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Infos en français facile : Édition du 22/02/2018 20h00

Transcription

Céline PELLARIN

Vous écoutez RFI, il est 20h TU, 21h à Paris

Vous écoutez votre journal en français facile, merci et bienvenu. C'est Sébastien Duhamel qui est à mes côtés pour présenter cette édition. Bonsoir Sébastien.

Sébastien DUHAMEL

Bonsoir Céline, bonsoir à tous.

CP

En Syrie, dans la région de la Ghouta orientale, la population vit un véritable enfer. Des centaines de milliers de civils sont sous les bombes du régime de Damas et de son allié russe. La Russie qui refuse un cessez le feu complet dans cette zone.

SD

Au Venezuela, les électeurs voteront pour l'élection présidentielle du 22 avril. Et en même temps, ils devraient aussi voter pour des législatives anticipées. C'est l'instance électorale du pays qui doit en décider sur proposition du président Maduro. L'opposition quant à elle, a déjà dit qu'elle ne participerait à aucun scrutin ce jour-là.

CP

Enfin en Corée du Sud, les femmes commencent à prendre la parole pour dénoncer les agressions sexuelles dont elles sont victimes. Plusieurs scandales secouent le pays.

SD

Depuis cinq jours, dans la région syrienne de la Ghouta orientale, c'est donc un déluge de bombe qui s'abat sur la population.

CP

Depuis dimanche, les quatre cent mille civils pris au piège dans cette région encerclée par les militaires, subissent ce carnage, ce massacre sans un moment de répit. Des bombes larguées par les avions du régime de Bachar al Assad et de son allié russe, sur une zone tenue par les rebelles. En cinq jours et avec l'intensification des violences, ce sont quatre cent personnes qui sont mortes. La Russie, soutien de Damas donc, pourrait accepter le projet de résolution des Nations Unies pour un cessez le feu. Mais pas à n'importe quel prix Toufik Benaïchouche.

Au cours d'une conférence de presse à Belgrade avec son homologue serbe, le ministre russe des Affaires Etrangères annonçait avoir fait une offre pour mettre un terme au siège de la Ghouta. "Il y a quelques jours, a-t-il dit, nos militaires en Syrie ont proposé aux combattants de se retirer pacifiquement de la Ghouta orientale, à la manière dont l'évacuation des combattants et de leurs familles avait été organisée à Alep-Est. Le Front al-Nosra et ses alliés ont catégoriquement rejeté cette proposition et ils continuent de bombarder la ville à partir de leurs positions. Quant au projet de résolution présenté par le Koweit et la Suède, aux nations Unies, écoutez Sergueï Lavrov : « Nous sommes prêt à examiner la résolution des nations Unies qui sera proposé. Mais nous demandons que ce cessez-le-feu ne s’applique en aucune circonstance aux membres de Daesh. A ceux du Front al-Nosra. Ou à tous les groupes qui coopèrent avec eux et qui bombardent régulièrement des quartiers de Damas. Malheureusement nos partenaires occidentaux refusent ces exclusions. Ce qui d’ailleurs soulève bien des questions ». Le Conseil de sécurité devrait en tous cas se prononcer à partir de ce jeudi soir sur le projet de résolution.

SB

Au Venezuela, ce n'est pas une surprise, la coalition de l’opposition, que l'on appelle la MUD, a annoncé hier soir qu’elle ne participerait pas aux prochaines élections prévues le 22 avril prochain.

CP

Avec cette annonce de boycott, de non-participation, l'opposition laisse le champ-libre à Nicolas Maduro. Dans ces conditions, le président vénézuélien devrait être lors du scrutin présidentiel, réélu. Nicolas Maduro qui d'ailleurs profite de l'absence de l'opposition pour proposer que des élections législatives soient aussi organisées ce 22 avril. Avec deux ans d'avance. C'est au Conseil national électoral de trancher. On attend sa décision.

SB

Et de son côté la MUD ne veut pas être en reste, et elle réagit.

CP

L’opposition, dénonce un processus électoral qui ne garantit aucune transparence. Mais pas seulement comme l’explique à Efrain Rodriguez du service en langue espagnole de RFI, Alfredo Jimeno, il est membre de cette coalition de l’opposition.

"Il y a eu un grand débat entre tous les partis de la MUD, de la coalition de l’opposition. Lors de ce débat nous avons entendus de nombreux arguments sur le fait que nous ne pouvons pas participer à des élections convoquées le 22 avril prochain par une assemblée constituante que nous ne reconnaissons pas. Des arguments de poids. Il faut savoir qu’au Venezuela nous n’avons pas de véritable choix. Nous participons, nous votons, mais aujourd’hui nous ne pouvons pas choisir étant donné le mode de fonctionnement du système électoral vénézuélien. Car il existe un contrôle social continu dans tout le processus. Un système qui permet d’acheter des votes en échange de denrées alimentaires, avec aussi des cartes de citoyen qui te permettent d’obtenir de l’argent ou alors tout simplement des menaces pour inciter les gens à voter en faveur du gouvernement."

SD

Le président américain n'en démord pas, il en est certain: si les enseignants étaient armés il y aurait moins de tuerie dans les établissements scolaires.

CP

Selon Donald Trump, cela aurait un effet dissuasif. Un argument employé depuis longtemps déjà par la NRA. C'est le lobby des armes. Ce sont les représentants des fabriquant d'armes aux Etats Unis, qui font pression régulièrement sur les politiques depuis des années pour que les lois sur les ventes d'armes ne réduisent pas leur nombre de clients.

SD

Qu'en pensent les professeurs, Céline? 

CP

La présidente du plus grand syndicat d'enseignants américain, affirme au contraire que : "Les parents et les éducateurs rejettent massivement l'idée d'armer les personnels scolaires". Le gouvernement américain est scruté après la tuerie dans le lycée de Parkland qui a fait dix-sept morts la semaine dernière.

SD

Les Etats Unis, justement, avec la mafia du remorquage.

CP

A New York, si vous avez un problème de voiture sur une route, une société de remorquage devra la déplacer jusqu'au garage automobile. Et bien cette entreprise de remorquage utilisait des méthodes violentes et illégales pour avoir le monopole du secteur. Et elle y était presque parvenue, à être la seule à travailler sur les routes new-yorkaises. Mais la justice s'en mêle. Le procureur de Manhattan vient d'inculper dix-sept personnes pour corruption, fraude, et conspiration. Victor Zammit, cette entreprise avait des méthodes bien rodées et avait fait fortune.

Tout était savamment pensé. Imaginez : vous conduisez votre voiture à New York, vous avez un accident, la police arrive puis appelle une dépanneuse. Et pour répartir équitablement le travail entre les diverses entreprises de remorquage, les policiers alternent les compagnies. Jusqu'ici, pas de problème. Sauf que, et c'est là l'escroquerie, la plupart de cette dizaine de sociétés appartiennent en réalité à une seule et même entreprise : l'entreprise Steininger, du nom de son patron Daniel Steininger. Mais la fraude ne s'arrête pas là. Pour contrer leurs concurrents, les salariés de Steininger : écoutaient les fréquences radio de la police pour localiser les accidents, endommageaient les véhicules de la concurrence, et frappaient même parfois ses chauffeurs. S sans oublier la fraude à l'assurance. Bref un véritable système mafieux. Résultat : l'entreprise gonflait ses factures de remorquage et de réparation, puisque de facto elle était la seule sur le marché. Un commerce très lucratif : le procureur cherche à récupérer quelques vingt millions de dollars liés selon lui à ses activités illégales. Le coup de filet d'hier devrait selon le procureur de Manhattan permettre le rétablissement d'une "concurrence légitime".

SD

Avec plusieurs mois de décalage, Céline, le mouvement "Me Too" arrive en Corée du Sud.

CP

"Me too" qui veut dire "moi aussi" en anglais. Ce mouvement qui dénonce des abus sexuels, a débuté début octobre aux Etats Unis dans la foulée de l’affaire Weinstein. Mais elle n'avait pas eu d'écho dans "le pays du matin calme". La Corée du Sud a une très bonne réputation en matière d’égalité des sexes. Mais c'est que les femmes ne parlaient pas des harcèlements qu'elles vivaient. Seulement, la coupe est pleine, la parole ici se libère également. Depuis plusieurs semaines les scandales se multiplient, impliquant des personnalités des milieux artistiques et de celui des affaires. Correspondance à Séoul de Fréderic Ojardias.

Ce sont les révélations d’une procureure qui ont lancé le mouvement : en janvier, celle-ci avait raconté les attouchements sexuels de la part d’un supérieur et les efforts de sa hiérarchie pour torpiller sa carrière, parce qu’elle avait osé en parler. Depuis, les scandales s’accumulent en Corée du Sud. Une actrice accuse le célèbre réalisateur Kim Ki-duk de l’avoir battue et forcée à tourner des scènes de sexe qui n’étaient pas prévues dans le scénario. Un dramaturge, Lee Youn-taek, est soupçonné de viol. Le très réputé poète Ko Un, étudié dans les écoles, est accusé de harcèlement sexuel par une consœur, Choi Young-mi, qui a déclaré avoir vu dans le milieu littéraire coréen « un nombre incalculable de cas d'agressions sexuelles ». Dans le monde de l’entreprise, c’est le président de la compagnie aérienne Asiana qui a été accusé d’attouchements sur des hôtesses de l’air. La société coréenne est très patriarcale et les crimes sexuels sont souvent passés sous silence, les victimes n’osant pas porter plainte. Mais, encouragée par le mouvement « Me Too », la parole commence à se libérer.

SD

Dans le nord de la France maintenant, c'est une bataille des mots et des noms qui prend fin.

CP

Les auditeurs du journal en français facile le savent bien, les mots ont leur importance. C'est pourquoi depuis dix ans, les producteurs de lait normand et tous ceux qui produisent du fromage camembert ont enfin levé le drapeau blanc de la trêve. En 2021 il n'y aura plus qu'une seule étiquette pour ce fromage à pâte molle qui indiquera: Camembert de Normandie AOP, c’est une appellation d'origine contrôlée. C'est-à-dire que pour faire des fromages qui s'appellent camembert il faut les faire selon des règles très strictes.

C'est la fin de cette édition du journal en français facile, réalisé par Pauline Leduc. Avec Sébastien Duhamel.

Article publié le 22/02/2018

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