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Infos en français facile : Édition du 07/02/2019 20h00

Transcription

Romain Auzouy : Vous écoutez RFI il est 21h à Paris, 20h en temps universel. C’est l’heure de votre Journal en français facile. Présenté en compagnie de Sylvie Berruet, bonsoir Sylvie.

Sylvie Berruet : Bonsoir Romain, bonsoir à tous.

RA : À la une de l’actualité ce soir : la crise diplomatique entre Paris et Rome. La France annonce qu’elle rappelle son ambassadeur en Italie. Elle proteste contre des déclarations des dirigeants italiens qui remettaient en cause la politique d’Emmanuel Macron.

SB : Les négociations sur le Brexit toujours dans l’impasse. Aujourd’hui la Première ministre britannique Theresa May avait rendez-vous avec les dirigeants européens à Bruxelles. « Toujours pas de percée en vue » a réagi le Président du Conseil européen Donald Tusk. Cela veut dire pas d’avancée.

RA : Le groupe Etat islamique contrôle moins de 1 % du territoire qu’il avait conquis. C’est la coalition anti djihadiste qui l’affirme. Mais de nombreuses questions ne sont pas réglées comme celles du retour des réfugiés, en raison des restes d’explosifs qui se trouvent sur le territoire.

SB : Et puis peut-être le dernier épisode dans la bataille judiciaire autour de la maison natale d’Adolf Hitler. L’État autrichien a été condamné à verser 1millions 500mille euros à la propriétaire de cette maison qui avait été forcée de quitter les lieux.

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SB : Paris a donc décidé de rappeler son ambassadeur à Rome.

RA : C’est une décision d’importance, la dernière fois que la France s’est retrouvée sans représentant à Rome c’était en 1940, pendant la Seconde Guerre mondiale. Pourquoi une telle décision ? La crise couvait depuis quelques semaines, les tensions étaient de plus en plus fortes. Ainsi à la fin du mois de janvier le ministre italien de l’Intérieur Matteo Salvini avait dit qu’il espérait que la France se libère bientôt d’un « très mauvais président ». Mais surtout mardi Luigi Di Maio, le vice-premier ministre italien, est allé à la rencontre des gilets jaunes qui contestent la politique d’Emmanuel Macron. Et il a déclaré « le vent du changement a franchi les Alpes ». Ce sont des déclarations outrancières, des attaques sans précédent a réagi le ministère français des Affaires étrangères. Qui a donc annoncé le rappel de son ambassadeur en Italie. Une décision commentée ce soir par le gouvernement italien, qui n’appelle cependant pas à l’apaisement. À Rome pour RFI Eric Senanque.

« Nous ne voulons pas nous fâcher avec la France, les polémiques ne nous intéressent pas » a déclaré Matteo Salvini dans un communiqué, livrant sa lecture de la crise diplomatique… « Nous sommes des gens concrets et nous défendons les intérêts des Italiens », a précisé le ministre de l’Intérieur qui se dit par ailleurs prêt à parler avec Macron. Salvini, qui se pose en interlocuteur numéro un de Paris oubliant qu’Emmanuel Macron ne discute qu’avec Giuseppe Conte, le président du Conseil. Mais derrière le ton conciliant du début, Salvini reste à l’offensive. Selon lui le dialogue ne pourra se renouer qu’à trois conditions : la fin des refoulements de migrants à la frontière franco-italienne, le retour d’une quinzaine de « terroristes italiens » qui selon ses mots « mènent la belle vie en France » et la fin des contrôles des travailleurs italiens frontaliers. « Le peuple français est notre ami et notre allié » a réagi pour sa part, Luigi di Maio sur son compte Facebook, justifiant sa rencontre il y a deux jours avec les gilets jaunes comme « pleinement légitime ». Le gouvernement italien, précise le chef du 5 étoiles applique toujours le principe de non-ingérence dans les affaires internes d’un pays, et cela vaut aussi pour la France. Eric Senanque, Rome, RFI.

RA : Et pour le moment pas de réaction à cette affaire de la part du chef du gouvernement italien, Giuseppe Conte, qui se trouve en déplacement au Liban.

SB : Également dans l’actualité européenne, Theresa May qui a du mal à faire avancer les négociations sur le Brexit.

RA : La journée s’annonçait compliquée pour la Première ministre britannique en déplacement à Bruxelles. Sa mission : essayer d’obtenir de nouvelles garanties européennes. C’est la question de la frontière irlandaise qui est au cœur des négociations. Theresa May a donc rencontré Jean-Claude Juncker le Président de la Commission européenne, puis Donald Tusk le Président du Conseil européen. Donald Tusk qui a écrit sèchement sur Twitter :" Toujours pas de percée en vue. Les discussions se poursuivent". Theresa May se voulait un peu plus optimiste après ses entretiens, je vous propose d’écouter la Première ministre britannique.

« Nous avons eu des discussions denses, mais elles ont été constructives. J’ai expliqué notre position et elle est claire : nous devons obtenir des modifications juridiquement contraignantes à l’accord de retrait pour répondre aux préoccupations du parlement concernant le backstop. Si nous apportons ces changements au backstop et qu’en parallèle nous avançons sur d’autres dossiers comme les droits des travailleurs, nous parviendrons à trouver une majorité stable au parlement. Et c’est ce que je continuerai à faire valoir. Ce ne sera pas facile, mais de manière décisive, le président Juncker et moi-même sommes convenus que des discussions allaient à présent débuter pour trouver une issue, un moyen d’avancer pour répondre aux préoccupations du parlement, et au final, obtenir une majorité. Je dis avec clarté que je vais mettre en œuvre le Brexit, que je vais le mettre en œuvre dans les temps. C’est ce que je vais m’efforcer de faire pour les Britanniques. Je vais négocier dur dans les prochains jours pour aboutir à ce résultat ».

RA : Theresa May la Première ministre britannique ce jeudi à Bruxelles. Prochaine échéance d’importance dans les négociations sur le Brexit : lundi Michel Barnier le négociateur en chef de l’Union européenne doit rencontrer le ministre chargé du Brexit Steve Barclay. Cela intervient à moins de deux mois du divorce entre Londres et Bruxelles, qui est prévu le 29 mars prochain.

SB : Cette question maintenant : est-ce bientôt la fin du groupe Etat islamique ?

RA : C’est en tout cas ce qu’annonce la coalition internationale qui lutte contre les djihadistes en Syrie. Elle affirme que le groupe Etat islamique contrôle moins de 1 % du territoire qu’il avait conquis en 2014. Propos en échos à ceux de Donald Trump dont le pays se trouve à la tête de la coalition. Hier le Président américain déclarait que la reprise à 100 % des territoires conquis par les djihadistes devrait être annoncée la semaine prochaine. Mais même si la guerre contre l’organisation est gagnée, la page ne sera pas tournée de sitôt. De nombreux réfugiés ne sont pas prêts de rentrer chez eux. En Irak ils sont 2 millions à avoir trouvé refuge à l’étranger. Car il y a encore dans les rues des restes d’explosifs ; illustration à Mossoul, la deuxième ville du pays, libérée il y a plus d’un an et demi. Pehr Lodhammar est le responsable en Irak du service de lutte anti-mines de l’ONU.

« Les zones urbaines représentent une grande partie des zones contaminées. C’est nouveau pour nous. Rien qu’à Mossoul, il y a 7,6 millions de tonnes de gravats à fouiller, remplies d’explosifs. Plus de 100 000 bâtiments partiellement ou totalement détruits avec peut-être des explosifs à l’intérieur. Nous ne sommes pas devant un champ de mines, où on procède au déminage avant de le rendre à la communauté pour qu’elle puisse cultiver à nouveau dessus. Là, nous sommes dans un environnement avec des restes humains, des ceintures d’explosifs, des débris... Tout ça dans des immeubles qui font parfois 8-9 étages. Ça n’a rien à voir avec des mines antipersonnel qui pèsent entre 200 grammes et un peu plus de 3 kilos. Là il s’agit de bombes de 10 à 20 kg chacune. En cas d’explosion, les victimes ont plus de chances d’être tuées que seulement blessées. »

RA : Propos recueillis par notre correspondant à Genève Jérémie Lanche.

SB : Et puis peut-être le dernier épisode dans un feuilleton judiciaire qui concerne la maison natale d’Adolf Hitler.

RA : Une femme se trouve au cœur de ce feuilleton, c’est l’ancienne propriétaire de la maison située en Autriche. Elle s’appelle Gerlinde Pommer. Elle avait été expropriée par l’État, c’est-à-dire qu’elle avait dû quitter son logement et en échange l’État lui avait versé 310mille euros. Mais Gerlinde Pommer réclamait plus, et la justice autrichienne vient de lui donner raison puisqu’elle condamne l’État à verser 1million 500mille euros. L’État qui peut encore faire appel. On fait le point sur cette bataille avec notre correspondante en Autriche Isaure Hiace.

C’est au nord de l’Autriche, à Braunau am Inn, que se trouve la maison de la discorde, celle où naquit Adolf Hitler le 20 avril 1889. Une vieille bâtisse jaune de 800 mètres carrés qui déchaîne les passions depuis des décennies. Pour éviter qu’elle ne devienne un lieu de pèlerinage des néo-nazis, le gouvernement autrichien fait voter en 2016 une loi pour pouvoir exproprier Gerlinde Pommer. Cette dernière conteste la décision, mais la Cour constitutionnelle donne raison à l’état, qui devient donc le nouveau propriétaire et verse à Gerlinde Pommer 310 000 euros de dédommagement. Un montant trop faible aux yeux de cette dernière qui vient donc, à son tour, d’obtenir gain de cause, en vertu de la décision d’un tribunal régional qui enjoint l’état autrichien à lui verser 1,5 euro. Jugement dont l’état autrichien peut toutefois encore faire appel. Cette bataille juridique illustre la controverse persistante en Autriche autour de cet héritage gênant. Certains prônant la destruction de la maison, d’autres la création d’un lieu éducatif sur le nazisme. Le bâtiment devrait finalement être conservé, mais on ne sait toujours pas quelle fonction il aura. Isaure Hiace, Vienne RFI.

SB : Enfin en football actuellement la dernière rencontre comptant pour les 1/8e de finale de la Coupe de France.

RA : Un match entre clubs de Ligue 1 : le déplacement de Lyon, troisième au classement sur la pelouse de Guingamp. Les Lyonnais mènent 1-0 en première période.

Article publié le 07/02/2019

RFI - Radio France Internationale