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Infos en français facile : Édition du 05/04/2018 20h00

Transcription

Vous écoutez RFI il est 22 h à Paris, 20 h en temps universel.

Romain Auzouy : C'est l'heure de votre Journal en français facile. Présenté ce soir en compagnie de Sylvie Berruet, bonsoir Sylvie.

Sylvie Berruet : Bonsoir Romain, bonsoir à tous.

RA : À la une de l'actualité : les interrogations au Brésil. L'ancien président Lula peut être envoyé en prison à tout moment. Hier la Cour suprême a rejeté les demandes de ses avocats.

SB : Une décision rare en Russie : l'historien Iouri Dmitriev a été acquitté, c'est-à-dire que le tribunal a estimé qu'il était innocent. Il était accusé de pédopornographie, c'est-à-dire de fait de pornographie visant des enfants. Mais pour les soutiens de l'historien, cette affaire était inventée par les autorités.

RA : 20.000 personnes dans la rue selon les organisateurs. La contestation en Slovaquie. Les manifestants dénoncent des affaires de corruption, plus d'un mois après l'assassinat du journaliste d'investigation Jan Kuciak.

SB : Et puis à la fin de ce journal, nous évoquerons une bactérie qui inquiète les défenseurs de l'environnement : elle tue les oliviers. Après avoir touché l'Italie, elle se propage désormais en Corse.

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SB : Le Brésil est donc en état de choc au lendemain de la décision de la Cour suprême concernant Lula.

RA : La plus haute juridiction du pays a donc rejeté la requête des avocats de l'ancien Président. Ceux-ci demandaient que Lula reste en liberté jusqu'à ce que tous les recours soient utilisés. Les juges, donc, ont dit non. Cela veut dire que désormais Lula peut être arrêté et envoyé en prison à tout moment. Car en appel il avait été condamné à 12 ans de prison pour corruption. À quoi faut-il s'attendre dans les prochains jours ? Éléments de réponse avec Stéphanie Schüler.

C'est le juge Sergio Moro, en charge de l'enquête sur l'affaire Petrobras, qui décidera du moment fatidique. L'arrestation de Lula interviendra probablement en début de semaine prochaine. Il doit ensuite être incarcéré. Sauf que la jurisprudence en vigueur au Brésil interdit de mettre des personnes âgées de plus de 70 ans et qui présentent des problèmes de santé en prison. Or Lula en a 72, a été traité pour un cancer en 2012 et pourrait du coup se retrouver en résidence surveillée plutôt que derrière les barreaux. La question est maintenant de savoir si l'ancien syndicaliste -qui a toujours clamé son innocence dans l'affaire de corruption pour laquelle il a été condamné- pourra, oui ou non, participer à la prochaine présidentielle. Le Tribunal électoral ne validera les candidatures qu'au mois d'août. D'ici là, et même privé de liberté, Lula a promis de continuer à mener campagne. Un pari risqué, donc, pour sa famille politique qui joue à quitte ou double. Le Parti des travailleurs se tient officiellement toujours comme un seul homme derrière son icône, pour l'instant en tout cas.

SB : On parle à présent d’une autre décision de justice, en Russie cette fois.

RA : L'historien Iouri Dmitriev était jugé pour pédopornographie c'est-à-dire des faits de pornographie qui visent les enfants. Des accusations qu'il rejette. Et l'homme, aujourd’hui, a été acquitté. Iouri Dmitriev est le président de l'ONG Mémorial en Carélie, c’est dans le nord-ouest de la Russie. À travers ce procès les partisans de l'historien dénoncent une tentative des autorités d'imposer le silence à Iouri Dmitriev, car ses travaux ont révélé les pages sombres de l'URSS. Correspondance d'Étienne Bouche.

Iouri Dmitriev est finalement sorti libre du tribunal de Petrozavodsk ce jeudi. Il a été acquitté des accusations de pédopornographie, mais il a écopé de deux ans et six mois de contrôle judiciaire pour détention illégale d'armes. Ce jugement est une surprise. Le parquet avait requis neuf ans de camp, et les acquittements sont rares en Russie. L'historien de 62 ans était accusé d'avoir réalisé des images « pornographiques » de sa fille. Une affaire dénoncée par lui et ses proches comme une tentative de discréditer l'organisation Mémorial. Il s'agit de la plus importante organisation de défense des droits de l'homme en Russie, sous pression constante des autorités. Iouri Dmitriev dirige l'antenne de cette ONG en Carélie. Il est connu pour ses recherches portant sur les victimes de la terreur stalinienne dans cette région. Au cours de ces trente dernières années, il a dressé la liste de 40.000 noms de personnes exécutées et déportées en Carélie. Il a également découvert l'un des plus grands charniers de la région où environ 9000 personnes auraient été fusillées. Étienne Bouche, Moscou, RFI.

SB : De Moscou à Bratislava : direction la Slovaquie avec ce jeudi une nouvelle manifestation pour protester contre la corruption.

RA : Le point de départ de la contestation, c'est l'assassinat du journaliste Jan Kuciak qui enquêtait sur des affaires de corruption. Il a été tué à la fin du mois de février, et cela a déclenché en Slovaquie les manifestations les plus importantes depuis la chute du communisme en 1989. La preuve aujourd'hui, pour la cinquième fois depuis la mort de Jan Kuciak les Slovaques ont exprimé leur colère. Selon les organisateurs les manifestations ont rassemblé plus de 20.000 personnes. Sur place pour RFI, Alexis Rosenzweig.

Les Slovaques sont à nouveau descendus dans la rue ce jeudi dans une vingtaine de villes. À Bratislava la capitale, jeunes et moins jeunes se sont rassemblés en fin d’après-midi dans le calme sur une des places du centre-ville avec des pancartes hostiles au gouvernement et aux pratiques mafieuses. Les manifestants réclament en premier lieu une enquête digne de ce nom, qui puisse permettre de retrouver les coupables voire les commanditaires de ce double homicide qui a profondément marqué le pays. Avant d’être abattu avec sa fiancée, le jeune journaliste Jan Kuciac travaillait sur une affaire de fraude aux fonds européens, orchestrée par des hommes en lien avec la mafia italienne et avec des personnes proches du gouvernement slovaque. Entre-temps, le Premier ministre Robert Fico a démissionné, mais c’est la même coalition gouvernementale qui est restée au pouvoir. Le remaniement ministériel opéré est pour l’instant loin d’être suffisant pour les manifestants qui souhaitent également la nomination rapide d’un nouveau chef de la police. Une police très critiquée pour son inaction. Alexis Rosenzweig, Bratislava, RFI.

SB : La suite du conflit commercial entre les États-Unis et la Chine : Pékin dépose plainte auprès de l'Organisation mondiale du commerce.

RA : Pékin dénonce les taxes que les États-Unis souhaitent imposer sur certains produits originaires de Chine. Pékin estime que ces taxes sont « incompatibles avec les dispositions des accords de l'Organisation mondiale du commerce ». Hier les États-Unis ont publié une liste de produits chinois qui seraient concernés par ces taxes, dans différents secteurs : l'aéronautique ou encore la robotique, pour un montant de 50 milliards de dollars.

SB : En bref, Carles Puigdemont remis en liberté par la justice allemande.

RA : Cette décision sonne comme un revers pour l'Espagne qui poursuit l'indépendantiste catalan. Il faut préciser que Carles Puigdemont va rester sous contrôle judiciaire. La justice allemande affirme qu'elle ne peut pas retenir les faits de rébellion qui sont évoqués par Madrid. Mais Carles Puigdemont reste menacé d'extradition.

SB : En France, Emmanuel Macron s'est exprimé pour la première fois aujourd'hui sur la contestation sociale qui touche actuellement la France.

RA : Le Président effectuait un déplacement dans l'ouest du pays. Il a été interpellé par des manifestants devant l'Hôpital de Rouen. Devant les caméras il a évoqué le mouvement de grève à la SNCF qui a débuté en début de semaine : ces protestations sont « légitimes », estime Emmanuel Macron, mais elles « ne doivent pas empêcher le gouvernement de gouverner ».

SB : Et puis l'inquiétude des défenseurs de l'environnement : une bactérie qui tue les oliviers ne cesse de se propager.

RA : Voici le nom de cette bactérie : Xylella Fastidiosa. Après avoir fait des ravages en Italie, elle arrive en Corse. Les producteurs d'huile d'olive craignent une catastrophe si rien n'est fait pour arrêter la progression de la bactérie. On fait le point avec Simon Rozé.

C'était ce que craignaient par-dessus tout les producteurs corses d'huile d'olive. Après avoir tué un million et demi d'oliviers dans les Pouilles italiennes, la bactérie Xylella Fastidiosa a rejoint l'île de Beauté. Elle a en effet été identifiée sur deux oliviers ainsi que sur des chênes verts ou encore des myrtes. Des analyses complémentaires ont été commandées auprès de l'Agence Nationale de Sécurité Sanitaire, l'Anses, pour déterminer avec précision quelle est la souche de la bactérie trouvée en Corse. Il en existe en effet plusieurs, comme s'il s'agissait de différentes familles. Et cela permettra de déterminer l'origine de la contamination, et éventuellement la marche à suivre. Les résultats sont attendus d'ici une dizaine de jours, mais cela prend trop de temps pour les producteurs. Car d'ici là, les insectes qui transportent la bactérie vont débuter leur période d'activité. Une source d'inquiétude supplémentaire : ce sont plus de 10.000 hectares d'oliviers qui sont cultivés sur l'île, qui compte également plus de 300.000 hectares de sa variété sauvage. Si celle-ci venait à être contaminée à grande ampleur, les efforts pour contenir l'avancée de Xylella Fastidiosa risquent bien d'être réduits à néant.

SB : On termine avec le football et la suite ce soir des compétitions européennes.

RA : Après la Ligue des champions ces deux derniers jours, on joue ce soir en Ligue Europa. Ce sont les 1/4 de finale. Un club français est en lice, l'Olympique de Marseille, qui se déplace actuellement à Leipzig en Allemagne. Un but à zéro pour les Allemands.

Article publié le 05/04/2018

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