail, Natalia a fait le choix de démissionner. Et elle assure ne pas être la seule : plusieurs dizaines d’auxiliaires médicaux travaillant à l’hôpital et employés par un sous-traitant auraient décidé de jeter l’éponge. Du personnel débordé, non testé, sans équipement de protection et contraint de préparer ses repas à la maison. Selon la même source, les compensations financières annoncées par Vladimir Poutine n’ont pas été versées. En Russie, le personnel soignant reste majoritairement silencieux. Les insuffisances du système médical sont le plus souvent évoquées sous l’anonymat. Certains syndicats diffusent des témoignages recueillis à travers le pays et tentent d’alerter les autorités. Le président russe a lui-même reconnu des pénuries d’équipements de protection pour les soignants. Des soignants qui, dans de nombreux hôpitaux, sont eux-mêmes porteurs du virus.

JB : En Malaisie, les plus de 100 000 Rohingyas qui vivent dans le pays sont l’objet d'un ressentiment exacerbé par la pandémie de coronavirus, une animosité nouvelle qui inquiète Amnesty International ainsi que d’autres organisations non gouvernementales, alors que des Rohingyas sont désormais sortis de leur confinement pour être placé en détention. Gabrielle Maréchaux.

« En Malaisie, les plus de 100 000 Rohingyas qui vivent dans le pays sont l’objet de ressentiment exacerbé par la pandémie de coronavirus, une animosité nouvelle, pas toujours contrôlée par les autorités et qui inquiète Amnesty International ainsi que d’autres organisations, des Rohingyas sont désormais sortis de leur confinement pour être placé en détention. C’est une question politique qui a toujours semblé suivre l’opinion publique. En 2017, 60 % de la population malaisienne était favorable à l’accueil de Rohingyas, au nom d’une solidarité asiatique et musulmane, et des dizaines de milliers sont arrivés en Malaisie. Trois ans et une pandémie mondiale plus tard, les plus de 100 000 Rohingyas qui vivent en Malaisie sont pointés du doigt et plusieurs pétitions atteignant jusqu’à 250 000 signatures demandent leur expulsion vers la Birmanie. Car jusque-là, la Malaisie qui ne reconnait pas le statut international de « réfugié » a toléré leur présence et laissé un certain flou juridique sur leur situation. Aujourd’hui considérés comme « migrants illégaux », deux embarcations de Rohingyas qui dérivaient en mer ont été sommées de retourner vers le Golfe du Bengale, et dans les districts de Malaisie placé sous le plus haut degré de confinement, avec interdiction totale de sortir de chez soi, 700 Rohingyas identifiés comme migrants illégaux ont déjà été placé en détention, ce vendredi d’après Human Rigths Watch.

JB : L'OMS, qui appelle Pékin à l'associer aux enquêtes sur l'origine du virus, a estimé vendredi qu'il était « d'origine naturelle », alors que le président américain l'a lié à un laboratoire chinois. « Ce qui est important, c'est que l'on détermine l'hôte naturel de ce virus », a affirmé le directeur des programmes d'urgence de l'Organisation mondiale de la Santé, Michael Ryan, au cours d'une conférence de presse à Genève.

C'est la première fois que Joe Biden répond aux accusations de Tara Read. Celui qui doit être bientôt investi candidat du parti démocrate à la présidentielle dément formellement les allégations d'une de ses anciennes collaboratrices, qui l'accuse d'agression sexuelle. Elle soutient que ces faits se sont déroulés il y a 27 ans dans un couloir du Congrès américain, lorsqu'il était sénateur. « Ce n'est pas vrai », a martelé l'ancien vice-président Joe Biden, ce vendredi matin sur la chaine américaine MSNBC. Il affirme qu'il n'a « rien à cacher ». Écoutez-le. 

« Je le dis sans équivoque : cela n’est jamais, jamais arrivé, cela n’est jamais arrivé. Elle dit qu’elle a dénoncé les faits, qu’elle en a référé au Sénat, qui l’employait à l’époque ; s’il y a une trace de cette plainte, elle est là-bas. Je suis confiant : il n’y a rien ! Personne n’a jamais porté à mon attention, il y a 27 ans, l’existence de telles allégations. Je ne suis pas inquiet du tout. Si cette plainte existe, qu’elle soit rendue publique ! Mais je ne l’ai jamais vue. Il faut croire les femmes et leur donner le bénéfice du doute quand elles font savoir qu’il leur est arrivé quelque chose. Après, il faut examiner les circonstances et les faits. Et les faits, dans ce cas, n’existent pas. Ca ne s’est jamais passé, ça ne s’est jamais passé, point. »

JB : Donald Trump, lui-même accusé dans le passé d'agressions sexuelles et de harcèlement, est venu vendredi au secours de son adversaire démocrate Joe Biden en lui conseillant de « se battre » contre l'accusation d'agression sexuelle à son encontre, qui perturbe sa campagne présidentielle. « Je dirais juste à Joe Biden : ‘‘lève-toi et bats-toi’’, a déclaré le milliardaire républicain dans une interview diffusée par un podcast conservateur vendredi. « Si ce n'est pas vrai, il faut nier », a-t-il ajouté avant de préciser : « J'ai été une victime de ces fausses accusations absurdes ».

Moins de deux semaines après la pire tuerie de l'histoire du Canada, Justin Trudeau a annoncé vendredi l'interdiction des armes d'assaut, honorant une promesse de campagne très attendue dans la foulée d'une série de fusillades qui ont choqué le pays.

Article publié le 01/05/2020

RFI - Radio France Internationale