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Infos en français facile : Édition du 04/04/2018 20h00

Transcription

Vous écoutez RFI il est 22 h à Paris, 20 h en temps universel.

Romain Auzouy : C'est l'heure de votre Journal en français facile. Présenté ce soir en compagnie de Sylvie Berruet, bonsoir Sylvie.

Sylvie Berruet : Bonsoir Romain, bonsoir à tous.

RA : À la une de l'actualité ce soir : une audience capitale pour l'ancien président du Brésil Lula se déroule actuellement. Les juges de la Cour suprême doivent décider s'ils envoient Lula en prison. Il a déjà été condamné pour corruption.

SB : Aux États-Unis, les hommages à Martin Luther King, 50 ans après sa mort. Il avait été assassiné le 4 avril 1968 à l'âge de 39 ans. Son discours « I have a dream » (« J’ai fait un rêve ») pour lutter contre les inégalités raciales est entré dans l'histoire.

RA : Pour un cessez-le-feu durable en Syrie. C'est l'engagement formulé ce mercredi par les dirigeants de trois pays, Russie, Iran et Turquie, qui se sont rencontrés à Ankara.

SB : Et puis un premier bilan pour les opposants à la réforme de la SNCF en France. Les deux premiers jours de grève viennent de s'achever. Prochaine journée de mobilisation prévue ce dimanche.

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SB : Le Brésil est donc ce soir dans l'attente d'un jugement crucial pour l'ancien président Lula.

RA : les juges de la Cour suprême doivent répondre à la question suivante : est-ce que Lula doit aller en prison ? L'ancien président brésilien a été condamné en appel à une peine de 12 ans et un mois pour corruption. Désormais donc c'est à la plus haute juridiction du pays de se prononcer. L'enjeu est extrêmement important, la société brésilienne est divisée entre les partisans de Lula et ses opposants. Et cela donne lieu à des manifestations. L'audience de la Cour suprême a débuté il y a maintenant près de trois heures au Brésil. Elle s'annonce extrêmement longue comme nous le dit notre correspondant Martin Bernard.

Les onze membres de la cour, vêtus de toges noires, s’expriment tour à tour pour sceller le destin de Lula, pour ce qui devrait être une véritable séance marathon. Il y a un grand débat juridique au Brésil pour savoir si les accusés doivent aller en prison après une condamnation en deuxième instance, comme dans le cas de Lula actuellement, ou s’ils peuvent bénéficier d’un « habeas corpus » et rester en liberté. Mais le débat prend aussi une tournure très politique. Les partisans et les adversaires de l’ancien président sont d’ailleurs venus à Brasilia pour manifester en faveur ou contre Lula. L’élément nouveau, c’est l’intervention de l’armée dans le débat, puisque le chef de l’Armée de terre, le général Villas Boas a exprimé sur Twitter son rejet de l’impunité, ce qui dans le contexte actuel, a été interprété comme une pression sur la Cour suprême pour sanctionner Lula. Une déclaration rapidement condamnée par Amnesty International, qui considère qu’il s’agit d’une menace envers l’état de droit. Martin Bernard, São Paulo, RFI.

RA : Et on suivra bien sûr l'issue de l'audience de la Cour suprême dans les prochaines heures.

SB : C'était il y a 50 ans jour pour jour aux États-Unis, la mort d'un homme devenu icône de la lutte contre les inégalités raciales.

RA : il s'agit de Martin Luther King. Le 4 avril 1968, il était assassiné devant un motel dans la ville de Memphis. Ses discours sont entrés dans la légende, « I have a dream » (« J’ai fait un rêve ») est le plus connu. Martin Luther King a permis de faire avancer la cause des Noirs aux États-Unis. Mais de nombreux points restent d'actualité. Écoutez l'analyse d'Earl Scarlette, qui est un diplomate à la retraite.

Il y a les Noirs qui ont de très bons boulots. Les jeunes qui ont fait des études dans les grandes universités des États-Unis trouvent du travail : les jeunes avocats, les ingénieurs… Mais il y a beaucoup de Noirs qui n’ont pas cette opportunité de faire des études et de participer à la société. Il y a ceux qui sont pauvres, sans emploi et sans domicile. C’est très triste pour un pays, peut-être le plus riche du monde. Martin Luther King a pensé profondément la situation de la classe pauvre aux États-Unis, il a rêvé d’avenir pour toutes les classes sociales, pas seulement les Noirs. Donc il y a un symbole, très important : la flamme existe toujours, mais il faut avoir quelques leaders pour reprendre cette flamme dans le futur.

RA : Earl Scarlette, ancien diplomate au micro d'Anne Corpet, notre envoyée spéciale à Atlanta. Des cérémonies en hommage à Martin Luther King étaient prévues ce mercredi aux États-Unis. Et puis à 23 h en temps universel, à l'heure où il a été assassiné, les cloches doivent sonner dans toutes les églises des États-Unis.

SB : Comment trouver une solution au conflit en Syrie ? Les dirigeants de trois pays étaient réunis ce mercredi en Turquie pour tenter d'avancer sur la question.

RA : Les trois pays concernés sont la Russie, l'Iran et la Turquie. Les présidents de ces pays se sont rencontrés à plusieurs reprises ces derniers mois. Ils avaient notamment proposé la création de zones de désescalade en Syrie, c'est à dire des régions où les civils pourraient être à l'abri. Qu'ont-ils proposé à l'issue de leur réunion aujourd'hui ? On fait le point avec Alexandre Billette, qui a suivi les échanges entre les trois dirigeants.

Les trois hommes ont surtout insisté sur les éléments sur lesquels ils sont d’accord. Une rencontre plus courte que ce qui avait été prévu, 1h40 de discussions entre les trois Présidents. On a évoqué notamment la mise en place voulue par la Turquie d’une aide humanitaire dans la région de la Ghouta, avec le soutien de la Russie. Le communiqué final insiste aussi sur la volonté de mettre en place un cessez-le-feu « durable » en Syrie, et sur le fait que l’intégrité territoriale du pays doit être respectée, qu’il faut lutter contre les séparatismes, et contre le terrorisme. Peut-être dans le cas de cette dernière déclaration, un geste à l’égard de Recep Tayyip Erdoğan. D’ailleurs, sur ce dossier le Président turc a confirmé encore une fois et a insisté en conférence de presse : la Turquie a bien l’intention de poursuivre ses opérations en Syrie tout au long de sa frontière « jusqu’au départ du dernier terroriste », a dit Recep Tayyip Erdoğan qui a également confirmé que la Turquie allait se rendre jusqu’à Manbij, là où se trouve encore aujourd’hui des milices kurdes et des forces américaines et françaises à leurs côtés. Alexandre Billette, Istanbul, RFI.

RA : Également concernant la Syrie, à noter la déclaration aujourd'hui de Washington. Dans un communiqué la Maison-Blanche évoque un possible retrait des troupes américaines dans le pays. Mais le sujet reste flou, car aucun calendrier n'a été détaillé.

SB : Nouvelle étape dans le conflit commercial entre la Chine et les États-Unis.

RA : ce matin Pékin a annoncé que de nombreux produits importés des États-Unis seraient lourdement taxés, pour un montant annuel de 50 milliards de dollars. C'est exactement le même montant que celui qui a été annoncé hier par l'administration Trump aux États-Unis. On peut donc dire que le bras de fer entre les deux pays se poursuit.

SB : Dans l'actualité française, la fin des deux premières journées de grève pour protester contre la réforme de la SNCF.

RA : le mouvement a été très suivi. Ce mercredi près d'un tiers des employés de l'entreprise publique étaient en grève. Parmi eux une majorité de conducteurs. Donc de nombreux trains ont été annulés. Et ce n'est que le début de la contestation, car de nouvelles mobilisations sont prévues à partir de dimanche. Les syndicats entendent aller jusqu'au bout, et cela risque d'avoir des conséquences importantes sur le plan financier. Détails Myriam Berber.

Entre les billets non vendus, ceux remboursés, les bus affrétés, les hôtels pour loger les voyageurs ou bien encore le fret ferroviaire, la facture s'annonce lourde. Pour le patron de la SNCF, Guillaume Pepy, chaque journée de grève coûte 20 millions d'euros. Si l’on multiplie ce coût journalier par les 36 jours de grève prévus jusqu’au 28 juin, la grève des cheminots pourrait coûter sept cent vingt millions d’euros. Sans compter le remboursement des abonnements TER. La SNCF envisage, en effet, un geste commercial, pour les usagers. À cela il faut ajouter les effets indirects du mouvement social. Dans la majorité des cas, les absences pour grève des trains ne sont pas payées, dans les entreprises. Les répercussions financières seront également, lourdes, pour le tourisme et l'hôtellerie, alors qu'arrivent les vacances de printemps et les ponts du mois de mai. Le secteur du tourisme estime qu'il va perdre 10% de son activité, en raison des annulations de courts séjours.

SB : Et puis en football, deux matchs comptant pour les 1/4 de finale de la Ligue des champions ont lieu en ce moment.

RA : le FC Barcelone accueille les Italiens de l'AS Rome. Le Barca mène 3-0. Dans l'autre rencontre, deux clubs anglais s'affrontent : Liverpool mène facilement face à Manchester City 3 buts à 0 également. C'est actuellement la seconde période dans ces deux rencontres.

Article publié le 04/04/2018

RFI - Radio France Internationale