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Infos en français facile : Édition du 07/09/2018 20h00

Transcription

Loïc Bussières : 22h à Paris, 2h de moins en temps universel. Bonsoir et bienvenue si vous nous rejoignez pour cette nouvelle édition de votre Journal en français facile. Mehdi Meddeb est à mes côtés pour vous présenter cette édition. Bonsoir Mehdi.

Mehdi Meddeb : Bonsoir.

LB : À la une ce soir : un sommet en forme d’impasse, à Téhéran. Les présidents russes iraniens et turcs y étaient réunis pour évoquer le dossier syrien. À l’arrivée, chacun reste campé sur ses positions, les détails, dans un instant.

MM : Au Brésil, un candidat à la présidentielle poignardé en plein meeting. Le député d’extrême droite Jaïr Bolsonaro, favori des sondages, a été opéré d’urgence à un mois du premier tour.

LB : Dans ce journal, nous reviendrons également sur cette affaire qui fait grand bruit en Belgique : une vidéo dans laquelle une présentatrice de la RTBF se plaint du racisme des téléspectateurs.

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MM : Une nouvelle réunion autour du dossier syrien. C’était aujourd’hui, à Téhéran, à la table des discussions les Présidents turc, russe et iranien.

LB : Les trois dirigeants se penchaient plus particulièrement sur le sort de la province d’Idlib, dernier bastion rebelle en Syrie et contre lequel le régime souhaite mener une importante offensive militaire. Mais ce sommet à trois aura été l’occasion d’un désaccord public entre la Moscou et Téhéran d’un côté, qui soutiennent militairement et politiquement le régime syrien, et de l’autre la Turquie, favorables aux groupes armés d’opposition. Siavosh Ghazi.

Les présidents russe et iranien ont fait front communs pour rejeter un cessez-le-feu immédiat à Idlib comme le réclamait le président turc. Le président Erdoğan a demandé à plusieurs reprises lors de ses interventions retransmises en direct par la télévision iranienne que la demande d’un cessez-le-feu immédiat à Idlib soit intégrée dans la déclaration finale du sommet, mais Valadimir Putin et Hassan Rohani ont refusé poliment. Le gouvernement syrien « a le droit » de reprendre le contrôle de la totalité de son territoire, a répondu Vladimir Poutine alors qu’une offensive du pouvoir syrien et de ses alliés pour reprendre le contrôle d’Idleb, la dernière poche rebelle en Syrie, semble imminente. Finalement, le président iranien, un peu embarrassé, a proposé comme solution que la déclaration finale du sommet demande que tous les groupes terroristes présents à Idlib déposent les armes. Mai un peu plus tard, il a ajouté que la région d’Idlib doit être nettoyée des groupes terroristes, terme utilisé par Damas et Téhéran pour désigner tous les groupes armés présents en Syrie. Le président Rohani a aussi affirmé que l’Iran allait poursuivre sa présence en Syrie. Nous sommes présents dans ce pays à la demande du gouvernement de Damas, a déclaré Hassan Rohani. En revanche, il a demandé le départ immédiat des forces américaines de la Syrie.

MM : Dans le même temps, à Idlib en Syrie, plusieurs centaines de personnes manifestaient ce vendredi, précisément pour dénoncer ce sommet de Téhéran.

LB : A noté également cette autre manifestation, mais en Irak où des centaines de personnes ont incendié le consulat iranien dans la ville de Bassora en proie à des violences ces derniers jours. L’ensemble de la ville était ce soir placée sous couvre-feu.

MM : En bref, les négociations de paix sur le Yémen toujours en suspens.

LB : Les discussions entre les différents acteurs n’ont toujours pas débuté. Les rebelles Houthis qui se trouvent toujours à Sanaa posent des conditions pour se rendre à Genève, tandis que la délégation gouvernementale menace de quitte la Suisse si ses opposants n’arrivent pas rapidement.

MM : Le dossier des Rohingyas et cette annonce des autorités birmanes.

LB : Elles rejettent « résolument » la décision de la Cour pénale internationale qui disait hier se déclarer compétente pour enquêter sur la déportation de la minorité musulmane. Le Gouvernement birman, qui met en cause le fondement juridique de la CPI, affirme n’avoir aucune obligation de suivre ses décisions.

MM : Et puis au Japon, bilan revu à la hausse après le séisme qui a touché l’île septentrionale d’Hokkaido.

LB : L’île la plus au nord de l’archipel. Au moins 20 personnes ont perdu la vie suite notamment à des glissements de terrain. Les secouristes s’activent toujours pour tenter de retrouver d’éventuels survivants. La secousse de 6,7 sur l’échelle de Richter a également fait d’importants dégâts matériels.

MM : À la une également, la campagne présidentielle bouleversée au Brésil après l’agression au couteau de l’un de ses candidats.

LB : En l’occurrence Jair Bolsonaro, favori des sondages. Il a été poignardé hier en fin d’après-midi lors d’un bain de foule. Le candidat d’extrême droite est dans un état stable, mais pourrait mettre deux mois à se remettre de ses blessures. Quant à son agresseur, il semble souffrir de troubles psychologiques. Marie Normand.

Adelio Bispo de Oliveira, un homme de 40 ans a déclaré à la police militaire avoir agi « pour raisons personnelles » et « sur l’ordre de Dieu ». Son avocat a aussi avancé des motifs religieux, sur une chaine de télévision. Il précise que son client n’avait pas l’intention de tuer. Selon la reconstitution des faits, Adelio Bispo de Oliveira est sorti de chez lui avec un couteau pour rejoindre la marche des partisans de Jair Bolsonaro dans la ville de Juiz de Fora. Et c’est lorsque le candidat est passé à côté de lui, porté sur les épaules de ses sympathisants, qu’il l’a frappé au niveau de l’abdomen. Sur son profil Facebook, l’agresseur avait posté des messages critiques contre le député d’extrême droite. On sait aussi, le Tribunal supérieur électoral l’a confirmé, que Bispo de Oliveira avait milité au sein du parti de gauche Socialisme et liberté, c’était de 2007 à 2014. Jair Bolsonaro va rester hospitalisé plusieurs jours. Il ne pourra donc pas faire campagne normalement. Ce qui est sûr, c’est que cet évènement aura une influence sur le vote des Brésiliens, dans tout juste un mois.

MM : 16h à Washington. C’est une figure de l’extrême droite américaine, Alex Jones n’a plus le droit de Twitter.

LB : Célèbre pour avoir propagé des thèses conspirationnistes, Alex Jones était déjà suspendu depuis le mois d’août des plateformes Facebook et YouTube. C’est une altercation filmée avec un journaliste hier dans les couloirs du congrès qui lui vaut cette expulsion du réseau social. Les précisions de notre envoyée spéciale permanente à Washington Anne Corpet.

« Les vidéos diffusées par Alex Jones et son site Info War violent notre politique de comportement abusif. Nous les suspendons définitivement » a annoncé Twitter qui rappelle les violations passées de ces comptes. Alex Jones est une célébrité dans les milieux conspirationnistes de l’extrême droite américaine. Il a notamment fait circuler l’idée que le massacre dans l’école maternelle de Sandy Hook était une mise en scène : 26 personnes dont 20 enfants avaient été tués. Mais la politique de Twitter n’interdit pas la désinformation et c’est une altercation au cours de laquelle il a insulté un journaliste de CNN qui lui vaut d’être écarté du réseau social. Alex Jones était au congrès pour assister à l’audition du patron de Twitter. Il en a profité pour prendre à partie la presse, mais aussi un sénateur qu’il a interrompu pendant une interview. « C’est une guerre », a déclaré l’animateur conspirationniste sur son site internet après son éviction de Twitter. Il a appelé ses admirateurs à relayer sa parole sur leurs propres comptes. Mais sa disparition complète des réseaux sociaux risque de nuire sérieusement à sa visibilité.

MM : Après le mot-dièse #balancetonporc, une présentatrice météo de la télévision belge fait sensation avec une autre expression : #balancetoncon.

LB : C’est la réponse qu’a trouvée Cécile Djunga aux attaques racistes dont elle est la cible. La « miss météo » de la RTBF a mis en ligne sur les réseaux sociaux une vidéo où elle rapporte les derniers propos insultants de téléspectateurs. Une vidéo qui a fait le tour de la toile et qui est très commentée en Belgique. Et dans laquelle Cécile Djunga propose aux téléspectateurs racistes de couper leur télé et d’ouvrir un livre pour changer. Pierre Benazet.

Cécile Djunga présente la météo à la RTBF depuis l’été 2017 et dès ses premiers passages, elle avait déjà essuyé des commentaires racistes de la part de téléspectateurs belges. Le flot des propos malveillants sur sa couleur de peau ne s’est pas tari depuis, mais elle n’a pas digéré le dernier coup de téléphone reçu par la RTBF : une téléspectatrice la jugeait trop noire et déplorait ne rien voir d’autre sur son téléviseur que les vêtements de la présentatrice. C’est ce dernier commentaire qui a provoqué le coup de gueule de Cécile Djunga. Même si Cécile Djunga estime avoir réagi à chaud, sa vidéo lui a valu de nombreuses marques de soutien, dont celui du patron de l’audiovisuel public belge qui dénonce le torrent de boue dont elle est victime et envisage des poursuites contre les détracteurs de la présentatrice.

Article publié le 07/09/2018

RFI - Radio France Internationale