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Infos en français facile : Édition du 04/03/2019 20h00

Transcription

Loïc Bussières : 21h à Paris, 1h de moins en temps universel. Bonsoir et bienvenue si vous nous rejoignez pour cette nouvelle édition de votre Journal en français facile. Journal que j’ai le plaisir de vous présenter aux côtés de Zéphyrin Kouadio. Bonsoir Zéphyrin.

Zéphyrin Kouadio : Bonsoir.

LB : Au sommaire ce soir : Juan Guaido de retour à Caracas. L’opposant vénézuélien revient d’une tournée chez ses soutiens sud-américains. Il appelle à de nouvelles manifestations contre le pouvoir.

ZK : Des manifestations, justement, pour un départ du Chef de l’État. En Algérie, les anti Bouteflika étaient de nouveau dans la rue au le demain de l’officialisation de la candidature du Président sortant à un 5e mandat.

LB : Lui dévoile les grandes lignes de son projet européen. Emmanuel Macron signe une tribune sur sa vision de l’Union. Il propose notamment la création d’une banque européenne du climat ou encore de remettre à plat l’espace Schengen.

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ZK : Tout d’abord le retour au Venezuela de son président par intérim autoproclamé. Juan Guaido est arrivé au Caracas après une mini tournée sud-américaine.

LB : Une tournée qui passait par la Colombie, le Brésil, le Paraguay, l’Argentine et l’Équateur qui soutiennent l’opposant Nicolas Maduro. Juan Guaido est arrivé à l’aéroport de Caracas, sous les applaudissements de ses partisans, venus par milliers, et en présence de plusieurs ambassadeurs, dont celui de France et d’Allemagne. Malgré des menaces d’arrestations, puisqu’il était sous le coup d’une interdiction de quitter le territoire, il a passé sans encombre la douane. Il a ensuite été acclamé en héros au centre de Caracas, où il a annoncé de nouvelles mobilisations.

Ce mardi il y aura une réunion très importante avec tous les syndicats de la fonction publique. Nous ne pouvons pas permettre que la bureaucratie soit prise en otage. Nous ne pouvons pas permettre qu’ils continuent à utiliser nos fonctionnaires qui ne gagnent pas bien leur vie, et je sais qu’il y en a beaucoup ici sur cette place, et on les applaudit !   Je sais qu’on vous oblige à manifester, à mettre des tee-shirts d’une certaine couleur, que votre salaire ne suffit pas parce qu’il fond à vue d’œil, et qu’ils veulent profiter de cette situation. Le moment est venu de dire : ça suffit ! Le moment est venu de faire en sorte que ce régime qui vous opprime ne fonctionne plus ! Donc je convoquerai une réunion ce mardi avec tous les syndicats et tous les fonctionnaires pour faire une annonce importante au pays. Et samedi ! Attention, samedi, on continue dans la rue ! Samedi tout le Venezuela retourne dans les rues de façon déterminée pour se mobiliser afin de regagner sa liberté ! Nous ne resterons pas une minute, ni même une seconde tranquilles, tant que nous n’aurons pas retrouvé la liberté pour le Venezuela !

ZK : Autre titre de l’actualité de ce lundi soir, l’offensive d’Emmanuel Macron sur la scène européenne à moins de 2 mois des élections.

LB : Un texte traduit en 24 langues et déjà en ligne sur les sites de journaux de tous les pays de l’Union (y compris la Grande-Bretagne). Il y défend la vision d’une Europe qui protège face aux défis migratoire, climatique ou sécuritaire que doit relever le continent. Le chef de l’État souhaite bâtir une « renaissance européenne » et fait plusieurs propositions. Anthony Lattier.

À quelques semaines du Brexit, Emmanuel Macron dramatise l’enjeu : « Si je prends la liberté de m’adresser directement à vous, c’est parce qu’il y a urgence ». Pour lui ça n’est pas de moins d’Europe que les peuples ont besoin, mais d’une Europe plus forte, d’une Europe qui protège ! Face au défi migratoire, Emmanuel Macron propose la création d’une police des frontières communes et d’un office européen de l’asile. Face au désengagement américain de l’OTAN, il souhaite la mise en place d’un traité de défense et de sécurité. Face aux ambitions des entreprises étrangères, il veut assumer une préférence européenne dans les secteurs économiques stratégiques. Sur la table en tout, une douzaine de propositions. Emmanuel Macron veut aussi instaurer un salaire minimum européen. Une banque pour financer la transition écologique ou encore une agence pour lutter contre les cyberattaques. Aucun chiffrage de ces propositions n’est avancé. Ça n’est pas un manifeste, mais une contribution au débat, assume un conseiller du Président, pour qui « Emmanuel Macron plante le décor de la campagne européenne ».

LB : Par ailleurs toujours concernant les élections européennes, douze partis membres du Parti Populaire européen, le premier groupe politique du Parlement européen, demandent officiellement « l’exclusion ou la suspension » du Premier ministre populiste hongrois Viktor Orban. Elle pourrait être décidée le 20 mars selon le président du PPE.

ZK : À la une également, ces nouvelles manifestations en Algérie au lendemain de l’officialisation de la candidature d’Abdelaziz Bouteflika pour la présidentielle.

LB : L’élection doit se tenir le 18 avril. Le président sortant au pouvoir depuis 20 ans se présentera pour la 5e fois malgré la contestation de la rue et les manifestations qui se succèdent depuis une dizaine de jours. Hier, il s’est toutefois, en cas de victoire, promis de ne pas aller au bout de son mandat, ce qui n’a pas calmé les manifestants.

ZK : La situation dans l’est de la Syrie. Et cet assaut annoncé comme le dernier contre le groupe État islamique.

LB : La bataille de Baghouz, entamée en fin de semaine dernière, pourrait durer encore plusieurs jours. Selon les forces démocratiques syriennes, alliance arabo-kurde, soutenue par les Occidentaux, les djihadistes retiendraient encore des familles en otage. Les FDS annoncent « un ralentissement des combats », afin d’éviter les pertes civiles. Ce qui n’empêche pas la bataille pour la libération du dernier bastion du groupe État islamique de se poursuivre. Écoutez Mostafa Bali, porte-parole des FDS sur le front de Baghouz.

« Nous avons une unité spéciale sur le terrain, chargée d’évacuer la population de Baghouz. C’est cette unité d’ailleurs qui a évacué des milliers de familles durant les dernières semaines. Dimanche soir, nous avons décidé de ralentir notre progression. La bataille se poursuit, mais avec moins d’intensité afin de permettre à notre unité spéciale d’exfiltrer ce qu’il reste de civils. Nous préférons être prudents. Il reste probablement des gens retenus en otage par l’organisation État islamique. Daech utilise les civils comme bouclier humain. Il y a aussi les familles de djihadistes qui ont choisi de rester à Baghouz, mais nous ne les considérons pas pour autant comme des terroristes. Ce sont des civils et nous devons donc les considérer comme tels ».

LB : Interrogé par notre envoyé spécial Sami Boukhelifa.

ZK : 22h 07 en Israël. C’est une conséquence directe du déménagement de l’ambassade des États-Unis à Jérusalem. Washington annonce la fusion de son consulat général dans la ville avec les services de son ambassade désormais installée sur place.

LB : C’est la fin d’une histoire diplomatique vieille de 175 ans pour ce qui faisait office de représentation auprès des Palestiniens. Le personnel du Consulat général, lui, va rejoindre « une unité pour les affaires palestiniennes » sous la tutelle de l’ambassade. Cette fusion est essentiellement symbolique, mais le symbole est fort. Guilhem Delteil.

Officiellement, les contacts entre l’Autorité palestinienne et l’administration Trump ont déjà été coupés. Depuis la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël par Donald Trump en décembre 2017, les dirigeants palestiniens refusent de rencontrer les responsables américains. Et les rares programmes d’aide au développement qui avaient survécu à cette brouille ont été interrompus par les Palestiniens au mois de janvier après l’entrée en vigueur aux États-Unis d’une loi qui les rendaient passibles de poursuites judiciaires. Depuis l’arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche et ses positions très pro-israéliennes, les relations entre Washington et les dirigeants palestiniens se sont tellement dégradées que la fermeture de la représentation diplomatique des États-Unis auprès des Palestiniens ne devrait sur le terrain pas être un changement majeur. Mais cette décision de l’administration Trump est très forte sur le plan symbolique. Les États-Unis affirment ainsi qu’à leurs yeux les Palestiniens ne représentent pas un futur État, mais une sous-entité d’Israël. Et Donald Trump - qui n’a jamais apporté son soutien à la solution à deux États - s’en détache de plus en plus nettement. D’où cette réaction vive de Hanane Ashraoui, l’une des dirigeantes de l’Organisation de libération de la Palestine : elle dénonce « un assaut politique » sur l’identité et les droits des Palestiniens.

ZK : Dans le reste de l’actualité. Au moins 23 morts, c’est le bilan en Alabama après le passage d’une tornade, hier.

LB : Bilan provisoire, et qui pourrait s’alourdir dans les heures à venir. De nombreuses personnes étant encore portées disparues, d’autres sont hospitalisées, victimes de « blessures très graves ». Les autorités parlent de destructions « catastrophiques » sur une bande d’environ 400 mètres tout le long de la trajectoire de cette tornade, dans le sud-est des États-Unis.

ZK : L’ouverture des archives secrètes du Vatican sur le pontificat de Pie 12.

LB : C’est ce qu’annonce le Pape François aujourd’hui. Les documents seront rendus publics en mars 2020. Ils doivent permettre de lever le voile sur l’action de Pie 12, accusé par certains historiens de complicité passive lors de la Shoah. « L’Église n’a pas peur de l’Histoire » appuie le souverain pontife.

Article publié le 04/03/2019

RFI - Radio France Internationale