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Infos en français facile : Édition du 04/11/2018 20h00

Transcription

Loïc Bussières : 21h à Paris, 20h en temps universel. L’heure de votre rendez-vous quotidien avec le Journal en français facile, Journal que je vous présente ce soir avec Aurélien Devernois. Bonsoir Aurélien.

Aurélien Devernois : Bonsoir.

LB : À la une de ce journal : La Nouvelle-Calédonie dit non à l’indépendance. Un peu plus de 56 % d’électeurs se sont prononcés pour rester dans la République française. Ce dimanche, Emmanuel Macron salue une « marque de confiance ».

AD : Aux États-Unis, J-3 avant mid terms, les élections de mi-mandat. Gros plan dans ce journal sur l’État de Géorgie, où une femme afro-américaine pourrait accéder pour la première fois au poste de gouverneur.

LB : Les sanctions américaines contre l’Iran. Elles entrent en vigueur demain avec une cible prioritaire : le pétrole, on y revient dans un instant.

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AD : La Nouvelle-Calédonie dit non à l’indépendance. Vingt ans après les accords de Nouméa, les quelque 175 000 électeurs se sont prononcés à un peu plus de 56 %.

LB : À l’issu d’un referendum marqué par une participation massive, 8 électeurs sur 10 sont allés voter. Cette victoire du non n’est pas à proprement parler une surprise, elle était anticipée par les instituts de sondages. Elle marque en tous cas pour certains une étape historique pour la Nouvelle-Calédonie. Frédéric Angleviel, professeur des universités en histoire contemporaine à Nouméa.

[Transcription manquante]

LB : Dès l’annonce du résultat du vote, Emmanuel Macron a fait part de son « immense fierté ». « C’est pour nous une marque de confiance dans la République française, dans son avenir et dans ses valeurs »ajoutait le chef de l’État, avant de se rendre à Strasbourg pour retrouver son homologue allemand Frank-Walter Steinmeier en prélude d’une tournée présidentielle d’une semaine à l’occasion du centenaire de la fin de la Première Guerre mondiale.

AD : Aux États-Unis, c’est mardi que les électeurs se rendront aux urnes pour les mid terms, les élections de mi-mandat.

LB : Et l’on s’intéresse ce soir à une candidate en particulier : Stacey Abrams. Elle pourrait devenir la première femme noire gouverneure aux États-Unis. Cette avocate afro-américaine de 44 ans a de sérieuses chances de l’emporter dans l’État de Géorgie où elle sera face au républicain Brian Kemp. Son portrait par Romain Lemaresquier.

Elle a gravi les échelons du monde politique sans vouloir brûler les étapes. Stacey Abrams, avocate célibataire de 44 ans, accessoirement auteure de thrillers romantiques, a été élu pour la première fois en 2006 à la Chambre des représentants de l’État de Géorgie. En 2010, elle devient chef de file des démocrates dans cet État et dès lors elle va montrer aux yeux de ces concitoyens toute l’étendue de ses capacités. Prête à travailler avec ces adversaires politiques, elle recherche avant tout le consensus. Ce qui ne lui attire pas que des amitiés dans son propre camp, certains démocrates n’hésitant pas à l’accuser de pactiser avec l’ennemi. Issue d’une famille pauvre de six enfants, née dans le Wisconsin, elle vit dans un premier temps dans le Mississippi avant que ses parents ne décident de s’installer à Atlanta, la capitale de la Géorgie. Diplômée en droit à l’Université de Yale, elle entame ensuite une carrière d’avocate fiscaliste avant de fonder plusieurs entreprises. Candidate pour devenir la première femme noire gouverneure aux États-Unis, elle doit désormais faire face au coup bas de ses adversaires qui l’accusent notamment d’être une mauvaise gestionnaire, car elle cumule 200 000 dollars de dettes. Stacey Abrams n’hésite pas à s’en expliquer, elle paye encore son prêt d’étudiante, à ses parents à charge, ainsi que sa nièce. Une histoire qui parle aux électeurs et qui pourrait faire de Satcey Abrams la grande surprise de ces élections de mi-mandats.

LB : De son côté, Donald Trump était hier dans l’État du Montana pour soutenir le candidat républicain. Il a notamment mis en avant son bilan économique et accusé les démocrates de vouloir nuire aux États-Unis en prônant une immigration massive.

AD : Donald Trump, justement et les États-Unis montrés du doigt par des milliers de manifestants en Iran.

LB : Des étudiants iraniens qui sont descendus dans les rues de Téhéran au cri de « Mort à l’Amérique ! » Ils manifestaient à la fois pour marquer l’anniversaire de la prise de l’ambassade des États-Unis en 1979 et pour protester contre le rétablissement de sanctions américaines.

AD : Des sanctions qui entrent en vigueur demain, lundi, Washington l’a annoncé cette semaine, et qui visent tout particulièrement le secteur énergétique.

LB : La vente du pétrole ainsi que les transactions financières avec la République islamique. Ces sanctions couvrent désormais presque tous les secteurs de l’économie iranienne. Tous, à trois exceptions près. Altin Lazaj.

Les secteurs pharmaceutiques, de l’agroalimentaire et de télécom sont épargnés pour des raisons humanitaires. Voilà pour la théorie. Mais en pratique, en imposant des sanctions financières, l’administration américaine rend presque impossible toute relation commerciale avec l’Iran. Si on sanctionne les banques, on ferme le robinet des crédits et par conséquent on paralyse tous les secteurs de l’économie. Car il suffit de faire des transactions en dollars avec l’Iran pour être punis par les autorités américaines. Dès ce lundi, les banques étrangères qui vont engager des échanges avec les banques irakiennes s’exposeront à des sanctions qui peuvent aller des amendes jusqu’à l’interdiction au marché américain. Ce qui fait frissonner les établissements financiers français et européens, très présents aux États-Unis. Rappelons l’affaire BNP Paribas : la banque française a payé une amende historique de 9 milliards de dollars à l’administration américaine en 2016. L’administration Trump veut également que le circuit bancaire international Swift déconnecte les banques iraniennes. Swift est un maillon essentiel du système financier par lequel passent les virements dans le monde.

AD : Dans l’actualité également, la situation au Yémen et l’appel de l’Unicef pour un arrêt des hostilités.

LB : Le Yémen, juge l’Unicef, est devenu un « enfer sur terre » pour les enfants, frappés par la famine. La guerre qui oppose les forces pro-gouvernementales et une coalition menée par l’Arabie saoudite aux rebelles Houthis, soutenus par l’Iran, a fait près de 10 000 morts en plus de 3 ans et demi.

AD : Les intempéries en Italie et ce bilan revu à la hausse. Il s’élève à 29 victimes.

LB : Notamment en Sicile où douze personnes tuées par les inondations. Dont neuf membres d’une même famille, surprise dans une maison par la brusque montée des eaux dans la région de Palerme.

AD : Les sports et l’exploit de Karen Khachanov au tournoi de tennis de Paris Bercy.

LB : Le Russe n’était pas favori, mais il est parvenu à battre en 2 manches Novak Djokovic. Le score, 7-5, 6-4. La Serbe, malgré cette défaite, sera demain le nouveau numéro un mondial. 

LB : Le football et la suite de la 12e journée de ligue 1. Montpellier affronte Marseille en ce moment. La rencontre vient tout juste de commencer. Un peu plus tôt, St Étienne a battu Angers 4-3. Nantes n’a pas fait de détails face à Guingamp, et s’impose 5-0.

AD : Le départ de la Route du Rhum, 123 concurrents, pour la 40e édition de la course transatlantique. Les skippers ont quitté Saint-Malo à la mi-journée.

LB : Direction Pointe-à-Pitre en Guadeloupe avec une première difficulté annoncée dès mardi. Les météorologistes annoncent une grosse perturbation. C’est François Gabart qui a pris la tête de cette route du Rhum. Et si vous trouvez bizarre ce nom, route du Rhum, restez avec nous : c’est justement le choix d’Yvan Amar pour son expression de la semaine.

La onzième route du rhum est partie. Et cette course en solitaire où les navigateurs doivent rallier la Guadeloupe, arriver en Guadeloupe, en partant de Saint-Malo est l’une des plus célèbres. Son nom est particulièrement bien choisi. D’abord il nous parle du rhum. Et cet alcool fort, fait à partir de canne à sucre évoque facilement les Antilles : beaucoup sont fabriqués là-bas, et notamment à la Guadeloupe, l’une des grandes îles des Antilles françaises. D’autre part, l’image du rhum est souvent associée à la marine, et souvent à la marine à voile. Une boisson forte, dont il ne faut pas abuser, certainement ; mais on disait que c’était celle des marins, en particulier quand on ne connaissait que cette marine à voile. Mais pourquoi « route du rhum » ? Le mot de route aujourd’hui est surtout en rapport avec les transports terrestres. Mais pendant longtemps il a évoqué les longues et dangereuses traversées maritimes. Et le mot fait penser à l’itinéraire qu’on doit prendre, au chemin qu’il faut trouver et suivre sur la mer. Par exemple la route des Indes qui a fait longtemps rêver : on cherchait un moyen de rejoindre par mer cette partie du monde sans avoir à faire tout le tour de l’Afrique. Et c’est en cherchant cette route que les grands navigateurs de la fin du XVe siècle ont fini par aborder en Amérique. L’expression fait donc penser à des expéditions longues et hasardeuses. Faites pour découvrir le globe, mais aussi parfois avec des idées de commerce : la route des Indes devait servir à des marchands. Et plus loin encore, on pense à la fameuse route de la soie : elle n’était pas empruntée par des bateaux, mais par plutôt des caravanes ; elle reliait la Chine au Moyen-Orient, pour transporter toute sorte de denrées dont la plus précieuse était justement la soie. Mais elle aussi faisait rêver. Et ce sont tous ces rêves anciens qui dorment au fond de cette expression la Route du Rhum.

Article publié le 04/11/2018

RFI - Radio France Internationale