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Infos en français facile : Édition du 14/02/2018 20h00

Transcription

Céline Pellarin : Vous écoutez RFI, il est 20 h en temps universel, 21h à Paris. Vous écoutez votre Journal en français facile, merci et bienvenue. Avec moi ce soir pour vous le présenter : Zéphirin Kouadio. Bonsoir Zéphirin.

Zéphirin Kouadio : Bonsoir Céline, bonsoir à tous.

CP : Afrique du Sud, le suspens se poursuit. Jacob Zuma va-t-il céder à l'ultimatum posé par son propre parti l'ANC et démissionner de son poste de président ? Il a en tout cas convoqué la presse pour faire sa déclaration.

ZK : L’Irak obtient trente milliards de dollars de la communauté internationale pour reconstruire son territoire ravagé par trois ans de guerre contre les djihadistes. Bagdad avait annoncé avoir besoin de quatre-vingt-huit milliards. Ce soutien financier sera-t-il suffisant ? Précisions de notre envoyé spécial dans quelques minutes.

CP : Enfin on parlera de Saint-Valentin, comme nous sommes le 14 février. Mais l'amour entre deux personnes cela peut être compliqué dans de nombreux pays. C'est le cas en Inde où le système de caste est défendu avec violence par des extrémistes religieux.

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ZK : En Afrique du Sud, le feuilleton présidentiel continue.

CP : Le chef de l'État, Jacob Zuma a annoncé qu'il allait donner sa décision de démissionner ou pas ce soir. Après des années de polémiques et de sandales dans lesquelles Jacob Zuma est empêtré, l’ANC le lâche. Son parti lui a demandé de démissionner hier. Une demande qui a eu comme réponse, le silence du chef de l'État sud-africain. Le parti au pouvoir a donc haussé le ton et a posé un ultimatum, une échéance limite pour se décider. Finalement ce midi le président Zuma a réagi, en adoptant une posture de victime.

« Au cours des discussions, il est devenu clair que les gens disaient : "Zuma doit partir ". Ce n’est pas nouveau. Ça a été dit à plusieurs reprises toute l’année. Mais ces gens-là n’ont jamais donné leurs raisons. C’est pour ça que je trouve très bizarre que mon organisation me dise maintenant "tu dois partir". Car nous avons désormais deux présidents. Un a la tête de l’ANC, un à la tête du pays, et tout ça en ne suivant aucune procédure de l’ANC. Il n’y a rien de cette nature. »

CP : Jacob Zuma, le président sud-africain dont on attend la prise de parole d'ici quelques minutes pour savoir s'il a l'intention ou non de démissionner.

ZK : Après trois jours de conférence au Koweït, la communauté internationale s'est engagée à débloquer des milliards de dollars pour reconstruire l'Irak.

CP : Le pays a en effet été ravagé par trois ans de guerre contre le groupe État islamique. Les promesses d'aides des pays réunis pour cette conférence au Koweït atteignent trente milliards de dollars selon les autorités irakiennes. Est-ce que ce soutien financier sera suffisant pour rebâtir le pays ? Bagdad n'en est pas convaincu. Les précisions de notre envoyé spécial au Koweït Wilson Fache.

Les autorités irakiennes avaient estimé en début de semaine le coût total de la reconstruction à quatre-vingt-huit milliards de dollars. Selon eux ce n'est donc pas assez, mais néanmoins une première étape encourageante. Il faut dire qu'ici au Palais de Bayan, où s'est réunie la communauté internationale, on craignait récolter moins encore. Donc ces promesses de soutiens financiers sont perçues comme un soulagement. Soixante-seize États et cinquante et un fonds de développement étaient présents, ainsi que les Nations Unies et l'Union européenne. Les pays du Golfe avancent une grande partie de ces trente milliards de dollars, avec le Koweït en tête qui promet deux milliards de prêts et investissements. L'Arabie Saoudite, elle, n'apporte, entre guillemets, « que » un milliard et demi. D'après un diplomate, l'accord était que les pays occidentaux, les États-Unis en tête, financeraient en Irak l'effort de guerre tandis que l'Arabie Saoudite payerait pour la reconstruction. Mais empêtré dans une guerre au Yémen et avec la chute des cours de brut ces dernières années, le montant proposé est finalement en deçà des espérances. La surprise est en fait venue de la Turquie, qui a proposé le montant le plus élevé de tous les pays présents en promettant un crédit de cinq milliards.

ZK : L'Argentine offre cinq millions de dollars pour retrouver son sous-marin disparu le 15 novembre dernier.

CP : Malgré l'aide internationale, Buenos Aires est incapable de localiser l'épave. Quarante-quatre membres d'équipage se trouvaient à son bord lorsque le submersible a disparu des écrans radars. Le président argentin Mauricio Macri a reçu la semaine dernière les proches des marins et leur a annoncé cette initiative financière pour leur apporter, un jour, des réponses.

ZK : Ce mercredi, dans l'État américain de Floride, une fusillade a lieu dans un lycée.

CP : Selon les pompiers il y aurait entre vingt et cinquante blessés. Peut-être des morts. Selon le chef de la police de Parkland, c'est un homme seul qui a ouvert le feu dans l'établissement scolaire. Pour l'instant il n'a toujours pas été arrêté. Sur les images de la télévision locale, on peut voir des files de lycéens sortir les mains en l'air de leur école.

ZK : Aux États unis toujours, le président est critiqué pour avoir soutenu un de ses collaborateurs, accusé de violences sur ses deux ex-épouses.

CP : Donald Trump a d'ailleurs dû affirmer devant la presse, qu'il était je cite « totalement opposé aux violences conjugales ». Ce sont les violences physiques ou psychologiques qui sont commises au sein d'un couple.

ZK : Au Maroc la lutte contre les violences faites aux femmes fait un grand pas en avant, avec l'adoption d'une loi.

CP : Un projet législatif qui était en discussion depuis 2013 et qui avait provoqué de vifs débats au Maroc. Le projet de loi punit pour la première fois « certains actes considérés comme des formes de harcèlement, d'agression, d'exploitation sexuelle ou de mauvais traitement ». Mais des associations féministes estiment déjà que ce texte est « insuffisant ». Car le projet de loi passe sous silence le problème du viol conjugal. C'est une relation sexuelle qui est imposée dans un couple alors que l'un des deux époux n'est pas consentant, qu'il ne veut pas.

ZK : Direction la Chine où la lutte contre la corruption fait une nouvelle victime dans les hautes sphères politique et économique du pays.

CP : Cette fois-ci, c'est Lu Wei qui chute, un homme puissant. Il est exclu du Parti Communiste Chinois. Il dirigeait la puissante administration du cyberespace, qui s'occupait de gérer l'internet chinois. Son dossier a été transmis à la justice, Heike Schmidt.

En 2015, le magazine Times l'avait élu comme étant l'une des cent personnalités les plus influentes du monde. Aujourd'hui, Lu Wei, tombé en disgrâce en novembre dernier, ne fait plus parti du sérail des puissants et doit désormais craindre de passer le restant de ses jours derrière les barreaux. La Commission d'inspection disciplinaire, la police anti-corruption au sein du parti, a publié une longue liste énumérant tous ses méfaits : L'ex-roi de la censure, « tyrannique et sans scrupules », aurait « abusé de son pouvoir pour son profit personnel ». Il aurait « cherché par tous les moyens la célébrité », et « trompé le gouvernement central » en se montrant « extrêmement déloyal ». Comme si cela n'aurait pas suffi pour le discréditer, les gendarmes du parti lui reprochent aussi d'avoir « souvent fréquenté des clubs privés ». La chute de Lu Wei n'est pas une bonne nouvelle pour les patrons de la Silicon Valley qui avaient courtisé cet austère technocrate communiste avec insistance, à l'instar du fondateur de Facebook Marc Zuckerberg lorgnant sur le web chinois, le plus grand marché du monde avec ses sept cent soixante-dix millions d'internautes.

ZK : On reste en Asie, en passant de la Chine à l'Inde pour parler d'un tout autre sujet : l'amour.

CP : Et plus précisément l'amour entre deux personnes qui ne sont pas issues de la même caste. Une caste c'est un groupe social ou religieux fermé, et les castes sont organisées, hiérarchisées. Et les relations entre les Indiens de castes différentes restent très compliquées.

ZK : D'ailleurs de nombreux groupuscules, qui sont des factions religieuses extrémistes, n'hésitent pas à avoir recours à la violence pour faire respecter leur conception de la pureté des castes.

CP : Alors à l'occasion de la Saint-Valentin, une ONG a décidé d’agir pour protéger les amoureux. Reportage d'Antoine Guinard.

Chaque 14 février c'est la même rengaine en Inde. Plusieurs organisations hindouistes, pour certaines totalement obscures, montent au créneau. Menaçant de s'en prendre aux jeunes couples. Une des plus importantes le Bajrang Dal, réputée pour ses actions violentes, a déconseillé ces derniers jours les restaurants et les bars de la ville d’Iderabad dans le sud du pays, d'organiser des évènements « spécial Saint-Valentin ». Mais depuis plusieurs années, la résistance s'organise. Abhijeet Kamble a fondé l'ONG Right to Love ou « droit à l'amour » en 2015, révolté par le passage à tabac d'un couple la même année dans sa région du Maharashtra. Il a récemment fait une demande inédite : la création dans la ville de Pune, d'un parc réservé aux couples: « Il y a des gens en Inde qui s'indignent même lorsqu'un frère et une sœur, ou un couple marié marchent ensemble dans la rue ! Mais l'amour n'est pas un crime. Nous voulons un parc ou les garçons et filles qui sont amoureux peuvent passer du temps ensemble en paix et apprendre à se connaître ». Depuis trois ans, Right to Love a aidé plus d’une cinquantaine de couples, à s'installer ensemble alors que leurs familles respectives s'y opposaient. Selon Abhijeet Kamble, la plupart de ces couples sont intercastes ou interreligieux, ce qui reste un énorme tabou en Inde et donnent régulièrement lieu à des crimes d'honneur.

CP : C'est la fin de cette édition, réalisée par Javier Gonzalez. Et présenté avec Zéphirin Kouadio. Merci à tous les deux. On se retrouve demain Zéphirin.

Article publié le 14/02/2018

RFI - Radio France Internationale