Cliquez sur le logo pour apprendre le français

[Télécharger le journal]

Infos en français facile : Édition du 04/09/2018 20h00

Transcription

Romain Auzouy : Vous écoutez RFI il est 22h à Paris, 20h en temps universel. Bonsoir à tous, bienvenue dans votre Journal en français facile. Présenté ce soir en compagnie de Sylvie Berruet, bonsoir Sylvie.

Sylvie Berruet : Bonsoir Romain, bonsoir à tous.

RA : À la une de l’actualité ce soir : un remaniement gouvernemental limité en France. Deux nouveaux ministres arrivent, François de Rugy à l’Écologie et Roxana Maracineanu aux Sports.

SB : Et puis autre information du jour en France : les impôts seront bien prélevés à la source à partir du 1er janvier. Le Premier ministre Edouard Philippe l’a annoncé ce soir. Cette mesure faisait l’objet d’hésitations de la part des autorités françaises. Explications dans un instant.

RA : Les appels au calme se multiplient pour tenter d’éviter une catastrophe humanitaire à Idleb en Syrie. La dernière place importante de la rébellion qui est frappée par les bombardements de l’armée russe, alliée au régime de Bachar al-Assad.

SB : Et puis Hong Kong cède à la Chine la portion d’une gare. De quoi renforcer l’inquiétude des militants pro démocrate qui dénoncent l’emprise de Pékin sur l’ancienne colonie britannique.

-----

SB : Les autorités françaises ont donc pris leur décision.

RA : La réforme du prélèvement à la source sera bien mise en œuvre à partir du 1er janvier 2019. Le Premier ministre Edouard Philippe a mis fin au suspense ce soir en s’exprimant dans le journal télévisé de TF1. Cette réforme prévoit de prélever les impôts directement sur les salaires et les pensions. C’est un changement majeur qui va concerner près de 38 millions de foyers. Et c’est la fin du suspense, car depuis une semaine les autorités françaises hésitaient à mettre en place cette réforme. Julien Chavanne, s’il a donné son accord, c’est parce qu’Emmanuel Macron a été rassuré sur la mise en œuvre du prélèvement à la source.

Oui, Emmanuel Macron avait apparemment besoin d’être sûr et certain que cette réforme serait mise en place sans dysfonctionnement. Finalement, l’Élysée valide cette réforme qui concerne un peu plus de 40 % de la population. Le président s’inquiétait de possibles problèmes techniques, que les Français consomment moins en ayant un salaire moins élevé, car leur impôt est directement prélevé sur les fiches de paie. Gérald Darmanin, le ministre en charge du dossier, assurait pourtant que tout était prêt, que tout se passerait bien. Emmanuel Macron avait des doutes et il y a eu quelques jours de flottement au sommet de l’État. Mais les 7 jours de doute du président ont semé le trouble jusqu’à dans la majorité. La fin d’été est difficile pour l’exécutif après la démission du ministre de l’Ecologie Nicolas Hulot et les mauvais sondages... Ce mardi, Emmanuel Macron a nommé deux nouveaux ministres, son 3e gouvernement est enfin au complet. Et il a donc donné son feu vert final au prélèvement à la source. Le chef de l’État espère que ces deux décisions vont lui permettre de reprendre la main sur une rentrée qui lui échappe.

RA : Julien Chavanne du service politique de RFI.

SB : Voilà qui clôt une journée chargée sur le plan politique en France. Marqué par un remaniement gouvernemental.

RA : On dit remaniement quand il y a des changements de ministres. C’était donc le cas aujourd’hui, mais ce remaniement a été retreint. Seuls deux changements. À la tête du ministère de l’Écologie, François de Rugy, jusque-là président de l’Assemblée nationale, remplace Nicolas Hulot qui a démissionné il y a une semaine. Et l’ancienne nageuse Roxana Maracineanu est la nouvelle ministre des Sports, à la place de Laura Flessel qui a annoncé ce départ ce matin. Léger remaniement, cela veut dire qu’Emmanuel Macron a opté pour la prudence. L’analyse de Valérie Gas.

C’est un remplacement poste pour poste qui a été annoncé. Une manière peut-être pour le chef de l’État de minimiser l’importance de ce remaniement exécuté sous la pression après la démission surprise de Nicolas Hulot qui avait remis en cause depuis une semaine la capacité d’Emmanuel Macron à maitriser l’agenda politique. Lui qui se présentait depuis son élection comme le « maitre des horloges » n’a pas voulu changer en profondeur l’équipe gouvernementale à un moment qu’il n’avait pas choisi. L’annonce au dernier moment du départ de la ministre des Sports Laura Flessel pour je cite « des raisons personnelles », a tout de même obligé le chef de l’État à lui trouver une remplaçante : Roxana Maracineanu, une autre championne sportive, une nageuse pour succéder à une escrimeuse. Un casting sans surprise pour ce ministère. Concernant François de Rugy, qui remplace Nicolas Hulot, il faisait partie des présélectionnés en raison de son parcours : actuel président de l’Assemblée nationale, ancien député Europe Ecologie les verts, candidat à la primaire socialiste de 2017, il avait rejoint Emmanuel Macron pendant la campagne présidentielle avant d’être élu député avec l’étiquette de LREM. Il devient numéro 3 du gouvernement et laisse le champ libre à Richard Ferrand, un proche d’Emmanuel Macron, patron des députés du groupe majoritaire, et qui a déjà fait acte de candidature pour lui succéder à la présidence de l’Assemblée.

RA : Et la première déclaration de François de Rugy lors de la passation de pouvoir avec Nicolas Hulot. Il promet d’agir « pour l’écologie avec méthode, détermination et persévérance, dans le temps ». Et puis les premières réactions de l’opposition : à gauche, le patron de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, évoque le « ministre des apparences écologiques », pour qualifier François de Rugy. La droite de son côté dénonce « la cacophonie à tous les étages ».

SB : En Syrie, la situation toujours très inquiétante à Idleb.

RA : Cette province qui est située dans l’ouest du pays, c’est la dernière place importante de la rébellion. Idleb est bombardé par l’aviation russe qui intervient aux côtés des troupes de Bachar al-Assad. Ce mardi, au moins 9 civils ont été tués selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme. Et Moscou ne compte pas relâcher la pression, la Russie pourrait en effet donner son accord pour un assaut de l’armée syrienne. Écoutez sur ce point la déclaration du porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov.

« La situation à Idleb continue de rester un sujet de grande préoccupation aussi bien à Moscou qu’à Damas, à Ankara ou à Téhéran. Dans cette région d’Idleb, un nouveau foyer de terrorisme s’est formé, on y trouve un nombre très important de terroristes et bien sûr cela entraîne une déstabilisation générale de la situation. Cela entrave les efforts visant à aboutir à un règlement politico-diplomatique en Syrie. En outre, toutes sortes de drones sont envoyés de cette région d’Idleb vers nos bases militaires, et cela constitue une menace importante pour nous. Il ne fait pas de doute qu’il faut régler ce problème. Et nous savons que les forces armées syriennes se préparent à le régler. »

RA : La Syrie et la Russie qui pourraient donc lancer l’assaut sur Idleb, c’est ce qu’indique ce soir le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov.Face à cette perspective les appels au calme se multiplient. « Il faut trouver une solution douce à cette crise » affirme Staffan de Mistura, l’envoyé spécial de l’ONU pour la Syrie. Et pour cela, il appelle le Président russe Vladimir Poutine et son homologue turc Recep Tayyip Erdoğan, à se parler le plus vite possible. Et puis dernière information sur le sujet, l’ambassadrice américaine à l’ONU Nikki Haley annonce que vendredi se tiendra une réunion du Conseil de sécurité des Nations Unies, consacrée à Idleb.

SB : Le Japon touché par le plus violent typhon depuis 25 ans.

RA : Selon les médias locaux, le premier bilan est de 6 morts. Pour le moment c’est l’ouest de l’archipel qui est frappé avec des rafales de vent atteignant les 220km/heure, des pluies très importantes. Les dégâts matériels sont impressionnants, en particulier dans la région d’Osaka. Et désormais le typhon se déplace vers le nord.

SB : Également en Asie cette action qui risque de raviver les tensions : Hong Kong a cédé à la Chine une portion de gare.

RA : plus de 100mille mètres carrés d’une nouvelle gare située à Hong Kong. Désormais donc ils vont devenir zone spéciale sous souveraineté chinoise. Comment cette cession s’est-elle déroulée, les réponses de Vincent Souriau.

La cession a eu lieu cette nuit, en catimini, hors de portée de la presse, qui n’a été prévenue qu’après la cérémonie. Profil bas, car c’est la première fois depuis 1997, que les lois de Pékin vont s’appliquer sur le territoire hongkongais. En parallèle des officiers locaux, il y aura des policiers chinois au sein du terminal de West Kowloon, une sorte de guichet d’immigration avancé pour les voyageurs à destination de deux grandes villes du sud de la Chine, Shenzhen et Guangzhou. Les autorités de Hong Kong parlent de fluidité des démarches administratives. L’opposition répond perte d’autonomie et précédent dangereux. Sur les réseaux sociaux, les citoyens s’interrogent : si je prends le train, devrai-je cesser d’utiliser Facebook ou Twitter, qui sont interdits sur le sol chinois ? Y’a-t-il un risque qu’on m’arrête en pleine gare pour des raisons politiques ? On en saura plus dans 15 jours. La mise en service du terminal est prévue le 23 septembre.

SB : Enfin en tennis, le début des 1/4 de finale de l’US Open à New York

RA : avec une première surprise, l’élimination de la tenante du titre Sloane Stephens, battue en deux sets par la Lettonne Sevastova. Actuellement l’Argentine Juan Martin del Potro affronte l’Américain John Isner. Et puis dans la nuit l’Espagnol Rafael Nadal, numéro 1 mondial, sera opposé à l’Austrichien Dominic Thiem.

Article publié le 04/09/2018

RFI - Radio France Internationale