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Infos en français facile : Édition du 10/03/2019 20h00

Transcription

Adrien Delgrange : Merci à vous d’écouter RFI où que vous soyez sur la planète, il est 21h à Paris, 20h en temps universel. L’heure du journal en français facile présenté avec Sylvie Berruet. Bonsoir Sylvie.

Sylvie Berruet : Bonsoir Adrien, bonsoir à tous.

AD : Au sommaire de ce journal du 10 mars. Un Boeing 737 de la compagnie Ethiopian Airlines s’est écrasé ce matin faisant 157 morts. Dans ce journal, le retour du président d’Abdelaziz Bouteflika en Algérie. Au Venezuela, le président de l’Assemblée nationale Juan Guaido annonce qu’il demandera au parlement de décréter « l’état d’urgence », suite à la panne électrique qui paralyse le pays depuis jeudi. « La France oubliée » c’est l’expression de la semaine retenue par Yvan qui nous rejoindra en fin de journal. 

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SB : Un avion de la compagnie Ethiopian Airlines qui effectuait la liaison Addis Abeba-Nairobi s’est écrasé.

AD : Les 157 personnes qui se trouvaient à bord sont mortes dans l’accident. À bord, 32 nationalités différentes. Le Boeing 737 s’est écrasé peu après son décollage vers 8h heure locale. Alexandra Brangeon.

L’appareil s’est écrasé 6 min après son décollage. Selon le PDG de la compagnie aérienne, le pilote a contacté la tour de contrôle juste après avoir décollé, indiquant avoir des problèmes et demandant à rentrer sur Addis. Et a obtenu l’autorisation de faire demi. L’appareil s’est écrasé quelques minutes plus tard, à une 60e de kilomètres au sud de la capitale éthiopienne. À bord 149 passagers et 8 membres d’équipages, tous ont péri. Selon la compagnie, parmi les victimes, il y a 32 Kényans, 18 Canadiens, 9 Éthiopiens, 8 italiens, 8 chinois, 8 Américains, 7 français, 7 britanniques, 6 Égyptiens, 5 Néerlandais et 4 Indiens. Pour l’instant aucune explication sur les raisons du crash. L’appareil était neuf, les conditions météorologiques étaient bonnes. La compagnie Éthiopien Airlines détenue à 100 % par l’État compte plus de 100 appareils, ce qui en fait la plus importante flotte sur le continent africain. Et selon les spécialistes aéronautiques, la compagnie à un très bon niveau de sûreté, qui en fait une des meilleures compagnies du continent.

SB : L’autre grand titre Adrien, c’est le retour d’Abdelaziz Bouteflika en Algérie.

AD : Le président algérien était hospitalisé en suisse à Genève depuis 2 semaines pour des « examens médicaux » d’après son entourage. Cet après-midi un avion de la présidence algérienne l’a ramené à Alger, son avion a atterri sur une base au sud de la capitale.

SB : Abdelaziz Bouteflika revient en Algérie alors qu’il est confronté à une contestation populaire - inédite- sans précèdent depuis qu’il est arrivé au pouvoir il y a 20 ans 

AD : Aujourd’hui encore des milliers de lycéens ont manifesté à travers le pays contre la 5e candidature du président. Des milliers de personnes ont également une nouvelle fois manifesté dimanche dans plusieurs villes de France contre la candidature de M. Bouteflika.

SB : Une députée israélienne appelle à faire la paix avec les Palestiniens

AD : La députée Tamar Zandberg, cheffe du parti d’opposition Meretz (classé à gauche), a rencontré aujourd’hui dimanche à Ramallah le président palestinien. « Nous sommes venus dire que la paix est un sujet qui doit être prioritaire et à l’ordre du jour du prochain gouvernement israélien », a déclaré Tamar Zandberg à l’issue de son entretien Mahmoud Abbas. 

SB : Le Venezuela toujours sans électricité, donc sans lumière, sans moyens de communication 

AD : La panne de courant a commencé il y a 3 jours. Elle n’a pas empêché les Vénézuéliens de descendre ce samedi dans les rues de Caracas. Pour écouter d’un côté les annonces du président Maduro et de l’autre celles du président par intérim autoproclamé Juan Guaido. Juan Guaido déclare « Je vais demander lundi à l’Assemblée nationale de décréter l’état d’urgence pour permettre l’entrée de l’aide humanitaire ». L’aide humanitaire internationale pour les Vénézuéliens est toujours bloquée à la frontière depuis qu’il s’est autoproclamé président du Venezuela, le 23 janvier dernier, combien de temps peut se tenir sa stratégie de prise du pouvoir ? C’est la question posée par Christophe Paget à Paula Vasquez, chargée de recherche au CNRS.

[Transcription manquante]

SB : En Birmanie, dans l’État de l’Arakan, neuf policiers ont été tués ce samedi par des séparatistes bouddhistes.

AD : L’attaque a eu lieu dans un commissariat information du ministère de l’information birman. Sachant que depuis janvier, l’armée birmane a reçu l’ordre d’« écraser » de tuer les séparatistes. Capucine Japhet.

Il y a deux ans, des centaines de milliers de Rohingyas, cette minorité musulmane considérée comme apatride par le gouvernement birman, avaient fui le pays devant les persécutions de l’armée. L’armée qui accuse aujourd’hui les séparatistes bouddhistes de ranimer les tensions dans la région : leurs milices avaient participé aux exactions commises contre les Rohingyas, mais depuis quelques mois elles s’en prennent aussi aux forces de sécurité, toujours très présentes dans l’État de l’Arakan. Selon le gouvernement elles auraient tué ce samedi plusieurs policiers, et volé des armes dans un commissariat -mais l’attaque n’a pour le moment pas été revendiquée. Depuis que l’Armée d’Arakan a intensifié ses opérations à la fin de l’année dernière, les militaires ont reçu l’ordre d’écraser les séparatistes. L’atmosphère se tend aussi avec les autorités locales : une centaine d’entre elles a récemment démissionné pour protester contre l’arrestation de quatre responsables locaux, accusés d’être en lien avec les rebelles. Enfin le verdict d’un procès, attendu dans quelques jours, pourrait lui aussi jeter de l’huile sur le feu : un homme politique très populaire de la région est accusé d’avoir appelé à prendre les armes contre le pouvoir central.

SB : Place à l’expression de la semaine avec Yvan Amar.

La France oubliée ! C’est le titre d’une chronique qu’on a entendue aujourd’hui dans les informations de RFI. Et c’est une expression qu’on entend davantage et qu’on comprend mieux quand on repense à la crise sociale qui a secoué le pays depuis quelques mois, notamment avec les manifestations des Gilets jaunes. Comme si on se rendait compte d’un mécontentement profond : toute une partie de la population se sent à l’écart. À l’écart de la prospérité, de la richesse, du bien-être matériel. Et cela concerne surtout la France rurale, de la campagne, qui se développe au ralenti : moins de commerces, moins de services, par exemple moins de médecins ou d’hôpitaux : tout ça se concentre dans les villes. Mais aussi à l’écart des décisions, des discussions. Comme si elle était renvoyée dans une périphérie dont on ne parle pas. C’est aussi le mot qu’on a entendu ces derniers temps : la périphérie… ce qui n’est pas au centre des préoccupations, des médias. Alors on parle des oubliés du monde moderne, ceux qui restent comme on dit sur le bord de la route. Et ça renvoie aussi à cette idée d’une France à deux vitesses, d’une fracture, d’une coupure entre une image très présente dans les médias et puis « les autres »… Et on a plusieurs mots pour exprimer cela : on parle aussi des invisibles. Mais là, autre chose nous vient en tête : plutôt les minorités qui vivent dans des conditions difficiles, et qui viennent d’ailleurs : les migrants, ceux qui ne sont pas des Français comme on dit « de souche » : on fait semblant de ne pas voir ou on ne pense pas à voir les différences de couleur de peau, de langue, de culture. Mais lorsqu’on parle des oubliés, on se souvient – on finit par se souvenir, si justement on lutte contre l’oubli - de ceux qui ont toujours vécu dans le pays, dont les parents y vivaient aussi, mais qui restent à côté de l’évolution de la société, comme s’ils n’appartenaient pas au monde moderne.

Article publié le 10/03/2019

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