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Infos en français facile : Édition du 02/02/2019 20h00

Transcription

Loïc Bussières : 21h à Paris, 1h de moins en temps universel, l’heure de votre Journal en français facile. C’est Édouard du Penhoat qui présente avec moi cette édition. Bonsoir Édouard.

Édouard du Penhoat : Bonsoir.

LB : À la une ce soir : des milliers d’opposants vénézuéliens dans les rues de Caracas. Nouvelle journée de manifestation à l’initiative de Juan Guaïdo, le Président par intérim autoproclamé. Les détails dans ce journal.

EP : En France, ils étaient plusieurs dizaines de milliers de gilets jaunes pour l’acte XII du mouvement. Mobilisation qui prenait la forme d’une « grande marche des blessés » ce samedi.

LB : Et puis nous reviendrons sur la réponse de Moscou à Washington. La Russie qui choisit à son tour de se retirer du traité de désarmement nucléaire signé il y a plus de 30 ans avec les États-Unis.

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EP : On se rend au Venezuela pour débuter ce journal. Pour cette nouvelle journée de manifestations, plusieurs milliers de personnes étaient rassemblées aujourd’hui à Caracas.

LB : Regroupés dans 2 cortèges distincts, l’un célébrant le 20e anniversaire de la révolution bolivarienne, et qui soutient le pouvoir en place, l’autre, au contraire, exigeant que Nicolas Maduro laisse sa place au président par intérim autoproclamé Juan Guaido. On fait le point avec notre envoyée spéciale dans la capitale vénézuélienne, Véronique Gaymard.

Les partisans de l’opposition sont descendus en masse samedi matin vers l’avenue principale de Las Mercedes pour tenter de parvenir jusqu’à l’estrade où Juan Guaidó s’est exprimé vers 13 heures. Affublés de drapeaux et de casquettes aux couleurs du Venezuela, les manifestants scandaient des slogans « Maduro dehors, nous voulons la liberté. Le président de l’Assemblée nationale, qui s’est autoproclamé président par intérim le 23 janvier a pris la parole pour annoncer que de l’aide humanitaire allait bientôt arriver par le Brésil et la Colombie. Il a demandé aux forces armées et à la police de se ranger de son côté pour laisser entrer cette aide dont les habitants ont besoin, a-t-il insisté. Il a appelé à des élections libres, au départ de Nicolas Maduro devant une foule qui hurlait : Maduro, tes jours sont comptés. Côté gouvernemental, un grand rassemblement pour commémorer les 20 ans de l’investiture de Hugo Chavez s’est tenu avenue Bolivar. Des centaines de partisans vêtus de rouge aux couleurs du chavisme, beaucoup arrivés en bus affrétés par les autorités scandaient “Maduro nous sommes avec toi, la patrie n’est pas à vendre et nous sommes là pour la défendre”. Le président Maduro a proposé de convoquer des élections législatives anticipées, mais l’opposition exige son départ en préalable à toute négociation. Juan Guaidó a demandé à ses partisans de ne pas quitter la rue. Aucune issue politique ne semble se dessiner pour le moment. Véronique Gaymard, Caracas, RFI.

LB : J’ajoute que Nicolas Maduro se déclare ce soir favorable à la tenue d’élections législatives anticipées dans le courant de l’année, précise le président vénézuélien. Les législatives sont normalement prévues pour 2020.

EP : D’autres manifestations à la une. En France, le mouvement des gilets jaunes défilait pour le 12e samedi de suite.

LB : Une 12e journée d’action nationale avec des rassemblements qui se sont tenus dans plusieurs villes dont Paris où le rassemblement était organisé autour d’une thématique : les violences policières. Une “marche des blessés” est partie de la place Daumesnil pour rejoindre celle de la République avec à sa tête, des victimes de tirs de LBD notamment, le controversé lanceur de balles de défense. Reportage Laurence Théault.

[Transcription manquante]

LB : Ce soir, le ministère de l’Intérieur avance le chiffre de 58 600 manifestants dans toute la France pour ce 12e samedi de mobilisation. C’est moins que la semaine précédente, où 69 000 personnes étaient descendues dans la rue.

EP : L’actualité internationale et la Belgique qui se dit prête à accueillir Laurent Gbagbo après l’annonce hier de sa mise en liberté par la CPI.

LB : La même CPI qui deux semaines plus tôt avait acquitté l’ancien président ivoirien et l’ex-chef des Jeunes Patriotes Charles Blé Goudé. Les deux étaient accusés de crimes contre l’humanité commis en 2010 et 2011 lors de violences post-électorales. Bruxelles explique répondre à une demande de coopération des juges de La Haye étant donné les liens familiaux » de Laurent Gbagbo avec le pays.

EP : La réponse de Moscou au retrait américain de l’INF. Le traité de désarmement nucléaire signé il y a plus de 30 ans par Ronald Reagan et Mikhael Gorbatchev.

LB : Traité pour lequel la Russie promet à son tour de suspendre sa participation. Les deux puissances s’accusent mutuellement de violer le texte signé en 1987. Le président russe Vladimir Poutine a ajouté lors d’une rencontre retransmise à la télévision avec ses ministres des affaires étrangères et de la défense que Moscou ne prendrait plus l’initiative de négociations sur le désarmement avec Washington. Vladimir Poutine.

« Voici ce que nous allons faire. Notre réponse sera appropriée. Nos partenaires américains ont annoncé qu’ils suspendaient leur participation à l’accord, nous la suspendons également. Ils ont annoncé qu’ils poursuivaient leur recherche et leur développement des armements, nous en feront de même. La Russie ne déploiera pas de nouveaux missiles à courte portée ou de portée intermédiaire, elle ne le fera que si des armements de confection américaine apparaissent en Europe ou ailleurs dans le monde. Toutes nos propositions sur ce sujet restent sur la table. Nous gardons la porte ouverte à des discussions. En même temps, je demanderais aux ministères des Affaires étrangères et de la Défense de ne pas entamer de dialogue sur cette question. Nous attendrons que nos partenaires aient suffisamment mûri pour discuter d’égal à égal et de manière significative sur ce sujet important ».

LB : Un mot de football avec la suite de la 23e journée de Ligue 1. 4 rencontres à l’affiche ce soir : Monaco Toulouse, Rennes Amiens, Angers Dijon, Reims Marseille. Et puis il y avait du rugby également ce samedi avec deux rencontres du Tournoi des VI Nations. L’Angleterre s’est imposée en Irlande 32-20. L’Écosse a battu l’Italie 33-20. Je rappelle que la France s’est inclinée hier en ouverture du tournoi 24-19 face au Pays de Galles. Fin de ce journal, on retrouve tout de suite Yvan Amar pour son mot de la semaine.

Il y a de vives discussions en France en ce moment sur l’attitude des forces de l’ordre, c’est-à-dire de la police, dans leur manière de faire face à la contestation, et au mouvement des « gilets jaunes ». Et en particulier l’utilisation de certaines armes est discutée, notamment ces fameux « lbd », les lanceurs de balles de défense. Ces balles, techniquement, ne sont pas appelées « grenades », mais comme des grenades sont également utilisées, le mot revient constamment. « La grenade est-elle une arme ou un fruit ? » On trouve cette phrase dans un texte de l’écrivain Emmanuel Dongala, et en effet une grenade peut-être les deux. Un fruit qui a des graines, mais qui surtout à un aspect granulé, dont l’écorce est légèrement bosselée : c’est de là que vient son nom qui la décrit. Et puis, par ressemblance, une arme, un genre de petite bombe, qui a l’apparence, la forme, la dimension de ce fruit, et qu’on jette sur l’adversaire, à la main ou avec une sorte de fusil qui la lance au loin. La grenade explose donc, quelques secondes après qu’on la armée, qu’on dégoupille, pour employer le mot le plus précis : en effet il y a un système de sécurité qu’il faut neutraliser pour faire sauter ce gros œuf dangereux. Et si l’on parle au figuré d’une grenade dégoupillée, c’est pour évoquer une situation qui peut être très explosive. 

Article publié le 02/02/2019

RFI - Radio France Internationale