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Infos en français facile : Édition du 11/04/2019 20h00

Transcription

Clément Fraioli : Vous écoutez RFI, il est 22h à Paris, 20h en temps universel. Bonsoir et bienvenue dans cette nouvelle édition du Journal en français facile. Pour m’accompagner ce soir, Zéphyrin Kouadio. Bonsoir Zéphyrin !

Zéphyrin Kouadio : Bonsoir Clément, bonsoir à toutes et à tous !

CF : À la une, les Soudanais réclamaient son départ depuis plusieurs mois, le président Omar el-Béchir a été renversé ce matin par l’armée. Un conseil militaire de transition est mis en place. Omar el-Béchir aura passé 30 ans à la tête du Soudan, son portrait à suivre.

ZK : Julian Assange arrêté à Londres. Réfugié dans l’ambassade d’Équateur depuis 7 ans maintenant, le fondateur de Wikileaks est reconnu coupable de n’avoir pas respecté les conditions de sa liberté provisoire. Il risque la prison.

CF : En France, des milliers de retraités manifestaient aujourd’hui. C’est la septième fois qu’ils descendent dans la rue depuis l’élection d’Emmanuel Macron. Ils réclament un meilleur pouvoir d’achat.

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ZK : La communauté internationale inquiète après le coup d’État au Soudan.

CF : L’Europe et les États-Unis demandent une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU. L’ONU, dont le secrétaire général Antonio Gutteres réclame une transition démocratique respectueuse du souhait des Soudanais. Ce matin, après près de 4 mois de contestations, l’armée a renversé le président Omar el-Béchir. Il était à la tête du Soudan depuis 30 ans. Son portrait est signé Sébastien Nemeth.

Omar El Béchir racontait qu’adolescent, il s’était cassé une dent alors qu’il transportait du béton pour payer ses études. L’homme aimait rappeler ses origines modestes. Une description en trompe-l’œil d’un dirigeant aux débordements sanguinaires. Militaire dans l’âme, Omar El Béchir rejoint l’armée dès 16 ans, avant de combattre plusieurs fois notamment contre Israël. Il gravit les échelons et prend le pouvoir en 89 lors d’un coup d’État fomenté avec l’aide des islamistes. Dès lors, Omar El Béchir lance une purge et instaure un régime islamo-militaire. D’un côté, il soigne son appareil sécuritaire. De l’autre, il introduit la charia et abrite des terroristes, dont Oussama Ben Laden lui-même. Le Soudan devient dès lors un État-voyou. Les États-Unis le placent sur leur liste noire. Le président soudanais n’hésite pas non plus lancer des guerres sanglantes dans son pays, au Sud puis dans l’Ouest, au Darfour, au prix de centaines de milliers de morts… En 2009, la CPI lance un mandat d’arrêt contre lui, pour génocide, crimes de guerre et contre l’humanité, mais le chef de l’état effectue près de 150 déplacements à l’étranger sans jamais être arrêté. Au fil des ans, Omar El Béchir avait abandonné le soutien aux islamistes et Washington avait même allégé ses sanctions. Le président soudanais continuait malgré tout les discours enflammés contre ses vieux ennemis occidentaux, et haranguait la foule en agitant sa fameuse canne autour de lui. Sébastien Németh, Nairobi, RFI.

CF : Et après avoir annoncé la chute d’Omar el-Béchir, le ministre de la défense soudanais a ajouté qu’un conseil militaire de transition était mis en place. Un conseil militaire rejeté par les manifestants, qui appellent à poursuivre la mobilisation malgré l’instauration d’un couvre-feu.

ZK : Il était réfugié dans l’ambassade d’Équateur à Londres depuis 7 ans, Julian Assange a été arrêté ce matin par la police britannique.

CF : Le fondateur de Wikileaks était réfugié dans l’ambassade pour éviter une extradition, c’est-à-dire qu’on le renvoie vers la Suède, où il est accusé de viol et agression sexuelle. Peu après son arrestation, Julian Assange a été présenté devant un tribunal londonien et reconnu coupable d’avoir violé, de n’avoir pas respecté les conditions de sa liberté provisoire. Cette arrestation a été rendue possible par le retrait du statut de réfugié politique d’Assange par l’Équateur. Une décision, Oriane Verdier, dénoncée par la défense de Julian Assange.

Du point de vue de la défense de Julian Assange, la décision de retirer l’asile au lanceur d’alerte répond a des intérêts propres au gouvernement équatorien qui chercherait à plaire aux États-Unis. Julian Assange est le fondateur de Wikileaks, spécialisé dans la révélation de documents secrets. Il est inculpé aux États-Unis pour piratage informatique. Il risque aujourd’hui d’être extradé après être passé devant la justice britannique. Rappelez-vous en 2010 il a activement participé à la publication de plus de 700 000 documents sur les activités militaires et diplomatiques américaines. De son côté le président équatorien a expliqué point par point les pour lesquelles il a autorisé cette arrestation par la police britannique dans les murs de son ambassade. Julian Assange aurait notamment bloqué des caméras de sécurité, agressé des gardes au sein de l’ambassade et accédé à des archives sans permission. Les relations entre les autorités équatoriennes et Julian Assange se sont tendues depuis que ce dernier a été accusé d’avoir fait fuiter des informations sur la vie privée du président équatorien. Il n’avait plus le droit de communiquer avec l’extérieur ni de recevoir de visites autres que celles de ses avocats.

CF : Explications signées Oriane Verdier.

ZK : Après avoir obtenu le report du Brexit jusqu’au 31 octobre, Theresa May s’expliquait aujourd’hui devant la Chambre des communes.

CF : La Première ministre britannique a demandé aux députés de soutenir l’élaboration d’un « consensus », d’un compromis pour permettre au Royaume-Uni de quitter l’Union européenne avant les élections européennes de mai prochain. La nuit dernière, elle, et les dirigeants européens sont tombés d’accord sur un report flexible, jusqu’au 31 octobre maximum, afin d’éviter un Brexit sans accord.

ZK : Dans l’actualité également, les plus grandes élections de l’Histoire. Le coup d’envoi des législatives en Inde a été donné ce jeudi.

CF : 900 millions d’Indiens sont appelés aux urnes pour choisir leur prochain gouvernement. Le scrutin se déroulera sur 6 semaines, jusqu’au 19 mai prochain. La question au cœur de cette élection : le Premier ministre sortant, Narendra Modi, défenseur du nationalisme hindou parviendra-t-il à décrocher un second mandat ? Face à lui des partis régionaux, et surtout le parti du Congrès, mené par Raul Gandhi. Passage en revue des différentes promesses de campagne avec James Manor, professeur de politique indienne à l’université de West London.

Le Congrès a fait une grande promesse : celle de donner un salaire minimum aux plus pauvres. Et cela, semble-t-il, a été une surprise pour Modi et le BJP, qui du coup font maintenant de nouvelles promesses. Mais il est possible que celle du Congrès lui permette de gagner des voix. Le gouvernement Modi avait développé un programme pour aider les fermiers, avec d’importantes subventions. Et cela a permis au BJP de progresser en popularité. Mais il n’a pas eu le temps de mettre en place cette promesse, et il a échoué à tenir la plupart des autres, particulièrement celle de créer des emplois. D’ailleurs le Congrès affirme que Modi a échoué à tenir toutes les grandes promesses qu’il a faites il y a cinq ans. Il dit aussi que Modi et son gouvernement sont corrompus, parce qu’un des grands thèmes de Modi c’est la lutte contre la corruption. Les gens semblent ne pas accepter l’idée qu’il dirige un gouvernement corrompu.

CF : James Manor, professeur de politique indienne à l’université de West London, interrogé par Christophe Paget.

ZK : L’actualité en France Clément, la France, où des milliers de retraités manifestaient ce jeudi.

CF : C’est la 7e mobilisation de retraités depuis l’élection d’Emmanuel Macron. Parmi leurs revendications, la revalorisation, l’augmentation des pensions, la suppression de la hausse de la CSG, ou encore la réindexation des pensions sur l’inflation, c’est-à-dire que les pensions évoluent en fonction de l’inflation. Jeanne Richard est allée à la rencontre des manifestants à Paris.

« Dans le cortège, l’ambiance est bon enfant, mais le ton agacé. [...] La fiscalité s’est en effet durcie pour les retraités. Après plus de 40 ans de travail, pour Claude Riot, 79 ans, c’est injuste. [...] Comme lui, à 65 ans, cette retraitée a dû s’adapter. Après avoir payé son loyer chaque mois, il ne lui reste plus que 600 euros. C’est peu pour vivre à Paris. [...] Et aucun d’eux n’est convaincu par le geste que pourrait faire le gouvernement : la ministre de la Santé a en effet affirmé que la réindexation des petites retraites sur l’inflation est à l’étude. [...] Aujourd’hui, le niveau de vie des retraités est supérieur à la moyenne nationale. Une statistique qui cache de grandes disparités. Près d’un million d’entre eux vivent sous le seuil de pauvreté. »

CF : Et pour finir, un mot pour saluer l’arrivée au sein de RFI de Julien Coquelle-Rohëm, lauréat de l’édition 2019 du Prix « RFI Charles Lescaut ». Âgé de 22 ans, et étudiant à l’École de Journalisme de Sciences Po Paris. Il obtient un contrat d’un an au sein de la rédaction de RFI à la présentation des journaux. Bienvenue à lui ! C’est la fin de ce Journal en français facile. Merci de l’avoir écouté.

Article publié le 11/04/2019

RFI - Radio France Internationale