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Infos en français facile : Édition du 03/10/2018 20h00

Transcription

Hugo Lanoë : 22h à Paris à l’écoute de RFI, 20h en temps universel. Bonsoir à toutes et à tous et bienvenue dans votre Journal en français facile.

Au sommaire de cette édition : le cauchemar en Indonésie. Plus de 1 400 personnes ont été tuées après le tsunami qui a touché l’île des Célèbes vendredi. Pour trouver des produits de première nécessité, certains décident de voler. Mais l’armée se dit prête à tirer sur ceux qui décident de piller les magasins. Bousculée, critiquée, malmenée sur le sujet du Brexit, la Première ministre britannique Theresa May sort renforcée du congrès du parti conservateur. Elle a pris la parole aujourd’hui en appelant ses collègues à l’unité. Et puis en France, après 93 jours d’évasion, le braqueur Redoine Faïd a été retrouvé et arrêté. Une arrestation qui intervient alors que le ministre de l’Intérieur a décidé de démissionner. Le gouvernement français n’est pas en crise estime le président Emmanuel Macron.

Voilà pour les titres, bienvenu à tous !

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HL : 5 jours après le séisme et le tsunami qui ont dévasté la côte ouest de l’île indonésienne des Célèbes, le bilan dépasse désormais les 1 400 morts. Les besoins sont immenses, très importants dans les zones sinistrées, ravagées. 200 000 personnes manquent de tout selon les Nations Unies. Pas de nourriture ni d’eau potable dans la région de Palu. Conséquence : certains choisissent de piller, de voler de dérober les produits de première nécessité dans les magasins. Mais les militaires menacent de tirer sur les voleurs. Vincent Souriau est l’envoyé spécial de RFI à Palu.

Tolérance zéro à partir de maintenant. L’armée a joué le jeu au début, juste après le séisme, dans la panique, quand les habitants de la région se sont servis dans les magasins parce qu’il n’y avait plus rien à manger. Aujourd’hui, les militaires préviennent qu’ils ne laisseront plus passer les pilleurs et qu’ils n’hésiteront pas à tirer s’il le faut. Il y a déjà eu des salves de gaz lacrymogènes, des dizaines d’arrestations, ça n’a pas suffi à calmer le jeu. La situation a même dégénéré avec le vol de matériel électronique dans certains commerces. Le raisonnement des autorités, ce que l’aide humanitaire commence enfin à se répandre dans la région, du riz blanc, des packs de nouilles et que ceux qui ont faim ont les moyens de se nourrir. C’est loin d’être évident. Surtout dans les zones reculées autour de Palu où la population attend toujours l’arrivée des secours. Vincent Souriau, Palu, RFI.

HL : Au Pérou, un juge a décidé d’annuler la grâce accordée fin 2017 à l’ex-président Alberto Fujimori. Alors une grâce est une procédure qui permet de libérer une personne condamnée pour des délits ou des crimes. En l’occurrence, Alberto Fujimori, 80 ans, est condamné pour crimes contre l’humanité et corruption. L’administration judiciaire péruvienne ordonne, exige son arrestation.

Washington rappelé à l’ordre par la Cour Internationale de Justice basée à La Haye aux Pays-Bas. Cette juridiction de l’ONU somme les États-Unis de suspendre les sanctions contre l’Iran en visant certains biens dans trois secteurs : les médicaments, l’alimentation et l’aérien. Ces sanctions avaient été imposées par le président Donald Trump après son retrait de l’accord de Vienne de 2015 sur le nucléaire iranien.

Au Royaume-Uni, Theresa May a pris la parole aujourd’hui en clôture du congrès des Tories, les conservateurs britanniques. Pour ce faire, la Première ministre britannique est apparue sur la tribune en dansant sur la musique Dancing Queen du groupe Abba. Cela s’est passé à Birmingham, dans le centre de l’Angleterre. Pourtant l’ambiance est loin d’être à la fête chez les conservateurs qui se déchirent, qui se disputent sur la question du Brexit : la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne. C’est pourquoi Theresa May a appelé son camp à l’unité.

« Nous entrons dans la phase la plus difficile des négociations, mais si nous restons unis et gardons notre calme, je sais que nous pouvons obtenir un accord satisfaisant pour le Royaume-Uni. Les personnes que nous servons ne sont pas intéressées par les débats sur la théorie du Brexit - leurs moyens de subsistance dépendent de la réussite pratique du Brexit. Un deuxième référendum serait un “vote de politiciens” : les politiciens disent aux gens qu’ils se sont trompés la première fois et qu’ils devraient essayer à nouveau. Pensez un instant à ce que deviendrait notre foi en la démocratie si, après avoir demandé à la population de ce pays de prendre cette décision - des politiciens essayaient de la renverser. Ceux d’entre nous qui respectent ce résultat - quel que soit le camp dans lequel nous étions il y a deux ans, doivent aujourd’hui unir leurs efforts. Si nous ne le faisons pas - si nous partons tous dans des directions différentes à la recherche de notre propre vision d’un Brexit parfait - nous risquons de nous retrouver sans Brexit du tout ».

HL : Autre prise de parole aujourd’hui : celle de Vladimir Poutine sur l’affaire Skripal, du nom de Serguei Skripal. Cet ancien agent secret russe a été empoisonné en mars dernier en Angleterre par un produit chimique, le novitchok. Interrogé en marge d’un forum sur l’énergie à Moscou sur les accusations visant la Russie et en particulier des agents du renseignement militaire russe dans cet empoisonnement, le président russe ne s’est pas départi de son franc-parler, c’est-à-dire qu’il s’est exprimé en toute liberté. On l’écoute.

« Certains de vos collègues défendent la thèse selon laquelle M. Skripal était une sorte de défenseur des droits de l’homme : c’est juste un espion, un traître à la patrie. Ce n’est qu’une ordure, purement et simplement. Mais il y a toute une campagne de presse qui a été montée autour de ça. Je pense que cela finira bien un jour, j’espère que cela se terminera, le plus vite sera le mieux. Parfois, je regarde ce qu’il se passe autour de cette affaire, et je suis effaré. Des gars sont venus chez vous et se sont mis à empoisonner des SDF : c’est absurde, qu’est-ce que c’est que c’est histoire ? Ce Skripal n’est qu’un traître, comme je l’ai dit. Il a été pris et puni, il a passé 5 ans en prison. Nous l’avons libéré, il est parti et il continuait de collaborer et de conseiller les services secrets. Et alors ? »

HL : « Skripal n’est qu’un traître », les mots donc du président russe Vladimir Poutine.

À une semaine du sommet de la francophonie qui doit avoir lieu en Arménie, le pays traverse une nouvelle crise politique. Pour provoquer des élections anticipées, le Premier ministre Nikol Pachinian a l’intention de démissionner dans les prochains jours et pour mettre la pression sur un parlement récalcitrant, têtu il a fait appel hier soir à ses partisans qui se sont massés aussitôt autour du Parlement. Les explications avec notre envoyé spécial à Erevan, Daniel Vallot.

C’est un calendrier très serré que le Premier ministre arménien veut imposer au parlement. Une démission dans les prochains jours, pour aboutir à des élections anticipées au début du mois de décembre… Pour y parvenir, Nikol Pachinian a retrouvé les réflexes de la révolution de velours… et a appelé hier soir ses partisans se rassembler devant le parlement… Pour son porte-parole Arman Yeghoyan, le Premier ministre arménien n’avait pas d’autre solution. Nous traversons une crise politique en Arménie en ce moment, et attendre huit mois de plus pour organiser des élections, cela ne fera que prolonger cette crise politique… et tout le monde est d’accord que cela n’est ni logique ni efficace… Je ne pense pas que la stratégie du Premier ministre soit risquée. Comme vous avez pu le constater hier, ceux qui prennent des risques ce sont les factions politiques qui essaient de retarder les élections. Ce sont eux qui risquent gros. Nikol Pachinian a donc choisi l’épreuve de force, pour mettre au pas le parlement. Mais il prend le risque de provoquer une crise politique majeure, à moins d’une semaine du somme de la Francophonie, qui doit se dérouler ici en Arménie Daniel Vallot Erevan RFI.

HL : L’actualité en France avec l’interpellation, l’arrestation de Redoine Faïd et de 6 de ses complices dans le département de l’Oise. C’est donc la fin d’une cavale, d’une évasion de trois mois pour Redoine Faid qui s’était échappé d’une manière spectaculaire de la prison de Réault le 1er juillet dernier à l’aide notamment d’un hélicoptère. Il y purgeait une peine 25 ans de réclusion criminelle après un braquage en 2010 qui s’était soldé par la mort d’une policière. Le procureur de la République François Molins a donné des précisions ce mercredi après-midi lors d’une conférence de presse. Redoine Faïd a utilisé tous les stratagèmes, toutes les techniques pour circuler dans son quartier sans se faire repérer. Il a même utilisé une burka, un voile intégral utilisé par les femmes en Afghanistan.

Une arrestation qui intervient alors que le ministère de l’Intérieur est en crise. Après la démission de Gérard Collomb, le 1er ministre Édouard assure le poste en attendant de trouver un remplaçant. La passation de pouvoir entre les deux hommes a été glaciale, c’est-à-dire tendue ce mercredi matin. Mais le départ de Gérard Colomb « n’est pas une crise politique » estime le président Emmanuel Macron.

Après le prix Nobel de médecine, lundi et le prix Nobel de physique mardi, c’était au tour du prix Nobel de chimie d’être décerné, attribué ce mercredi… Pour cette édition 2018, c’est une nouvelle fois une femme qui récompensée : l’Américaine Frances Arnold pour ses recherches sur les enzymes ainsi que l’américain George Smith et le Britannique Gregory Winter pour leurs travaux sur les anticorps. Michèle Diaz.

C’est un prix qui va pour moitié à Frances Arnold. Cette Américaine de 62 ans a mis au point des enzymes - en plus clair - des éléments qui accélèrent les réactions chimiques, dont certaines protéines par exemple. Des substances chimiques qui sont à l’origine de la mise au point de nouveaux médicaments et de carburants moins polluants, dits « verts ». L’autre moitié du prix revient à un autre américain George Smith et à un Britannique Gregory Winter pour leurs travaux sur les phages. Il s’agit d’un type de virus qui infecte les bactéries et les incite à se reproduire. Les chercheurs ont donc créé génétiquement des phages capables de s’attaquer à certaines pathologies comme les infections pulmonaires ou encore celles liées aux grands brûlés. Des travaux intéressants puisqu’ils représentent une alternative aux antibiotiques au moment où de nombreuses résistances se développent à travers le monde. Les trois nobélisés ont en commun de développer des solutions chimiques dans des domaines aussi vastes que la médecine, l’énergie et l’industrie. Précisions signées Michèle Diaz.

HL : C’est la fin de votre Journal en français facile, je vous rappelle que vous pouvez lire et réécouter cette édition sur notre site savoirs.rfi.fr.

Article publié le 03/10/2018

RFI - Radio France Internationale