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Infos en français facile : Édition du 05/11/2018 20h00

Transcription

Romain Auzouy : Vous écoutez RFI il est 21h à Paris, 20h en temps universel. C’est l’heure de votre Journal en français facile. Présenté en compagnie de Sylvie Berruet, bonsoir Sylvie.

Sylvie Berruet : Bonsoir Romain, bonsoir à tous.

RA : À la une de l’actualité ce soir : l’Iran promet de contourner les sanctions américaines. Nouvelle série de sanctions imposées ce lundi par Washington, elles concernent les secteurs pétroliers et financiers.

SB : Les États-Unis qui sont à la veille des élections de mi-mandat. Des scrutins considérés par beaucoup comme un référendum pour ou contre le président américain Donald Trump.

RA : En France au lendemain de la victoire du non au référendum en Nouvelle-Calédonie, les indépendantistes n’entendent pas abandonner leur combat. De nouvelles consultations pourraient avoir lieu dans les prochaines années.

SB : Et puis à la fin de ce journal, nous évoquerons une conséquence inattendue du réchauffement climatique. La cuvée 2018 de vin s’annonce inédite en Suède, grâce à un ensoleillement exceptionnel.

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SB : Toutes les sanctions américaines visant l’Iran sont désormais rétablies.

RA : Ces sanctions avaient été levées suite à la signature de l’accord sur le nucléaire iranien, en 2015. Mais après son élection Donald Trump a rejeté cet accord, et le président américain a promis de rétablir les sanctions qui frappent Téhéran : ainsi une première série de sanctions a à nouveau été mise en place cet été, et la seconde série annoncée ce lundi. Elle concerne les secteurs pétroliers et financiers. À noter toutefois que 8 pays importateurs de pétrole iranien sont provisoirement exclus de ces sanctions. Le détail avec Nicolas Falez.

Pression maximale sur l’Iran... Les dirigeants américains maintiennent leur objectif : Téhéran doit renoncer à son rôle régional, que Washington qualifie de « déstabilisateur ». En outre, les États-Unis martèlent que l’Iran doit accepter de négocier un nouvel accord nucléaire. Pour tenter d’y parvenir, les sanctions américaines asphyxient l’économie iranienne. Elles touchent aussi les pays qui commercent avec l’Iran, mais ce lundi le chef de la Diplomatie américaine Mike Pompéo a divulgué une liste de 8 pays autorisés à poursuivre leurs achats de pétrole iranien pendant les 6 prochains mois. « Nous avons décidé d’allouer des autorisations temporaires à quelques pays en fonction de circonstances spécifiques et d’assurer un marché pétrolier bien approvisionné. Les États-Unis accorderont ces exemptions à la Chine, à l’Inde, à l’Italie, à la Grèce, au Japon, à la Corée du Sud, à Taiwan et à la Turquie. » Selon l’administration américaine, certains de ces pays ont déjà considérablement réduit leurs importations de pétrole iranien et ont besoin de quelques mois supplémentaires. Mais à terme, rien ne dit que la Chine et l’Inde se plieront aux injonctions de Washington.

RA : Et le président iranien a réagi dans un discours télévisé au rétablissement des sanctions américaines. Des sanctions qu’Hassan Rohani entend « contourner avec fierté ».

SB : Les États-Unis qui sont à la veille des élections de mi-mandat.

RA : C’est un évènement considérable, toujours un exercice délicat pour le président en place. Particulièrement cette année où l’on parle de référendum pour ou contre Donald Trump. Les scrutins visent à renouveler l’ensemble des sièges à la Chambre des représentants, un tiers des sièges au Sénat, et puis plusieurs gouverneurs et élus locaux seront désignés à cette occasion. Rendez-vous donc demain mardi.

SB : Toujours aux États-Unis, le procès du plus grand narcotrafiquant du monde s’est ouvert ce lundi.

RA : Une première journée consacrée à la sélection des jurés. Le Mexicain Joaquin Guzman, c’est lui qui est jugé, est surnommé El Chapo. Il est connu pour ses évasions spectaculaires, et pour avoir dirigé pendant 25 ans l’un des cartels de drogue les plus puissants au monde. Un cartel c’est une organisation. Son portrait avec Margot Turgy.

En espagnol, « El Chapo » signifie « le petit ». Joaquin Guzman doit ce surnom à sa taille : moins de 1,70 m. Mais ce surnom est à l’opposé de son ambition. Originaire de l’État du Sinaloa, au nord-ouest du Mexique, il n’a que 15 ans quand il cultive ses premiers plants de cannabis. C’est dans les années 80 que « El Chapo » entre réellement dans le trafic de drogue, et pas auprès de n’importe qui : Miguel Angel Felix Gallardo est le « parrain » du trafic de cocaïne au Mexique. L’arrestation de Gallardo en 1989 et des tensions internes poussent El Chapo à retourner dans l’État du Sinaloa. Il prend les rênes du cartel de drogue local et en fait le plus puissant au monde. Il pèserait aujourd’hui 20 milliards de dollars. Le chef du cartel de Sinaloa se forge aussi une image publique, grâce à deux évasions spectaculaires. En 2001, il s’échappe d’une prison de haute sécurité en se cachant dans un panier à linge. En 2015, il s’évade par un tunnel creusé sous la douche de sa cellule. Sa cavale prend fin en 2016 au Mexique. Les États-Unis obtiennent son extradition l’année suivante. Depuis, il est enfermé dans la prison qu’on surnomme le Guantanamo de New York. Son procès, reporté plusieurs fois, s’ouvre ce lundi à Brooklyn.

SB : En France, c’est l’heure des enseignements au lendemain du référendum sur l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie.

RA : Le non l’a emporté avec 56 % des voix, mais une forte percée des indépendantistes a été observée. Des indépendantistes qui n’entendent pas abandonner leur combat, ils espèrent que d’autres consultations seront organisées dans les prochaines années. Envoyé spécial de RFI à Nouméa, Julien Chavanne.

Ce référendum était pour eux un « galop d’essai ». Avant même le vote de dimanche, les indépendantistes pensaient déjà au coup d’après. Car deux nouvelles consultations peuvent être organisées, l’une d’ici deux ans. Si c’est le non qui l’emporte encore, un troisième référendum pourra se tenir en 2022. C’est écrit noir sur blanc dans l’accord de Nouméa signé il y a 20 ans. Et les indépendantistes comptent bien en profiter. Ils en ont les moyens, c’est-à-dire suffisamment d’élus au Congrès local pour le demander. Et leur score, plus élevé que prévu dimanche, leur donne une certaine légitimité. Le camp loyaliste lui aimerait tourner la page de l’indépendance totale. Deux autres référendums amèneraient, disent-ils, des tensions. L’incertitude ferait perdre du temps à la Nouvelle-Calédonie pour se développer. Cette question a été au cœur ici des rencontres d’Édouard Philippe avec les responsables politiques. Et le Premier ministre tente le « en même temps » version calédonienne : oui deux autres référendums sont possibles, mais pour lui, il faut aussi tenir compte de la victoire du « non », et penser à l’avenir du territoire. Tous ont rendez-vous le mois prochain à Paris pour tirer les leçons de ce scrutin. L’après-référendum attendra encore un peu. Julien Chavanne, Nouméa, RFI.

SB : Également dans l’actualité française, Emmanuel Macron poursuit son marathon des commémorations du centenaire de la Première Guerre mondiale.

RA : Hier à Strasbourg, le Président français était à nouveau dans l’est du pays aujourd’hui. Il s’est rendu sur le site de la bataille de Morhange, où les troupes françaises avaient connu la défaite. Emmanuel Macron a dévoilé une plaque commémorative sur laquelle il est inscrit « 100 ans après, leur sacrifice nous oblige à défendre la paix », en hommage aux soldats français.

SB : Et puis quand on parle de vin, on pense à la France, à l’Italie ou encore à la Californie. Mais pas forcément à la Suède.

RA : Et pourtant le royaume nordique cultive la vigne depuis le début des années 2000. Et cette année s’annonce exceptionnelle concernant le nombre de bouteilles produites, puisque les volumes ont doublé par rapport aux années précédentes. Et c’est une conséquence inattendue du réchauffement climatique. Les explications de notre correspondant Frédéric Faux.

Après un printemps précoce, suivi d’une canicule estivale qui a battu tous les records, les viticulteurs suédois ont eu en ce début d’automne une très bonne nouvelle à annoncer : leur récolte de raisin, au niveau national, a doublé, en passant de 100... à 200 tonnes. Des volumes qui feraient sourire n’importe quelle coopérative du sud de la France, mais qui sont un bel encouragement pour les viticulteurs suédois. Car la vigne, dans le royaume nordique, est une histoire récente. Les premières n’ont été plantées que dans les années 2000. Et aujourd’hui, le pays compte moins de 100 producteurs. Mais le changement climatique, qui a été à l’origine cet été de graves incendies dans les forêts suédoises, profite à d’autres cultures, comme celles de la vigne. Avec un avantage que n’ont pas d’autres régions. Lors que le raisin mûrit, en été, la Suède avec sa situation géographique très au nord offre à ses vignes des journées 25 % plus longues que celles dont bénéficient par exemple les châteaux bordelais. Un atout qui pourrait séduire, à terme, d’autres viticulteurs. Frédéric Faux, Stockholm, RFI.

SB : Et puis c’est parti pour une grande semaine de prix littéraires en France.

RA : Et le premier qui a été décerné aujourd’hui c’est le prix Fémina. Le lauréat est l’écrivain et journaliste Philippe Lançon pour son livre intitulé « le lambeau ». Un livre dans lequel il évoque l’attentat contre Charlie Hebdo en 2015, au cours duquel il a été grièvement blessé. Demain c’est le Prix Médicis qui sera décerné, avant le Renaudot et le Goncourt mercredi.

RA : Enfin en tennis, fin de saison pour Rafael Nadal. L’Espagnol est forfait pour la fin de la saison, cela veut dire qu’il ne jouera pas le dernier tournoi de l’année. Une décision lourde de conséquences puisque cela veut dire que le Serbe Novak Djokovic est assuré de terminer l’année à la première place.

Article publié le 05/11/2018

RFI - Radio France Internationale