Cliquez sur le logo pour apprendre le français

[Télécharger le journal]

Infos en français facile : Édition du 06/05/2018 20h00

Transcription

Romain Auzouy : Vous écoutez RFI il est 22h à Paris, 20h en TU. C'est l'heure de votre journal en français facile. Présenté ce soir en compagnie d'Édouard du Penhoat, bonsoir.

Édouard du Penhoat : Bonsoir Romain, bonsoir à tous.

RA : À la une de l'actualité ce soir : Une journée d'élections. Élections municipales en Tunisie. Élections législatives au Liban. Ces deux scrutins marqués par une faible participation.

EP : En Turquie, un discours de début de campagne. Prononcé ce dimanche par Recep Tayyip Erdogan. Le 24 juin prochain aura lieu dans le pays des élections présidentielles et législatives.

RA : Et puis à la fin de cette édition, nous retrouverons Yvan Amar pour l'expression de la semaine. Il s'agit de « la fête à Macron ».

-----

EP : En Tunisie, les élections municipales n'ont donc pas déplacé les foules.

RA : Cela veut dire que la participation a été faible. Pourtant ce sont les premières élections municipales libres qui étaient organisées ce dimanche dans le pays. En fin d'après-midi, une heure avant la fermeture des bureaux de vote, le taux de participation n'était que de 25%. À Tunis pour RFI,Perrine Massy.

Même les estimations les plus pessimistes ne tablaient pas sur une telle abstention. Alors certes ce taux est provisoire, il devrait évoluer au fil des heures et des jours, mais personne ne croit à un miracle. Cet après-midi dans les bureaux de vote, responsables et observateurs ne cachaient pas leur déception en voyant les électeurs traîner des pieds. Déception plus forte encore face au peu de mobilisation des jeunes électeurs, très remarquée aujourd’hui. En guise de consolation, l’absence d’incidents majeurs lors des opérations de vote. Celles-ci se sont plutôt bien déroulées à en croire les informations de l’Isie. C’est aussi l’avis de Mourakiboun, le plus grand réseau d'observateurs du pays, qui a déployé 3000 bénévoles dans les 350 municipalités tunisiennes. Eux ont remarqué des lacunes dans l’organisation, plus que lors des élections précédentes, mais rien qui ne remette en cause l’ensemble du scrutin. Enfin sur le plan sécuritaire, alors que certains s’inquiétaient de possibles attentats lors de ces élections, aucun problème n’a été signalé. Les bureaux de vote qui se trouvaient dans les régions frontalières, près de l’Algérie où le risque terroriste est jugé élevé, ont fermé plus tôt que les autres, à 16h. En tout 60.000 policiers et militaires étaient déployés dans tout le pays pour ces municipales.

RA : Et selon un sondage de sortie des urnes, le parti Ennahda est le vainqueur de ces élections municipales, avec 27,5% des voix. Viendrait ensuite avec 22,5% des voix Nidaa Tounès, le parti qui est allié à Ennahda au sein d'un gouvernement d'union nationale. Nidaa Tounès qui reconnait sa défaite, c'est ce qu'indique le chargé des affaires politiques du parti. Les résultats définitifs sont prévus mercredi prochain.

EP : Autre scrutin ce dimanche : des élections législatives au Liban.

RA : Et là aussi la participation s'annonce peu importante. Une heure avant la fermeture, moins d'un électeur sur deux s'était déplacé pour aller voter. Il s'agissait des premières élections législatives depuis neuf ans au Liban. Mais selon les experts il ne devrait pas y avoir de grands changements, et le futur Parlement devrait être dominé par les partis traditionnels.

EP : Au Pakistan, le ministre de l'Intérieur blessé par balles.

RA : Il a été touché au bras droit, mais sa vie n'est pas en danger. Cela s'est déroulé lors d'un meeting électoral du parti au pouvoir, dans le nord-est du pays non loin de la frontière avec l'Inde, et à quelques mois des élections législatives dont la date n'a pas encore été fixée. L'assaillant a été arrêté.

EP : Direction à présent la Turquie où Recep Tayyip Erdogan s'est exprimé ce dimanche devant plusieurs milliers de partisans.

RA : En toile de fond de ce discours, il y a les élections présidentielles et législatives anticipées qui sont prévues le 24 juin prochain en Turquie. Pendant une heure et quart, le Président turc a exposé ses ambitions. Cela s'est déroulé à Istanbul. Notre correspondant, Alexandre Billette était sur place.

C’était le premier vrai discours de campagne de RTE, devant des milliers de personnes, dans « sa » ville, Istanbul, la ville dont il a été le maire dans les années 90. Un discours de lancement de campagne, où il a longuement défendu ce nouveau régime présidentiel qui a été fait sur mesure pour lui, et qui va voir le jour après ce scrutin : le 24 juin va être une date fondatrice pour la Turquie a dit RTE. Il a évoqué la stabilité du pays, mais aussi : la croissance économique, moins d’inflation, des taux d’intérêt bas brefs, beaucoup d’économie dans ce discours comme pour conjurer justement cette crise économique que plusieurs évoquent pour la Turquie dans les prochains mois. RTE qui a aussi été très virulent en matière de politique étrangère, il a promis d’autres interventions militaires extérieures comme celle d’Afrin, sans préciser lesquelles. Bref RTE est de retour en campagne électorale, et on peut s’attendre dans les prochaines semaines à plusieurs discours de ce genre, des discours très corrosifs et des déclarations probablement aussi parfois très provocatrices.

EP : En France, retour sur une chaîne humaine qui s'est déroulée hier dans l'Isère, département du sud-est du pays.

RA : 300 personnes se tenant la main dans un village du massif du Vercors. Leur mot d'ordre : non aux compteurs Linky. Il s'agit de compteurs connectés, qui sont de plus en plus nombreux à être installés en France. Mais les protestataires dénoncent des dangers pour la santé. Parmi eux, il y a des politiques, notamment des écologistes et des militants de La France Insoumise. Les explications d'Anna Piekarec.

En France, chaque jour 30 000 nouveaux compteurs Linky sont installés. Leur particularité : ils sont connectés ce qui permet de transmettre directement au fournisseur les données de la consommation de l’électricité de chaque abonné. Mais selon Danielle Simonnet, conseillère de La France Insoumise à Paris, ce déploiement se fait au mépris du droit à la santé et des libertés individuelles: (Transcription manquante). Plus de 5000 Français se sont déjà lancés dans une action judiciaire collective contre Linky. Pour eux aucune recherche sérieuse n'a été menée sur les effets possibles du compteur sur la santé et les libertés. Ils demandent donc de différer l’installation des appareils, voire réclament leur retrait.

EP : En football, actuellement se déroule le Classico du championnat espagnol.

RA : Le FC Barcelone accueille le Real Madrid. Match sans enjeu au classement puisque les Barcelonais sont déjà assurés de remporter le titre. Mais la rivalité entre les deux équipes reste féroce.

EP : Et puis le football en France, avec actuellement la fin de la 36e journée de Ligue 1.

RA : L'Olympique de Marseille reçoit Nice. Victoires un peu plus tôt dans la journée de Lyon et de Monaco. Les Lyonnais confortent leur deuxième place au classement, loin derrière le Paris Saint-Germain, déjà assuré de remporter le titre.

RA : RFI 20h08 ici à Paris, l'heure de retrouver comme chaque dimanche l'expression de la semaine. Vous l'avez entendue à plusieurs reprises depuis hier dans les journaux de RFI, il s'agit de « la fête à Macron ». Yvan Amar.

La fête à Macron ! Une formule à double entente pour désigner la manifestation d’hier. Mais un tout petit peu d’attention aux informations, et on comprend très vite qu’il s’agit d’un titre ironique : les manifestants qui ont voulu faire « la fête à Macron » à l’occasion du premier anniversaire de son élection ont voulu montrer leur mécontentement. Et cette expression familière est fréquente en français : quand on dit « on va lui faire sa fête ! Ca va être sa fête ! », ça sonne comme une menace, et bien souvent comme une menace physique : on va s’occuper de toi, tu ne perds rien pour attendre. La fête est ordinairement un sens très positif : on célèbre. Mais justement, comme on célèbre, on sort de l’ordinaire, on se permet des comportements qui ne sont pas de tous les jours. Et justement, ceux qui ont organisé cette démonstration de méfiance et même de colère ont joué sur les deux sens du mot : il faut que ce soit une fête, un rassemblement bon enfant, et surtout sans violence, pour rattraper les débordements du 1er mai : il faut qu’on rie et qu’on s’amuse ! Et en même temps, il faut qu’on montre bien que cette bonne humeur n’empêche pas le rejet politique. Et l’aspect familier de la phrase est souligné par la préposition « à » : non pas la fête de Macron, mais la fête à Macron. C’est bien cette manière de dire qui fait comprendre qu’une partie de la phrase est sous-entendue : on va lui faire sa fête, c’est ce que ça veut dire. Et c’est familier, certes, mais c’est très ancien : on n’a qu’à se souvenir de la bande à Bonnot, cette association de malfaiteurs du début du 20e siècle, qui s’était spécialisée dans les attaques de bande, et qui étaient les premiers à s’enfuir en voiture, ce qui les rendait pratiquement irrattrapables.

Article publié le 06/05/2018

RFI - Radio France Internationale