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Infos en français facile : Édition du 03/02/2019 20h00

Transcription

Loïc Bussières : 21h à Paris, 1h de moins en temps universel, l’heure de votre Journal en français facile. C’est Aurélien Devernois qui présente avec moi cette édition. Bonsoir Aurélien.

Aurélien Devernois : Bonsoir.

LB : À la une ce soir : le Venezuela et l’ultimatum des pays européens qui arrive à son terme. 7 pays, dont la France, avaient donné jusqu’à ce soir à Nicolas Maduro pour appeler à une nouvelle élection présidentielle.

AD : Au Salvador, la présidentielle c’est justement ce dimanche. 5 millions d’électeurs se rendent aux urnes. Pour la première fois, c’est un centriste qui est favori des sondages.

LB : Et puis nous reviendrons sur cette annonce de Benyamin Netanyahu. Le Premier ministre israélien se dit prêt à utiliser la force contre l’Iran qui vient d’annoncer le test d’un missile longue portée.

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AD : Tout d’abord le Venezuela où le président Nicolas Maduro a de nouveau proposé des élections législatives. Tandis que plusieurs pays de l’Union européenne demandent de leur côté une élection présidentielle.

LB : Il s’agit de l’Allemagne, Espagne, France, Pays-Bas, Portugal, Royaume-Uni et de l’Autriche. À l’opposé, la Russie, la Chine, la Corée du Nord, la Turquie ou encore Cuba soutiennent Nicolas Maduro qui rejette l’ultimatum des pays européens qui lui avaient donné jusqu’à ce soir pour organiser l’élection faute de quoi ils reconnaîtraient le président par intérim auto proclamée Juan Guaido. Par ailleurs, cette crise au Venezuela a réduit considérablement la rentrée dans le pays des devises. Ce week-end, la société Noor Capital, basée à Abu Dhabi, a finalement bien confirmé avoir mené une opération d’échange d’or contre des devises pour le compte de la République du Venezuela. Une opération menée dans la légalité et dans le respect du droit international selon cette société, mais qui soulève de nombreuses critiques de la part opposants au pouvoir en place. Les explications de Romain Lemaresquier.

C’est le sénateur américain Marco Rubio, grand critique du régime de Nicolas Maduro, qui avait révélé l’affaire sur les réseaux sociaux. Et après un long silence : Noor Capital a finalement bien confirmé avoir procédé à l’achat de 3 tonnes d’or des réserves de la banque centrale vénézuélienne, en échange de devises. Une opération très critiquée par les pourfendeurs du régime chaviste qui accusent Noor Capital de permettre ainsi la survie d’un régime aux abois financièrement. Après avoir reconnu cette opération, Noor Capital a annoncé qu’elle ne mènerait plus aucune transaction de ce type avec l’État vénézuélien tant que la situation ne serait pas stabilisée. Une annonce qui met un terme à deux autres opérations qui devaient être menées prochainement selon l’agence Reuters. Au total 29 tonnes d’or allaient être cédées. 15 tonnes devaient être prochainement acheminées aux Émirats arabes unis, alors que 11 autres tonnes devaient être vendues à la mi-février. Des opérations scrutées tout particulièrement par les États-Unis qui ont prévenu les institutions bancaires de ne pas faire d’affaire avec l’or vénézuélien. La fuite des capitaux, c’est l’un des thèmes récurrents dans cette crise vénézuélienne. Et même au sein de la banque centrale vénézuélienne une résistance semble se mettre en place. Certains employés refusent que les actifs vénézuéliens soient dilapidés. D’ailleurs deux d’entre auraient été limogés la semaine dernière, car ils refusaient de laisser sortir l’or de l’institution bancaire.

LB : J’ajoute que Donald Trump a réaffirmé que le recours à l’armée américaine au Venezuela était « une option » envisagée face à la crise politique qui secoue le pays.

AD : Au Salvador, quelque 5 millions d’électeurs ont, eux, rendez-vous dans les urnes pour élire leur prochain président.

LB : Depuis la fin de la guerre civile en 1992, deux partis se partagent le pouvoir : l’ARENA, de droite, l’ARENA, et le parti de gauche le FMLN, mais aujourd’hui c’est un candidat qui se positionne plutôt au centre qui est largement favori des sondages. Son nom : Nayib Bukélé, le candidat de la coalition GANA. Il a mené campagne sur les réseaux sociaux, et son discours anti-corruption séduit, dans un pays largement touché par la violence et la pauvreté. Carlotta Morteo.

Jean, casquette et veste en cuir, barbe impeccable, à 37 ans, Nayib Bukele se présente comme le candidat du changement. Son credo : la lutte contre la corruption. Son slogan : la fin de l’impunité pour les élites qui volent l’argent public. D’origine palestinienne, publicitaire de profession, l’ancien maire de San Salvador jouit d’une réputation de bon gestionnaire, et est reconnu pour avoir sécurisé et redynamisé la capitale. Outre son positionnement ni gauche ni droite, Nayib Bukele a séduit la jeunesse et la classe moyenne urbaine par ses discours sur l’éducation, et ses idées pour relancer l’économie : investissement dans l’industrie, le numérique et l’agriculture par des incitations fiscales et des aides publiques, ou développement du tourisme, par la création d’une filière surf par exemple. Tout ça, pour endiguer l’émigration de milliers de Salvadoriens vers les États-Unis, et réduire l’influence des gangs criminels. Des gangs qui ont toujours eu les moyens d’influencer les élections, et surtout les taux de participation. Mais vu le très grand écart dans les sondages entre Nayib Bukele et son rival de droite, le millionnaire Carlos Calleja, il y a toutes les chances pour que l’on assiste effectivement à la fin du bipartisme au Salvador.

AD : L’actualité électorale encore, mais au Sénégal avec le début aujourd’hui de la campagne présidentielle.

LB : Elle va durer trois semaines, le premier tour est prévu pour le 24 février. Le sortant Macky Sall, qui est confronté à quatre autres candidats, tenait une réunion publique ce dimanche à Touba. Il espère être réélu dès le premier tour comme son prédécesseur Abdoulaye Wade en 2007.

AD : 22h à Tel-Aviv. Dans l’actualité également, cette annonce de Benjamin Netanyahu à l’attention de l’Iran.

LB : Le Premier ministre israélien a averti ce dimanche à l’ouverture de la réunion hebdomadaire du cabinet ministériel que son pays n’hésitera pas à faire usage de la force contre Téhéran, y compris pendant la campagne électorale. Cette menace intervient au lendemain du test d’un nouveau missile de croisière d’une portée supérieure à 1350 km, un test annoncé comme un « succès » par le régime iranien. Écoutez Benjamin Netanyahu.

« Aujourd’hui l’Iran célèbre le 40e anniversaire de la révolution islamique et se vante d’un nouveau missile. L’Iran déclare ouvertement son intention de détruire l’État d’Israël. J’ai un message clair pour les tyrans de Téhéran : nous savons ce que vous faites et nous sommes au courant de ce que vous vous apprêtez à faire. Nous continuerons d’agir contre l’Iran avec tous les moyens à notre disposition, de manière à assurer la sécurité d’Israël et son avenir ».

AD : En bref, Theresa May réaffirme ce dimanche sa détermination à exécuter le Brexit dans les temps.

LB : Et avec un accord de divorce révisé avec ses partenaires européens, c’est ce qu’explique la Première ministre britannique. Alors que « l’incertitude persistante » sur cette question a poussé la firme automobile Nissan à renoncer à un investissement en Angleterre.

AD : En France, Emmanuel Macron en banlieue parisienne ce lundi. Le Chef de l’État participera à une réunion dans le cadre du grand débat.

LB : À Evry-Courcouronnes, précisément, c’est la première fois que le Président porte le sujet en banlieue. Tout de suite vous avez rendez-vous avec Yvan Amar.

Un général de l’armée de l’air vénézuélienne vient de faire allégeance à Guaido. Une information peu surprenante, mais qui tourne autour de cette expression « faire allégeance ». Son sens est très simple et très clair : le général Yanez Rodriguez ne reconnaît plus l’autorité de Maduro et se range aux côtés de Guaido. Il change de chef ! Il était sous l’autorité du président de la République. Il se place délibérément, c’est à dire exprès, sous celle de celui qui lui dispute le pouvoir. Il affirme sa fidélité à l’homme qui se présente comme le nouveau chef de l’état. Le mot, en français, nous vient du moyen-âge et des pratiques féodales, c’est-à-dire qui règle les relations entre les différents seigneurs. C’est une hiérarchie, c’est-à-dire une organisation des pouvoirs, assez précise : chaque seigneur est sous l’autorité d’un autre, et cela remonte jusqu’au roi, qui n’est que sous l’autorité de Dieu. Celui qui a l’autorité est le suzerain. Celui qui lui obéit est le vassal. Et chaque noble est donc suzerain de celui à qui il commande, et vassal de celui à qui il obéit. Et bien faire allégeance, c’est reconnaître quelqu’un, officiellement et de façon solennelle, comme son suzerain. L’expression peut s’employer, comme c’est le cas ici, si l’on change de camp : on le montre en désignant celui qu’on accepte comme son supérieur. Mais on entend aussi souvent la formule si quelqu’un a décidé de ne plus avoir de chef du tout, d’être son propre chef, de n’admettre l’autorité de personne. Et puis les choses ne fonctionnent pas comme prévu. Le rebelle ne s’en sort pas, et il décide de rentrer dans le rang et de nouveau d’obéir à une tutelle : il fait allégeance à celui qui représente cette autorité.

Article publié le 03/02/2019

RFI - Radio France Internationale